Love is an illusion 5 – Fargo

Couverture de Love is an illusion 5 de Fargo, éditions Kbl

Fargo
ISBN: 9782382883440
Kbooks, 2025
Lezhin, (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Entre doutes, révélations et nouveaux départs, chacun apprend qu’aimer, ce n’est pas seulement choisir l’autre… »

Fargo s’intéresse à l’impact des rumeurs sur une célébrité. Elle aborde également la question de l’infertilité, du désir de grossesse et le regret maternel. A travers Byul, elle montre les difficultés d’un couple pour préserver un peu d’intimité ainsi que la différence des liens qui se construisent entre l’enfant et chacun de ses parents. Avec la reprise d’études, Hyesung ressent fortement le poids d’une vie familiale. Par ailleurs l’introduction de nouveaux personnages permet de développer d’autres sujets. Yoon Heesoo (bêta) apporte une note comique en jouant les nounous. D’ailleurs, sa relation avec Dojoon (alpha) interroge sur la gestion du rut et la surprotection. L’autrice développe également la romance pour l’instant instable d’un autre couple: le fils de bonne famille Lee Chowon (oméga), qui souffle le chaud et le froid, avec le prévenant serveur et étudiant Kyungsoo (bêta). Ainsi, elle questionne sur l’amour obsessionnel, le divorce, la rejet de la famille.

Fargo a un trait épuré qui se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Comme dans le tome précédent, le volume est majoritairement en noir et blanc. Il y a toute de même quelques pages couleurs aux tons sobres. Par ailleurs, les décors, qui apportent une touche réaliste, apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Des explications succinctes sur l’omegaverse se trouvent en début de tome.

En résumé

Kim Hyesung (oméga) supporte mal la tempête médiatique autour de la rumeur d’infidélité de Park Dojin (alpha), répandue par Jaewoo. Alors que Dojin boudait, persuadé que son mari lui était indifférent, il le trouve en larmes à la maison devant leur fils Byul…

En conclusion

Fargo propose différents points de vue sur un même sujet en les développant à travers différents couples: alpha*oméga, alpha*bêta, bêta*oméga. Ainsi, elle pousse jusqu’aux limites les clichés de l’omegaverse en s’intéressant principalement aux réactions mais surtout à l’évolution des sentiments. Son graphisme très expressif permet de se passer de longs dialogues. En effet, en un regard, les lecteurices devinent immédiatement à quoi pensent les protagonistes. J’aime beaucoup le couple de Dojoon et Heesoo. Et j’espère que Kyungsoo trouvera le bonheur. Une lecture touchante!

Je suis seulement à toi – Usui Iroha

Couverture de Je suis seulement à toi d'Usui Iroha, éditions Hana

USUI Iroha 薄井いろは
ISBN: 9782382761885
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784801975057 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux être le seul à voir ce visage. »

Usui Iroha sensei continue de développer la romance entre Ryôhei et Yûma. Elle alterne la narration entre les deux hommes, montrant deux manières différentes d’exprimer leur possessivité. Alors que Takahashi partage de plus en plus directement ses sentiments, il se montre démonstratif et collant. Il pousse par ailleurs le fuyant Ishiguro à prendre plus d’initiatives et à mieux communiquer. Les deux amoureux prennent conscience de leur avidité en amour mais font des efforts pour ne pas submerger leur partenaire de leur amour débordant, tout en acceptant de se donner corps et âme l’un à l’autre. Ainsi, l’autrice met en avant le contrôle de la jalousie et l’acceptation d’un amour exclusif envahissant. Elle aborde également l’appréhension de l’engagement à deux, la cohabitation, le coming out aux amis. Jun, du groupe de Ryôhei, se montre d’ailleurs très ouvert et encourage le guitariste à se stabiliser.

La mangaka a un trait légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages ovales et de fines musculatures. Toutefois, dans certaines positions, les proportions peuvent parfois sembler mal équilibrées pour un œil attentif. Les décors réalistes sont très présents. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Par ailleurs, les autres trames sont équilibrées. La mise en page est simplement dynamique. Comparé au tome précédent, Usui sensei censure les scènes érotiques par un cache blanc.

