Our love language 3 – Rinteku

Couverture de Our love language 3 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385694104
Akata, 2026
ISBN: 9784757598140 (JP)
Square Enix, 2025 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。3
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je vais faire de mon mieux pour apprendre… »

Rinteku sensei développe la romance entre Fujinaga et Keito, entre quiproquos, tension sexuelle et différentes manières d’exprimer son amour et sa jalousie. Ainsi, elle continue de développer la question de la surdité et des moyens de communiquer, s’attardant sur le manque de maîtrise de la langue des signes, les synonymes et les inconvénients d’un appareil auditif. Elle interroge également le sentiment d’exclusion lorsqu’un interlocuteur porte un masque. Le couple construit une relation consensuelle respectant le rythme de chacun. Alors que les deux amants admirent les qualités respectives de l’autre, ils avancent en se soutenant mutuellement. Fujinaga, dont la célébrité naissante apporte de nouvelles tensions, peut s’appuyer sur Hama qui le conseille et supervise sa carrière. Lem ajoute une note d’humour par ses réactions. L’autrice aborde la gestion de la célébrité, les risques de scandales, l’influence des réseaux sociaux. Elle met également en avant la tendance à surprotéger une personne handicapée.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, transformant parfois les personnages en SD. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Comme dans le tome précédent, Rinteku sensei apporte une attention particulière pour transcrire les mouvements de la langue des signes, dessinant alors plusieurs mains. Sous la jaquette, elle présente les plans des logements de Keito et Fujinaga. Elle offre un tome plutôt épais.

En résumé

Maejima Keito est finalement venu voir la pièce que joue Fujinaga Aoi. Le jeune acteur lui donne alors rendez-vous pour discuter à la fin de la représentation. Encore excité par son rôle et la joie de le revoir après leur éloignement forcé pendant les répétitions, il lui déclare soudain ses sentiments. Désormais, les deux étudiants sortent ensemble.

En conclusion

Ce tome se classe septième meilleure série au Chill chill BL award 2026. Rinteku sensei analyse ses thèmes de la communication et de la surdité grâce à des évènements précis du quotidien, invitant les lecteurices à réfléchir aux différentes situations. Elle aborde également la question de la célébrité naissante. Son graphisme est à la fois doux, expressif et sensuel. Malgré un tome encore épais, je l’ai dévoré d’une traite. J’adore la relation entre les deux étudiants ainsi que le style de la mangaka pour traiter les différents sujets. L’éditeur français propose une version collector avec un coffret comportant un livret rappelant les magazines, des silhouettes cartonnées et une planche de stickers. Un petit bijou de lecture!

Stream à minuit 2 – Luria

Couverture de Stream à minuit 2 de Luria, édition Taifu

Luria
ISBN: 9782375066041
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526843 (JP)
Shucream, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Encore plus de douceur et de nouvelles étapes. »

Luria sensei continue de développer l’univers des VTubers, s’intéressant particulièrement au fonctionnement des agences. Comme dans le tome précédent, elle aborde la différence entre image publique et privée, la santé mentale et les difficultés rencontrées pour un asocial à des évènements. Ainsi, elle décortique les différentes émotions par lesquelles passe Mahiru qui essaie de s’ouvrir à l’extérieur. En effet, le VTuber découvre les différentes images perçues par ses spectateurs et fait alors une distinction entre les personnalités de son personnage en ligne et lui-même. Takatsugu et Koyanagi, leur manager, apportent leur soutien à leur manière. Ogino, quant à lui, se montre en plus attentionné, retenant sa jalousie même s’il n’hésite pas à la montrer. Les sœurs de Mayo, Maya et Mayu, détendent l’atmosphère avec une note d’humour. L’autrice questionne sur la gestion de la pression. Elle ajoute quelques tensions avec la manageuse en chef Kashiwagi.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, transformant même les personnages en SD. Les trames sont très variées. Par ailleurs, des hachures soulignent les ombres fortes. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Luria sensei censure à peine les parties intimes, les dessinant légèrement translucides. Elle ajoute parfois quelques languettes blanches. A la fin des chapitres, les personnages en SD illustrent des fenêtres de message. Sous la jaquette, il y a des petites illustrations toutes mignonnes des personnages également en SD.

