Yotsuya ghost knight – Shiroi Choco

Couverture de Yotsuya ghost knight de Shiroi Choco, éditions Taifu

SHIROI Choco しろゐチョコ
ISBN: 9782375065808
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526485 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Okuru Yotsuya est un puissant exorciste mal à l’aise avec les gens et le sexe. »

Shiroi Choco sensei narre une comédie romantique sexy entre un exorciste solitaire et un acteur porno qui peut voir les fantômes. Elle joue sur leurs caractères opposés. En effet, bien qu’inexpérimenté en amour, Okuru a une très haute opinion de lui-même en exorcisme. Naito, quant à lui, malgré sa peur des esprits, ne résiste jamais à l’appel de l’argent. Ainsi les deux hommes, au prétexte d’initiation, voient leurs sentiments évoluer vers un amour réciproque. D’ailleurs, ils développent une relation consensuelle, l’acteur se montrant prévenant. Les autres exorcistes, Itsuki, Matsu Kenta (23 ans) et Itô, apportent soutien, humour ou tension. L’autrice aborde donc la cohabitation, la solitude, la force de l’amour, la difficulté à concilier travail et privé. Elle s’intéresse aussi au sentiment de culpabilité. Par ailleurs, elle dévoile le passé des deux héros par brides, semant ainsi quelques indices amenant à une révélation finale surprenante.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés avec un contour parfois dédoublé. Elle déforme les physionomies dans les passages humoristiques, ses personnages en SD ayant même des têtes en forme de L. Elle utilise les trames avec parcimonie et privilégie les contrastes noir et blanc. De même, des hachures soulignent les ombres fortes. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques (cœur, pois…) accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Shiroi sensei montre la possession par les esprits par des détails étranges. Dans les scènes érotiques, elle trame les parties intimes en les dessinant sans contour avec un léger flou. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec Itô Umeru (30 ans) et Kinô Sen (22 ans), faisant suite au chapitre 6. L’esprit protecteur Teku apporte une note mignonne.

En résumé

L’exorciste Yotsuya Okuru (29 ans) purifie les esprits à la demande des clients. Pour plus d’efficacité, il a besoin de fluide corporel. Mais travaillant seul, il se contente de récolter les larmes qu’il verse quand il jouit. Toutefois, un jour, sa méthode se montre totalement inefficace contre un puissant esprit. Il est alors sauvé par Fukase Naito, un célèbre acteur porno surnommé le Chevalier du squirt. Okuru décide donc de lui demander conseil…

En conclusion

Shiroi Choco sensei crée une dynamique intéressante entre les deux personnages, la note fantastique apportant une touche d’originalité. Elle alterne avec aisance entre humour, scènes sexy et tension. De même, son graphisme qui possède un style bien personnel, oscille entre sensualité et comique. D’ailleurs, j’adore ses personnages en SD. Je les trouve tellement expressifs et rafraîchissants. J’apprécie également la dynamique des différents couples et j’aimerais bien lire un jour un spin-off avec Itô et avec Matsu. J’ai également découvert le squirt. Une lecture envoûtante!

Cherry blossoms after winter 4 – Bamwoo

Couverture de Cherry blossoms after winter 4 de Bamwoo, éditions Kbl

Bamwoo
ISBN: 9782382884201
Kbooks, 2025
Orange agency (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je devrais me soucier de lui autant que de Madame Ha. »

Bamwoo montre l’influence des rumeurs et présente quelques méthodes pour les contrer, mettant ainsi en avant Jia. Bien que confrontés à la jalousie, Haebom et Taesung essaient de se contrôler et dissipent, par la discussion, les moindres malentendus. D’ailleurs, une certaine tension sexuelle s’installe entre eux. Jo Yonghee et Im Hyeju apportent une note comique et bienveillante. L’auteurice analyse également la relation mère et fils à travers Madame Ha, Taesung et Haebom, portant attention aux quiproquos passés et cumulés qui polluent leur perception actuelle. Ainsi, iel aborde la question du coming out, le sentiment d’exclusion, la famille élargie et le jugement sur l’apparence. En effet, Madame Ha considère que son fils a un caractère dominant et qu’il impose donc ses désirs à Haebom. Mais Taesung montre en fait une certaine fragilité, renforcée par les doutes. Ainsi, les personnages dévoilent de nouvelles facettes.

