Amour & désir – Ahiru Morishita

amour et desir ahiru morishita

AHIRU Morishita アヒル森下
ISBN: 9782382764244
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801978577 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si Noa me touchait encore plus, qu’est-ce que je ressentirais? »

Ahiru Morishita sensei propose une comédie romantique entre un jeune reclus asocial et sombre et un étudiant nippo-allemand radieux un peu otaku. Elle aborde donc la difficulté à communiquer et à exprimer ses sentiments, les différences culturelles. Elle ajoute une note dramatique en dévoilant au fur et à mesure le passé de Kei. Avec la cohabitation, les deux hommes se découvrent des points communs et une attirance mutuelle. Noa réalise qu’il aime prendre soin de son hôte tandis que Kei s’interroge sur sa libido. Ainsi, les quiproquos entre eux apportent une touche humoristique. L’auteure s’intéresse par ailleurs à la distinction entre amour et désir sexuel, analysant les questionnements de ses deux héros.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle compare les réactions de Kei à celles d’un chat, n’hésitant pas à lui ajouter oreilles et queue ou à dessiner un petit chat noir à côté, augmentant son côté mignon. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. Les décors sont soignés et le lecteur peut même reconnaître certains quartiers de Tokyo. La mise en page est par ailleurs dynamique. Dans les scènes érotiques, Ahiru sensei censure les parties intimes par des hachures blanches et des contours discontinus. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le couple dans leurs moments tendres.

En résumé

Noa, nippo-germanique, se rend au Japon pour un mois. En échange d’un logis dans une belle maison traditionnelle, il accepte de s’occuper de Kei, un hikikomori. Ce dernier a d’abord du mal à s’exprimer, d’autant plus que Noa se montre très tactile. Pourtant, il multiplie les efforts malgré sa maladresse pour communiquer avec son nouveau colocataire. D’ailleurs, Noa adore voir les différentes réactions de son hôte. Mais en rentrant un soir, il entend Kei en train de se masturber tout en prononçant son nom.

En conclusion

Ahiru Morishita sensei propose une romance toute mignonne alternant entre humour, drame et érotisme. Elle délaisse rapidement la question interculturelle pour s’attarder sur les sentiments des personnages. Son graphisme transcrit parfaitement les émotions des personnages. Une lecture simple, sympathique, légèrement affriolant qui fait passer un bon moment de détente.

Le bonheur du démon 3 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 3 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782382760512
Hana, 2021
ISBN: 9784813032649 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« C’est parce que tu es là que je suis capable de m’accrocher. »

Yamamoto Kotetsuko sensei conclut sa série avec toujours autant d’humour et de légèreté. Elle fait évoluer le couple positivement, réduisant de plus en plus l’écart entre le bosseur Emu et l’écervelé Nenji. Par ailleurs, elle introduit encore de nouveaux personnages, dont un couple homosexuel (Hatayama Kôhei et Yoneda Kôji) qui se démarque et permet aux deux héros de progresser dans leur relation. Malgré ses premiers emplois, Fukutomi ne mûrit pas vraiment et continue à vivre, mu uniquement par ses sentiments. Le franc parlé d’Ikariya devient carrément cru lors des ébats avec Fukutomi, brisant l’effet romantique des scènes avec humour. Malgré tout, l’auteure installe des échanges consentis avec des discussions dans le couple. A la fin, elle présente ce que sont devenus les personnages, arrivant encore à surprendre les lecteurs.

La mangaka a un trait épuré qui paraît simple au premier abord. Elle apporte un peu plus d’humour en exagérant les expressions. Par exemple, Emu a une tête à la fois mignonne et amusante quand il mange du melon, fruit de luxe au Japon, pour la première fois. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les autres trames utilisées avec parcimonie donnent une dominante claire aux pages. En plus, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique et efficace est surtout au service du récit. Dans les scènes érotiques, Yamamoto sensei ne montre pas les parties intimes. Elle offre des anecdotes sur Nenji en fin de tome avec deux yonkoma. Comme pour la couverture précédente, l’illustration se détache sur un fond uni.