En résumé

Sugawara Mayo (25 ans) a emménagé avec son manager et petit ami Ogino (35 ans). Grâce à ce dernier, il déprime de moins en moins et continue de streamer en tant que Mahiru, VTuber. Alors que Mayo fuit habituellement la foule, il accepte de participer à une soirée spéciale à ShiningV. Il est d’ailleurs rassuré par la présence des VTubers Takuto et Tsugumi avec lesquels il avait sympathisé. Mais le jeune streameur fait sensation et attire la foule. Lorsqu’une streameuse lui demande de participer à l’évènement public Shinifest, Mayo hésite…

En conclusion

Ce tome se classe deuxième meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2026. Luria sensei approfondit les thèmes abordés précédemment, complétant parfaitement sa série. Elle explore avec pudeur la question de la santé mentale, entourant Mahiru de personnages bienveillants, rendant ainsi son récit émouvant. En plus, les scènes érotiques sont bien intégrées. Le graphisme est par ailleurs agréable. J’aime beaucoup l’évolution d’Ogino et le caractère de Koyanagi. Une lecture touchante!

Hirano et Kagiura 5 – Harusono Shou

Couverture de Hirano et Kagiura 5 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385694272
Akata, 2026
ISBN:‎ 9784046843951 (JP)
Kadokawa, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ça ne m’avait absolument rien fait à ce moment-là pourtant! »

Harusono Shou sensei continue d’analyser la différence entre amour et amitié complice, s’attardant surtout sur les interrogations de Hirano. Elle alterne la narration entre les deux colocataires. Avec la présence de Sasaki et Miyano Yoshikazu, elle fait le lien avec sa série Sasaki et Miyano tout en nous divertissant avec les allusions BL. Niibashi joue les confidents et apporte soutien à Kagi tandis que Hanzawa Masato ajoute une note d’humour. Le comportement ambigu de Taiga crée quelques tensions avec son colocataire. Par ailleurs, Kagiura fait face à la jalousie et aux médisances dans le club de basketball, perdant ainsi de l’assurance. L’autrice s’intéresse à l’influence des rumeurs, aux choix d’avenir et à la difficulté à conserver une harmonie. Elle détend l’atmosphère avec un tournoi de sport, abordant les efforts, le bienfait des encouragements. Dans les histoires bonus, elle apporte des anecdotes sur les personnages secondaires.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec des contours plus épais qui donnent du relief. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo. Dans les illustrations en début de chapitre, Harusono sensei présente le quotidien des personnages. Sous la jaquette, elle apporte des anecdotes en deux planches. Comme dans le tome précédent, elle présente les liens entre les personnages à la fin du tome. Le sommaire permet de se repérer chronologiquement en précisant les mois. Les premières pages sont en couleurs.

En résumé

Hirano Taiga et Kagiura Akira peuvent continuer à cohabiter ensemble. Bien que Hirano joue le jeu de son colocataire en se laissant toucher dix secondes par jour, il ne ressent rien de spécial. Sauf le jour où il prend l’initiative pour réconforter Kagi. D’autant plus que ce dernier considère leur sortie comme un rendez-vous amoureux…

En conclusion

Harusono Shou sensei s’attarde encore sur les questionnements de Hirano et Kagiura et met en avant tout ce qui crée l’ambiguïté de leur relation. Elle développe également l’ambiance de la vie étudiante, particulièrement en internat. Son graphisme mignon est agréable à regarder. Je suis surprise par la fragilité de Kagi qui se laisse facilement influencer par les disputes et les paroles blessantes. Cela le rend encore plus attendrissant! Une lecture charmante.

Cherry blossoms after winter 5 – Bamwoo

Couverture de Cherry blossoms after winter 5 de Bamwoo, éditions KBL

Bamwoo
ISBN: 9782382884508
Kbooks, 2026
Orange agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On est ensemble depuis plus d’un an mais notre relation n’a toujours pas évolué. »

Bamwoo s’intéresse à la première fois d’un couple inexpérimenté, questionnant sur l’appréhension, la difficulté à créer une ambiance et à surmonter sa honte. Néanmoins, le couple développe une relation consentie, discutant et respectant le rythme de chacun. La différence d’endurance entre les deux amoureux apporte un peu de piquant et d’humour dans la relation. D’ailleurs, Haebom prend de plus en plus d’initiatives. De même, les deux étudiants dévoilent par brides leur cohabitation à certains de leurs amis. Les efforts entre Taesung et sa mère, Mme Ha, pour se rapprocher progressent et un lien sain se recrée petit à petit. Par ailleurs, l’auteurice aborde la question des choix d’avenir. L’introduction des deux frères Yoo Juoh (28 ans) et Jueon (33 ans) qui tiennent un café, apporte une réflexion sur les métiers passions.