Le trait épuré de Bamwoo s’arrondit et se simplifie dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, les couleurs bien que réalistes, ont une dominante de tons pastels et sont en aplat. De même, les trames d’ambiance colorées ou graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors minimalistes situent principalement l’action. La mise en page classique rythme la lecture. Sur la couverture, un vernis sélectif met en relief le titre.

En résumé

Seo Haebom vise une bourse d’étude et se plonge donc dans les révisions. Il a d’ailleurs un saignement de nez à force de se surmener. Inquiet, Jo Taesung lui propose alors son aide. Par ailleurs, Haebom remarque que son petit ami évite depuis quelque temps sa mère, Madame Ha, et s’interroge de plus en plus sur leur relation. Alors qu’il déjeunait seul à la cafétéria, il entend Hong Yuri et Kang Seongsu colporter des rumeurs sur l’infidélité de Taesung. Toutefois, il n’a pas le temps d’intervenir, Jia les interrompant d’abord.

En conclusion

Bamwoo redynamise son récit en dévoilant de nouvelles facettes de ses personnages. Le scénario alterne constamment entre tensions, moments tendres et comiques. Par ailleurs, le graphisme très expressif transcrit parfaitement les émotions des personnages. J’aime beaucoup la séance mode avec Jia et le dévouement de Yonghee, toujours présent quand cela est nécessaire. Une lecture palpitante!

Cherry blossoms after winter 3 – Bamwoo

Couverture de Cherry blossoms after winter 3 de Bamwoo, éditions Kbl

Bamwoo
ISBN: 9782382882146
Kbooks, 2025
Orange Agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Parviendront-ils à surmonter ces obstacles ensemble? »

Bamwoo montre la vie étudiante de Haebom et Taesung, développant au passage de nouvelles rencontres. La manipulatrice Hong Yuri crée des tensions en semant des rumeurs, accompagnée de l’opportuniste Kang Seungsu. Comme dans le tome précédent, la mise en avant d’autres formes de harcèlement permet de dénoncer certains comportements problématiques, en particulier avec le malaisant Park Jaegyun. Haebom se montre plus sociable tandis que Taesung se contente de fréquenter ses amis du lycée. D’ailleurs, Jo Yonghee et Jia apportent soutien et conseil au couple. L’auteurice montre les efforts des deux amoureux pour trouver un certain équilibre entre vie privée et études. Iel s’intéresse à la vie étudiante en général, la pression dans les relations entre aînés et nouveaux étudiants, au jugement sur l’apparence. Le travail de groupe permet également de montrer comment les personnalités ressortent rapidement et influencent l’ambiance et l’avancée de l’exercice.

Le trait épuré légèrement anguleux de Bamwoo s’arrondit et se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, les personnages se transforment parfois en SD. Les couleurs ont des tons réalistes, avec toutefois une dominante pastel. De même, les trames d’ambiance utilisent surtout des dégradés de couleurs, incluant parfois des éléments graphiques tels que des étoiles, des lignes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors minimalistes situent principalement l’action. La mise en page, bien que classique, aide à une lecture fluide. Comme la relation du couple avance doucement, il n’y a pas encore de scènes érotiques, les deux jeunes hommes n’échangeant pour l’instant que des baisers.

En résumé

Seo Haebom entre bientôt à l’université. Comme la fac est loin de son domicile actuel, il hésite à s’inscrire au dortoir. Mais Jo Taesung refuse de vivre leur histoire d’amour à distance. Il appelle alors son père pour demander de l’aide. Ayant obtenu un appartement près de l’université, il propose alors à son petit ami de vivre ensemble…

En conclusion

Bamwoo donne un ton plus mature à son récit avec l’entrée à l’université. L’introduction de nouveaux personnages permet de développer de nouveaux sujets ainsi que d’approfondir des thèmes déjà évoqués. Le graphisme très expressif passe avec dextérité de beaux visages à des bouilles hilarantes ou mignonnes. J’aime beaucoup les caractères de Yonghee et Im Hyeju. Une lecture entraînante!

