I want you – Momose An

i want you momose an
MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382763025
Hana, 2022
ISBN: 9784796413947 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Titre original: ナカまであいして
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Impossible de lui avouer… que j’ai toujours voulu essayer… »

Momose An sensei offre une romance sexy entre deux lycéens ayant mauvais caractère. Ainsi, elle alterne la narration entre Tokiwa et Yuzuriha. Par contre, elle démarre son récit par une relation non consentie, l’égoïsme et la fatuité de Sôji l’empêchant d’écouter les supplications d’Ikumi. D’abord sex friends, les deux lycéens apprennent à se connaître et les sentiments naissent peu à peu au-delà de leur compatibilité sexuelle. Toutefois, les chamailleries s’enchainent car Yuzuriha ne se laisse pas facilement faire. Pour bousculer ses héros, l’auteure ajoute un triangle amoureux vite expédié. Elle fait d’ailleurs évoluer Tokiwa petit à petit, grâce aux remarques de son ami Sakai. Comme le format ne permet pas d’approfondir plusieurs sujets, elle préfère s’attarder principalement sur le changement de comportement de ses héros qui s’assagissent.

La mangaka a un trait qui joue beaucoup sur les pleins et déliés, dont la rondeur dégage beaucoup de douceur. Elle exagère légèrement les expressions. Avec ce style proche du shôjo, les trames d’ambiance appuient surtout les émotions. Pourtant la palette de trames générales reste réduite mais équilibrée. De même, les décors situent principalement l’action. Le fond noir permet de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page très dynamique utilise beaucoup les cases emboitées, donnant parfois une impression de surcharge. Toutefois, le dessin reste clair. Momose sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle intègre même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente différents stades d’intimité du couple dans les illustrations en début de chapitre. La postface est en bande-dessinée. Sous la jaquette, il y a un croquis et la présentation des personnages.

En résumé

Tokiwa Sôji sort indifféremment avec des filles ou des garçons du moment qu’ils ont un beau visage. En classe, il ose dire à Ikeda dont il s’est lassé, que son voisin de table, Yuzuriha Ikumi, est plus mignon qu’elle. Vexée, la lycéenne le gifle avant de le quitter. Pourtant, Yuzuriha reste indifférent à ses tentatives de rapprochement. Il le remet même vertement à sa place, inquiétant au passage son ami Tanabe Shôta. En effet, il déteste par-dessus tout les personnes qui ne s’intéressent qu’à l’apparence. Le soir, en rentrant de son petit boulot, Sôji rumine encore sa frustration mais il aperçoit alors Ikumi accompagné d’un homme mûr qui allaient entrer dans un love hotel. Il intervient alors et l’emmène chez lui. Croyant que son camarade a de l’expérience, le fier tombeur le force à coucher avec lui…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Yuzuriha Ikumi obtient la dix-huitième place du meilleur uke. D’abord prévu en one-shot, Momose sensei a pu ainsi continuer son récit grâce au succès. Par un retournement scénaristique, elle atténue un peu la scène du viol. Toutefois, les lecteurs sensibles pourront ne pas apprécier. Pour ma part, j’ai du mal à trancher car j’apprécie les histoires lorsqu’un uke ne se laisse pas faire mais je trouve vraiment Tokiwa détestable. Heureusement, son changement de caractère me permet d’apprécier un peu mieux la fin du récit. Je trouve que cela reste tout de même une lecture divertissante.

Ce côté de toi que je ne connais pas – Fuji

ce cote de toi que je ne connais pas fuji
Fuji 藤
ISBN: 9782382761083
Hana, 2022
ISBN: 9784758022460 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si je te côtoie tous les jours, est-ce que ça veut dire que je te connais vraiment? »

