La sérénade du corbeau – Sakuhiro

la serenade du corbeau sakuhiro
Sakuhiro 朔ヒロ
ISBN: 9782381760765
Hana, 2021
ISBN: 9784575380699 (JP)
Futabasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Vous m’avez acheté pour la nuit, alors touchez-moi comme bon vous semble… »

Sakuhiro sensei narre une romance fantastique entre un humain au cœur brisé et un yôkai prostitué. Elle révèle au fur et à mesure le passé tumultueux des deux héros. Échaudé par une arnaque, Akito ne croit plus trop en l’amour. Suiren, quant à lui cache une énorme tristesse derrière son sourire. Les sentiments se développent peu à peu entre eux. L’auteure s’intéresse un peu à l’envers de la prostitution. Elle aborde surtout le sentiment de désespoir et de culpabilité ainsi que le sacrifice de soi. En effet, l’humain et le yôkai ont tendance à payer de leur personne pour les autres. Tout en avançant à leur rythme, ils redécouvrent le partage du sentiment amoureux et se motivent réciproquement pour reprendre goût à la vie.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, proche du style shôjo. Elle s’inspire principalement des yôkai du folklore japonais. Elle rend bien la somptuosité des vêtements et de l’architecture. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance et s’estompent autour des personnages pour les mettre en avant. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de vignettes, des sorties de cadres des personnages ainsi qu’une variété d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, Sakuhiro sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. D’ailleurs, elle ne les détaille pas. Sous la jaquette, elle explique les liens entre les personnages, inspirés du yin et du yang.

En résumé

Alors qu’il prenait une pause dans un parc, Kanazawa Akito vient en aide à un enfant qui se fait maltraiter. En réalité, il s’agit d’un yôkai, Tofu-kozo. Pour le remercier, ce dernier lui offre trois plaquettes en bois. En entrant dans le buisson comme indiqué, Akito se retrouve ainsi devant la maison close Kasumi, spécialisée dans les yôkai. Comprenant qu’il a reçu des tickets, il tente alors de s’éclipser. Mais le tengu Suiren, harcelé par son client qui a pourtant terminé son temps, lui tombe dessus. Akito vient à son secours et utilise alors une tablette. Mais bien qu’il ait réservé le beau yôkai pour la nuit, il préfère discuter avec lui…

En conclusion

Ce one-shot est un véritable coup de cœur. Ce récit aborde un sujet plutôt rare: jusqu’où irait-on par amour? En plus des personnages attendrissants, le graphisme est agréable et la magie opère facilement.

Apprivoise-moi – Shikimi Bibi

apprivoise moi shikimi bibi
SHIKIMI Bibi 志木見ビビ
ISBN: 9782382760918
Hana, 2021
ISBN: 9784396785130 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Titre original: 服従と甘噛み
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu crois vraiment que je vais rester avec un type qui me traite comme un chien, hein? »

Shikimi Bibi sensei offre une comédie romantique entre un vétérinaire pervers et un loup-garou tsundere. Comme elle inclut une scène érotique à chaque chapitre, son scénario reste léger et joue principalement sur le fan service pour les hommes affublés d’oreilles et de queue d’animaux. Les deux chiens, Angela et Kotetsu, apportent une touche mignonne et humoristique. Minato profite du comportement canin d’Iruma pour satisfaire ses désirs. Même s’il se rebelle, le loup-garou finit toujours pas céder. Ainsi, l’auteure joue beaucoup sur la confrontation inégale entre les deux héros. Elle alterne la narration entre Minato et Iruma. Même si les personnalités sont peu approfondies, le loup-garou s’interroge sur ses sentiments, sur le traitement différent du vétérinaire quand il est loup et humain.

La mangaka a un trait épuré, fin et plutôt rond et doux. Elle dessine des bouilles trop mignonnes et expressives à Iruma en loup. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par contre, la mise en page est plutôt classique avec quelques pages ou cases dynamiques. Dans les scènes érotiques, Shikimi sensei censure les parties intimes par des trames et en esquissant à peine les contours. Sous la jaquette, il y a les toutous en SD trop adorables!

