Canis the speaker 2 – ZAKK

canis the speaker 2 zakk
ZAKK
ISBN:9782368775899
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496484 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les difficiles recherches de Samuel et Harold pour retrouver leur ami d’enfance.

Après Tadanobu dans le tome précédent, ZAKK sensei s’intéresse au passé de Samuel et Harold. Cependant, elle survole leur adolescence pour nous plonger directement dans une enquête à deux entrées, entre trafic d’enfants et recherche de leur ami. Les retrouvailles entre les trois amis d’enfance permettra de faire corréler les différents indices récoltés par chacun. Un nom se dégage alors: Rick Aldo. Même si leur adoption se passe en douceur, l’auteure décrit avec finesse les dégâts psychologiques qui touchent Sam, rongé par la culpabilité, et la rage intérieure qui dévore Har. Elle met en avant leur changement de personnalité qui s’opère petit à petit. Par ailleurs, elle tisse sa toile en semant des indices au gré des pages, invitant les lecteurs à réfléchir avec le trio, tout en ménageant le suspense. Le ton dramatique général semble aussi pesant que les détails des découvertes sur le trafic d’enfants.

Le trait de la mangaka devient encore plus réaliste. De même, elle utilise principalement les trames pour colorer ou ombrer. Certaines trames renforcent surtout l’effet de narration. ZAKK sensei joue beaucoup sur les détails graphiques pour transmettre les sentiments intérieurs des héros, s’attardant sur les regards en coin, les petits mouvements des lèvres ou les gestes discrets. La mise en page paraît plus sobres avec seulement quelques planches qui se démarquent par leur esthétique. Les scènes érotiques ne montrent aucun détail. Le récit se concentrant sur les sentiments entre les personnages, les retrouvailles dégagent plutôt de la chaleur et des émotions. L’illustration de la couverture a obtenu la huitième place au Chill Chill BL award 2018. Il faut dire que le jeu de lumière avec la fumée de cigarette et la pluie nimbant une partie du visage de Harold est fort esthétique.

En résumé

Samuel Murphy a intégré le lycée d’élite Stanley M. Gun et y a retrouvé Benjamin, un ancien de l’orphelinat. Harold Richardson a lui aussi rejoint un pensionnat réputé. Mais les deux garçons, encore amers de la disparition de leur ami Tadanobu, refusent les cadeaux que sœur Mary Ross leur envoie. Ils essaient donc, avec le peu de moyen qu’ils possèdent, de ne plus dépendre d’elle, exaspérés de n’entendre que des compliments sur la religieuse qui manipule en réalité les enfants comme des marchandises. En 1987, les deux lycéens arrivent enfin à reprendre contact lors d’un évènement éducatif. Ils décident alors de choisir un métier qui leur permettra de chercher Nobu: Har souhaite intégrer l’armée tandis que Sam se spécialise en économie…

En conclusion

L’auteure propose plutôt une enquête et une plongée dans l’univers de la mafia. Le lien entre les trois orphelins est tellement profond qu’il se transforme en une relation threesome, pour mon plus grand plaisir. J’arrive donc à être touchée par le destin de ces trois criminels…

Canis the speaker 1 – ZAKK

canis the speaker 1
ZAKK
ISBN: 9782368775882
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496095 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Comment Tadanobu est devenu Kazumasa Iwaki.

ZAKK sensei aborde le passé de Tadanobu, Harold et Samuel qui vont se retrouver mêlés à un trafic d’enfants dans leur orphelinat. Elle suit d’abord les mésaventures de Nobu dans un soap land tenu par la mafia japonaise, entre prostitution et torture. Elle décrit les différentes techniques mafieuses pour engranger du chiffre et tenir le personnel sous son emprise : chantage, affaiblissement psychologique, menace. Après six ans de sévices, Tadanobu va se prendre en main et évoluer petit à petit pour survivre. L’auteure montre également les conséquences des dissensions entre chefs de clan sur le personnel considéré comme de simples objets : entre assassinat et redistribution à d’autres proxénètes. Ainsi, elle donne une image sombre de la pègre japonaise qui s’internationalise.

La mangaka a un trait plus réaliste, légèrement épuré et anguleux. Comparé à la série précédente, elle n’utilise pas de caricature. En plus, les paupières sont moins grandes et moins marquées. La mise en page, assez classique, propose quelques planches dynamiques. ZAKK sensei privilégie le jeu des clairs-obscurs pour transcrire l’ambiance et utilise donc avec parcimonie les trames d’ambiance. Par ailleurs, les scènes érotiques évitent les détails et se focalisent plus sur la violence subie.