En résumé

Fukutomi Nenji veut arrêter l’université pour aider Ikariya Emu. Comme il n’a pas réfléchi aux conséquences de sa décision, il provoque l’ire de son petit ami. Heureusement, Gonzô raisonne son petit-fils, en lui faisant comprendre l’enjeu de son avenir. Les deux amoureux se réconcilient donc, mais l’étudiant souhaite tout de même participer au remboursement de la dette en prenant un petit boulot. Après quelques prospections, il réalise que les jobs étudiants ne sont pas bien rémunérés et confie alors son désarroi à ses amis. En entendant la somme qu’il souhaite récolter, ces derniers lui suggère de tenter de jouer à la loterie. De son côté, Emu a obtenu un travail de mascotte pour le festival de la ville grâce à Gonzô. Mais en voyant le jeune homme discuter avec son petit-fils, il remarque que leurs sentiments sont réciproques. A la surprise d’Emu, le vieil homme les encourage.

En conclusion

Cette comédie se termine sur un happy end rassurant et plaisant pour mon plus grand bonheur. Voir les compétences d’Emu reconnues plutôt que ses diplômes fait chaud au cœur. J’adore la dynamique qui se dégage du couple, avec un uke direct qui déstabilise son seme. Une lecture divertissante!

Le bonheur du démon 2 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 2 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368777145
Hana, 2020
ISBN: 9784813032441 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une romance entre un garçon malchanceux et un étudiant gentleman. »

Yamamoto Kotetsuko sensei accélère un peu la romance entre Emu et Nenji. Après avoir installé les personnages dans le tome précédent, elle développe leurs différents desseins. Fukutomi a choisi d’aller à l’université pour trouver sa voie mais n’a toujours rien décidé. L’étudiant, un peu trop surprotecteur, a de plus en plus de mal à contenir ses pulsions. Il apporte d’ailleurs une touche comique. Ikariya, quant à lui, accepte un peu mieux ses sentiments et s’ouvre petit à petit à son entourage. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux différents liens qui se tissent entre les gens. Elle met en avant la construction d’un réseau de connaissances, l’esprit d’entraide et les opportunités qui se créent. A travers Tazawa, elle dénonce les dragueurs usant de la force et des menaces. Kuzumi d’Agatsuma loan dévoile un peu son côté sombre. Ce personnage ambivalent devient alors très intéressant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. En début de chapitre, Yamamoto sensei présente le quotidien d’Emu à travers des illustrations. Elle ne développe pas les scènes érotiques, se limitant à des préliminaires mignonnes. Toutefois, elle se rattrape dans l’histoire bonus en fin de tome. Ainsi, elle censure à peine les parties intimes par de petits points blancs qui ne cachent pas grand chose.

En résumé

Ikariya Emu s’adapte petit à petit à sa nouvelle vie chez Fukutomi Genzô. Alors qu’il pensait avoir préparé un petit-déjeuner de roi, son bienfaiteur réclame un ingrédient plus luxueux pour agrémenter sa soupe miso. Il lui donne également un nouveau travail: testeur de médicaments dans un laboratoire. Durant la séance, Emu se fait lourdement draguer par Tazawa Shinobu, un étudiant à l’université de Seito. Il décide donc de l’éviter au mieux. A l’université, Fukutomi refuse d’aller à un gôkon. Tazawa essaie de s’incruster, en vain, sa mauvaise réputation le précédant. Après un remplacement le soir dans un restaurant, Ikariya est accueilli chez les Fukutomi par Asuka, la sœur de Nenji. Elle révèle alors que leur grand-père aime aider les gens pour se créer des relations. Complètement ivre, Nenji finit par embrasser son ami mais ne se rappelle de rien le lendemain…

En conclusion

Un récit sans prétention mais qui diffuse de belles valeurs. Emu donne vraiment envie de le soutenir. J’apprécie particulièrement l’équilibre entre humour et sujets plus sérieux.

Le bonheur du démon 1 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 1 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368776964
Hana, 2020
ISBN: ‎9784813032076 (JP)
Taiyohtosho, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Est-ce de la charité ou de l’amour?

Yamamoto Kotetsuko sensei propose de suivre une tranche de vie de Emu et de l’accompagner dans ses efforts pour rembourser sa dette. Elle alterne avec finesse des moments dramatiques et humoristiques, jouant principalement sur les réactions imprévisibles de la famille Fukutomi. Ainsi, elle présente un jeune homme malchanceux à qui la vie sourit enfin petit à petit grâce à des personnes bienveillantes. En effet, bien qu’Emu accepte sa condition, il se débrouille avec courage et fierté, possédant donc un fort caractère. Il est mûr et réfléchi, ce qui contraste totalement avec le caractère de Nenji qui a tendance à agir instinctivement plutôt que de réfléchir. D’ailleurs, sa franchise apporte beaucoup de fraicheur dans le récit. En introduisant Gonzô, le grand-père de Fukutomi, l’auteure présente ainsi les différences générationnelles. Elle aborde aussi la pauvreté, le jugement extérieur et les bienfaits d’une main secourable.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle met en avant la fine musculature de Nenji. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées mais équilibrées. De même, les trames d’ambiance transmettent les émotions. La mise en page dynamique joue par ailleurs sur les superpositions de cases. Pour l’instant, Yamamoto sensei se contente d’un baiser volé immédiatement critiqué. Elle met en avant Emu dans les illustrations en début de chapitre. Elle propose en fin de tome des histoires bonus au format yonkoma mais non vertical.