En résumé

De retour d’une visite à domicile, le vétérinaire Minato Keisuke a recueilli un loup blessé. Mais quand il vient vérifier son état de santé, il trouve dans la cage un jeune homme avec des oreilles et une queue de loup. Iruma est en réalité un loup-garou qui a perdu son travail et son foyer. Le vétérinaire le voyant excité à cause de la chienne en chaleur de la clinique, le soulage alors. Choqué par le comportement pervers de Minato et ne supportant pas d’être traité comme un chien, le loup-garou fuit. Mais il passe tout de même à la clinique pour continuer ses soins. Même s’il se rebelle, il finit toujours par obéir au vétérinaire. Un soir, Iruma trouve un chiot abandonné devant la clinique. Comme il souhaite l’adopter, le vétérinaire lui propose alors de travailler pour lui et de le loger dans son appartement…

En conclusion

Ce tome a obtenu la sixième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Malgré un beau graphisme qui charme l’œil, le contenu reste léger. Par contre, certains lecteurs pourront être choqué par le comportement du vétérinaire qui se passe de consentement. Mon cœur étant faible face aux toutous, je craque donc pour cette série malgré ses maladresses. Un titre divertissant.

Nennen-saisai – Hideyoshico

nennen saisai hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775165
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783389 (JP)
Shodensha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Trois histoires BL narrées comme du rakugo.

Dans ce recueil, Hideyoshico sensei s’inspire de deux contes de rakugo pour créer une version Boys’love. Elle prend des libertés avec les récits originaux mais conserve tout de même l’esprit principal. La première histoire reprend un conte modernisé. Même si la fin reste surprenante, elle dégage un peu de tristesse. Le second récit, développé sur plusieurs chapitres, est basé sur un classique. L’auteure s’attarde particulièrement sur la relation entre l’humain et le dieu de la mort ainsi que sur leurs sentiments. Elle complète son volume avec un récit réaliste, se penchant sur les questionnements d’un enfant et l’influence de l’extérieur sur la vision de sa propre famille. Elle conserve une certaine distance sur le traitement de l’homoparentalité mais termine également par une chute surprenante.

La mangaka a un trait épuré et simplifié, presque esquissé. Ses visages sont longs. Hideyoshico sensei apporte un soin particulier aux costumes et aux décors, respectant assez bien les références historiques. En outre, elle intègre les trames d’ambiance à la narration. Elle joue beaucoup sur les vides et les blancs, aérant ses pages. La mise en page reste tout de même dynamique. Les scènes érotiques sont non censurées mais succinctes. En plus, elles ne montrent pas trop les détails.

En résumé

La pêche au poisson rouge – conte japonais Binbogami: Période d’Edo. Yôhei s’est encore fait jeter par sa fiancée. En effet, il est plutôt paresseux et dépense sans compter. Un jour, le dieu de la pauvreté Binbogami s’installe chez lui. Mais même s’il essaie de faire travailler Yôhei, ce dernier perd immédiatement son argent dans des broutilles. L’être divin essaie alors de participer aux revenus de base du foyer endetté en effectuant de petits travaux…
Une fleur déracinée – conte japonais Jugemu: Durant Edo, un couple décide de nommer leur fils avec tous les prénoms signifiant « longévité » proposés par un moine bouddhiste. Mais après une vie comblée, Jugemu va traverser les époques et survivre à deux guerres mondiales. De nos jours, sous le pseudonyme de Hisashi, il travaille dans un club d’hôtes et se permet parfois de parler sèchement aux clientes. Un jour, il croise le dieu de la mort par hasard à un café…
La situation de la famille Komukai: Sôta vit avec son père et Renji, l’ami de son père qui s’occupe des tâches ménagères. Cependant, depuis qu’il a suivi le cours d’éducation sexuelle à l’école, il réalise que sa famille n’est pas tout à fait « normale ».

En conclusion

Ce titre a obtenu la troisième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2014 (ex æquo avec le tome 3 de Kô 3 gentei de Kajimoto Reika). Comme j’adore le rakugo, ces histoires me plaisent énormément. J’admire le travail de l’auteure qui respecte le principe de la fin surprenante typique de ce genre artistique. Cependant, je pense que ceux qui ne connaissent pas les contes d’origine risquent d’être un petit peu perdu.

Le fantôme sadique qui ne me laissait pas dormir 2 – Tokishiba

le fantome sadique qui ne me laissait pas dormir 2 tokishiba

Tokishiba ときしば
ISBN: 9782368777176
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784815500252 (JP)
Sankosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Est-il possible de tourmenter un fantôme sexuel?