En résumé

Février 1980. Harold, Samuel et Tadanobu (11 ans) partagent la même chambre à l’orphelinat. Comme ils sont très proches, ils aimeraient rester soudés à leur sortie quand ils travailleront. Après le départ de Makayla et Lucy, Nobu remarque qu’Aria n’est plus présente elle aussi alors qu’il devait lui rendre son crayon. La religieuse refuse de leur donner son adresse mais leur promet de le lui rendre. Cependant, Sam réalise que les goûters d’au revoir sont toujours fêtés pour deux enfants alors qu’ils sont trois par chambre et que le troisième enfant, souvent discret, disparaît lui aussi dans une maison inconnue. Pourquoi?

En conclusion

Bien que cité parmi les meilleures séries par les lecteurs au Chill Chill BL award 2018, ce volume n’est pas classé, laissant sa place au tome 2 pour le vote des meilleures couvertures. Parmi les trois orphelins, Nobu est mon préféré: ayant une personnalité discrète au départ, il est celui qui va le plus changer pour devoir survivre. Son côté froid et triste, mais avec tout de même une certaine douceur, est superbement rendu par l’auteure.

Canis Dear Hatter 2 – ZAKK

canis dear hatter 2 zakk
ZAKK
ISBN: 9782368774960
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495210 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Est-ce que le passé de Ryô sera un frein à l’amour?

Zakk sensei développe un peu plus l’autre facette de Ryô, révélant son passé au sein de la mafia. Elle met en avant de nouveaux personnages comme le hackeur Chase, l’ancien boss Harold Aldo Hugues mais également d’autres stylistes. Ainsi, elle aborde encore un autre versant de la mode avec les collaborations, le réseautage. Les deux héros ne peuvent s’empêcher de penser l’un à l’autre, analysant alors leurs sentiments. Même si Kutsuna met du temps à admettre les siens, il se prend enfin en main. Entre réflexions et émotions, l’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses différents personnages. Avec humour et délicatesse, elle met en scène une relation consentie entre renseignements, discussion et tentatives. Un chapitre bonus final dévoile la rencontre du chapelier avec ses deux acolytes : Yuishima Eiko, alias Ako et Gazuo Ebena, surnommé Gabé.

La mangaka adoucit un peu son trait. Elle joue beaucoup plus sur les détails des mouvements et des réactions avec des gros plans. D’ailleurs, le style caricatural se fait plus discret dans les scènes humoristiques. Zakk sensei utilise quelques trames d’ambiance. Ses décors sont réalistes et plutôt présents. Sa mise en page reste toujours autant dynamique. Par ailleurs, les scènes érotiques ne montrent pas les détails grâce aux choix des cadrages et des angles de vue. Le verso de la couverture est dans la continuité de celui du tome précédent, offrant un beau diptyque résumant l’histoire.

En résumé

Kashiba Ryô a décidé de rester aux États-Unis. A peine arrivé au Japon, Kutsuna Satoru doit se rendre aux funérailles de sa chère grand-mère. Il y croise alors son ami d’enfance, et fournisseur de tissus, Yôsuke. En rangeant son appartement, il constate avoir pris plus que de raison des vêtements pour son colocataire temporaire. Cependant, les commandes affluent à l’atelier mais l’ambiance est lourde, le chapelier passant ses nerfs sur ses employés. Ako finit par craquer et même Gabé se blesse. Réalisant que tout ce qui lui fait penser à Ryô l’énerve, Satoru réfléchit alors à sa relation avec le jeune homme: qu’est-il vraiment pour lui ?

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore l’évolution de ce couple avec une séparation qui leur permet de mieux se comprendre! Néanmoins, je ressens tout de même une petite frustration de voir Kutsuna proposer de devenir reversible pour son partenaire mais de ne pas en voir la conclusion!

Canis Dear Hatter 1 – ZAKK

canis dear hatter 1 zakk
ZAKK
ISBN: 9782368774953
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495128 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Plongée dans l’univers de la mode!

ZAKK sensei continue Canis Dear Mr Rain. Elle nous plonge dans l’univers de la mode en décrivant le déroulement d’un défilé pour un chapelier de sa préparation à l’après, avec les démonstration pour décrocher des contrats ou commandes. Elle développe un peu plus les personnages secondaires autour de Kutsuna, en particulier Gabé et Ako qui travaillent à la boutique et l’ami d’enfance, Shimizu Yôsuke, qui fournit les tissus. La romance entre les deux hommes avance très lentement. Leur complicité galvanise leurs sentiments cependant, le chapelier préfère les nier. L’auteure s’intéresse particulièrement à Satoru, abordant avec justesse ses ressentis et difficultés de création. En effet, elle met l’accent sur les paroles blessantes de certaines personnes qui renient indirectement l’investissement dans un travail manuel en ramenant tout à la chance. Au contraire, Ryô, observateur et attentif aux besoins de son bienfaiteur, devient un soutien et même une source d’inspiration pour l’artisan.

