Barbarities 1 – Suzuki Tsuta

barbarities 1 suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782375062951
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784799725726 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je suis un homme qui vit pour l’amour. »

Suzuki Tsuta sensei crée son univers en s’inspirant de l’histoire occidentale. Elle introduit d’abord les personnages avant d’installer peu à peu les différentes intrigues. Ainsi, conflits politiques, religieux et royaux s’entremêlent à la luxure et l’hédonisme des nobles. Adam, extravagant et conscient de sa beauté, s’attache à la seule personne qui se refuse à lui. Un jeu de séduction va donc naître entre lui et Joël qui s’avère peu intéressé par l’amour. L’auteure joue au yo-yo avec les émotions du lecteur par des rapports peu ou non consentis, les empêchant tout simplement d’aboutir. Elle met en avant certains personnages secondaires. Elle dévoile d’autres facettes de Joël et Adam dans une histoire bonus. D’ailleurs, les mœurs différentes entre les pays influent sur les relations.

La mangaka a un trait un peu anguleux, fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant parfois les expressions. Elle soigne particulièrement les décors et les costumes. Par exemple, sous la jaquette, on peut admirer les détails de la fontaine qui se trouve derrière les deux héros. Quelques trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page dynamique met en valeur la beauté d’Adam. Suzuki sensei ne détaille pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle évite de tout simplement les montrer si le consentement laisse à désirer.

En résumé

Le vicomte Adam Canning est assigné à la garde du seigneur Montagu, ministre de la justice de la couronne, menacé depuis sa dernière intervention. Mais le libertin qui ne vit que pour le plaisir de l’amour, s’ennuie avec son austère patron. A une soirée de la marquise Mac Todd, il croise Joël, le neveu de Montagu, et tombe immédiatement sous le charme du bel intellectuel coincé qui l’éconduit. Mais en pleine nuit, après avoir participé à une orgie avec la marquise et ses amies, le capitaine surprend le jeune Joël en train de s’approcher de leur lit. Il le tire alors à lui pour l’embrasser mais l’intrus se débat. Ayant réveillé la marquise, les deux hommes fuient. En fait, Joël cherchait une clé d’un coffre qui contiendrait des preuves irréfutables contre le marquis, en prison. Adam lui propose alors d’organiser un plan à trois avec la marquise…

En conclusion

Ce premier tome nous plonge rapidement dans l’ambiance. Comme à son habitude, Suzuki sensei alterne avec brio tension et humour. En plus, le travail de traduction d’Isabelle Eloy est d’excellente qualité, rendant les expressions et les tournures anciennes. J’ai par ailleurs un énorme coup de cœur pour cette série. Un titre idéal pour découvrir le BL avec une note classique!

Your story I have known – Suzuki Tsuta

your story I have known suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351807385
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784812470282 (JP)
Takeshobo, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un recueil de tranches de vie mettant en avant les réactions face à une déclaration d’amour.

Suzuki Tsuta sensei explore les réactions lors d’une déclaration d’amour d’un homme envers un autre homme. Elle aborde la réflexion sur l’amour homosexuel, les hésitations, le rejet ou l’acceptation, l’évolution des sentiments. Le premier récit qui donne son titre au manga présente par tranches de vie l’évolution de la relation entre Shibusawa et Matsumoto. Malgré sa tête d’ange, Haato arrive à imposer petit à petit ses sentiments à Shibusawa qui semble s’accrocher désespérément à l’hétérosexualité. Pourtant, il réalise parfaitement son attirance. L’homme de main, Toshi, apporte une touche d’humour. Par la suite, l’auteure développe des histoires courtes en un chapitre. « Oignons sautés » met en scène deux crétins amoureux qui n’arrivent pas à exprimer clairement leurs désirs. Le troisième récit, avec sa touche fantastique, aborde la peur de l’influence de la solitude sur les sentiments. « Vole les yeux de dieu » questionne sur l’amour et la peur du regard des autres.

La mangaka dessine des personnages sveltes finement musclés. Elle a un trait légèrement fin et anguleux, qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques. De même, elle marque parfaitement l’âge des protagonistes par quelques rides. Les décors situent l’action mais sont soignés. Les trames d’ambiance renforcent surtout les émotions fortes. Par ailleurs, le travail général des trames est équilibré. La mise en page est simplement dynamique. Suzuki sensei ne censure pas réellement les scènes érotiques, mais elle évite de montrer les parties intimes en détail. De plus, avec le format court, ces passages sont très succincts. La postface révèle quelques secrets de création. Sous la jaquette, une illustration répond à la couverture. Au verso, un questionnaire amusant pour les lecteurs les invite à fantasmer sur la création de couples.

