Ham ham love! – Machico

Couverture de Ham ham love! de Machico, édition Noeve grafx

Machico 町子
ISBN: 9782386707704
Noeve grafx, 2025
ISBN: 9784575380408 (JP)
Futabasha, 2019 (JP)
Titre original: きみとハムハムしたいのだ!
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je suis le seul à connaître ton secret. »

Machico sensei propose une comédie romantique entre deux étudiants rivaux au kendo, avec une petite note fantastique. Elle oppose également deux caractères différents. Elle base la narration du point de vue de Kamiya. D’ailleurs, chaque chapitre débute par un monologue de Kei qui présente la situation actuelle de ses sentiments. Le franc lycéen a tendance à foncer d’abord, craque complètement pour ce qui est mignon et s’avère très tactile. L’austère Matsuyuki, quant à lui, apporte une note d’humour avec ses attitudes de hamster quand il est encore humain. Il complexe de ne pas maîtriser sa transformation. Malgré des sentiments réciproques naissants, les deux rivaux ne sont pas sur la même longueur d’onde. Ainsi, l’autrice enchaîne les quiproquos et les éléments perturbateurs pour créer la surprise. Elle installe une mini enquête pour découvrir la cause des transformations intempestives. Par ailleurs, elle aborde les premières fois. Shiratori Mai apporte quelques tensions.

La mangaka a un trait épuré, avec un contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle marque les rougissements par des hachures envahissantes. Les trames équilibrées utilisent pourtant une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Machico sensei s’arrête au début des préliminaires des scènes érotiques, se contentant des baisers. Par ailleurs, elle joue sur le contraste des tailles avec un grand costaud qui se transforme en petit hamster. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages. Sur la couverture, un vernis sélectif donne un effet de relief.

En résumé

A chaque fois que le capitaine de l’équipe de kendo du lycée Murakami, Kamiya Kei, perd une compétition de kendo contre Matsuyuki Jin, capitaine du lycée Shiba, il se réconforte auprès des hamsters et autres rongeurs du café animalier de sa sœur. Un jour, il trouve un adorable hamster devant la porte du café. Alors qu’il allait le recueillir, ce dernier se transforme soudain en Matsuyuki. Partageant ce secret, les deux éternels rivaux se rapprochent… ou pas?

En conclusion

Machico sensei maîtrise le format de ce one-shot, même si elle dit avoir supprimé des idées en postface. Elle équilibre parfaitement les tensions, les moments comiques et mignons, créant ainsi une bonne dynamique entre les personnages. La transformation en hamster apporte vraiment de l’originalité au classique scénario d’ennemis à amants. Son graphisme au trait épuré est très expressif. Je craque particulièrement pour le charme de Matsuyuki, même en hamster. Une lecture surprenante et amusante!

BJ. Alex 2 – Mingwa

Couverture de BJ Alex 2 de Mingwa, éditions KBL

Mingwa
ISBN: 9782413091509
Kbooks, 2026
Lezhin, 2026 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Fais-moi confiance. D’accord? »

Mingwa continue de développer la relation entre Dong-gyun et Jiwon. Elle s’intéresse à la différence entre fantasme et réalité, interrogeant sur leurs limites. Les deux étudiants réalisent leur compatibilité sexuelle et essaient quelques jeux sexuels soft, prenant quelques risques. Dong prend de plus en plus d’assurance, n’hésitant pas à négocier et à dire ce qui ne lui plaît pas tandis que Ahn nie pour l’instant ses sentiments naissants. Le colérique Kang-hoon apporte quelques tensions. Chan-woo ajoute une note comique, entre sa vision de l’homme idéal et son manque de discrétion. Par ailleurs, l’autrice aborde l’univers des cam boy, avec par exemple les rivalités et collaborations commerciales. A travers Kim Myeong-dae, alias BJ. MD, un streamer spécialisé dans le SM, elle questionne sur la participation aux vidéos d’un partenaire externe ainsi que les risques.