En résumé

Cela fait six mois que Takahashi Ryôhei et Ishiguro Yûma sortent ensemble. D’ailleurs, le guitariste se montre de plus en plus câlin et hésite donc à officialiser la nouvelle sur ses réseaux sociaux. Par contre, malgré sa confiance envers son partenaire, il a du mal à contenir sa jalousie à chaque fois que Yûma parle de son camarade Okumura avec lequel il prépare un rapport pour ses études. Pourtant, ce dernier, au courant qu’Ishiguro sort avec quelqu’un, le conseille dans ses choix de sites pour ses rendez-vous amoureux. Alors que le couple était en plein préliminaire, un appel de l’étudiant incite Ryôhei à exprimer encore plus sa possessivité…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Usui Iroha sensei analyse en détail comment le couple s’accommode d’un amour possessif pour trouver enfin un équilibre. Elle alterne principalement entre émotions et scènes sexy. En plus, son graphisme est très expressif, particulièrement dans les regards. Une suite qui complète parfaitement Moi seul connais ton corps. J’apprécie particulièrement l’évolution de la relation entre Ryôhei et Yûma. Une lecture très sympathique!

Moi seul connais ton corps – Usui Iroha

Couverture de Moi seul connais ton corps d'Usui Iroha, éditions Hana

USUI Iroha 薄井いろは
ISBN: 9782382761830
Hana, 2025
ISBN: ‎9784801965294 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Me feras-tu l’amour? Juste une fois? »

Usui Iroha sensei narre une romance érotique entre deux étudiants aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leur réflexion sur l’évolution de leurs sentiments. En effet, le couple débute par une relation purement charnelle et consentie. Ishiguro Yûma manque de confiance en lui et se contente donc du peu d’attention que lui consacre celui qu’il adore passionnément. Takahashi Ryôhei, habitué à des relations superficielles et fuyant les ruptures douloureuses, s’étonne d’abord de son attirance mais fait l’effort de la comprendre. Ainsi, malgré des sentiments amoureux à l’intensité complètement différentes, les deux hommes s’accommodent de leur lien déséquilibré. Ainsi, l’autrice interroge sur la soumission totale à l’être aimée, l’exclusivité, les différentes formes de possessivité, les limites que l’on s’impose par amour. Malgré un manque de communication, elle construit une certaine confiance au sein du couple.

La mangaka a un trait légèrement anguleux. Elle dessine des visages bien ovales ainsi que de fines musculatures. Dans les passages humoristiques, elle simplifie légèrement son trait. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés ancrent le récit dans le réalisme. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Usui sensei ne censure pas vraiment les parties intimes. Toutefois elle évite de trop les détailler par un contour blanc et diffus. Elle offre une scène par chapitre.

En résumé

A la remise des diplômes, le sérieux Ishiguro Yûma demande à discuter en particulier avec le beau gosse du lycée Takahashi Ryôhei. Alors que ce dernier s’attendait à une classique déclaration d’amour, à sa surprise, son camarade lui demande de coucher avec lui une seule et unique fois. Curieux, le populaire lycéen accepte volontiers. Mais pourquoi l’expression désespérée d’Ishi lui fait autant d’effet?

En conclusion

Ce tome se classe à la dixième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. Usui Iroha sensei a un magnifique graphisme empreint de sensualité. Malgré un scénario purement érotique, elle aborde quelques sujets intéressants, en particulier la question de l’influence d’un partenaire sur l’autre. Par ailleurs, elle construit des personnages plutôt réalistes et attachants. J’apprécie de voir le sérieux Ishiguro prendre des initiatives ainsi que Takahashi se torturer l’esprit pour décrypter ses émotions. Une romance certes légère mais une lecture sexy et entraînante!