Fuji sensei choisit pour son premier manga, le synopsis plutôt classique de l’amour entre amis d’enfance. Toutefois, elle y ajoute une petite nuance: les deux héros ne se connaissent pas parfaitement s’étant perdus de vue en grandissant. Ainsi, elle aborde avec finesse la différence des sentiments entre un homosexuel et un hétérosexuel qui tombe amoureux d’un homme, la peur du regard extérieur et la difficulté à faire confiance. L’histoire se développe par petites tranches de vie. Shô et Aoba communiquent difficilement et même lorsque leurs sentiments évoluent, un malaise persiste. En effet, tous deux gèrent mal leurs doutes et la jalousie. Par ailleurs, l’auteure introduit Watanabe, l’ami d’Aoba, et Iori, une connaissance de Shô, pour accélérer l’évolution des sentiments entre ses héros. D’ailleurs, elle centre principalement son récit sur le point de vue d’Aoba. Elle s’intéresse donc aux secrets entre amis.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle a un style shôjo qui dégage une certaine douceur. Par ailleurs, elle a un traitement particulier des joues rougissantes, renforçant l’aspect mignon. Et repérerez-vous Shô avec des oreilles de wanko? Par contre, les flash-back sont directement intégrés au récit, les rendant parfois difficiles à repérer. Il faut donc faire attention aux détails pour les distinguer comme les vêtements, les décors. Les trames sont nombreuses et les décors plutôt présents. De même, la mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuji sensei censure les parties intimes par des caches blancs ou avec des phylactères bien placés. Sous la jaquette, elle offre un yonkoma et une illustration.

En résumé

Aoba vit en colocation avec son ancien voisin et ami d’enfance, Takase Shô. Mais il n’est pas très à l’aise car ils ne se fréquentaient plus en grandissant. Un jour, Shô rentre complètement trempé par la pluie et en larmes, mais il refuse de se confier à son aîné. Trouvant son colocataire beau, Aoba passe alors une journée, perdu dans ses pensées. Même s’il prend soin de lui, Takase reste froid et prostré pendant quelques temps. Un jour, surpris par la pluie en rentrant chez lui, Aoba va directement à la salle de bain pour se changer. Mais il y trouve Shô qui lui propose alors de partager la salle de bain avec lui…

En conclusion

Fuji sensei participe depuis 2013 à des œuvres collectives mais ce one-shot est son premier manga. Elle maîtrise déjà son graphisme. Par contre, l’enchaînement des évènements comportent encore quelques maladresses, coupant parfois l’effet de surprise. Toutefois, elle offre une histoire douce et réaliste. D’ailleurs, le thème au premier abord simple invite pourtant le lecteur à s’interroger sur le secret de l’orientation sexuelle entre amis. Une lecture agréable et mignonne et une auteure à suivre.

Clumsy love step – Yoriko

clumsy love step yoriko
Yoriko 依子
ISBN: 9782382760611
Hana, 2021
ISBN: 9784801971479 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai envie qu’il m’apprenne quel genre de plaisir il peut m’apporter. »

Yoriko sensei offre une comédie romantique entre un étudiant au cœur pur et innocent et un dragueur invétéré bisexuel. Elle rajoute des tensions en installant une sorte de triangle amoureux avec Nagi Miyazawa, un première année qui assume complètement son homosexualité. Malgré l’insistance de Yoshino qui abuse de la naïveté de Kotarô, elle installe des rapports plutôt consensuels. En effet, les deux étudiants ont clairement conscience de débuter par une relation de simple sex friend. N’étant pas sur la même longueur d’ondes, leurs sentiments naissent peu à peu mais pas au même rythme. Ainsi, Tsujimoto privilégie la relation amicale et fuit ses sentiments. D’ailleurs, l’auteure base principalement la narration du point de vue de l’innocent étudiant. Elle joue également sur le contraste entre sa pureté et sa libido débordante.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, dans un style plutôt shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les décors apparaissent sur les plans larges. De même, les trames d’ambiance rehaussent les émotions. Toutefois, les autres trames servent principalement à représenter les couleurs. Malgré une palette plutôt restreinte, leur utilisation est équilibrée. En revanche, des hachures marquent les ombres fortes. Par ailleurs, la mise en page plutôt basique offre tout de même quelques cases plus dynamiques. Yoriko sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Il y a également un croquis amusant, en conclusion de fin de chapitre.

En résumé

En deuxième année à l’université, Tsujimoto Kotarô apprécie sa petite vie tranquille de célibataire. Quand il voit arriver son amie Miyako, il devine immédiatement qu’elle va l’embarquer dans ses problèmes. En effet, l’étudiante, harcelée par un certain Yoshino Aoi, lui demande de se faire passer pour son petit ami. Alors qu’il croise par hasard Yoshino en train d’essayer de se débarrasser d’une ancienne conquête, ce dernier lui saute dessus comme s’ils avaient toujours été proches. Il l’invite alors à boire un verre pour faire plus ample connaissance. Ne sortant avec les filles que pour s’amuser, le tombeur accepte de laisser tomber Miyako mais demande en échange un rapprochement avec Kotarô. Puis, il l’emmène dans les toilettes pour faire plus ample connaissance et lui fait découvrir des plaisirs insoupçonnés à travers son corps.