Mingwa a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise trois couleurs principales – noir, blanc et rouge – et ajoute quelques touches d’autres couleurs sur certaines cases. Les trames sont variées tandis que des hachures ou un aplat noir soulignent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance, graphiques ou colorées, appuient les émotions. Les décors soignés sont par ailleurs très présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, la manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Comme dans le tome précédent, les deux illustrations en début de tome reprennent le principe du zoom.

En résumé

Après avoir couché avec Nam Dong-gyun, BJ. Alex reprend les diffusions de vidéos. Mais son public remarque immédiatement son air rayonnant. Dong-gyun déborde également de bonheur après avoir réalisé un de ses fantasmes. Mais il réalise aussi une certaine froideur d’une relation charnelle. Alors que l’étudiant n’ose pas parler à Anh Jiwon à l’université, ce dernier l’invite à la pause déjeuner pour recoucher ensemble.

En conclusion

Mingwa développe en parallèle l’univers des cam boy ainsi que la relation entre Dong-gyun et Jiwon, introduisant différents thèmes. Elle alterne également entre scènes sexy, humour et tension. Son graphisme très expressif transcrit parfaitement les émotions des personnages, même quand leur visage se simplifie à l’extrême. J’apprécie l’évolution progressive des deux amoureux. Une lecture entraînante.

BJ. Alex 1 – Mingwa

Couverture de BJ Alex 1 de Mingwa, éditions KBL

Mingwa
ISBN: 9782413091493
Kbooks, 2025
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu es BJ. Alex… N’est-ce pas? »

Mingwa narre une romance entre deux étudiants complètement opposés mais qui cachent quelques secrets sur leur vie privée. Elle installe pour l’instant l’histoire et les personnages. La narration alterne entre les deux étudiants, dévoilant ainsi leurs facettes cachées. Le bienveillant Jiwon se montre plutôt dominateur et agressif en BJ. Alex tandis que le candide Dong-gyun se transforme en fan pervers. Les deux étudiants vont d’abord développer une relation purement charnelle, oscillant entre menace et marché pour protéger l’identité du cam boy. D’ailleurs, bien qu’Ahn ne ménage pas son admirateur, il se montre tout de même prévenant en découvrant son inexpérience. Ainsi, l’autrice aborde l’addiction au porno, la différence entre réalité et fiction, le jugement sur l’apparence. Elle montre également les quiproquos qui s’installent par manque de communication. A travers Kang Hoon, elle dénonce l’autoritarisme de certains étudiants plus âgés. Chan-Woo, le collègue de travail au café de Nam, apporte conseil.

Mingwa a un trait épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à le déformer ou transformer les personnages en SD. Elle utilise trois couleurs dominantes – noir, blanc et rouge – jouant sur les aplats et les dégradés. D’autres couleurs s’ajoutent parfois par petite touche. Les trames graphiques appuient les émotions tandis que les autres trames renforcent le contraste noir et blanc. De même, les flash-back et les fantasmes se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique oublie le format vertical d’origine. Dans les scènes érotiques, la manhwaga censure les parties intimes avec un cache blanc. Les deux illustrations en début de tome reprennent le thème du zoom caméra.

En résumé

Simple étudiant le jour, Nam Dong-gyun, sous le pseudo Dong dong en ligne, fantasme sur le sulfureux cam boy BJ. Alex. Invité un jour par le gentil et beau président du bureau des élèves Ahn Jiwon à une soirée, il finit complètement ivre. Jiwon le ramène alors chez lui. Mais reprenant ses esprits, Dong-gyun remarque que le président du BDE a la même tâche de naissance que son cam boy préféré. Et si?

En conclusion

Mingwa maîtrise le développement de son récit, maintenant un certain suspense en ne dévoilant pas immédiatement tout le contexte. Elle installe d’abord les personnalités des personnages, créant rapidement l’attachement des lecteurices. Son graphisme met en valeur la plastique de BJ. Alex et les mignonnes réaction de Dong-gyun. Lors de la venue de la manhwaga à la Y/Con 11 en 2025, l’éditeur a proposé une édition collector sous forme de coffret, contenant un stand acrylique, un bloc de post-it, un porte-clé, un photo call et des strickers, en plus du tome dont la couverture avait quelques touches argentées. J’aime beaucoup la construction des personnages de l’autrice. Une lecture haletante!