Bamwoo a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les personnages se transforment parfois en SD. Les couleurs réalistes utilisent toutefois des tons plutôt pastels. Des dégradés renforcent par ailleurs la douceur des teintes tandis que les ombres fortes sont en aplat. Les décors plutôt simples ne reprennent que les traits essentiels et deviennent flous et diffus en arrière-plan. Ils alternent également avec les trames d’ambiance colorées. De même, les vignettes recouvertes d’une trame légèrement bleutée et pixellisée indiquent les flash-back, donnant l’effet discret d’un souvenir. La mise en page classique offre toutefois quelques pages plus dynamiques. Le.a manhwaga ne censure pas les scènes érotiques. Il y en a d’ailleurs beaucoup, comme pour compenser la chasteté du tome précédent.

En résumé

Alors que Seo Haebom se donne à fond dans ses études et ses devoirs, Jo Taesung se contente du minimum pour assurer la réussite de son diplôme. Il hésite encore sur son orientation envisageant même d’intégrer la même entreprise que son petit ami. D’ailleurs, bien qu’ils sortent ensemble depuis un an, ils n’ont pas dépassé le stade du baiser. Taesung s’enquiert alors des avis de Haebom.

En conclusion

Bamwoo intègre sans difficultés les scènes érotiques dans son récit. Toutefois, certain.e.s lecteurices pourront être décontenancé.e.s par ce brusque changement après autant de tomes chastes. Les moments tendres et sexy côtoient constamment humour et tension. Bien que la force du graphisme réside principalement dans les expressions des personnages, la plastique des personnages est également mise en avant. J’aime beaucoup l’évolution de Taesung. Une lecture émoustillante!

BJ. Alex 2 – Mingwa

Couverture de BJ Alex 2 de Mingwa, éditions KBL

Mingwa
ISBN: 9782413091509
Kbooks, 2026
Lezhin, 2026 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Fais-moi confiance. D’accord? »

Mingwa continue de développer la relation entre Dong-gyun et Jiwon. Elle s’intéresse à la différence entre fantasme et réalité, interrogeant sur leurs limites. Les deux étudiants réalisent leur compatibilité sexuelle et essaient quelques jeux sexuels soft, prenant quelques risques. Dong prend de plus en plus d’assurance, n’hésitant pas à négocier et à dire ce qui ne lui plaît pas tandis que Ahn nie pour l’instant ses sentiments naissants. Le colérique Kang-hoon apporte quelques tensions. Chan-woo ajoute une note comique, entre sa vision de l’homme idéal et son manque de discrétion. Par ailleurs, l’autrice aborde l’univers des cam boy, avec par exemple les rivalités et collaborations commerciales. A travers Kim Myeong-dae, alias BJ. MD, un streamer spécialisé dans le SM, elle questionne sur la participation aux vidéos d’un partenaire externe ainsi que les risques.

Mingwa a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise trois couleurs principales – noir, blanc et rouge – et ajoute quelques touches d’autres couleurs sur certaines cases. Les trames sont variées tandis que des hachures ou un aplat noir soulignent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance, graphiques ou colorées, appuient les émotions. Les décors soignés sont par ailleurs très présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, la manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Comme dans le tome précédent, les deux illustrations en début de tome reprennent le principe du zoom.

En résumé

Après avoir couché avec Nam Dong-gyun, BJ. Alex reprend les diffusions de vidéos. Mais son public remarque immédiatement son air rayonnant. Dong-gyun déborde également de bonheur après avoir réalisé un de ses fantasmes. Mais il réalise aussi une certaine froideur d’une relation charnelle. Alors que l’étudiant n’ose pas parler à Anh Jiwon à l’université, ce dernier l’invite à la pause déjeuner pour recoucher ensemble.

En conclusion

Mingwa développe en parallèle l’univers des cam boy ainsi que la relation entre Dong-gyun et Jiwon, introduisant différents thèmes. Elle alterne également entre scènes sexy, humour et tension. Son graphisme très expressif transcrit parfaitement les émotions des personnages, même quand leur visage se simplifie à l’extrême. J’apprécie l’évolution progressive des deux amoureux. Une lecture entraînante.