En conclusion

Yoriko sensei narre une comédie légère et mignonne qui, malgré un dragueur insistant, arrive à mettre en place une relation qui se développe sainement. Les personnages sont craquants et le graphisme sexy ajoute du charme au récit. Un one-shot divertissant.

Sasaki et Miyano 2 – Harusono Shou

sasaki et miyano 2 harusono shou
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122457
Akata, 2022
ISBN: 9784040691619 (JP)
Kadokawa, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Depuis ce jour, je ne peux pas m’empêcher de le trouver classe… »

Harusono Shou sensei confronte beaucoup ses personnages aux situations stéréotypées des BL, ajoutant une touche humoristique à sa romance. Elle développe doucement la prise de conscience de Sasaki et Miyano. Ainsi, les deux lycéens s’interrogent sur la différence d’âge, leur comportement parfois ambigu prêtant à confusion. Chaque évènement est prétexte à faire rougir les deux héros. Par ailleurs, Sasaki a de plus en plus de mal à se retenir et expérimente la jalousie et la possessivité. De même, Miyano réfléchit à la différence entre fiction et réalité, comprenant petit à petit les sentiments profonds de son ami. L’auteure développe un peu plus les personnages secondaires. En comparant les réactions d’Ogasawara Jirô et Kuresawa Tasuku, elle met en avant l’approche différente d’un garçon confronté à sa petite amie fan de BL. Dans un chapitre bonus, elle révèle un peu la relation particulière qu’entretient Hirano avec son colocataire Kagiura Akira.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Toutefois, les personnages sont facilement reconnaissables. Les trames d’ambiance, très graphiques, alternent avec les décors. Contrairement au tome précédent, les saynètes en fin de chapitre donnent simplement une petite anecdote sur l’histoire. Harusono sensei continue de mélanger yonkoma et mise en page classique. Elle présente plus en détail les personnages en fin de tome. Sous la jaquette, elle annonce la prépublication de la série avec un yonkoma et une illustration. Par ailleurs, le volume débute par une petite scène en couleur en rapport avec la couverture. Le sommaire donne encore une chronologie très pratique pour situer les évènements qui se déroulent assez rapidement.

En résumé

Tôt un matin, Miyano Yoshikazu croise Sasaki Shûmei qui a été convoqué par Hirano Taiga. Ce dernier l’aide à réviser car ses notes sont mauvaises. Mais comme Hirano a du retard, Sasaki invite son ami à discuter de leurs dernières lectures. En buvant son café, Yoshikazu se brûle la langue et Mya ne peut alors s’empêcher d’imaginer une situation BL. En effet, les personnes sensibles de la langue seraient soi-disant maladroites en baiser. Quand Sasaki lui propose malicieusement d’essayer, le lycéen d’abord surpris, commence à s’interroger sur les sentiments de son ami. Le soir, en allant lui donner la suite du manga, il surprend une conversation entre Sasaki et un ami qui lui reproche de lire des boy’s love. Toutefois, Shûmei défend sa nouvelle passion…

En conclusion

Dans ce tome, la série prend un certain rythme alternant humour et émois. Par ailleurs, Harusono sensei dépeint avec finesse les interrogations qui touchent les adolescents. Même si elle n’approfondit pas les thèmes qu’elle aborde, elle offre une romance toute douce, agréable à lire, avec des personnages très attachants. Pour ma part, je suis complètement conquise!

Sasaki et Miyano 1 – Harusono Shou

sasaki et miyano 1 harusono shou
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122440
Akata, 2022
ISBN: 9784040684710 (JP)
Kadokawa, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Quand les boy’s love permettent à un lycéen de vivre la plus parfaite des romances.