Love is an illusion 5 – Fargo

Couverture de Love is an illusion 5 de Fargo, éditions Kbl

Fargo
ISBN: 9782382883440
Kbooks, 2025
Lezhin, (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Entre doutes, révélations et nouveaux départs, chacun apprend qu’aimer, ce n’est pas seulement choisir l’autre… »

Fargo s’intéresse à l’impact des rumeurs sur une célébrité. Elle aborde également la question de l’infertilité, du désir de grossesse et le regret maternel. A travers Byul, elle montre les difficultés d’un couple pour préserver un peu d’intimité ainsi que la différence des liens qui se construisent entre l’enfant et chacun de ses parents. Avec la reprise d’études, Hyesung ressent fortement le poids d’une vie familiale. Par ailleurs l’introduction de nouveaux personnages permet de développer d’autres sujets. Yoon Heesoo (bêta) apporte une note comique en jouant les nounous. D’ailleurs, sa relation avec Dojoon (alpha) interroge sur la gestion du rut et la surprotection. L’autrice développe également la romance pour l’instant instable d’un autre couple: le fils de bonne famille Lee Chowon (oméga), qui souffle le chaud et le froid, avec le prévenant serveur et étudiant Kyungsoo (bêta). Ainsi, elle questionne sur l’amour obsessionnel, le divorce, la rejet de la famille.

Fargo a un trait épuré qui se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Comme dans le tome précédent, le volume est majoritairement en noir et blanc. Il y a toute de même quelques pages couleurs aux tons sobres. Par ailleurs, les décors, qui apportent une touche réaliste, apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Des explications succinctes sur l’omegaverse se trouvent en début de tome.

En résumé

Kim Hyesung (oméga) supporte mal la tempête médiatique autour de la rumeur d’infidélité de Park Dojin (alpha), répandue par Jaewoo. Alors que Dojin boudait, persuadé que son mari lui était indifférent, il le trouve en larmes à la maison devant leur fils Byul…

En conclusion

Fargo propose différents points de vue sur un même sujet en les développant à travers différents couples: alpha*oméga, alpha*bêta, bêta*oméga. Ainsi, elle pousse jusqu’aux limites les clichés de l’omegaverse en s’intéressant principalement aux réactions mais surtout à l’évolution des sentiments. Son graphisme très expressif permet de se passer de longs dialogues. En effet, en un regard, les lecteurices devinent immédiatement à quoi pensent les protagonistes. J’aime beaucoup le couple de Dojoon et Heesoo. Et j’espère que Kyungsoo trouvera le bonheur. Une lecture touchante!

Sasaki et Miyano 10 – Harusono Shou

Couverture de Sasaki et Miyano 10 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385312718
Akata, 2025
ISBN: 9784046827593 (JP)
Kadokawa, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Est-ce que c’est ça, être adulte? »

Harusono Shou sensei s’intéresse à la gestion de la distance et des fréquentations espacées dans le couple de Miyano et Sasaki. Elle introduit de nouveaux personnages tels qu’Ugawa Sora et Shirahama Kyôji, qui semblent apprécier également l’univers des mangas. Ainsi, elle présente l’ambiance des salons BL, aussi bien du côté créateurs que celui des visiteurs. L’organisation du festival scolaire permet de découvrir la maturité acquise par Mya. Malgré un emploi du temps chargé entre révisions et fonctions au comité de discipline, le lycéen, observateur, découvre de nouvelles facettes de son petit ami ainsi que de nouvelles émotions. Ainsi, l’autrice s’intéresse à la jalousie, la possessivité, l’inquiétude et le doute. Elle aborde la différence de perception de l’amour entre réalité et fiction. D’ailleurs, dans l’histoire bonus, elle s’amuse du comportement de Sasaki qui s’inspire des BL. Par ailleurs, Kuresawa apporte une note comique avec son obsession pour sa copine.

La mangaka a un trait épuré, jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Harusono sensei mélange les styles de mise en page entre classique et format yonkoma. Sous la jaquette, elle apporte une anecdote avec une planche sur Kagiura et Hirano. Dans la postface, elle apporte des précisions sur l’habituelle échelle des personnages. Comme dans le tome précédent, le sommaire précise les mois permettant ainsi de se repérer dans le temps. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des protagonistes.

En résumé

Accompagné de Sasaki Shûmei, Miyano Yoshikazu a acheté un téléphone portable. Et il s’empresse d’installer d’abord les applications de lecture BL. Toutefois, les deux amoureux passent ensuite à la librairie pour acheter des livres d’exercices. En effet, Mya vise la même université que son petit ami. Une fois chez les Miyano, Sasaki pensait réviser mais en constatant l’intérêt de Yoshikazu pour ses nouveautés BL, il lui propose de faire une pause pour les lire en amoureux.