En résumé

Your story I have known / Our story I have known / My story you have known: Matsumoto Haato demande à Shibusawa de l’intégrer dans le clan de yakuza quand il aura fini ses études. Le lycéen, maltraité par sa mère, s’est attaché à cet homme qui s’occupait de lui quand il fréquentait sa mère. Mais le mafieux refuse catégoriquement. Néanmoins, il l’autorise à se réfugier chez lui quand cela ne va pas, n’arrivant pas à se détacher de l’adolescent. Quand ce dernier l’embrasse fou de joie, il décide de revoir également son éducation…
Oignons sautés: Negishi Taku (17 ans) a déclaré son amour à son ami d’enfance Wada Tamao (17 ans). Mais depuis, Tama le trouve beaucoup trop entreprenant…
Si ma voix te parvient: Saitô Zengo, le fantôme d’un samouraï, veille sur Shôta, un lycéen bagarreur…
Vole les yeux de dieu / Bonus: Depuis que Wakatsuki lui a fait une déclaration d’amour, de douloureux souvenirs hantent Narasaki. En effet, au lycée, ce dernier avait eu des paroles blessantes envers son ami d’enfance, amoureux de lui.

En conclusion

Avec ce recueil, l’auteure arrive malgré le format court à présenter différentes questions sur l’amour homosexuel. Même si elle n’approfondit pas le sujet, elle montre l’essentiel des premières réactions, souvent blessantes ou équivoques. J’aime particulièrement le récit principal et « Vole les yeux de dieu ». Une lecture divertissante, agréable mêlant romance et humour.

Hand wich – Suzuki Tsuta

hand which suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351806685
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784812464625 (JP)
Takeshobo, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un recueil d’histoires courtes sur le développement du sentiment amoureux.

Suzuki Tsuta sensei offre un recueil de plusieurs romances pour son premier manga publié. Elle se focalise principalement sur le développement des sentiments amoureux. Néanmoins, elle n’approfondit pas le sujet à cause du format très court. Les deux premières histoires s’intéressent à un groupe d’amis dans lequel des couples se forment, mettant en avant les questionnements sur l’attirance. En effet, Udaka et Kuroshima cachent plus ou moins leur homosexualité alors que Takada affirme clairement sa bisexualité. Sawazu va réaliser quant à lui la primauté des sentiments sur le genre. Dans « Un coeur déterminé » puis « Force d’attraction à 10 mètres de distance », développés en deux chapitres, l’auteure alterne les points de vue des protagonistes. Ainsi, elle met en avant des uke plutôt maladroits pour exprimer leurs sentiments. La quatrième histoire se dénote des autres récits, avec une relation plutôt ambiguë mais une excellente surprise au final.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle fait passer les expressions principalement par le travail des regards. Même si ses personnages rougissent facilement, ils dégagent une certaine maturité. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Suzuki sensei censure les scènes érotiques en jouant sur les angles de vue et les cadrages. Toutefois, les images restent assez suggestives. La postface en manga apporte une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a un dessin sexy et au verso du livre, une étiquette amusante qui s’adresse aux lecteurs.

En résumé

Hand which: Lors d’une soirée de beuverie avec ses amis, Sawazu déclame haut et fort qu’il veut devenir gay après s’être fait plaquer par sa petite amie. Le lendemain matin, il se réveille complètement nu aux côtés de son discret ami Udaka…
Shake hand / Bonus: Kuroshima a toujours été le confident d’Udaka. Mais en réalité il est amoureux de lui. Maintenant que son ami sort avec Sawazu, il essaie d’oublier sa jalousie. Un soir, il invite Takada à dîner pour tromper sa peine. Mais son ami ayant deviné son secret, commence à l’aguicher…
Un cœur déterminé / Des paroles précises: Chikuba surprend un salaryman, qui vient de lui acheter un bento avec un air dégouté, en train de donner la viande à un chaton abandonné. Comme Tsuzuki est allergique aux chats, il lui propose alors de s’en occuper et lui offre en échange un autre repas. Mais le salaryman récemment divorcé est très difficile sur les aliments. Le traiteur décide donc de relever le défi de le faire manger.
Je m’en remets à vous: Iwata écrit des livres pour enfants mais passe ses nerfs sur Aono, qui s’occupe des tâches ménagères. Ce dernier, amoureux, commence même à apprécier les coups de l’écrivain…
Force d’attraction à 10 mètres de distance / 8 mètres en ligne droite: Hideaki est envoyé chez son voisin pour récupérer les sous-vêtements de sa mère qui sont tombés. Mais il surprend Kameoka Bunzô en plein ébat avec un homme.

En conclusion

Réalisé à ses débuts, on sent parfois quelques faiblesses dans l’enchaînement des scènes mais le graphisme déjà maîtrisé permet de se plonger sans problème dans ces histoires courtes. On retrouve déjà les bases du style de l’auteure: une pointe de comédie dans des récits dramatiques ou romantiques. Une lecture facile qui nous livre un agréable divertissement.