Love so pure 2 – Plan B

Couverture de Love so pure 2 de Plan B, éditions Nao studio

Plan B
ISBN: 9782487899049
Nao studio publishing, 2026
C&C revolution, 2021 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ji-Hyeon continue de mettre de la distance entre nous. »

Plan B dévoile le passé traumatisant de Ji-Hyeon et de Yo-Han, abordant l’hypersexualité, l’homosexualité, les violences familiales, le harcèlement et le jugement sur l’apparence. L’introduction de Yeong-Oh, un voisin voyeur et pervers, interroge sur l’amour inconditionnel et la prégnance de la honte face à des abus. Ryu se sentant coupable, fuit les explications. En travaillant dans le bar, Han se sociabilise de plus en plus et apprend à se connaître. Mais un malaise s’installe entre les deux amants. So-Hye dévoile quelques facettes surprenantes entre manipulatrice et gentillesse. L’auteurice s’intéresse à l’influence des rumeurs avec l’introduction de Cheong-Ja. Par ailleurs, Park Dae-Sik détend l’atmosphère par ses réactions parfois excessives et sa maladresse de séduction de Han Yo-Saep, le frère de Yo-Han. D’ailleurs, l’origine des tensions entre les deux frères se révèlent petit à petit, Yo-Han redoutant de céder aussi facilement à la violence comme son aîné.

Plan B a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Les couleurs sont variées tandis que les trames d’ambiance utilisent majoritairement des dégradés de couleurs. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page classique propose toutefois quelques pages plus dynamiques. Comme dans le tome précédent, le.a manhwaga ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

So-Hye surprend Ryu Ji-Hyeon embrasser un client du bar Moonlight. Malgré les menaces de Ji-Hyeon, elle s’empresse de le dire indirectement à Han Yo-Han. Mais le jeune étudiant n’apprécie pas son comportement. N’étant qu’un plan cul, il hésite d’ailleurs à se montrer plus tendre. Il se rend donc dans le bar pour en discuter avec son bien-aimé mais arrive trop tôt. Le patron l’incite alors à confier ses soucis.

En conclusion

Plan B aborde des sujets plus généraux tout en y incluant les spécificités des questions LGBTQIA+. Les passages comiques et mignons détendent l’atmosphère plutôt tendue et dramatique, permettant de respirer entre deux évènements. Le graphisme est agréable et expressif. Mes émotions ont fait le yoyo pendant tout le tome. Je me répète, mais c’est une série à découvrir absolument! Une lecture émouvante.

BJ. Alex 1 – Mingwa

Couverture de BJ Alex 1 de Mingwa, éditions KBL

Mingwa
ISBN: 9782413091493
Kbooks, 2025
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu es BJ. Alex… N’est-ce pas? »

Mingwa narre une romance entre deux étudiants complètement opposés mais qui cachent quelques secrets sur leur vie privée. Elle installe pour l’instant l’histoire et les personnages. La narration alterne entre les deux étudiants, dévoilant ainsi leurs facettes cachées. Le bienveillant Jiwon se montre plutôt dominateur et agressif en BJ. Alex tandis que le candide Dong-gyun se transforme en fan pervers. Les deux étudiants vont d’abord développer une relation purement charnelle, oscillant entre menace et marché pour protéger l’identité du cam boy. D’ailleurs, bien qu’Ahn ne ménage pas son admirateur, il se montre tout de même prévenant en découvrant son inexpérience. Ainsi, l’autrice aborde l’addiction au porno, la différence entre réalité et fiction, le jugement sur l’apparence. Elle montre également les quiproquos qui s’installent par manque de communication. A travers Kang Hoon, elle dénonce l’autoritarisme de certains étudiants plus âgés. Chan-Woo, le collègue de travail au café de Nam, apporte conseil.

Mingwa a un trait épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à le déformer ou transformer les personnages en SD. Elle utilise trois couleurs dominantes – noir, blanc et rouge – jouant sur les aplats et les dégradés. D’autres couleurs s’ajoutent parfois par petite touche. Les trames graphiques appuient les émotions tandis que les autres trames renforcent le contraste noir et blanc. De même, les flash-back et les fantasmes se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique oublie le format vertical d’origine. Dans les scènes érotiques, la manhwaga censure les parties intimes avec un cache blanc. Les deux illustrations en début de tome reprennent le thème du zoom caméra.

En résumé

Simple étudiant le jour, Nam Dong-gyun, sous le pseudo Dong dong en ligne, fantasme sur le sulfureux cam boy BJ. Alex. Invité un jour par le gentil et beau président du bureau des élèves Ahn Jiwon à une soirée, il finit complètement ivre. Jiwon le ramène alors chez lui. Mais reprenant ses esprits, Dong-gyun remarque que le président du BDE a la même tâche de naissance que son cam boy préféré. Et si?