En conclusion

Harusono Shou sensei développe de nouveaux sujets, portant son attention sur la prise de distance forcée de Sasaki et Miyano. Elle arrive d’ailleurs à transcrire les changements de maturité de ses personnages, donnant l’impression de les voir grandir. L’ambiance bienveillante est palpable et embaume toujours autant le cœur. D’ailleurs, le graphisme amplifie cette impression de douceur. Je suis curieuse d’en découvrir plus sur Ugawa et Shirahama. Une série parfaite pour découvrir l’univers du BL en général avec d’excellentes vibrations. Une lecture tendre et douce comme un gâteau moelleux.

Caché sous son masque 3 – Sangou Mitsuru

Couverture de Caché sous son masque 3 de Sangou Mitsuru, édité par Hana

SANGOU Mitsuru 参号ミツル
ISBN: 9782382765586
Hana, 2025
ISBN: 9784799756775 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si seulement je pouvais leur dire que j’ai déjà un petit ami… »

Sangou Mitsuru sensei interroge sur le statut de petit ami à travers les réflexions de Sayama. Contrairement au tome précédent, elle alterne la narration entre les deux lycéens, partageant leurs questionnements. Malgré un côté un peu tsundere et fuyant, Keigo prend de plus en plus d’initiatives. La différence d’expérience en amour entre les deux amoureux crée des quiproquos et des tensions. Toutefois, le couple cherche à discuter et à faire le point. L’introduction de Yoshida Riko, l’ex de Saikawa, permet d’aborder la jalousie et le manque de confiance. Ainsi, l’autrice met en avant les efforts nécessaires pour construire une relation équilibrée. A travers Tsuruga Teru, elle s’intéresse à l’amour à sens unique et les bienfaits des conseils et d’encouragements bienveillants.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques dont des sorties de cases. Ainsi, Sangou sensei met en avant la plastique de Saikawa mais aussi la sensualité de Sayama sans son masque. D’ailleurs, elle décompose certains gestes pour renforcer l’érotisme du mouvement. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc ou des languettes blanches, selon la position des personnages. En fin de chapitre, des yonkoma donnent des anecdotes avec d’autres points de vue. La postface présente quelques personnages secondaires.

En résumé

Le populaire Saikawa Tsunagu éconduit toutes les filles qui lui font une déclaration. Il aimerait dire qu’il a un petit ami mais Sayama Keigo s’y oppose catégoriquement. D’ailleurs, ce dernier se demande ce qui différencie un petit ami d’un simple ami. Alors que les deux lycéens se donnent rendez-vous pour aller voir un film au cinéma le week-end, Sayama réalise soudain que leur sortie est en réalité un rencard…

En conclusion

Sangou Mitsuru sensei développe un peu plus la relation entre les deux lycéens. Elle crée une ambiance plus romantique mais s’attarde sur les questionnements sur l’amour et l’amitié. Par ailleurs, elle met en avant Teru, le rendant encore plus attachant. Son graphisme est à la fois sensuel et expressif. J’adore la dynamique entre les personnages. Une lecture distrayante!

A 25:00, à Akasaka 4 – Natsuno Hiroko

Couverture de A 25:00, à Akasaka 4 de Natsuno Hiroko, édité par Hana

NATSUNO Hiroko 夏野寛子
ISBN: 9782382762295
Hana, 2024
ISBN: 9784396785567(JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Mais ils ne font que s’attarder sur mon apparence. »

Natsuno Hiroko sensei dévoile le passé d’Asami et de Yuki, révélant ainsi leurs motivations pour l’univers du cinéma. Elle aborde entre autres le jugement sur l’apparence, la sélection sur la beauté avant le talent, l’indifférence face aux efforts fournis. En effet, Hayama a été marqué par le comportement de son père qui faisait une fixation sur la beauté. Shirasaki, quant à lui, cherchait avant tout à ne pas être un poids pour sa famille. L’ambiance familiale de chacun des deux acteurs semble complètement s’opposer. Pourtant, les deux amants se soutiennent mutuellement tout en développant leur carrière séparément. Par ailleurs, ils montrent de nouvelles facettes: Asami est un peu possessif tandis que Yuki prend des initiatives. L’autrice analyse les hésitations et les peurs des acteurs. Elle développe dans l’histoire bonus, la relation entre les acteurs Yamase Kazuma et Sakuma Hajime.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie, renforcées par des tons à dominante claire. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est plutôt classique. Natsuno sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle simplifie les parties intimes. Comme dans le tome précédent, elle présente le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre. Il y a également des fiches sur les personnages en début de tome.