About a love song – Natsuno Hiroko

about a love song natsuno hiroko

NATSUNO Hiroko
ISBN: 9782375064276
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784910526300 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Toute cette fraîcheur condensée en un seul être humain. »

Natsuno Hiroko sensei narre une romance douloureuse à cause de la différence d’âge, malgré une attirance réciproque. Elle alterne la narration entre Hoshina et Seto, analysant en détail leurs réflexions. Ainsi, elle aborde les problématiques d’une relation amoureuse avec un mineur, même consentie, interrogeant constamment sur les limites. En effet, après s’être montré plutôt bienveillant envers l’adolescent, le chanteur fuit ses responsabilités sans explication claire. Son comportement ambigu perturbe les sentiments purs de Seto qui semble encore manquer de maturité. Les membres du groupe And more apportent une note humoristique avec le bassiste Kei qui joue les moralisateurs et le batteur Yutako qui lance constamment des piques. Le passé compliqué de Hoshina se révèle au gré des conversations. A travers Seto, l’autrice s’intéresse par ailleurs aux choix d’avenir, aux relations plus complexes avec les parents durant l’adolescence, à la question du coming out ou non à la famille.

La mangaka a un trait fin et épuré rappelant le style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes représentant les rougissements. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle utilise avec parcimonie des trames majoritairement de tons clairs. Par contre, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, la mise en page assez classique propose quelques agencements plus dynamiques mais néanmoins aérés. Ainsi, Natsuno sensei joue sur les vides pour mettre en avant la plastique des personnages. Elle arrête les scènes érotiques aux préliminaires, privilégiant les sentiments aux détails des gestes.

En résumé

Hoshina Mizuki (28 ans), chanteur et guitariste au sein du groupe And more qui peine à percer, préfère aller travailler à la supérette à la fin des concerts au lieu de suivre les autres membres de son groupe dans les bars. En effet, il en pince pour son jeune collègue étudiant Seto Yôsei, appréciant sa candeur. Les membres du groupe, en particulier Yutaka et Kei s’inquiètent pour lui ainsi que pour la réputation du groupe car il a tendance à ne pas contrôler ses pulsions. Mais un jour de pluie, Hoshina croise Seto, trempé, qui n’a pas envie de rentrer à son domicile. Il l’invite donc chez lui et ils finissent même par passer une nuit ensemble. Mais au matin, Seto lui annonce n’être qu’au lycée.

En conclusion

Ce one-shot se classe troisième meilleur manga au Chill chill BL award 2024 et quatrième meilleur manga émouvant. Natsuno Hiroko sensei traite avec finesse la question de la différence d’âge et des responsabilités dans une relation. Elle crée une relation consensuelle et dépeint parfaitement les émotions de ses personnages. De même, son magnifique graphisme dégage beaucoup de sensualité, même lors des simples gestes du quotidien. Un coup de cœur!

Hosaka & Miyoshi 2 – Scarlet Beriko

couverture hosaka and miyoshi 2 scarlet beriko taifu

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375064849
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668395 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Que ce soit ses qualités ou ses défauts, il n’a jamais peur de se montrer tel qu’il est. »

Scarlet Beriko sensei montre les différences entre professionnels et amateurs dans l’univers de la création de mode. Elle développe également les coups bas entre créateurs, entrainant dans leurs défis les divers intervenants. Ainsi, elle maintient un certain suspense sur Kugi, dévoilant au fur et à mesure les raisons de sa confrontation avec Hosaka. En effet, le célèbre créateur se révèle être un fin manipulateur. Miyoshi évolue le plus, travaillant sur lui-même pour construire une relation équilibrée avec son petit ami. Le couple accepte donc les défauts de l’un et l’autre, même les petits pervers. L’auteure s’intéresse encore à la différence d’âge, à la difficulté à assumer son homosexualité ainsi que faire son coming out. Par ailleurs, elle continue d’analyser les conséquences des vidéos Youtube. En effet, Miyoshi est devenu malgré lui un symbole de la lutte LGBT, alors qu’il se remet à peine des vagues de haine.

