Le périple des cendres – Conro

le periple des cendres conro

Conro こん炉
ISBN: 9782382762127
Hana, 2024
ISBN: 9784829686577 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Un triangle amoureux et un voyage à deux initié par un frère défunt. »

Conro sensei narre un triangle amoureux avec deux frères dont l’aîné est décédé et l’ami de ce dernier. Elle révèle leur passé au fur et à mesure, maintenant un peu le suspense sur les circonstances du décès de Hajime. De même, elle distingue la vision différente de chacun des deux héros sur le défunt. Ainsi, l’aîné des Kasuga dégage d’abord une image de perfection qui s’effrite au fil des révélations. Alors que Tokio complexe par rapport à son frère, il réalise la pression que ce dernier subissait. Durant le voyage les menant sur les traces de Hajime, Tokio et Ren se rapprochent en partageant leurs ressentis face au désarroi de cette disparition. Ainsi l’auteure aborde le deuil, les regrets et le sentiment de culpabilité qui naissent face au suicide d’un être aimé, la pression familiale qui pèse sur l’aîné. Elle interroge également sur la différence entre amitié et amour.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle dessine des personnages longilignes aux corps finement musclés. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise des cadres épais qui mettent en relief certaines vignettes, ainsi que des sorties de case ou des absences de cadre. Dans les scènes érotiques, Conro sensei joue sur les trames et les lumières pour gommer les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente succinctement les deux héros. Par ailleurs, elle offre des illustrations avec une note plutôt poétique en début de chapitre.

En résumé

Kasuga Hajime, le frère de Tokio, est décédé dans des circonstances troublantes, en chutant de la fenêtre de son dortoir. Depuis, Tokio regrette d’avoir évité de discuter avec lui lors de sa dernière visite, se sentant trop oppressé par ce dernier. Lorsqu’un cambrioleur s’introduit dans la maison et dérobe l’urne contenant les cendres du défunt, il le poursuit et le rattrape. En fin de compte, le voleur, Kuroki Ren, s’avère être un tendre ami du défunt. N’acceptant pas la mort de ce dernier, il souhaite au moins emporter une partie de ses cendres avec lui dans un voyage qu’ils s’étaient promis de faire ensemble. Intrigué par cette facette inconnue de son frère, Tokio accepte sa demande à condition de l’accompagner.

En conclusion

Conro sensei reprend une récurrence scénaristique classique du BL avec un triangle amoureux dont l’un des protagonistes est décédé mais apporte une note originale avec le périple alliant recherches et révélations. Toutefois, à cause du format one-shot, elle précipite un peu certains évènements, en particulier la fin qui fait brusquement un bon de cinq ans, et n’exploite pas assez certains questionnements posés. Par contre, son style graphique retranscrit bien l’ambiance et les émotions des personnages. J’ai tout de même apprécié cette lecture mêlant drame, mélancolie et tendresse. Et j’aimerai découvrir d’autres œuvres de la mangaka.

Sous les couleurs de l’aube – Umitomoshibi

sous les couleurs de l'aube umitomoshibi

Umitomoshibi 海灯火
ISBN: 9782382763490
Hana, 2023
ISBN: 9784758023511 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Titre original: 君を染める朝焼けに
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une douce rencontre entre un solaire restaurateur et un mélancolique photographe.

Umitomoshibi sensei narre une tranche de vie sur la rencontre du photographe Mano Suguru, ayant perdu la fibre artistique suite à un deuil, et le solaire restaurateur Koshimizu Kengo. Elle révèle le passé du photographe au fur et à mesure, maintenant un certain suspense. Malgré des caractères opposés, les deux hommes vont rapidement se nouer d’amitié et apprendre à se connaître durant leur cohabitation. Leurs sentiments évoluent peu à peu, bouleversant surtout Suguru qui redoute de perdre ses souvenirs en allant de l’avant, malgré sa promesse. Ainsi, l’auteure aborde le temps et la difficulté à surmonter un deuil et l’influence des émotions sur la perception artistique. Elle montre les bienfaits du soutien d’un confident. Elle construit une relation consensuelle qui prend son temps et dans laquelle un simple baiser volé entraine excuse et regret.

La mangaka a un trait légèrement épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle soigne les décors, avec une touche réaliste, qui sont très présents. D’ailleurs, de grandes vignettes mettent en avant les paysages d’Enoshima, facilement reconnaissables. Les trames sont variées. Par exemple, Kengo a une peau halée et son corps finement musclé se devine sous son T-shirt. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les chevauchements de cases et l’absence de cadre. Dans les scènes érotiques, Umitomoshibi sensei censure les parties intimes par des caches blancs.