En résumé

Hayama Asami et Shirasaki Yuki se rendent au mariage de leurs amis. Mais à cause de la célébrité de Hayama, l’acteur devient vite le centre d’attention de tous les invités. Shirasaki capte aussi l’intérêt de la foule dans une moindre mesure. Le couple se souvient alors de leur vie à l’université.

En conclusion

Ce tome se classe première meilleure série au Chill chill BL award 2023. Natsuno Hiroko sensei approfondit encore ses personnages en dévoilant leur passé, leur famille ainsi que leurs motivations. Cette digression dans leur vie privée relance la dynamique du récit. Par ailleurs, le graphisme dégage une certaine sensualité. Je ne me lasse pas de leurs aventures mais j’ai également très envie de voir le développement de la relation entre Yamase et Sakuma. Une lecture sympathique!

My fluffy moody crush – Nago Nayuta

Couverture de My fluffy moody crush de Nago Nayuta, éditions Taifu

NAGO Nayuta 那梧なゆた
ISBN: 9782375065839
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526508 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Un loup-vampire farouche VS un humain déterminé à l’apprivoiser! »

Nago Nayuta sensei développe une romance plutôt classique mais ajoute une touche originale avec le vampirisme. Ainsi, elle intègre dans le récit les explications spécifiques à son univers. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, dévoilant ainsi l’évolution de leurs sentiments. A force de se côtoyer, les deux amis perdus de vue réalisent au fur et à mesure leur attirance mutuelle. Toutefois, le doute persiste avec l’influence du lien affectif et du pouvoir des vampires. Le vampire redoute de perdre le contrôle lorsqu’il suce le sang d’Itsuki tandis que l’humain, volontaire, le guide. Mitsu, la mère de Kô et la collègue du café apportent une note comique. Par ailleurs, l’autrice construit une relation consensuelle. Elle aborde la peur de blesser l’autre, le poids du passé, la fuite des responsabilités.

La mangaka a un trait épuré plutôt contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère les expressions. D’ailleurs, Kô affiche parfois une tête de loup toute mignonne. Les trames sont équilibrées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes et les volumes. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nago sensei ne détaille pas les parties intimes. Elle utilise des trames plus sombres reprenant vaguement leurs formes, ainsi que des languettes blanches ou un flou au niveau des pénétrations. Néanmoins, les détails se devinent par transparence lors des gros plans.

En résumé

L’ajin Kô, mi-vampire, mi-loup-garou, déteste les humains. Il travaille à la préparation des repas dans le café de sa mère, pour éviter au mieux les contacts. Pourtant, un jour, un humain lui saute dans les bras. Il s’agit en fait de son ami d’enfance Itsuki qui était à sa recherche depuis le primaire. Embauché dans le café, tous deux se côtoient donc quotidiennement. Mais le loup-garou ne comprend pas pourquoi Itsuki reste toujours aussi souriant alors qu’il le rejette sans cesse.

En conclusion

Nago Nayuta sensei offre une romance sans prétention, avec un scénario maîtrisé qui va à l’essentiel. Elle crée une dynamique intéressante entre les deux protagonistes, entre fuite et attirance. Son graphisme dégage beaucoup de douceur. J’aime beaucoup le développement de la relation entre Kô et Itsuki. Une lecture plaisante.