Tokishiba sensei continue d’abord à développer la relation de Kôsuke et Yûji. Elle s’intéresse également à un nouveau couple en réintroduisant le fantôme Akiyama Takumi (28 ans) apparu dans le premier tome. Elle interroge le manque de communication dans le couple, la jalousie, le manque de confiance en soi ou en l’autre. Par exemple, même s’il file enfin le parfait amour, Yûji réalise qu’il exprime peu ses sentiments. Son comportement semble parfois plus gamin que celui de son petit ami lycéen. D’ailleurs, la psychologie des personnages est toujours autant travaillée. Akiyama, gay, doute des sentiments de Daichi qui est hétérosexuel à la base. Son côté pessimiste lui fait rejeter toutes attentions. L’auteure utilise toujours le non-consentement limite pour étoffer le scénario ou renforcer l’affection des personnages. Elle offre en histoire bonus encore un threesome explosif!

La mangaka a un trait épuré, anguleux qui a embelli. Elle dessine différentes carrures et exprime beaucoup les sentiments de ses personnages par les expressions du visage. Elle simplifie les traits dans les scènes humoristiques. D’ailleurs, les SD sur l’arrière de la couverture sont trop choux. Les trames d’ambiance sont plutôt graphiques, avec des cœurs, des dégradés, des hachures. Les décors situent principalement les actions. La mise en page dynamique propose des angles de vue originaux et variés. Sous la jaquette, Tokishiba sensei présente le deuxième couple dans sa postface. Elle censure les parties intimes par des caches blancs. Par ailleurs, elle brouille également les détails avec beaucoup de lignes d’actions et des onomatopées. Il y a des scènes érotiques presque à chaque chapitre.

En résumé

Comme Kôsuke a des examens à passer au lycée, il a décidé de ne pas venir voir Yûji pendant quelques temps. Mais son esprit vengeur vient en fin de compte chaque soir s’occuper du corps de son petit ami. Leurs ébats sont tellement intenses que Yûji ne peut retenir ses cris. Le matin, alors qu’il était en retard, son voisin Kawamura Daichi (28 ans) lui en fait subtilement la remarque. Le salaryman décide donc d’en parler au lycéen. Mais à sa surprise, le fantôme accepte facilement de ne pas venir pendant une semaine. Daichi sonne alors à la porte de Yûji pour partager des cerises fraîchement reçues de sa région, provoquant la jalousie et l’inquiétude de Kôsuke. En effet, il semble fort intéressé par Yûji tout en sachant qu’il est déjà casé.

En conclusion

Ce deuxième tome permet à la série d’être classée seizième au Chill Chill BL award 2019. Même si l’aventure du second couple semble reprendre le même déroulement que celui de Yûji et Kôsuke, l’auteure arrive encore à surprendre et émouvoir en inversant soudain l’orientation de son scénario. Les fantômes sexuels seraient-ils également frustrés? Ainsi, elle met en avant le contexte et remet en cause les scènes un peu tendues de non-consentement avec des uke tout compte fait râleurs. La romance est poignante et il est agréable de découvrir comment le premier couple évolue. Je n’ai pas de préférence, mais j’avoue que j’aimerais voir plus de threesome avec le double Kôsuke!

Void – Zariya Ranmaru

void zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782375060704
Taifu comics, 2017
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Enfermé dans ses souvenirs et ses sentiments depuis sept ans, Maki va-t-il trouver la rédemption avec l’innocent Arata?

Zariya Ranmaru sensei nous plonge dans une romance torride et poétique où la vengeance et la rédemption se font dans la souffrance. Elle dévoile au compte-gouttes le passé de Maki et Ren, révélant des psychologies meurtries. Alors que Maki impose égoïstement ses hésitations et ses souffrances à Arata, l’humanoïde se montre encore plus humain et compréhensif. Tous deux ont parfaitement conscience de leur comportement déviant: les jeux pervers renforcent ainsi leur lien de domination et de soumission totale. Cependant, l’introduction de Yoshiaki, le frère de Maki, va précipiter leur relation vers un dénouement plus sain. Par ailleurs, la symbolique de l’oiseau, très présente graphiquement, se répercute également dans la narration. Arata est soumis à l’attachement comme les oiseaux à son réveil, il apprécie de les voir libre et le parallèle entre leur bonheur enfin construit et l’oiseau ayant trouvé refuge dans l’abri qu’il a fabriqué avec Maki est percutant.