En conclusion

Mingwa maîtrise le développement de son récit, maintenant un certain suspense en ne dévoilant pas immédiatement tout le contexte. Elle installe d’abord les personnalités des personnages, créant rapidement l’attachement des lecteurices. Son graphisme met en valeur la plastique de BJ. Alex et les mignonnes réaction de Dong-gyun. Lors de la venue de la manhwaga à la Y/Con 11 en 2025, l’éditeur a proposé une édition collector sous forme de coffret, contenant un stand acrylique, un bloc de post-it, un porte-clé, un photo call et des strickers, en plus du tome dont la couverture avait quelques touches argentées. J’aime beaucoup la construction des personnages de l’autrice. Une lecture haletante!

I’m not your hero – Uikashi

Couverture de I'm not your hero d'Uikashi, édité par Taifu

Uikashi 宇井カシ
ISBN: 9782375065969
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526171 (JP)
Shucream, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il n’y a aucune raison pour que je me trompe… Parce que c’est mon premier amour. »

Uikashi sensei narre une classique romance d’amis perdus de vue qui se retrouvent à l’université. Toutefois, elle y inclut des thèmes originaux tels que l’addiction aux vidéos érotiques, la prostitution et le travestissement. Elle base la narration du point de vue de Chihiro, s’attardant sur ses réflexions sur la sexualité. Malgré une relation purement charnelle avec Fuji, le consentement est parfois gris. Sei rejette la moindre affection tandis que Maki aime montrer sa tendresse et prendre soin de celui qu’il aime. Le passé et les secrets de Togawa se révèlent au fur et à mesure. Hiro, qui est un peu dur à la détente, apporte une note comique, d’autant plus qu’il se confie à Akira. Ainsi, l’autrice aborde le secret, l’acceptation de l’autre et de ses sentiments et la différence entre admiration et amour. Elle interroge également sur la notion de héros face à la bienveillance.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à déformer les expressions. Elle dessine d’ailleurs des visages plutôt ronds avec des cheveux méchés rappelant le style shôjo. Les trames variées sont en aplat tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page alterne les compositions classiques et simplement dynamiques. Dans les scènes érotiques, Uikashi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle offre toutefois une scène par chapitre. La couverture se classe dix-septième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

Enfant, Maki Chihiro considérait son ami Togawa Sei comme son héros, ce dernier l’ayant sauvé d’un harcèlement scolaire. Mais il a disparu au lycée suite à des rumeurs. Maintenant à l’université, Maki retrouve Togawa, mais ce dernier prétexte s’appeler Fuji. Toutefois Chihiro cherche absolument à sympathiser avec lui. Lors d’une soirée trop arrosée, il aide Sei qui allait de faire agresser et les deux étudiants finissent par devenir sex friends. En parallèle, Maki découvre sur Internet les vidéos d’un travesti sexy, Akira, ressemblant à son ami…

En conclusion

Uikashi sensei offre une romance assez classique dans laquelle les secrets polluent les relations. Toutefois, elle détend l’atmosphère avec la naïveté et la fraîcheur de Chihiro. En effet, même si elle effleure juste le lourd passé de Sei, il y a l’essentiel pour créer des tensions. Bien que son graphisme ne se démarque pas, il reste agréable et contient quelques touches mignonnes. D’ailleurs, je trouve dommage que le travestissement ne serve que le côté un peu fan service, sans développement profond. Une lecture simple.

Par-delà l’égoïsme – Soutome Emu

Couverture de Par-delà l'égoïsme de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065983
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526027 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Titre original: エゴイストにはなびかない
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Si je n’en ai pas envie… Pourquoi est-ce que je me laisse tenter? »

Soutome Emu sensei narre une romance adulte entre deux hommes préférant prendre du plaisir sans sentiment. Elle alterne la narration entre les deux. Dévoilant au fur et à mesure leur passé, elle montre les causes de leur peur de s’engager et d’aimer. Sûr de son charme, Masaki a un comportement problématique, ayant tendance à faire passer son propre plaisir avant tout. Jin, qui prend énormément en considération le consentement, n’hésite pas à le recadrer. D’ailleurs, à l’opposé du Japonais, il fait passer le plaisir de son partenaire avant tout. Entre deux chamailleries, les deux tombeurs seme apprennent à se connaître. Leurs sentiments évoluent donc petit à petit. Ainsi l’autrice aborde la douleur d’un amour blessant, la solitude, l’importance de la communication dans un couple et la relation à distance. Elle s’intéresse également à la difficulté à construire un équilibre dans un couple et à la dépendance.