En résumé

Trop pauvre, Ikariya Emu a abandonné le lycée pour travailler. Mais suite au décès de son père, il reçoit la visite d’un chasseur de dettes qui lui réclame alors 5 millions de yens. En effet, le père d’Emu s’était endetté pour lui payer ses études. Après avoir vidé le compte bancaire et le porte-feuille du jeune homme, le créancier lui propose alors un travail bien rémunéré dans un bar gay. Ikariya refuse catégoriquement. Alors que le prêteur insistait, Fukutomi Nenji vient à son secours en proposant de l’acheter. Ce fils de bonne famille qui a tendance à toujours venir en aide, était également intervenu en la faveur d’Emu au lycée quand il était soupçonné d’un vol dans leur classe. Mais le fier Ikariya ne supporte pas d’être pris en pitié…

En conclusion

Emu est tellement craquant avec son regard à la fois légèrement triste mais fier. La traductrice Laurie Asin pense aux petites annotations pour expliquer les jeux de mots sur les noms, permettant de bien les comprendre. Une lecture distrayante qui nous rappelle que tout le monde a droit à l’amour.

Rêve de coucou 2 – Tamekou

reve de coucou 2 tamekou
Tamekou ためこう
ISBN: 9782368776261
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784300 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Une quête de la vérité pour comprendre l’Amour.

Tamekou sensei crée la surprise dès le premier chapitre et jusqu’à la fin. Elle dévoile peu à peu les secrets entourant Seno et Hakushima ainsi que leur passé. Elle alterne la narration entre les trois héros. Ainsi, le récit prend la tournure d’une quête vers la vérité. Natsuka se confronte à ses illusions et ses désirs et réalise que son comportement, guidé par son obsession pour son ami qu’il idéalisait, pouvait être blessant envers Seno. L’auteure interroge encore sur les liens et le sentiment amoureux, mais également sur la solitude, le besoin d’affection, le déni de l’évidence. Elle met en avant la psychologie complexe de ses héros, en particulier le caractère effacé de Seno qui sombre dans le désespoir en se reniant lui-même, assoiffé d’un tout petit peu d’amour. La relation entre les trois amis de milieux sociaux différents évolue brusquement vers un destin commun.

La mangaka travaille particulièrement les expressions de ses personnages. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Par exemple, Seno est vraiment trop chou avec les yeux tous ronds. Les flash-back s’identifient facilement. Les trames très variées laissent peu de place aux trames d’ambiance. Les décors également sont présents dès que le cadrage s’élargit un peu. La mise en page est dynamique. Tamekou sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine une magnifique couverture qui répond à celle du tome 1.

En résumé

Cela fait deux mois que Natsuka et Hakushima, dans le corps de Seno, vivent ensemble. Depuis qu’ils se sont avoués leurs sentiments, ils n’arrêtent pas de coucher ensemble. Mais Natsuka reçoit un appel de la mère de Hakushima annonçant son réveil. Il fonce donc à l’hôpital et trouve son ami confus. De retour à la maison, il propose alors à son partenaire de rencontrer son vrai corps. Énervé, ce dernier se demande s’il ne remet pas encore en doute ses sentiments. Mais…

En conclusion

Même si la série ne s’est pas classée au Chill Chill BL award 2018, les lecteurs citent ce tome parmi les meilleurs mangas originaux. Difficile de résumer et présenter ce tome sans spoiler. Je remercie Boy’s love IDP d’avoir sorti les deux tomes en même temps comme au Japon car patienter aurait été une véritable torture. J’adore Seno qui déborde de beaucoup d’amour mais n’en reçoit pas. Il conserve un petit côté innocent malgré sa vie tumultueuse. En plus, les relations consenties sont tendres. Un must read!