La mangaka a un trait fin et réaliste: ses hommes ont une carrure masculine et musclée. Elle apporte un soin aux regards et aux gestes, suggérant principalement les émotions par le dessin. Elle détaille les décors mais utilise les trames d’ambiance avec discrétion. La mise en page dynamique joue sur les emboîtements, les vides et les suppressions de cadre. Zariya sensei transcrit graphiquement la superposition de l’image de Ren sur Arata. De même, elle crée toute une symbolique autour de l’oiseau, dont la présence joue un rôle narratif. Par exemple, chaque chapitre débute avec une cage ouverte où un oiseau passe, faisant un parallèle avec les sentiments des personnages. Il n’y a aucune censure dans les scènes érotiques. La transparence des personnages permet même d’apprécier tous les détails. En plus, il y en a presque à chaque chapitre, plus ou moins développées.

En résumé

Le chef de la division de protection des humanoïdes Rowen affecte de force un amant de compagnie à son ami et ancien collègue Maki. L’humanoïde illégal, Mizumori Arata, a été créé à partir des souvenirs et du physique d’une de ses connaissances, Amamiya Ren. Le rejetant au début, Maki finit par céder à Ren dont l’attachement, influencé par l’imprint, rappelle celui des canetons. Cependant, la présence de l’humanoïde fait remonter des souvenirs douloureux. Devant l’insistance d’Arata, prêt à accepter tout ce qu’on lui dictera pour pouvoir rester auprès de Maki, ce dernier finit par imposer une relation sexuelle perverse à son amant de compagnie.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Pour moi, la touche poétique apportée par le symbole de l’oiseau libre une fois adulte transcrit à la fois l’amour et les sentiments enfin libérés du passé des personnages. En revanche, je ne sais pas si le manque de consentement au début est voulu pour rappeler le statut de poupée sexuelle d’Arata. Cependant, j’aurais aimé plus de scènes tendres et torrides comme celle de l’épilogue. Cela ne m’empêche pas d’être complètement conquise par cette romance profonde.

Mimura & Katagiri – London Pariko

mimura et katagiri london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771501
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877241940 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Comment savoir quand l’amour est tari, a changé ou s’est renforcé?

Dans ce recueil, London Pariko sensei offre cinq histoires aux thèmes variés. Même si ses récits sont courts, elle maîtrise assez ses scénarios. Elle s’intéresse particulièrement aux liens d’une relation et à l’amour. La première histoire qui donne son titre au manga décrit la lassitude dans un couple. L’auteure partage les réflexions des deux héros qui ne sont plus sur la même longueur d’ondes. Alors que Mimura s’inquiète d’un amour tari, Katagiri apprécie la stabilité incrustée dans leur quotidien. Un chapitre bonus narre avec humour leur première fois. « Curtain call » met en avant la manipulation et entrecoupe avec soin le récit par des flash-back. La troisième histoire interroge principalement sur le moment où l’on sort avec quelqu’un. Les deux derniers chapitres mêlent fantastique et romance avec des chats pouvant prendre l’apparence humaine.

Le graphisme de la mangaka possède quelques touches shôjo. Son trait est rond et doux, mais possède une certaine fermeté dans son traitement. A cause de cette uniformité, il est difficile de donner un âge à ses personnages. Comme les récits sont développés sur un chapitre, London sensei utilise beaucoup les ellipses et les raccourcis. Les trames d’ambiance dominent alors que les décors servent uniquement à situer les scènes. Les cadrages sont assez dynamiques mais ils mettent surtout en avant la plastique des personnages ou les moment importants. Il y a peu de scènes érotiques qui sont, de plus, peu détaillées.

En résumé

Mimura & Katagiri / L’échappée du bonheur: Quatorze ans que Katagiri et Mimura sont ensemble. Alors qu’ils approchent la trentaine, un train train quotidien sans libido s’est installé entre eux. De plus, Katagiri ne s’inquiète même pas quand Mimura lui apprend qu’il participera à un gôkon avec ses collègues. L’amour s’est-il tari?
Curtain call: Alors que Tachibana Seizô devait se marier avec la fille de son supérieur, la future mariée ne s’est jamais présentée à l’église, s’étant enfuie avec son amant marié. Cependant, la famille de la jeune femme entretient le contact avec l’homme bafoué. Mais le jeune Shôhei, qui s’occupe particulièrement de Seizô, semble cacher un lourd secret…
Un chemin sans merci: Morita propose un jour à Shimazaki de coucher avec lui. Le froid et taciturne lycéen accepte. Mais en réalité, Morita est amoureux de ce dernier. Depuis, même s’ils se fréquentent, plus rien ne se passe entre eux. Sortent-ils vraiment ensemble?
Tu ne veux pas d’un chat?: Quand ils sont amoureux d’un humain, les chats à longue vie prennent l’apparence d’un humain aux yeux de tout le monde sauf l’être aimé qui ne voit qu’un chat qui miaule, jusqu’à ce qu’il accepte totalement ce possible amour dans son cœur. Mitsuru est amoureux de son senpai, mais ce dernier a déjà une petite amie. Le chat qu’il a recueilli reste constamment à ses côtés mais…
Tu n’aimes pas les chats?: La grand-mère de Kôta est décédée. Durant l’enterrement, un étrange jeune homme fait irruption. La vieille dame qui disait pouvoir parler aux plantes et aux animaux s’occupait particulièrement d’un chat. Kôta continue à venir chez sa grand-mère pour discuter avec l’inconnu…