La mangaka a un trait léché très expressif. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par contre, les décors bien que soignés situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure à peine les parties intimes, y ajoutant simplement des languettes blanches. Comme dans le tome précédent, elle dessine des indices sur le récit dans les illustrations en début de chapitre. Les personnages posent ou sont représentés dans leur quotidien. Sous la jaquette, deux planches offrent des anecdotes mignonnes. De même, en fin de chapitre, un petit croquis apporte une anecdote amusante.

En résumé

Kugi, très influent dans la mode, propose une collaboration avec la marque JDLR de Hosaka Kôjirô à condition que Miyoshi Haruomi soit le mannequin de la marque. D’abord réticent, l’étudiant se laisse convaincre par son petit ami qui lui confirme qu’il s’agit d’un piège pour le ridiculiser…

En conclusion

Scarlet Beriko sensei arrive à surprendre le lecteur jusqu’à la fin. Elle alterne avec dextérité les passages comiques, dramatiques et romantiques. En plus, le couple est tellement craquant! J’ai par ailleurs envie de découvrir l’histoire de Kugi. Une très belle lecture procurant de belles émotions!

Hosaka & Miyoshi 1 – Scarlet Beriko

couverture hosaka and miyoshi 1 scarlet beriko taifu

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375064832
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668388 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Malheureusement, pas moyen de faire passer ma joie avant ma gêne face au regard des autres. »

Scarlet Beriko sensei développe la suite des aventures de Miyoshi et Hosaka dans ce spin-off de Jackass!. Elle fait apparaître furtivement Katsumi, qui conseille maintenant Haruomi, ainsi que Masayuki et Kei. Elle s’intéresse principalement à la différence d’âge et à la peur du jugement extérieur. Miyoshi manque cruellement de confiance en lui et continue d’avoir honte bien qu’il assume enfin son homosexualité. Au contraire, Hosaka, franc et sans gêne, se montre tel qu’il est mais s’adapte pourtant au rythme de son petit ami. Ses collègues, Riku et Mio, apportent une touche comique. Par ailleurs, l’auteure aborde avec habilité la question des comportements problématiques, en particulier sur l’usage des vidéos. Elle montre indirectement les conséquences du partage des vidéos sans consentement mais également les risques de captation de la vie privée par un logiciel espion. Ainsi, elle incite le lecteur à réfléchir à travers les remarques et les réactions.

La mangaka a un trait léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle met en image l’imagination de Miyoshi tout un l’incluant directement dans l’histoire, créant de la surprise. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les décors s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger. La mise en page plutôt classique propose quelques agencements plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure à peine les parties intimes avec de fines languettes blanches. Sous la jaquette, elle offre deux planches amusantes à lire de préférence à la fin. En fin de chapitre, elle propose parfois un petit dessin amusant, dans le style croquis. Les illustrations en début de chapitre présentent avec esthétisme les personnages qui posent, donnant au passage des indices sur le récit.

En résumé

Trois jours avant Noël, Miyoshi Haruomi (19 ans) découvre qu’une vidéo de la fête du lycée dans laquelle il encourageait Katsumi à rejoindre son petit ami fait le buzz sur Youtube. Alors, quand Hosaka Kôjirô (39 ans) lui propose de vivre ensemble quelques jours plus tard, il récupère la clé discrètement, gêné par les réactions des clients du restaurant autour d’eux. Toutefois, il prend soudain ses distances avec son petit ami. Pourtant, huit mois plus tard, il croise par hasard le créateur de mode qui agit comme si de rien n’était et l’invite à son atelier. Comme ce dernier le taquine un peu, Miyoshi décide alors de se venger… en l’espionnant.

En conclusion

Scarlet Beriko sensei offre une adorable romance abordant comme à son habitude, divers sujets avec habileté. Ainsi, elle traite la question de la différence d’âge et de l’espionnage vidéo en analysant les problématiques mais également les divers points de vue. Son magnifique graphisme rend les scènes sensuelles toutes mignonnes. Et les différentes expressions de Miyoshi le rendent tellement craquant. Si vous avez autant aimé Jackass! que moi, cette lecture est indispensable!