Harusono Shou sensei nous invite à partager le quotidien de deux lycéens friands de boy’s love. Elle développe à la fois des thèmes par chapitre ainsi qu’un fil rouge évolutif sur la relation entre les deux héros. De même, elle analyse les premiers émois de l’adolescence. Malgré sa tête de voyou, Sasaki est gentil et ouvert d’esprit. Miyano, quant à lui, a du mal à assumer ouvertement sa passion mais est heureux de rencontrer enfin un autre garçon qui s’y intéresse. Ainsi, seuls un groupe d’amis proches connaissent leur intérêt pour ce genre littéraire. A travers leurs aventures, l’auteure aborde divers sujets comme le jugement extérieur, l’acceptation de la différence, le comportement des fans de BL, le vocabulaire particulier qu’ils utilisent. De même, elle joue sur les situations BL pour titiller l’imagination des lecteurs. Sasaki réalise petit à petit son attirance pour Miyano et y réfléchit beaucoup.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, très doux et mignon. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des yeux assez grands mais très expressifs. Les trames d’ambiance, très graphiques et nombreuses, participent complètement au récit, renforçant l’aspect évanescent des pages. Ainsi des triangles, pois, fleurs, envahissent les scènes. De même, les décors apparaissent sur les plans larges mais deviennent de simples silhouettes derrière les trames. Des cases blanches au cadre épais, en superposition, introduisent les flash-back. Harusono sensei utilise une mise en page hybride, mêlant yonkoma et agencement classique. Elle narre également une histoire parallèle sur le festival culturel en deux cases à la fin des chapitres. Elle révèle les prénoms de ses personnages en fin de tome. Par ailleurs, le manga débute par une page couleurs. Sous la jaquette, il y a encore deux yonkoma apportant des anecdotes sur Hirano Taiga et Kuresawa Tasuku.

En résumé

Un jour, Miyano Yoshikazu aperçoit un élève qui se fait harceler et cherche à joindre du secours. Apparaît alors Sasaki Shûmei qui l’arrête dans son élan puis s’occupe des voyous. Trois mois plus tard, les deux lycéens ont sympathisé et apprennent à se connaître petit à petit. Miyano a du mal avec le côté tactile de Sasaki, surtout qu’il complexe sur son visage efféminé. En effet, le jeune lycéen est fan de boy’s love et a peur que les actions de son ami prête à confusion dans ce lycée pour garçons. Mais à force de l’entendre utiliser un vocabulaire inconnu, Sasaki demande à Mya de lui conseiller une de ses lectures préférées. Et à la grande surprise de ce dernier, il trouve le manga très intéressant…

En conclusion

Harusono sensei prend tout son temps pour développer son récit et s’attarde surtout sur la vie scolaire et l’amitié. Ce titre est à la fois une bouffée rafraichissante de douceur, de bienveillance et de bonheur qu’un moyen de découvrir l’univers du boy’s love. L’adaptation animée rend d’ailleurs très bien cette ambiance. J’aime beaucoup le temps précisé dans le sommaire au-dessus des chapitres, permettant de mieux se situer dans l’avancée du récit. En plus, adorant les yonkoma, j’adhère complètement au récit mais ce style pourra décontenancer certains lecteurs. Le couple est adorable et j’ai juste envie de suivre leurs aventures avec passion.

Restart – Hidaka Shoko

restart hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782351804834
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862630490 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Tout n’est pas glamour dans le monde de la mode… »

Hidaka Shoko sensei propose des romances se déroulant dans le monde de la mode. Elle s’intéresse à la rivalité entre mannequins galvanisée par des effets de mode, les carrières fluctuantes, la perte de confiance en soi. A travers Tadashi et Aki, elle aborde également la difficulté à cacher une relation amoureuse et à coordonner un emploi du temps. L’histoire bonus en fin de tome permet de découvrir la rencontre entre les deux mannequins. Par ailleurs, le chapitre spin-off « Pour toi » questionne sur la différence d’âge. L’auteure développe des personnalités complexes malgré le format court. Ainsi, elle met en évidence la tendance de Yoshizawwa et Honma à se rabaisser et à remettre en question leur place dans le métier. En fin de tome, elle dépeint avec finesse la confusion des sentiments de Tomohiro, prisonnier de son ancien amour.

La mangaka a un trait épuré qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, privilégiant un certain réalisme. De même, les décors très présents renforcent cet aspect. Les trames sont également équilibrées. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas trop les parties intimes, jouant sur les trames, l’absence de trait ou des cadrages très serrés.