En conclusion

L’histoire de Mimura et Katagiri traite d’un sujet intéressant mais bascule malheureusement vite dans la comédie. Les autres récits paraissent assez anecdotiques, surtout ceux avec les chats à longue vie. En effet, même si l’auteure maîtrise son univers, le format ne permet pas de le développer. Au final, on passe juste un agréable moment à la lecture de ce manga simple mais frais.

Zhenniao – Monzen Yayohi

zhenniao monzen yayohi

MONZEN Yayohi 文善やよひ
ISBN: 9782368775455
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685754 (JP)
Printemps shuppan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une créature à la beauté toxique qui ne souhaite qu’être aimée.

Dans ce one-shot, Monzen Yayohi sensei s’inspire du zhen (鴆), un oiseau légendaire chinois très coloré. Comme il se nourrit de serpents venimeux, il possèderait un poison très puissant. L’auteure installe son histoire dans une ville indéterminée de la Chine ancienne et personnifie l’animal. Elle développe principalement l’évolution de la relation, d’abord paradoxale, entre l’ancien éleveur et le zhen caractériel. Elle s’intéresse parallèlement à l’apparence, aux valeurs de la beauté ainsi qu’aux conditions de vie des animaux considérés comme des objets. Son scénario est bien mené. A cause des risques du poison, ces deux cœurs brisés ont peur de se toucher. D’ailleurs, le chapitre bonus conclut sur leur premier coït. Une histoire avec des fleurs et un insecte personnifiés complète ce tome, mettant en avant l’arisème dragon.

La mangaka respecte le style architectural de la Chine ancienne et intègre beaucoup de décors. Elle soigne particulièrement les costumes. Son graphisme aux traits fins est plutôt anguleux. L’oiseau semi-humain est esthétique et original. Les visages expressifs transmettent facilement les sentiments des personnages. Les trames et les motifs rendent les nuances des couleurs du plumage. Les cadrages sont assez dynamiques, cependant il y a peu d’actions. Les scènes érotiques sont détaillées; par contre, la profusion des motifs, entre plumes et vêtements, brouille leur appréciation. En fin de chapitre, l’auteure présente des dessins de quelques plantes toxiques. Les illustrations en début de chapitre et sous la jaquette mettent en exergue l’ambiance du récit et la richesse de sa plume.

En résumé

Zhenniao / Bonus: Dans un lointain pays, il existe un oiseau semi-humain, le zhen. Il se repait de nourriture toxique lui conférant un plumage multicolore de toute beauté. Malgré sa dangerosité, certains propriétaires n’hésitent pas à exhiber ces oiseaux comme de simples objets pour afficher leur pouvoir. Le zhen Cai Hong est soupçonné d’avoir tué son éleveur, Ran. Pourtant, il a été vendu au grand maréchal Huang. Fei, le frère de Ran, a abandonné l’élevage depuis quelques années pour devenir militaire. Cependant, il se retrouve à s’occuper du rebelle oiseau dont le plumage demande des soins particuliers…
Devenir la plus belle des fleurs: Un insecte butineur, prenant son travail à cœur, avait été déçu par une fleur stérile qui disait l’aimer. Mais l’année suivante, elle est devenue la plus belle des fleurs…

En conclusion

Cette romance fantastique au graphisme poétique est entrainante. De plus, l’évolution de la relation entre les personnages est intéressante, pleine de contradictions. Une autre histoire de la mangaka, Zhen Hiyoku no tori (鴆 比翼の鳥), se passe dans le même univers et narre la relation entre un zhen blanc non venimeux et un zhen multicolore toxique. Dommage qu’elle ne soit pas traduite! Ce one-shot a obtenu la troisième place du manga original au Chill Chill BL award 2016.