Pas touche au petit chat! – Ogawa Chise

pas touche au petit chat ogawa chise
OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368775509
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031314 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Titre original: おいたが過ぎるわ子猫ちゃん
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand le chaton inoffensif n’hésite pas à griffer le loup prédateur, quitte à lui faire (vraiment) mal! »

Ogawa Chise sensei offre une comédie romantique amusante avec un naïf lycéen maladroit et un capricieux trentenaire pervers. Elle joue beaucoup sur le comique de situation et de répétition sur le thème de « l’approche séductrice à ses risques et périls ». La narration donne d’abord le point de vue de Kyûta avant de laisser le mot de la fin à Etsurô. Les personnages ont tout de même une personnalité travaillée: Etsurô représente le dragueur lourd typique, mais fuit en réalité la souffrance de la solitude. De même, Kyûta s’avère moins naïf qu’il n’y paraît et réfléchit sérieusement à ses sentiments. Par la suite, l’auteure introduit l’entourage du lycéen, aussi bien à l’école que sa famille, pour faire évoluer ses sentiments et lui faire prendre conscience de la différence d’âge. Elle ajoute un chapitre abordant avec humour les difficultés à se déclarer auprès des parents quand la pression du mariage les inquiète.

La mangaka a un trait épuré avec un style reconnaissable, qu’elle simplifie pour les passages humoristiques. Elle détaille les décors, rendant le désordre de la vieille maison, le parquet grinçant, l’ancienneté de l’architecture du quartier. Elle utilise principalement les trames pour colorer ou ombrer. Les trames d’ambiance sont donc très rares. La mise en page est dynamique et accompagne parfaitement les chutes humoristiques. Les illustrations de début de chapitre présentent une scène du quotidien. Ogawa sensei ose même dessiner Etsurô aux toilettes! Elle censure à peine les scènes érotiques en traçant avec des traits discontinus et légers, les parties génitales. En plus, elle joue beaucoup sur les angles de vue pour cacher l’essentiel. Ainsi, certaines scènes dégagent de la sensualité.

En résumé

Komori Kyûta s’occupe régulièrement de son cousin au deuxième degré, Kasai Etsurô (35 ans), un calligraphe célibataire qui vit seul dans une ancienne maison depuis le décès de ses parents. Ce dernier, capricieux et coureur de jupons, passe son temps à taquiner le jeune homme avec des blagues salaces. Mais un jour, il lui évite de se faire renverser par un scooter dans la ruelle et finit avec le bras cassé. Se sentant responsable, Kyûta demande ce qu’il peut faire pour se faire pardonner. Alors Etsurô lui demande de s’occuper des tâches ménagères. Pourtant un soir, il embrasse le jeune homme pendant son sommeil. Kyûta, intrigué, interroge ensuite son cousin, enfin guéri, sur ses intentions. Le calligraphe commence donc à l’embrasser mais quand il cherche à aller plus loin, Kyûta se défend et lui casse une côte…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Après l’atmosphère plutôt pesante de ses séries comme par exemple Caste heaven ou même Le cœur de la méprise, l’auteure s’attaque à un tout autre registre: l’humour. Et elle arrive à maîtriser ce style tout en conservant ses particularités: des personnages plus profonds qu’ils ne paraissent, des sentiments parfois exacerbés, des relations d’abord tendues. La perversité d’Etsurô devient comique parce qu’il se laisse en fait mener par le bout du nez par Kyûta. Le couple devient alors attachant. Je me suis bien amusée en découvrant leurs aventures!

Tadoru yubi – Takasaki Bosco

tadoru yubi takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782368774724
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801953048 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Difficile de transmettre ses sentiments dans un couple.