En résumé

Restart / Step / Clear / Rebirth / Contact: Lors d’un shooting photo, le mannequin Yoshizawa Tadashi (24 ans), dont la carrière est sur une pente descendante, apprend que son jeune collègue Kudô Akihiro (21 ans) a été sélectionné pour un défilé à l’étranger. En effet, Aki ne l’a pas informé puisqu’ils s’évitent depuis plus d’un mois. Car après une soirée trop arrosée, les deux hommes ivres avaient couché ensemble. Leur manager Noguchi convoque alors les deux mannequins et les somme de participer à la soirée de fin d’année. Mais Tadashi ne supporte pas les sermons d’Aki…
Pour toi: Le photographe Kishida Tomomi a sélectionné le jeune mannequin Honma Shunsuke pour son nouveau projet de portraits. Mais le lycéen a du mal à comprendre ses directives trop vagues. Il se demande également pourquoi il a été choisi alors qu’il n’a plus de succès. Soudain, en plein shooting, le photographe lui déclare alors son amour…
Reflets: Tomohiro Tatsumi a perdu son premier amour dans un accident de plongée avant même d’avoir pu lui déclarer ses sentiments. Il n’a pas vraiment encore fait son deuil, le corps de ce dernier n’ayant jamais été retrouvé. Mais un jour, il croise dans le bus, le portrait craché de Shinozaki…

En conclusion

Malgré le format court, Hidaka sensei narre de merveilleuses histoires emplies d’émotions et de réalisme. Elle ne s’éparpille pas et donne l’essentiel pour appréhender la psychologie des personnages. Une lecture prenante pleine de sensibilité!

Reverse hierarchy – Nishihara Keita

reverse hierarchy nishihara keita
NISHIHARA Keita 西原ケイタ
ISBN: 9782368771907
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796406284 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des seme prédateurs qui vont faire des efforts pour plaire à leur uke.

Nishihara Keita sensei propose de suivre deux histoires avec deux couples de lycéens dont les seme se révèlent être de vrais prédateurs. Ces derniers, un peu pervers, dominent complètement leur uke fou amoureux d’eux. Néanmoins, ces romances légères mettent en avant le pouvoir de l’amour avec une touche d’humour. Dans « Reverse hierarchy », l’auteure s’amuse à retourner le rapport entre les deux héros. Elle joue sur l’innocence et l’ignorance de Shizuo, qui cède d’abord facilement à Masato. Bien qu’il prenait un peu de haut son ami, il se retrouve complètement sous sa coupe dans leur relation amoureuse. Pourtant, par la suite, le seme réalise ses sentiments et répond avec plaisir aux attentes romantiques de son amant. Le second récit s’intéresse à l’évolution de Kichise, au caractère extrême: égocentrique, pervers et fétichiste des tétons. En découvrant petit à petit Mitsuba, ses sentiments s’éveillent et il tente alors de répondre à ses désirs.

La mangaka a un trait anguleux très simplifié. Elle dessine des mentons et des nez pointus, avec des yeux effilés. Son style particulier se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les décors servent principalement à situer l’action. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La balance entre noir et blanc est équilibrée, avec des trames d’ombre et de couleurs. Dans les scènes érotiques, Nishihara sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle évite également de montrer trop de détails en écourtant ces passages. Des yonkoma concluent les deux histoires en apportant des anecdotes amusantes.

En résumé

Reverse hierarchy! / Bonus: Le sérieux délégué de classe Anzai Shizuo est persuadé d’être indispensable à son ami d’enfance Masato. En effet, il le réveille tous les matins, surveille ses fréquentations et passe tout son temps libre à s’occuper de lui. Cependant, les petites attentions de Masato le touchent. Les parents de Masato s’absentant, Shizuo leur propose de rester avec lui. Mais ce dernier a bien l’intention de s’amuser un peu et commence à regarder une vidéo pornographique. Gêné, son sérieux ami l’interrompt mais les choses entre eux dérapent…
Ne me touche pas! / C’est un crime d’être aussi mignon! / Je veux tout de toi! / Kichise x Mitsuba Bonus: Miyoshita Mitsuba complexe sur ses tétons devenus très sensibles depuis que son petit ami, Kichise, s’amuse avec à chaque rapport…

En conclusion

L’auteure n’approfondit pas ses récits et reste dans la légèreté et le partage des sentiments. Cependant, il est amusant de voir les uke très passifs arriver à faire réfléchir leurs dominants seme en partageant clairement leur amour. Une histoire divertissante qui se laisse lire.

You know what I want! – Hinako

you know what i want hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782368775639
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606915 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Deux cavaleurs à l’incompatibilité caractérielle touchés par l’amour.