Afterglow – Wagase Wagimoko

couverture de Afterglow de Wagase Wagimoko, édité par Hana

WAGASE Wagimoko 吾瀬わぎもこ
ISBN: 9782382765395
Hana, 2025
ISBN: 9784758026802 (JP)
Ichijinshan 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Vous feriez mieux de ne pas sortir ce soir. »

Wagase Wagimoko sensei narre une romance adulte entre un chirurgien cardiovasculaire et un yakuza. Elle révèle au fur et à mesure le passé traumatisant de Higuchi ainsi que celui difficile de Tenju. Après une relation d’abord purement charnelle, les deux hommes vont développer une attirance mutuelle. Kiyotaka conserve un côté naïf et innocent tandis que le manipulateur yakuza se montre prévenant et rassurant. Ainsi, un jeu de séduction se développe entre les deux amants. Le médecin Mishima et les sous-fifres Aohitaba et Ryûnosuke apportent une note bienveillante. L’autrice aborde la difficulté à surmonter un traumatisme et la perte des objectifs de vie suite à des aléas. Elle met en avant la confrontation à la mort dans des milieux très différents. Dans l’histoire bonus, elle détend l’atmosphère avec un récit plus érotique.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle exagère légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Les trames très nombreuses et variées détaillent les ombres et les motifs. D’ailleurs, le rendu des tatouages est minutieux. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique met souvent en avant le charme des muscles de Tenju. Wagase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures et offre au moins une scène par chapitre. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente les personnages dans leur quotidien mais sans incorporer les décors.

En résumé

Higuchi Kiyotaka (29 ans), chirurgien cardiovasculaire, est pourtant muté à la campagne en médecine générale suite à un incident. Il se retrouve donc souvent à écouter les histoires des personnes âgées du village. Mais un soir, après avoir noyé sa peine dans l’alcool, complètement ivre, il est abordé dans la rue par Tenju, le yakuza du coin, qui lui propose alors de lui faire oublier ses soucis au lit.

En conclusion

Ce one-shot se classe quatrième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2025. Wagase Wagimoko sensei offre une romance plutôt classique mais très sexy. Elle développe l’essentiel, oscillant entre tension et moments tendres. Son graphisme de toute beauté, presque réaliste, apporte une touche rafraîchissante. J’ai passé un agréable moment et j’ai beaucoup aimé la relation qui se construit entre les deux hommes. Une lecture agréable!

Key ring lock – Ymz

Couverture de Key ring lock de Ymz, éditions Taifu

Ymz
ISBN: 9782375065624
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784063650327 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Dans cet appartement, la frontière entre la normalité et l’anormalité devient floue… »

Ymz (Yamazu) sensei narre une romance atypique entre un écrivain aimant séquestrer les gens et une de ses victimes totalement consentante. Ainsi, elle aborde la cohabitation et l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure les raisons du comportement particulier des deux hommes prisonniers de leur passé. Ces derniers, solitaires, ne s’intègrent pas aux modèles attendus de la société mais découvrent qu’ils se complètent parfaitement. L’opportuniste Yui a tendance à se laisser vivre tandis que le capricieux Toshiki se montre maladroit en relation. Le responsable éditorial Satoru veille tout de même à ce que son auteur ne dépasse pas les limites. La lycéenne Kokoro, quant à elle, apporte également un regard extérieur sur la relation entre les deux hommes. A travers Tokutomi, l’autrice s’intéresse à l’influence des rumeurs, à la difficulté de demander de l’aide, au sentiment d’impuissance et au poids des regrets.

La mangaka a un trait épuré avec un contour épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors très présents, gardent une note croquée avec un trait irrégulier et des hachures marquant les ombres et les volumes. Par ailleurs, les trames sont en aplat tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir ou gris. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Toutefois, Ymz sensei varient souvent les angles de vue. Elle n’intègre aucune scène érotique, son récit se concluant sur les prémices de la relation amoureuse. La couverture se classe douzième au Chill chill BL award 2018.

En résumé

Yui, qui travaille en intérim, se contente de vivre chichement. Un soir, il croise un homme dans un piteux état, affalé dans la rue. Il aide alors l’inconnu à rentrer à son domicile mais reste finalement dormir là-bas. Toutefois, au matin, il trouve la porte fermée à clé. En effet, l’écrivain Toshiki lui annonce aimer séquestrer les gens…

En conclusion

Ymz sensei offre une tranche de vie sur une cohabitation bizarre, analysant avec une grande sensibilité leurs différents sentiments. D’ailleurs, elle rend palpable l’ambiance et la fragile harmonie qui se construit entre les deux hommes. Son graphisme renforce la douceur ressentie malgré l’étrangeté de la situation. J’apprécie particulièrement la découverte au fil des pages des tenants et des aboutissants de cette relation. Une lecture originale et surprenante!