I’m not your hero – Uikashi

Couverture de I'm not your hero d'Uikashi, édité par Taifu

Uikashi 宇井カシ
ISBN: 9782375065969
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526171 (JP)
Shucream, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il n’y a aucune raison pour que je me trompe… Parce que c’est mon premier amour. »

Uikashi sensei narre une classique romance d’amis perdus de vue qui se retrouvent à l’université. Toutefois, elle y inclut des thèmes originaux tels que l’addiction aux vidéos érotiques, la prostitution et le travestissement. Elle base la narration du point de vue de Chihiro, s’attardant sur ses réflexions sur la sexualité. Malgré une relation purement charnelle avec Fuji, le consentement est parfois gris. Sei rejette la moindre affection tandis que Maki aime montrer sa tendresse et prendre soin de celui qu’il aime. Le passé et les secrets de Togawa se révèlent au fur et à mesure. Hiro, qui est un peu dur à la détente, apporte une note comique, d’autant plus qu’il se confie à Akira. Ainsi, l’autrice aborde le secret, l’acceptation de l’autre et de ses sentiments et la différence entre admiration et amour. Elle interroge également sur la notion de héros face à la bienveillance.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à déformer les expressions. Elle dessine d’ailleurs des visages plutôt ronds avec des cheveux méchés rappelant le style shôjo. Les trames variées sont en aplat tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page alterne les compositions classiques et simplement dynamiques. Dans les scènes érotiques, Uikashi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle offre toutefois une scène par chapitre. La couverture se classe dix-septième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

Enfant, Maki Chihiro considérait son ami Togawa Sei comme son héros, ce dernier l’ayant sauvé d’un harcèlement scolaire. Mais il a disparu au lycée suite à des rumeurs. Maintenant à l’université, Maki retrouve Togawa, mais ce dernier prétexte s’appeler Fuji. Toutefois Chihiro cherche absolument à sympathiser avec lui. Lors d’une soirée trop arrosée, il aide Sei qui allait de faire agresser et les deux étudiants finissent par devenir sex friends. En parallèle, Maki découvre sur Internet les vidéos d’un travesti sexy, Akira, ressemblant à son ami…

En conclusion

Uikashi sensei offre une romance assez classique dans laquelle les secrets polluent les relations. Toutefois, elle détend l’atmosphère avec la naïveté et la fraîcheur de Chihiro. En effet, même si elle effleure juste le lourd passé de Sei, il y a l’essentiel pour créer des tensions. Bien que son graphisme ne se démarque pas, il reste agréable et contient quelques touches mignonnes. D’ailleurs, je trouve dommage que le travestissement ne serve que le côté un peu fan service, sans développement profond. Une lecture simple.

Les secrets brillent dans la nuit – Nojiro Guri

couverture de Les secrets brillent dans la nuit de Nojiro Guri, éditions Taifu

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782375065150
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784344852808 (JP)
Gentosha, 2023 (JP)
Titre original: 金銀ささめくひみつは夜
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Personne ne doit savoir ce qu’il y a entre nous. »

Nojiro Guri sensei narre une romance dans un monde de fantaisie, autour d’un amour secret teinté de culpabilité et de dépendance. D’ailleurs, elle maintient constamment le suspense en alternant le présent et les révélations sur le passé des deux amoureux. Ainsi, elle s’intéresse à la pression d’être découvert, la peur d’être séparé et aux compromis même douloureux pour préserver un amour réciproque. Malgré des caractères opposés, Alloy et Mikado ont construit une relation forte et consensuelle, toujours dans la communication. Toutefois, ils arrivent de moins en moins à cacher leurs sentiments. Les membres du bureau des comptes et de l’équipe de la prospection minière détendent l’atmosphère. A travers la stricte marquise Makito Aram, l’autrice aborde la question de la différence sociale et la pression familiale. Elle interroge sur la peur du rejet, l’incompréhension et les similitudes entre relation amoureuse et très amicale. Dans l’histoire bonus, elle dévoile l’avenir du couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle varie beaucoup les trames. Les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors soignés mettent en valeur la splendeur des bâtiments. La mise en page très dynamique reprend souvent les codes graphiques du shôjo. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei ne montre pas les détails, jouant habilement avec les cadrages, les positions ainsi que les phylactères bien placés. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