En résumé

Un été, le talentueux photographe de paysage, Mano Suguru (28 ans), se rend sur l’île d’Enoshima à la recherche de quelques beaux levers de soleil. Il voit alors un homme aux cheveux dorés comme un coucher de soleil, plonger tout habillé. Croyant à un suicide, il panique d’abord jusqu’à ce que le plongeur le rassure, déclarant s’être rafraichi. Le soir, à la recherche d’un endroit où se sustenter à bon marché, il recroise le jeune homme, Koshimizu Kengo (24 ans), gérant d’un petit restaurant retiré. N’ayant pas réservé d’hôtel, ce dernier, fan de ses photographies, lui propose alors de l’héberger. Gêné, Suguru, homosexuel, l’avertit d’abord mais cela ne dérange aucunement son hôte.

En conclusion

Umitomoshibi sensei dépeint avec finesse la mélancolie qui se dégage de Suguru et sa transformation. Elle construit des personnages pleins de douceur, attachant. Toutefois, le format one-shot ne lui permet pas d’approfondir le thème du deuil pourtant bien traité. Bien que j’ai un coup de cœur pour ce récit, je ressens tout de même un peu de frustration. En effet, j’aurais aimé découvrir encore un peu ce que deviennent les deux héros par la suite.

La gloire du matin fleurit la nuit – Choco Donut et Araki Yu

la gloire du matin fleurit la nuit choco donut araki yu
CHOCO Donut チョコードナツ
ARAKI Yu あらきゆう
ISBN: 9782382761427
Hana, 2022
ISBN: ‎9784865896206 (JP)
Fusion product, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« L’amour le temps d’un été… »

Choco Donut sensei narre une comédie romantique qui aborde pourtant le thème du deuil. Ainsi, elle dépeint les différentes réactions face au décès de quelqu’un, de l’acceptation au déni. Malgré des caractères opposés, elle fait évoluer les deux lycéens ensemble. Ainsi, le morne Yûgen qui a déjà perdu l’envie de vivre, va redécouvrir les petits bonheurs quotidiens et s’ouvrir petit à petit à son entourage. L’affable Hideto, quant à lui, garde son entrain malgré son état spectral mais réalise ses quelques défauts. Les deux lycéens se découvrent grâce à cette coopération particulière et définissent rapidement la nature de leurs sentiments. L’auteure s’intéresse donc à l’évolution d’un amour d’abord secret. Par ailleurs, elle maintient un peu de suspense en révélant au fur et à mesure les contextes de chaque protagoniste, jusque dans l’histoire bonus finale. Elle donne une touche poétique au récit avec l’observation des fleurs.

Araki Yu sensei a un trait épuré qui dégage de la douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle rend bien les morphologies, avec le corps finement musclé de Hideto tandis que Yûgen est plus maigre. Les trames sont variées, de même que les trames d’ambiance. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, la mangaka simplifie les parties intimes et les censure par des bandelettes blanches parfois recouvertes encore par un cache blanc. Elle donne le ton des chapitres à travers les illustrations au début. Sous la jaquette, elle révèle quelques copies d’écran du smartphone de Hide à découvrir à la fin.

En résumé

Ayant une constitution fragile, Yûgen participe peu aux activités de la classe et s’attire donc les quolibets de certains camarades, sauf Asahi Hideto qui vient toujours lui parler quand il passe près du terrain de sport où il s’entraîne. D’ailleurs, Yûgen apprécie la joie de vivre du lycéen, surnommé Shûto car il joue au football. Mais au début de l’été, Hideto décède frappé par la foudre. Pendant que leur professeur leur annonce la nouvelle, Yûgen remarque le fantôme de son camarade à ses côtés. D’abord apeuré de le voir et l’entendre, il fuit puis finit par s’évanouir. Une fois calmé, il accepte alors d’écouter Hide. Ce dernier lui demande donc de le libérer de ses regrets à sa place pour qu’il puisse rejoindre l’au-delà. Persuadé que Yûgen l’aime, il lui déclare d’abord ses sentiments…

En conclusion

Choco Donut sensei propose un one-shot surprenant et prenant. Elle arrive à condenser l’essentiel et à transmettre les sentiments de ses personnages. D’ailleurs, le graphisme très expressif et beau d’Araki Yu sensei, à défaut d’être original, transcrit parfaitement les émotions. Du bonheur malgré une mélancolie qui vous accompagne jusqu’à la fin. Bref, un coup de cœur!