Rêve de coucou 1 – Tamekou

reve de coucou 1 tamekou
Tamekou ためこう
ISBN: 9782368776254
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784294 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Mon corps n’est rien d’autre qu’un réceptacle pour mon esprit. »

Tamekou sensei nous plonge dans une histoire complexe, pleine de suspense. Elle joue sur le doute jusqu’à la fin. Ainsi, l’incrédulité de Natsuka sur le changement de corps entre Hakushima et Seno perdure. La rationalité de l’étudiant homosexuel est constamment mise à l’épreuve. Au fil des chapitres, le lecteur remarque que les deux meilleurs amis ne se connaissent pas tant que cela alors qu’ils sont proches. En parallèle, l’auteure dévoile le contexte familial particulier de Shôgo, permettant de mieux comprendre son caractère renfermé et fuyant. Elle interroge sur les relations humaines et l’amitié. Elle invite le lecteur à réfléchir au sentiment amoureux. Qu’aimons-nous chez une personne: son physique ou son esprit? L’aimerions-nous de la même manière si il changeait de personnalité ou de physique? En se révélant à ce Hiro dans le corps de Yûji, Natsuka montre une facette différente de lui-même, espérant réaliser enfin son désir.

La mangaka a un trait épuré, léché mais légèrement anguleux. Elle porte attention aux regards et petits gestes. Elle varie beaucoup les trames et utilise donc avec parcimonie les trames d’ambiance pour ne pas surcharger. Comme les flash-back s’identifient immédiatement, cela facilite la lecture. D’ailleurs la mise en page est très dynamique, avec des angles de vue parfois originaux. Tamekou sensei ne censure pas les scènes érotiques mais ne sombre pas dans le voyeurisme pour autant.

En résumé

Natsuka Shôgo est amoureux de son ami Hakushima Hiro depuis le lycée. Mais de peur de briser leur amitié, il ne lui a jamais avoué son homosexualité ni ses sentiments. Il fréquente un sex friend, Seno Yûji, avec qui il se montre assez froid. Un soir, alors qu’il était avec lui, il reçoit un appel de Hakushima lui annonçant avoir besoin de parler. Il plante alors Seno pour rejoindre son ami. Toutefois, Hiro commence à critiquer son manque d’assiduité à l’université et ils finissent par se disputer. Natsuka appelle alors Yûji mais en chemin, ce dernier a un accident avec Hakushima. Tous deux finissent donc dans le coma à l’hôpital. Quand Seno se réveille, il semble perdu et dit s’appeler Hakushima…

En conclusion

Beaucoup de questions, de doutes, durant la lecture de ce récit merveilleux. L’auteure arrive à rendre tous ses personnages attachants, crédibles tout en amenant le lecteur à réfléchir profondément sur le sentiment amoureux. Impossible de rester indifférent! L’apprécierez-vous autant que moi?

Therapy game 2 – Hinohara Meguru

therapy game 2 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375062098
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666667 (JP)
Shishokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu sais, Minato, c’est bête de rester seul par peur de souffrir. »

Hinohara Meguru sensei conclut la romance entre Shizuma et Minato en abordant de nouveaux thèmes: l’avenir, la difficulté à faire confiance, la communication. Comparé au premier tome, le couple communique beaucoup plus, même pendant les ébats. En effet Shizuma se montre à l’écoute du plaisir de son partenaire. Le consentement est donc primordial. D’ailleurs son comportement permet de s’interroger sur les relations entre bisexuel et homosexuel, les doutes et les peurs qui accompagnent leur relation. L’auteure s’intéresse également au poids des préjugés, aux réactions quand un couple gay s’affiche. Elle dévoile aussi le passé traumatisant et dramatique de la famille Kirigaya. Elle utilise les personnages secondaires pour bousculer gentiment nos deux héros.

La mangaka exagère ou déforme ses traits épurés pour renforcer l’expressivité des visages. Par exemple, elle dessine des têtes en SD ou très simplifiées trop mignonnes: la surprise de Minato quand il découvre le lien fraternel entre Shizuma et Shôhei est hilarante! Justement, elle offre une palette d’expressions variées et fortes rien que pour Minato, avec un travail particulier des yeux. L’humour s’exprime donc graphiquement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les flash-back sont bien intégrés. Le choix des angles de vue, variés, accompagnent beaucoup la mise en page dynamique. Ainsi, cela permet de mettre en avant les détails mais également les sentiments dans les scènes érotiques non censurées. Par ailleurs, une fiche sur les personnages apporte quelques renseignements complémentaires.