Le leader de l’équipe de prospection minière, Alloy, revient d’une expédition avec son équipe. Mais la beauté de l’héritier de la marquise de Fraubourg, Makito Aram, provoque l’admiration des femmes, et même de certains hommes, qui s’attroupent autour de lui. Au prétexte de le saluer, les membres du bureau des comptes quittent même leur service. Toutefois, seul l’imperturbable Mikado reste de marbre devant l’héritier, n’hésitant pas à lui présenter des réclamations sur ses dépenses excessives. Pourtant, les deux hommes partagent un secret: le soir, le comptable retrouve le capitaine de l’équipe de prospection minière dans sa chambre…

En conclusion

Ce one-shot se classe neuvième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Nojiro Guri sensei maintient constamment le suspense grâce à se narration particulière entre présent et passé. Elle dévoile l’essentiel, tout en laissant libre court à l’imagination des lecteurices. En plus son graphisme qui dégage beaucoup de douceur rend la lecture agréable. Je suis conquise par ce récit dans lequel la magie reste discrète, paraissant presque naturelle. Un coup de cœur qui confirme mon intérêt grandissant pour cette mangaka.

Mon amour secret 1 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 1 de Soutome Emu, éditions Taifu

Soutome Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065068
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979826 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 上
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Quand j’aperçois une lune si belle dans le ciel étoilé, je suis pris d’une irrésistible envie de hurler au vent. »

Soutome Emu sensei mêle enquête et folklore japonais, partageant le quotidien de Kokufû et Ryôga. Elle dévoile au fur et à mesure les pouvoirs des yôkai ainsi que leurs spécificités. Ainsi, elle alterne entre courtes intrigues résolues en quelques chapitres avec une romance qui se développe sur le long terme. Kokufû aime prendre soin des autres et nourrit un amour à sens unique pour le renard. Ryôga, quant à lui, s’interroge sur son attirance aussi bien pour le peintre que pour son garde du corps, hésitant entre admiration et amour. Les belliqueux ogres Yûgen et Benimaru apportent suspense et action. Par ailleurs, l’autrice aborde le manque de communication, les sentiments tus, le deuil.

La mangaka a un trait légèrement épuré mis en valeur par les pleins et déliés. Elle joue sur les expressions à travers les détails des différentes métamorphoses des yôkai. Les trames sont à la fois nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, un fond noir renforce les moments dramatiques. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur l’architecture japonaise traditionnelle. De même, les plis des kimonos sont travaillés. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, tels que les fleurs, les sorties de cadre. Soutome sensei met en avant la plastique des personnages finement musclés. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes, sans contour, par des hachures.

En résumé

Kokufû travaille en tant que cuisinier du célèbre ryokan Mikeneko, fréquenté aussi bien par des humains que des yôkai. Parmi les habitués, il s’entend à merveille avec le renard gourmand mais fauteur de trouble Ryôga. Ce dernier est d’ailleurs à la recherche d’un tableau qu’un peintre humain amateur aurait créé en le prenant pour modèle. L’ogre Benimaru semble le posséder mais ne se montre pas conciliant en affaire. Acceptant de devenir le garde du corps de Ryôga, Kokufû l’accompagne à une nouvelle négociation. Toutefois, Benimaru exige que le renard lui offre son corps…

En conclusion

Soutome Emu sensei offre surtout une aventure fantastique, prenant le temps de développer la romance entre les deux héros. Elle maintient le lecteur en haleine en dévoilant par brides certains éléments. Son magnifique graphisme semble ancrer dans la réalité les yôkai. Avertissement: la relation particulière entre les frères ogres pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Quête, romance et yôkai: tout ce que j’aime! J’ai donc un coup de cœur pour ce récit et attends la suite avec impatience.