Everyday is a good day – Nishi Noeko

everyday is a good day nishi noeko
NISHI Noeko 西のえこ
ISBN: 9782369748748
Akata, 2020
ISBN: 9784796413299 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Reprendre goût à la vie petit à petit après avoir perdu un être cher.

Nishi Noeko sensei aborde le thème de la famille et du deuil avec en fond une romance homosexuelle. Elle pose rapidement le contexte, mettant en avant les chamboulements qui touchent aussi bien Toki et sa famille suite à un décès il y a un an, que Chihiro et son demi-frère avec le décès récent de leur grand-mère malade. Elle met en avant les sacrifices, les adaptations, le repli sur soi inconscient. En s’engageant à surveiller son neveu, Utsumi découvre également les difficultés d’élever un enfant seul. Le soutien de Chihiro et leur colocation leur permettront de s’ouvrir l’un à l’autre et d’évoluer. L’auteure attache de l’importance à la reconstruction psychologique de ses personnages, à leurs sentiments, et à la force de la bienveillance. Elle dépeint avec justesse les hésitations, les peurs, la transformation des sentiments, le respect et la confiance. La relation du couple se construit sainement, avec le temps.

La mangaka a un trait épuré. Toutefois, elle dessine de grands yeux expressifs, surtout pour Asahi, ce qui permet de deviner immédiatement ses sentiments. Les décors situent principalement l’action. En revanche, les trames d’ambiance transcrivent parfaitement les humeurs. De même, la mise en page est dynamique et rythme bien la lecture. Nishi sensei ne montre aucun détail dans les scènes érotiques. Elle se concentre donc sur les sentiments. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur le couple et Appi en une planche puis un yonkoma, à lire de préférence à la fin du tome.

En résumé

Toki Utsumi a perdu sa sœur jumelle et son beau-frère dans un accident de la route il y a un an. Depuis, son neveu Asahi est élevé par sa mère. Mais le petit garçon de 4 ans s’est plongé dans le mutisme. Après la cérémonie commémorative pour sa sœur, le salaryman noie sa peine au bar de son ami, Kazu. A sa surprise, il y retrouve Chihiro, le demi-frère du patron, devenu un beau jeune homme de 20 ans. Toki se rappelle alors qu’un soir, il lui avait fait son coming out. Après une soirée trop arrosée, Chihiro ramène le salaryman chez lui et lui prépare même le petit déjeuner le lendemain. Mais la mère de Toki passe lui offrir une croisière autour du monde, gagnée à une tombola, les enfants en bas âge n’étant pas autorisés. Touché par son sacrifice, il propose alors de garder l’enfant…

En conclusion

Ce one-shot émouvant ne laissera personne indifférent. La douceur qui s’en dégage n’efface pourtant pas la douleur d’un deuil. L’auteure présente avec finesse le quotidien d’Asahi, son oncle et Chihiro qui joue un peu le rôle de baby-sitter ainsi que les liens qui se créent entre eux. Pour moi, ce titre est un énorme coup de cœur! Les câlins apportent un bien fou, quel que soit l’âge!

L’étoile de l’amour – Suzumaru Minta

l etoile de l amour suzumaru minta
SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368777527
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864423465 (JP)
Tokyomangasha, 2018 (JP)
Titre original: 落花流水のホシ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La tendresse humaine est le meilleur médicament contre la solitude, l’amour est encore mieux!

Suzumaru Minta sensei offre une douce romance entre un policier qui aime prendre soin des gens et un étudiant dépressif. Elle questionne sur la difficulté à surmonter le deuil, la solitude et la dépression. D’ailleurs, elle met particulièrement en avant la force de la tendresse humaine. Ainsi, les sentiments du couple naissent au fil des échanges, des petites attentions et des discussions. Plus qu’un soutien, Gôtarô veut réellement aider Akihito à s’en sortir en cherchant la cause de son mal-être. L’auteure sème divers évènements qui permettent de galvaniser les sentiments. Par ailleurs, elle détend un peu l’atmosphère avec Jun, l’oncle surprotecteur. Elle développe également les différentes qualités de ses personnages. Le couple prend donc son temps et le consentement dans leurs rapports met en avant leur différence d’âge et d’expérience.