Takasaki Bosco sensei nous plonge dans une romance érotique entre un super seme et un uke timide. Elle s’intéresse au manque de communication dans un couple. En effet, bien que leur relation commence charnellement, les sentiments entre Takase et Hanamura naissent rapidement mais ils n’arrivent pas à les transmettre. Naoya manque de confiance en lui et a tendance à croire les rumeurs. Bien que timide, il est fougueux durant l’amour. Au contraire, Shûji se montre froid et brusque mais devient attentionné durant les ébats. Ainsi, l’auteure joue sur le contraste des caractères. En introduisant Aihara Ryô, elle permet au couple de réfléchir à leurs sentiments. Entre quiproquos et jalousie, le manque de communication fragilise leur relation. Elle complète son tome par une romance entre des amis d’enfance dont l’amour est freiné par la différence d’âge et la difficulté à transmettre ses sentiments.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin et assez classique. Elle dessine des personnages sveltes. Elle simplifie légèrement ses traits dans les expressions fortes, conservant un côté mignon. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est très dynamique. Takasaki sensei censure peu ses scènes érotiques mais le choix des cadrages et des angles de vue évite de montrer trop de détails. Elle cache les parties intimes par des hachures ou en occultant les contours. A la fin de certains chapitres, elle présente des vignettes des personnages en SD adorables. On retrouve également les deux héros en SD sous la jaquette. Comme indiqué dans sa postface, son trait évolue entre le chapitre 2 et 3, ayant fait un an de pause. En effet, les mentons sont légèrement plus longs.

En résumé

Tadoru yubi / Premier jour avec mon petit ami: Hanamura Naoya travaille comme assistant designer dans une entreprise de fabrication mais se fait exploiter par son supérieur, Sai. Amoureux de ce dernier, il est donc choqué en apprenant son futur mariage. Alors qu’il pleurait en dessinant dans le coin fumeur, un homme arrogant le remarque et le console. Il s’agit du célèbre designer Takase Shûji, un indépendant qui va collaborer avec eux sur un projet. Comprenant immédiatement le talent de Naoya, il n’hésite pas alors à le séduire, l’invitant à travailler chez lui. Les deux hommes finissent donc par coucher ensemble. Mais quelques temps après, Takase trouve Hanamura devant sa maison. Ce dernier a démissionné et souhaite rester avec lui…
Laisse-moi rester à tes côtés: L’étudiant Yashiro Sei et l’acteur de nô Kitami Kazuto sont colocataires. Ils se connaissent depuis l’enfance mais s’étaient perdu de vue quand Sei a abandonné les cours de théâtre. Pourtant, l’étudiant aimerait réduire cette distance installée entre eux…

En conclusion

L’auteure arrive à mettre une scène érotique à chaque chapitre. Le scénario est simple mais divertissant. Je trouve agréable de voir les personnages évoluer ensemble. En plus, ils assument clairement leur relation purement charnelle au départ. De même, j’aime beaucoup Katô, la collègue de Hanamura, qui joue un peu les protectrices et encourage le jeune designer.

Ne pleure plus, Hibari – Minazuki Akira

ne pleure plus hibari
MINAZUKI Akira ミナヅキアキラ
ISBN: 9782382762950
Hana, 2022
ISBN: 9784813032588 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Une romance délicate entre un tuteur et un pupille.

Minazuki Akira sensei propose une romance entre un orphelin mineur et son tuteur tout en décortiquant les questions morales que cela implique. Elle aborde également le deuil, la culpabilité, le sentiment de responsabilité. La narration qui commence d’abord avec Kiyosumi, alterne ensuite avec Hibari pour enfin converger. Les deux protagonistes, conscient de leur situation particulière, refoulent d’abord leurs sentiments amoureux, cherchant à tout prix à préserver une ambiance familiale. Ainsi, l’auteure partage toutes leurs réflexions, en particulier la difficulté à distinguer amour familial et sentiment amoureux. De même, elle met en avant l’influence de l’autorité parentale sur un mineur. D’ailleurs, Sumi souhaite que Hiba arrive à s’en libérer. La relation entre le photographe et l’adolescent s’équilibre donc après quelques épreuves.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux, avec un style shôjo qui dégage beaucoup de douceur. Les trames sont abondantes et variées. De même, les trames d’ambiance se font discrètes, se fondant dans la case. En plus, les décors, soignés, ajoute une touche réaliste par leur présence. Les fonds noirs permettent de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses et les détails. D’ailleurs, Minazuki sensei a tendance à décomposer les mouvements. Elle censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, les angles de vue choisis évitent de montrer les détails des parties intimes. Les illustrations en début de chapitre jouent beaucoup sur les contrastes blanc et noir.