Après la pluie, Maru – Kuki Wakame

apres la pluie maru kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782382764916
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801976306 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« La rencontre inattendue de deux âmes solitaires qui vont devoir affronter leur passé! »

Kuki Wakame sensei narre la construction d’une relation solide entre deux hommes solitaires, prisonniers de leur passé. Elle alterne la narration entre ses deux héros, révélant leurs secrets au fur et à mesure. Ainsi, elle aborde entre autres la peur de la solitude, le manque de communication, la distinction entre pitié et affection. En effet, Kotarô, rongé par la culpabilité, a l’impression de manipuler celui qui l’attire tandis que Haruki s’adapte aux désirs de son partenaire de peur d’être abandonné. Grâce à leur cohabitation, ils vont redécouvrir la douceur de la chaleur humaine, compensant ainsi leur manque affectif, puis évoluer petit à petit. Avec Kaede et Taichi, l’auteure montre l’importance de certaines rencontres dans une vie. Par ailleurs, elle interroge sur la famille, l’amitié et l’amour. Elle met en avant les petits bonheurs quotidiens d’un foyer chaleureux et construit une relation respectueuse entre Yamamoto et Marui.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui conserve un aspect croqué, avec un contour discontinu et dédoublé plus épais. Elle le simplifie, parfois à l’extrême, dans les passages humoristiques. Ainsi, elle transforme Maru en un adorable wanko, avec un trait plus arrondi. De même, les hachures envahissent les visages à chaque rougissement. Pourtant, les trames utilisent une palette restreinte, avec des ombres fortes marquées. De même, les trames d’ambiance se font rares et discrètes. Les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique joue sur l’absence de cadre et des angles de vue variés. Kuki sensei s’attarde néanmoins sur les détails des mouvements et des réactions. Elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En fin de tome, elle présente ses croquis de recherche.

En résumé

Un soir, sous une pluie battante, Yamamoto Kotarô (26 ans) trouve un homme complètement ivre dans un parc. Inquiet, il l’emmène alors chez lui. Mais l’ivrogne, le confondant avec un autre, lui fait des avances. Kota, gay, ne résiste pas à la beauté de Marui Haruki (32 ans) et couche donc avec lui. Le lendemain matin, Maru se confond d’abord en excuses avant de fondre en larmes en dégustant le délicieux petit-déjeuner préparé par Kotarô. Ce dernier lui propose alors de vivre avec lui en attendant.

En conclusion

Ce one-shot assez épais permet d’approfondir l’histoire correctement. Ainsi, Kuki Wakame sensei offre un récit empreint de sensibilité, analysant avec finesse les émotions et l’évolution de ses deux héros. Elle maintient un certain suspense tout en détendant l’atmosphère par des petits moments comiques dans le quotidien. Par exemple, la réaction de Maru devant les brocolis est craquante! D’ailleurs, j’adore quand il se transforme en wanko. J’apprécie également le style graphique en général, avec cette touche un peu simple mais forte en expressivité. Un coup de cœur!

Arima veut devenir un oméga! 1 – Fujita Cafeco

couverture arima veut devenir un omega 1 fujita cafeco hana

FUJITA Cafeco 藤田カフェコ
ISBN: 9782382762356
Hana, 2024
ISBN: 9784832291812 (JP)
Houbunsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« C’est parce que je veux coucher avec des alphas. »

Fujita Cafeco sensei propose un omegaverse interrogeant sur la relation alpha*alpha. Elle aborde d’abord les thèmes classiques à ce genre comme la grossesse, l’attirance sans phéromone, la gestion des chaleurs et le marquage par morsure. Puis, elle s’intéresse aux problématiques de l’homosexualité telles que la peur du jugement extérieur, le rejet de la famille, la construction d’une famille, le poids du secret. Izumi accepte rapidement sa paternité et ses sentiments, ayant une vision plutôt romantique de l’amour. Arima, au contraire, reste obnubilé par le lien entre alpha et oméga, développant ainsi un complexe face à sa « prétendue » anormalité. Il a donc tendance à fuir les relations stables. Ainsi, l’auteure met en avant le doute, la cohabitation, la communication. Elle développe au moins une problématique par chapitre. Elle révèle le point de vue de Kôki sur sa première rencontre avec Nijô à la fin.