La mangaka a un trait légèrement épuré et fin jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle met d’ailleurs en avant la fine musculature de Jin. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Soutome sensei censure à peine les scènes érotiques, ne détaillant pas les parties intimes tramées, mais offrant des coupes intérieures. Elle cache également les détails avec les angles de vue. Par ailleurs, il y a presque une scène par chapitre.

En résumé

Aohara Jin tient un petit restaurant d’onigiris sur l’île d’Oahu à Hawaï. Il n’hésite pas à draguer la clientèle, jouant de ses charmes. Un jour, il ramasse Masaki Kazuma, un Japonais qui se disputait violemment avec un ex petit ami. Ce dernier tombe immédiatement sous le charme de Jin. D’ailleurs, le Japonais n’hésite pas à rejoindre le métisse et ses sex friends Lei et Hao. Toutefois, il se montre plutôt violent et égoïste durant les relations charnelles. Même s’il désire coucher avec Aohara, ce dernier refuse d’être pénétré.

En conclusion

Soutome Emu sensei offre une romance sexy et adulte entre deux seme qui profitent de leur charme pour se faire plaisir. Malgré le thème léger d’un amour en bord de plage, elle aborde la question du consentement et développe avec délicatesse ses personnages. En plus, son graphisme fin met en valeur la plastique des deux amants. Si vous aimez les récits érotiques avec un scénario simple mais maîtrisé, foncez! Une lecture torride!

I cannot reach you 9 – Mika

Couverture de I cannot reach you 9 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505143376
Kana, 2026
ISBN: 9784046842244 (JP)
Kadokawa, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Profiter de cette dernière année en m’amusant ne dépend que de moi! »

Mika sensei introduit de nouveaux personnages, permettant ainsi de développer de nouveaux sujets. Elle montre l’évolution d’Oohara qui s’ouvre de plus en plus à son entourage mais également les efforts d’Ashiya pour être plus positif. Ainsi, elle aborde la gestion du manque et de l’inquiétude et les différentes façons de se lier d’amitié. Comme le groupe d’amis se retrouve dans des classes différentes, leurs liens évoluent. Hosoka veille sur le couple, portant également conseil. Fujino et Amamiya, quant à eux, apportent une note comique par leurs réactions parfois exagérées. Les nouveaux amis de Kakeru, Mizukawa Sora, Kitamura Taisei et Washimi Haruka semblent avoir des tempéraments bien trempés. Avec l’introduction de la peste Fujiwara Azusa, manipulatrice, l’autrice s’intéresse aux rumeurs, à la pression des ami.e.s, à l’influence des réseaux sociaux, à la différence entre apparence et personnalité. Elle crée ainsi des tensions, confrontant Ashiya à des sentiments complexes.

La mangaka a un trait doux et épuré. Comme dans le tome précédent, elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Ces dernières reprennent d’ailleurs les codes du shôjo avec des scintillements, des pois ou des fleurs, et envahissent même les phylactères. Par ailleurs, les décors très présents apportent une note réaliste. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques. Mika sensei présente les personnages secondaires à la fin de certains chapitres. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages. Le chapitre bonus donne une série d’anecdotes au format yonkoma.

En résumé

Durant les vacances de printemps, une partie de la classe 6 de deuxième année pique-nique sous les cerisiers en fleurs une dernière fois. En effet, à la rentrée, ils seront peut-être dans des classes séparées. Alors que les élèves discutent de leur avenir, Ashiya Kakeru constate qu’il ne sait rien des projets d’Oohara Yamato. En plus, son petit ami interagit de mieux en mieux avec ses camarades. Profitant du passage d’Oohara Mikoto, venue rapporter le smartphone oublié de son frère, les deux amoureux se promènent dans le parc. Mais quand Kurosawa demande à voir Oohara en tête à tête , Kakeru a du mal à réprimer son inquiétude.

En conclusion

Mika sensei aborde de nouveaux sujets en introduisant de nouveaux personnages, s’intéressant par ailleurs à l’influence des réseaux sociaux. Elle décortique les sentiments complexes dans de nouvelles relations amicales ainsi que la différence entre apparence et réel caractère. Son graphisme doux devient très expressif lors des passages comiques malgré un trait extrêmement simplifié. J’ai hâte de découvrir comment la mangaka va faire évoluer Kakeru, sa gentillesse naturelle devenant, dans ce tome, la cible de dénigrement. Une lecture apaisante!