En résumé

Se sentant responsable du décès de son ami et assistant Misago dans un accident de moto, le photographe Kiyosumi recueille son petit frère Hibari. Mais le jeune orphelin devenu adolescent, garde une certaine réserve envers son tuteur. Un soir, il trouve Sumi endormi sur le canapé et en profite pour lui voler un baiser. Conscient des sentiments que Hiba nourrit à son égard, le photographe feint de les ignorer, voulant avant tout lui offrir une famille.

En conclusion

Enfin une romance entre un tuteur et un pupille qui aborde les questions de l’influence de l’autorité parentale! Le trait de l’auteure depuis Smoky nectar a embelli pour mon plus grand plaisir. L’évolution des personnages peut paraître un peu précipitée mais beaucoup de temps s’écoule en réalité, même si cela est peu perceptible. Une lecture plaisante!

Aisyû – Minase Masara

aisyu minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806425
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784813053095 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

La fuite d’un premier amour douloureux qui ne résout rien.

Minase Masara sensei plonge le lecteur dans une romance légèrement mélancolique. Elle s’intéresse au premier amour non abouti, aux sentiments amoureux à sens unique et donc aux relations déséquilibrées. Elle précise d’ailleurs dans sa postface qu’elle voulait mettre en scène des « garçons arrogants qui tombent sous l’influence de garçons passifs ». Justement, l’égoïste Aragaki qui n’hésite pas à user du chantage pour obtenir ce qu’il désire, s’avère en fait complètement dépendant de Kaoru. Le consentement entre eux paraît trouble, l’étudiant cédant facilement aux ordres de son ami. Pourtant, ils vont évoluer petit à petit et faire des efforts en discutant, guidé par le manager Koshiba. L’auteure oriente la narration du point de vue de Haneji. Elle met en avant la souffrance d’un amour non partagé. Elle reprend ce même thème dans « Dernières lueurs d’été » qui complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré et léché, avec une petite touche de style shôjo. Elle dessine des personnages élancés, au visage plutôt long. Elle porte attention aux regards et aux petits gestes. De même, les trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, comme Minase sensei ne représente que les ombres fortes, le rendu des pages, bien que dynamique, conserve un aspect simplement dessiné. Par ailleurs, elle ne montre pas les parties intimes dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Ces passages sont en plus succincts mais transmettent tout de même assez d’émotions.

En résumé

Aisyû / Happy birthday: Au lycée, Haneji Kaoru entretenait une relation sex friend avec son ami Aragaki Jin. Mais en réalité, il était amoureux de lui. En plus, Jin, mannequin, couchait également avec les femmes qui lui montraient de l’intérêt. En entrant à l’université, Kaoru a coupé tout contact avec son ami en espérant oublier ce premier amour. Mais deux ans, après, Aragaki, devenu un acteur célèbre, vient le chercher à la sortie de son petit boulot pour demander des explications. L’étudiant cède alors au baiser de Jin, ses sentiments étant encore présents.
Dernières lueurs d’été: Rikuto, secrètement amoureux de son tuteur Hibiki, a pris de la distance avec lui depuis qu’il est entré à l’université. Mais ses sentiments persistent…

En conclusion

Minase Masara sensei excelle dans les romances où le déséquilibre de la relation s’inverse. Ici, c’est un plaisir de voir Jin torturé par l’amour tout en ne le comprenant pas. Je préviens tout de même que le comportement de certains personnages pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs. Pour ma part, j’aime beaucoup le jeu d’inversion quand un uke trop passif se rebelle enfin. Une lecture agréable et divertissante.