La mangaka a un trait légèrement épuré plutôt fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle ajoute quelques touches mignonnes avec les bouilles d’Ayumu. Les trames sont équilibrées tandis que les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est par ailleurs très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fujita sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Néanmoins , elle dessine presque une scène par chapitre. Sous la jaquette, elle offre une anecdote sur le couple ainsi que sa postface. Par ailleurs, elle montre l’évolution du couple dans les illustrations en début de chapitre. Deux illustrations couleur débutent le tome.

En résumé

Bien qu’alpha, Nijô Arima est alpha sexuel, c’est-à-dire qu’il ne tombe amoureux que d’alphas. Pour satisfaire sa libido, après son travail dans l’entreprise de son père, il se prostitue secrètement sous le nom d’Aria tout en se faisant passer pour un oméga. Un soir, alors qu’un client annule son rendez-vous, il croise un bel alpha correspondant à tous ses critères de beauté. S’abandonnant à une attirance mutuelle, les deux hommes passent alors une nuit torride, puis ne se revoient plus. Mais trois ans plus tard, Arima retrouve Izumi Kôki pour lui présenter leur fils Ayumu, fruit de leur seule et unique nuit.

En conclusion

Fujita Cafeco sensei propose un omegaverse original transposant les questions habituelles sur l’homosexualité avec un couple alpha*alpha. Bien que son scénario soit bien structuré, il reste tout de même quelques maladresses et certains enchaînements semblent précipités. Par ailleurs, le graphisme est agréable mais assez commun. Le côté girouette d’Arima est un peu déstabilisant mais c’est ce qui le rend intéressant. Une lecture sympathique. J’ai longuement hésité à le « recommander » entre « un peu » et « beaucoup ». Alors j’attends la suite pour mon avis définitif!

Touching your night – Mori Moyori

touching your night mori moyori

MORI Moyori もりもより
ISBN: 9782375064269
Taifu comics, 2024
ISBN:‎ 9784910526263 (JP)
Shucream, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Tu ne me verras plus jamais de la même façon en découvrant mon véritable moi. »

Mori Moyori sensei propose une tranche de vie mêlant drame, secret, tension et douceur. Elle infuse avec finesse les émotions contradictoires de ses personnages, alternant la narration entre eux. Elle maintient également le suspense sur le devenir de leur relation, détaillant au fur et à mesure leur passé et leur état d’esprit. Malgré une vie bien différente et des circonstances totalement opposées, Chinatsu et Kasumi se découvrent des points communs comme le sentiment de solitude, de culpabilité ainsi que le poids de la pression familiale. Ils s’interrogent sur leur attirance réciproque. Vivant tous deux dans un monde de ténèbres, ils partagent alors leurs ressentis. Ainsi, l’auteure joue sur le contraste entre l’innocence et la corruption d’une âme. Elle aborde la difficulté à se libérer de ses peurs, à trouver le courage. Satoshi, le petit frère de Kasumi, apporte également une autre vision de cet « emprisonnement » à cause de l’éducation.

La mangaka confère de la douceur à son graphisme par un trait légèrement épuré au contour épais, des visages plutôt ronds avec de grands yeux aux cils très épais. Elle renforce par ailleurs le côté sinistre de Chinatsu avec des cernes très marquées. Les trames équilibrées privilégient les contrastes noir et blanc. Pourtant, des hachures viennent en plus appuyer les ombres ou les rougissements. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Par contre, les décors s’estompent en arrière-plan. Les flash-back se repèrent à leur fond noir, avec des vignettes parfois recouvertes d’une trame grise. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les sorties de cadre. Mori sensei s’attarde sur les détails en décomposant les mouvements pour transmettre les émotions cachées. Toutefois, elle censure les scènes érotiques en ne montrant pas les parties intimes grâce à un choix judicieux des cadrages.