La mangaka a un trait anguleux très agréable qui a légèrement évolué. Elle marque particulièrement les paupières. Les déformation caricaturales lors des scènes comiques, plus discrètes, restent très expressives. ZAKK sensei s’attarde sur les petits détails, les gestes. Elle n’abuse pas des trames d’ambiance. Elle privilégie même les aplats noirs, jouant plutôt sur les clairs-obscurs. Par ailleurs, les décors sont détaillés et réalistes. La mise en page est dynamique. En fin de tome, Ako donne des explications sur le plan de l’atelier.

En résumé

L’ami et rival de Kutsuna Satoru, Gotô, l’attend dans son atelier pour lui annoncer qu’il l’a inscrit à la prochaine Fashion week qui a pour thème les chapeaux. Kutsuna devra donc défiler à New-York tandis que Gotô participera au défilé en France. Mais le chapelier n’est pas du tout motivé. En effet, depuis qu’il s’est fait mondialement connaître il y a 4 ans en obtenant le premier prix du concours mondial des chapeliers amateurs en France avec un chapeau rouge, il a perdu confiance dans son talent. Il s’est rapidement lancé, poussé par son mentor alors qu’il n’était pas encore sûr de lui, et avait l’impression de n’exister qu’à travers son unique œuvre. Il confie alors ses peurs à Kashiba Ryô qui lui traduit gentiment les mails en anglais pour ce défilé…

En conclusion

L’auteure s’intéresse d’abord à la relation entre Kutsuna et Kashiba. Leurs échanges prennent parfois une tournure comique. Mais ce couple paraît tellement vivant. Justement, j’en oublie même que c’est un BL. Ce volume se termine en plein suspense, impossible de patienter pour découvrir la suite!

Canis – Dear Mr Rain – ZAKK

canis dear mr rain zakk
ZAKK
ISBN: 9782368774946
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863493735 (JP)
Akaneshinsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Une rencontre entre deux hommes qui modifiera leur destin.

Pour son premier manga, Zakk sensei narre la rencontre entre deux hommes ayant des difficultés relationnelles à cause de leur caractère particulier. Elle maîtrise déjà parfaitement la narration. Par exemple, dans un chapitre, elle enchaîne les flash-back en alternant le passé de Kutsuna et de Kashiba grâce à un thème conducteur faisant la jonction entre les scènes. Elle s’intéresse surtout à l’éveil des sentiments de Satoru et Ryô: profondément blessés durant leur enfance, ils sont attirés l’un par l’autre. Devant l’obéissance aveugle de Ryô, le chapelier a tendance à le considérer comme son chien adoré Kotaro. Par ailleurs, l’auteure révèle peu à peu l’environnement et le passé des deux héros. Elle laisse tout de même planer le mystère sur le lien entre Kashiba et la mafia américaine. Un chapitre bonus présente le quotidien des deux hommes tout en révélant le caractère ambigu de Kutsuna et le côté innocent de Ryô.

La mangaka a un trait particulier, à la fois anguleux et rond. Dans les passages humoristiques, son trait se déforme et se rapproche même du style caricatural. De même, les corps deviennent longilignes. Les expressions et les réactions sont parfois exagérées. Les quelques trames d’ambiance se remarquent fortement car souvent graphiques. La mise en page est légèrement dynamique. D’ailleurs, Zakk sensei préfère jouer sur les détails et les effets de style. Comme elle s’attache à narrer les liens entre ses héros, il n’y a aucune scène érotique. Elle donne quelques crayonnés en fin de chapitre. En fin de tome, le plan de l’appartement permet de se repérer dans les décors.

En résumé

Le chapelier Kutsuna Satoru (29 ans) a encore fait fuir un de ses vendeurs la veille d’un évènement commercial. En effet, se montrant très exigeant, seul deux employés arrivent à supporter son caractère. Ayant essayé de trouver un remplaçant en vain, il tombe sur un homme inconscient dans le caniveau alors qu’il rentrait chez lui. Kashiba Ryô (19 ans), tombé d’inanition, vient des États-Unis. En échange du repas et du logis, il accepte donc d’aider l’artisan pendant ses deux jours libres. Mais au détour d’une conversation, le mystérieux jeune homme lui révèle être venu au Japon pour mourir…

En conclusion

L’auteure nous invite à simplement suivre les aventures d’un « homme à chapeau » et d’un « homme à parapluie ». Elle entremêle avec finesse l’univers de la mode et celui de la mafia new-yorkaise, présentant l’esprit familial des deux univers avec ses tensions et ses codes. Elle joue également sur le charme de ses personnages, malgré des caractères bien trempés. Ce tome devient une entrée en matière de la série qui va suivre. J’ai tout de suite apprécié le style graphique de la mangaka mais il pourra en rebuter certains. Ne vous arrêtez pas à cela, l’histoire est prenante et magnifiquement bien contée.