En résumé

Mito Itsuki conseille son petit frère Minato (23 ans) et l’encourage à retenter sa chance avec Ikushima Shizuma (24 ans). En effet, il a tendance à abandonner rapidement ses relations par peur d’être blessé plus tard. Mais Shizuma reste introuvable et ne répond plus au téléphone. A l’université, Minato reçoit l’aide des deux amis de l’étudiant, ainsi que celle de Yuka qui arrive à pirater le téléphone portable de Shizuma. Mito reconnaît immédiatement les photos de paysages récemment prises. En effet, Shizuma est parti dans la ville d’origine de son petit ami. Sur place, il découvre le passé dramatique de la famille Kirigaya. Minato part alors à sa recherche. En le trouvant sur la plage, il lui saute dans les bras…

En conclusion

La relation entre les deux héros est entrainante et pleine d’amour. J’adore comment Hinohara sensei dessine les yeux de ses personnages, effilés, avec l’ouverture changeant selon leurs émotions, et même complètement simplifiés dans les passages humoristiques. Je n’ai pas envie de les quitter. Et cela tombe bien car leur histoire continue actuellement dans Therapy game restart.

Therapy game 1 – Hinohara Meguru

therapy game 1 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375061848
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666612 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Le plus dur n’est pas d’aimer mais de faire confiance.

Dans ce spin-off, Hinohara Meguru sensei s’intéresse à la romance des frères des héros de Secret xxx. Avec un ton un peu plus sérieux, elle questionne le jugement sur l’apparence, la trahison et la confiance. Elle prend son temps pour installer le contexte et présenter les points de vue et les caractères des personnages. Shizuma, trop gentil et bienveillant, est peut-être observateur mais a tendance à foncer pour réfléchir après coup. Minato, quant à lui, cache un traumatisme d’enfance et a peur de s’attacher aux gens. Alors que la relation débute plutôt mal entre les deux hommes, les sentiments vont vite la faire évoluer. D’ailleurs, l’auteure s’attarde surtout sur le manque de confiance de ces deux hommes blessés qui surpassent leurs sentiments et polluent leurs liens naissants. Elle introduit leur douloureux passé par des flash-back sans complètement tout dévoiler. Deux histoires bonus apportent une touche d’humour en fin de tome.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux, parfois dédoublé donnant un peu d’épaisseur aux lignes principales. Elle soigne particulièrement l’expressivité des regards et n’hésite pas à simplifier les traits pour les passages humoristiques. Les oreilles et les nez sont pointus. Les trames d’ambiance participent à la narration. De même, elles alternent avec les décors. Par ailleurs, l’équilibre entre les trames d’ombres et de colorisation donnent du volume sans surcharger la page. Les angles de vues variés, avec des plongées et contre-plongées soulignant l’action, appuient la dynamique de la mise en page. Les scènes érotiques ne sont pas censurées, mais les détails des préliminaires dégagent un certaine sensualité. En arrière plan, les servals apportent une petite touche humoristique.

En résumé

Ikushima Shizuma se réveille aux côtés de Minato dans un hôtel. Mais il ne se souvient de rien, ayant noyé son chagrin dans l’alcool après sa rupture avec sa petite amie Nishizono Yuka la veille. Il repousse alors Minato qui essaie de lui remémorer leur nuit intense. Blessé d’avoir cru aux paroles d’un hétérosexuel, ce dernier n’arrête pas de se plaindre durant la séance photos au bar. Il accepte alors le pari lancé par les travestis, décidé à séduire Shizuma pour le jeter ensuite. Le jeune homme éconduit va donc lui rendre sa carte d’étudiant oubliée au bar. Mais à l’université, les amis d’Ikushima, Chikawa et Tatsumi, s’incrustent à leur table et se mettent à critiquer ouvertement Yuka puis Minato. Vexé, Shizuma embarque avec lui le visiteur. Comme il pleut, il lui propose alors de le déposer en voiture et en profite pour s’excuser de sa goujaterie du matin.

En conclusion

Ce manga a obtenu la septième place au classement du Chill Chill BL award 2019. Il est vraiment prenant et touchant. Minato a l’air plus traumatisé que Mito par leur passé. J’adore le voir céder aux caresses de Shizuma. En plus, voir Shôhei et Mito soutenir leurs frères respectifs à leur manière est intéressant. J’apprécie vraiment le travail de l’auteure, sa manière d’aborder les sujets avec un ton assez réaliste tout en prenant soin de ses personnages. Le cliffhanger de la fin est insoutenable. Vivement le tome suivant!