En résumé

Le tueur à gages Sakaki Chinatsu est hanté par l’échec de sa première mission dans laquelle son frère Fuyuki a perdu la vie à cause de ses hésitations. Surpris par un jeune garçon mal voyant, ce dernier l’avait alors réconforté. Cinq ans plus tard, il recroise par hasard ce jeune homme, victime d’un voleur à la tire. Après avoir récupéré le sac volé, Chinatsu décide d’aider Mienishi Kasumi, dont la canne est cassée. Bien que conscient qu’il devrait pourtant garder ses distances, il n’arrive pas à couper cette amitié naissante entre eux…

En conclusion

Ce one-shot se classe quatrième meilleur venu au Chill chill BL award 2023. Pour son premier manga, Mori Moyori sensei maîtrise plutôt bien le déroulement de son récit, se concentrant sur l’évolution de la relation et les émotions. Malgré certains évènements facilement prévisibles, elle arrive à maintenir le suspense sur l’avenir de la relation jusqu’à la fin. Elle a par ailleurs un graphisme très expressif. Je fonds complètement pour cette romance emplie de tendresse. Une belle histoire touchante qui peut plaire à un large public.

Je te donne la moitié de moi – Arima Arashi

je te donne la moitie de moi arima arashi

ARIMA Arashi 有馬嵐
ISBN: 9782382762660
Hana, 2024
ISBN: 9784845859979 (JP)
Leed publishing, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je suis sans doute le seul à trouver qu’il a un regard effrayant. »

Arima Arashi sensei narre une romance dramatique qui commence par une fuite puis une séparation. Elle aborde la maltraitance, la culpabilité qui se transforme en regret avec le temps, l’impuissance, la pédophilie. Ainsi, elle dévoile le passé de Shin par brides, maintenant un certain suspense. Les deux adolescents s’interrogent sur leur attirance et leur relation, à la limite entre amis et amants. Bien que Shiraki comprend vite son sentiment amoureux, il prend des précautions pour les exprimer à Kurokawa dont les émotions s’exacerbent avec la tension. Malgré une relation consensuelle, la culpabilité et l’impuissance perturbent l’harmonie du couple. L’auteure effectue un saut de le temps, suspendant les sentiments et analysant par la suite leur évolution. Elle s’attarde sur la différence des réactions et des émotions entre adulte et adolescent, qui changent en mûrissant. Par ailleurs, elle met en avant la difficulté à assumer son passé.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes pour les rougissements. Par ailleurs, elle simplifie parfois son trait à l’extrême dans les passages humoristiques. Les contours parfois plus épais donnent du relief. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Arima sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle joue également sur les cadrages et les angles de vue pour éviter de trop les montrer. Par ailleurs, elle ménage les lecteurs en ne détaillant pas les scènes choquantes. Les illustrations en début de chapitre offrent un instantané de la relation. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit, à lire donc à la fin.

En résumé

Kurokawa Makoto conserve une certaine retenue face à Shiraki Shin qui attire pourtant l’admiration de toute la classe. Il est à la fois fasciné et intrigué par le sourire que ce dernier affiche constamment. Mais un jour, en rentrant des courses, il croise son camarade de classe à moitié nu, la chemise tâchée de sang, dans la rue. Surpris, il l’aide alors à fuir son poursuivant enragé. Shin lui révèle donc que sa mère le prostitue pour gagner de l’argent. Aîné d’une fratrie de six enfants et habitué à prendre soin des autres, Kuro décide par conséquent de fuguer avec lui. Mais jusqu’à quand tiendront-ils avec ses maigres économies?

En conclusion

Ce one-shot se classe septième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Arima Arashi sensei enchaîne un peu rapidement certains évènements. Néanmoins, elle dépeint avec finesse les émotions de ses personnages. En plus, son graphisme dégage une certaine douceur très agréable. Malgré les efforts de la mangaka pour ménager son public, certaines scènes peuvent toutefois choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’ai été surprise par l’intensité du récit qui pourtant se suffit amplement à ce tome. Une lecture touchante! Mise à jour: Ce tome se classe septième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024.