Hinako sensei met en scène une relation bancale qui va s’équilibrer petit à petit, avec des personnages aux caractères opposés. Pourtant, elle développe par la suite leur psychologie, révélant de légers traumas. En effet, le froid et sévère Tsuzuki cache un côté sombre. Jaloux, il a tendance à monopoliser l’être aimé et préfère donc ne pas s’attacher. L’enthousiaste et démonstratif Fujigaya ne cache pas son homosexualité. Sa vision naïve de l’amour, pouvant naître d’un coup d’un soir, attire surtout des partenaires profiteurs. En plus, il s’emballe très facilement. Heureusement, son ami Mitsu veille sur lui et n’hésite pas à intervenir. L’auteure s’amuse ainsi à confronter ce couple à l’incompatibilité caractérielle mais pas sexuelle. Elle développe doucement leurs sentiments mutuels, décrivant les efforts pour s’adapter à l’autre. La narration se concentre sur Shô. La postface se trouve sous la jaquette.

La mangaka a un trait fin épuré qui conserve une petite touche réaliste. Néanmoins, elle représente Fujigaya avec les canines qui dépassent quand il ouvre la bouche, accentuant son côté effronté. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. En revanche, les décors situent principalement l’action. Hinako sensei ne censure pas les scènes érotiques. Mais parfois, le jeu des trames, des angles de vue et mêmes les onomatopées cache l’essentiel. Les illustrations en début de chapitre suivent le développement de la relation des héros. En bonus, l’histoire de la couverture continue au verso.

En résumé

Fujigaya Shôdô, un étudiant en troisième année de littérature qui affiche clairement son homosexualité, drague tous les mecs intellectuels de troisième année de l’université. Il repère Tsuzuki Hirotaka, à la beauté froide, qui est complètement son genre. Il lui propose donc directement de coucher ensemble. Tsuzuki refuse net. Mais le soir dans le quartier gay, il remarque Fujigaya en compagnie d’un autre homme, confirmant les rumeurs sur sa frivolité. Pourtant, Shô persévère. Il va même interrompre un plan drague de Hirotaka quand il le trouve dans un bar gay un soir. Il le traine alors dans un love hotel. Excédé par ce comportement sans gêne et égoïste, ce dernier décide donc de lui donner ce qu’il veut, espérant lui prouver leur incompatibilité. Tsuzuki se lâche et dévoile alors son côté un peu sadique…

En conclusion

Ce couple de cavaleurs va s’assagir en se découvrant mutuellement. J’aime beaucoup la dynamique entre les deux héros qui ne sont jamais sur la même longueur d’onde, même s’ils communiquent. Fujigaya en amoureux transi devient hilarant car il accepte facilement les défauts de son partenaire. Mais même s’il fait des efforts pour le combler, il ne tient jamais trop longtemps, sa personnalité reprenant le dessus. J’apprécie également le contexte plutôt réaliste des personnages. Le graphisme de l’auteure est beau, l’histoire rondement menée. Une comédie parfaite pour passer un moment divertissant et sexy.

Nomi & Shiba 2 – Tagura Tohru

nomi et shiba 2 tagura tohru
TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782382125502
Akata, 2022
ISBN: 9784088551777 (JP)
Shueisha, 2021 (JP)
Titre original: のみxしば2
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Surpasser les obstacles qui se dressent sur le chemin de l’amour.

Tagura Tohru sensei continue d’explorer les premiers émois de l’adolescence. Elle analyse un amour innocent et développe une relation consensuelle entre Nomiya et Mikoshiba. Les deux lycéens se rapprochent en surmontant divers obstacles qui se dressent face à leur amour. Ils apprennent aussi à gérer l’affolement de leurs hormones. L’introduction du stricte Onitsuka apporte également un peu de tension. Toutefois, les élèves peuvent compter sur le soutien du médecin de l’école, M Kumada. Ainsi, l’auteure offre des tranches de vie quotidienne à l’internat, comme par exemple le voyage scolaire, le grand ménage, les examens. Elle met en avant Miyai ainsi que Satô, le camarade de chambre de Nakaôji. La romance du couple naïf avance lentement mais déborde d’émotions.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie toutefois les morphologies, les coiffures et la forme des yeux, permettant d’identifier facilement les personnages. Les décors, travaillés, alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les autres trames sont équilibrées. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les sorties de case. Tagura sensei n’hésite pas à ajouter des décorations végétales en fond. Les passages érotiques n’étant qu’aux balbutiements, elle reste pudique mais exprime tout de même la sensualité de certaines scènes. Comme dans le tome précédent, elle dessine des croquis amusants sur les personnages secondaires, en fin de chapitre. Les illustrations en début chapitre mettent surtout le couple en avant. Des fiches personnages se trouvent en début de tome.