La mangaka a un trait fin et épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les yeux deviennent alors de simples points ou de grands ronds, donnant une touche mignonne aux personnages. Pourtant, elle préfère travailler les expressions entières des visages. Les décors sont détaillés et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique, avec quelques angles de vue marquants. Suzumaru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Ainsi, elle joue principalement sur les angles de vue pour ne pas trop montrer de détails, privilégiant le partage des sentiments. Sous la jaquette, elle donne des fiches personnages commentées par les héros dans une planche au verso. D’ailleurs, la postface se résume à une case. La couverture a obtenu la quatrième place au classement du Chill Chill BL award 2019.

En résumé

Le policier Sumeragi Gôtarô (28 ans) vient d’être transféré sur une petite île. L’officier de patrouille en chef, Inoue Ryôko, souhaite qu’il enquête sur Kuze Akihito (19 ans), qui passe des nuits de débauche à coucher à tout va. Pour lui faciliter la tâche, il loge donc dans le grand manoir du jeune homme. Dès le premier soir, le policier intervient en faisant fuir un homme marié et père de famille, le surprenant en pleine action. Mais cela énerve Akihito. Cependant, Gô remarque que le jeune homme ne semblait pas apprécier ces ébats. En plus, au bout d’une semaine, ce dernier semble devenir absent. Le policier décide alors de mener l’enquête pour comprendre les raisons de ce comportement.

En conclusion

Une romance simple mais belle et touchante. J’adore le traitement des sujets et des relations par l’auteure. Elle arrive à me surprendre en faisant découvrir le vrai caractère d’Akihito qui ressort petit à petit alors qu’il commence à surmonter sa dépression. Son côté fonceur confronté à la patience de Gô est tellement amusant. Bref, ce one-shot confirme mon coup de cœur pour cette mangaka, même si Golden sparkle reste mon titre préféré pour l’instant.

Our dining table – Mita Ori

our dining table mita ori

MITA Ori 三田織
ISBN: 9782375060995
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784344838635 (JP)
Gentosha comics, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Partager un repas avec ceux qu’on aime suffit à rendre heureux!

Ce one-shot a pour thème principal la famille et le réconfort que procure un repas partagé. Mita Ori sensei pose indirectement des questionnements sur le deuil, l’angoisse et la tristesse qui en découle et sur la progression du héros vers le bonheur. Tane apporte une petite touche humoristique, n’arrivant pas à prononcer le nom de famille de Yutaka. En inversant les syllabes, il crée un jeu de mot phonétique: yukata (kimono d’été en coton). La conclusion ne développe que très peu l’homo-romance mais cela permet de rendre plus réaliste l’évolution d’une relation amoureuse entre deux empotés. Ce tome dense conserve une certaine fraîcheur et se lit avec plaisir. Avec les différents plats et repas présentés à travers les chapitres, le lecteur pourrait presque regretter de ne pas avoir les recettes.

La mangaka illustre chaque début de chapitre par des scènes attendrissantes de repas ou de partage en famille. Le graphisme est proche des shôjo manga avec beaucoup de rondeurs, des traits fins, des expressions claires. Les trames sont bien dosées, les décors plutôt présents. Les deux jeunes adultes ont tout de même gardé un visage un peu poupin. L’explication de l’enfance de Yutaka avec des illustrations enfantines garde de l’expressivité malgré des dessins simples. On aurait presque envie de la voir en couleur, avec une animation telle qu’un kamishibai (théâtre de papier 紙芝居, style de narration où l’artiste raconte une histoire en faisant défiler des illustrations devant les spectateurs). Comme le scénario se détache de l’homo-romance, il n’y a pas de scènes érotiques. Dans son commentaire de fin, Mita sensei explique qu’elle n’avait pas décidé des rôles de chacun.

En résumé

Le jeune salarié Yutaka Hozumi (23 ans), introverti, a du mal à manger en présence d’autres personnes et il a pris l’habitude de s’isoler dans un parc pour déjeuner. Un jour, il y rencontre Tane Ueda (4 ans), affamé, et il finit par lui céder un onigiri (boulette de riz fourrée) fait maison. Le frère aîné du petit garçon, Minoru (23 ans), invite alors Yutaka à venir déjeuner chez eux en échange de sa recette…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. La recette du riz cuit au donabe (marmite en terre cuite) me donne vraiment envie d’y goûter!