En résumé

En échangeant un baiser langoureux, Nomiya et Mikoshiba réalisent enfin leurs sentiments réciproques et décident de déclarer leur amour. Mais Morishita les coupe dans leur élan en leur annonçant une mauvaise nouvelle: suite à un couple surpris en pleins ébats, le surveillant adjoint Onitsuka interdit aux garçons en couple de partager la même chambre. Alors que l’enseignant interroge Nomiya et Mikoshiba, Miyai vient à leur rescousse prétextant que leur relation est factice. Mais durant le voyage scolaire à Kyoto, Onitsuka surveille étroitement les deux lycéens. Il fait même des remontrances à Mikoshiba parce qu’il s’était habillé en fille le temps d’une photo, manipulé par ses camarades. Le « trio de crétins », alias Mimura, Nikaidô et Ichinose, propose alors de tirer les prédictions au sanctuaire Jishu, spécialisé dans les liens amoureux. Mais Shiba a l’impression que les catastrophes s’accumulent depuis qu’il a eu un mauvais augure.

En conclusion

Ce second tome continue d’interroger le sentiment amoureux avec humour et douceur. Malgré un petit côté fleur bleue, j’adore voir le couple évoluer dans cet univers bienveillant et tout mignon. Une série idéale pour mettre du baume au cœur. Mise à jour: Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Par ailleurs, Mikoshiba est classé quinzième meilleur uke.

Blue sky complex 6 – Ichikawa Kei

blue sky complex 6 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei
ISBN: 9782382761014
Hana, 2022
ISBN: 9784864423946 (JP)
Tokyo mangasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Nouveaux amours, révélations inattendues et changements. »

Ichikawa Kei sensei continue de développer quelques tranches de la vie de Motochika et Natsuki. Par ailleurs, elle s’intéresse à Towa et à une de ses révélations qui apporte alors le trouble dans le groupe d’amis. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer la déception amoureuse, la délicatesse de parler d’un proche décédé et les contrariétés qu’entraine une dispute entre de nouveaux amis. Confronté à la situation de Harukawa, Natsuki prend conscience des différences qu’implique l’acceptation ou non de l’homosexualité. Faisant suite au tome précédent, l’auteure aborde encore la question du coming out, mais à la famille. Elle s’intéresse également aux souvenirs et à l’attachement matériel malgré la nécessité du changement. De même, elle dépeint avec finesse les différentes émotions et questions qui touchent le couple avançant vers l’âge adulte.

Le trait de la mangaka s’adoucit. Elle n’hésite pas à le simplifier ou même à le déformer dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine les personnages en SD avec un style qui lui est propre, au profil mignon avec des joues saillantes. Les contours plus épais donnent du relief grâce aux pleins et déliés. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichikawa sensei censure les parties intimes en ne les dessinant pas. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement au récit. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur Chika et Natsuki au primaire.

En résumé

En stage en Australie pour la troisième année consécutive dans la même famille d’accueil, Terashima Natsuki finit par parler de son petit ami à Daniel après qu’il l’ait taquiné sur sa vie sentimentale. A peine de retour au Japon, il reçoit un appel de sa mère qui lui annonce qu’elle est enceinte. A l’université, ses amis Kurisu Haruomi et Harukawa Noriyasu le harcèlent de questions en apprenant la nouvelle. Connaissant les sentiments de Haru pour Towa, Natsuki l’invite alors à son rendez-vous avec Towa, mais son ami refuse. Le soir, en route pour le salon de coiffure de Kaihô Takumi, l’ami de Towa, il confie à Narasaki Motochika ne pas comprendre la réserve de Haru. Chika, au contraire, trouve ce comportement mignon et provoque donc un peu la jalousie de son petit ami. Mais devant le salon, ils restent perplexes en apercevant Towa discuter plutôt amicalement avec une femme…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Narasaki Motochika est classé quatrième meilleur seme tandis que Terashima Natsuki occupe la première place du meilleur uke. Ichikawa sensei prend son temps pour développer son récit et s’attarde particulièrement sur les émotions. Le récit devient donc très touchant et réaliste. En plus, le graphisme sublime rend la lecture encore plus douce et agréable. J’adore particulièrement les bouilles de Haru.