Je préfère en nature – Niyama

je prefere en nature niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760017
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784801960985 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: ご利用は計画的に
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un escroc au cœur d’artichaut qui craque pour une victime trop gentille et innocente.

Niyama sensei offre une comédie romantique et érotique avec un usurier trop gentil et obsédé pour se maintenir à flots. Elle alterne la narration entre Manami et Makoto. Malgré les nombreux passages érotiques, elle arrive à développer la psychologie de ses deux héros. Bien que leur premier rapport charnel soit forcé, Kanekura s’intéresse à son créancier et finit même par sympathiser avec lui, développant son sentiment amoureux. L’auteure entoure les deux hommes d’une palette de personnages amusants et intéressants comme le frère ainé surprotecteur, Godai Minoru (38 ans) ou l’insolent petit frère Kanekura Haruki (17 ans). Elle s’appuie beaucoup sur les caractères pour renforcer l’humour des situations. Elle complète ce volume avec une histoire en un chapitre jouant sur la métaphore de la banane.

La mangaka a un style reconnaissable avec des morphologies viriles. En plus, elle a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, donnant une bouille à ses personnages. D’ailleurs, ces expressions sont en général détaillées, de même que les petits gestes. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les angles de vue plutôt variés dynamisent la mise en page. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Au contraire, elle rend même les corps transparents pour montrer encore plus de détails. Il y a d’ailleurs une scène par chapitre. Sous la jaquette, se trouvent une planche d’anecdotes amusantes et la postface en image à lire à la fin du tome.

En résumé

Je préfère en nature / Retour à la nature: Godai Manami (28 ans) dirige une société de prêts illégaux avec Tetsu (23 ans). Mais ses finances sont plutôt mauvaises car il a tendance à accepter les paiements en nature quand le client lui plaît. Tetsu lui signale la disparition d’un de leur plus gros débiteur, Kanekura Shinji (58 ans), dont la société avait fait faillite. Ce dernier leur doit encore 18 millions de yens, intérêts compris. Ils décident donc de s’arranger avec la famille Kanekura, en particulier le fils Makoto (28 ans). Ce dernier cumule actuellement deux emplois pour subvenir aux besoins de sa famille. Toutefois, Manami, gay, craque immédiatement pour le jeune homme honnête, beau et musclé. Il lui propose alors de coucher avec lui pour 30000 yens par séance afin d’éponger la dette…
Magical Banana: Suma Ryôtarô (32 ans) apprend qu’il existe une banane légendaire qui rend heureux. Le chercheur passionné de bananes décide alors de partir à sa recherche. Mais il se blesse en glissant et est recueilli par Ryû (18 ans) qui vit seul sur l’île…

En conclusion

Le premier tome de My pretty policeman étant déjà classé neuvième dans les meilleurs manga au Chill Chill BL award 2018, ce titre se retrouve juste cité parmi les meilleurs manga originaux. Même si l’histoire est légère et met surtout en avant l’érotisme, je trouve que l’auteure a réussi à insuffler suffisamment de vie autour de ses personnages et à développer l’intrigue. On reconnaît son style narratif et graphique immédiatement. J’adore la conclusion de l’histoire principale. En plus comme j’aime les chiens, je suis complètement gaga devant les spitz nains, tellement chou.

Le chien innocent et le chat hypocrite – Niyama

le chien innocent et le chat hypocrite niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801955172 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Lorsque le masque de l’homme parfait finit par tomber à force de côtoyer l’innocence de la jeunesse…

Premier manga relié de Niyama sensei, ce one-shot s’intéresse à la naissance des sentiments durant une cohabitation, la différence d’âge et le sentiment de solitude, en particulier quand le rythme de travail du couple est décalé. Même si certaines coïncidences paraissent un peu exagérées, l’auteure développe la psychologie de ses personnages avec réalisme. Alors que Yagi fuit les problèmes, son comportement parfois enfantin le rend attachant. De même, le côté innocent de Tôru détonne avec son comportement légèrement sans gêne. Mettant en avant le contraste entre ce que pense et ce que dit Yagi, la narration donne principalement son point de vue. Cependant, un chapitre est consacré à l’avis d’Akasaka. Le couple partage ses sentiments avec consentement, même alcoolisé. D’ailleurs, il prend tout son temps.

La mangaka utilise des traits fins légèrement simplifiés. Ses personnages ont une carrure masculine avec de grands yeux expressifs. Pour les passages humoristiques, Niyama sensei n’hésite pas à simplifier ses dessins à l’extrême. Ainsi, le côté naïf d’Akasaka ressort bien graphiquement. Par contre, Yagi porte parfois des oreilles de chat quand il pousse à fond l’hypocrisie. Il n’y a pas de distinction entre les chapitres, peu marqués. La mise en page, plutôt classique, joue sur les ellipses et quelques angles de vue recherchés pour dynamiser la lecture. L’alternance entre les trames d’ambiance et les décors paraît naturelle. Sous la jaquette, la postface et deux illustrations permettent de découvrir la création du scénario. Parfois, quelques trames ou blancs censurent légèrement les scènes érotiques, plutôt détaillées.

En résumé

Yagi Naohito (39 ans) est invité par son ami Tajima Seiji (39 ans) à un gôkon. Ne cherchant pas à draguer, le salaryman s’isole à une table pour manger. Asakasa Tôru (24 ans) l’aborde et demande à s’installer à sa table. Comme le jeune homme entame immédiatement la conversation et parle sans filtre, Yagi n’est pas à l’aise. En effet, il affiche toujours un sourire conciliant, jouant les hypocrites pour plaire à tout le monde. L’alcool aidant, les deux hommes se confient assez facilement, le quarantenaire étant persuadé de ne jamais revoir son interlocuteur collant. Mais ce dernier s’avère être un employé d’un de ses clients. Un soir, le salaryman recroise l’ouvrier loin de son quartier. Asakasa lui apprend qu’un incendie a détruit son appartement et qu’il a perdu son porte-feuille. Devant tant de malchance, Yagi propose au jeune homme de le loger temporairement malgré son appréhension.

En conclusion

Cette histoire mignonne précède My pretty policeman et met en avant la romance du couple d’amis de Seiji. Le contraste entre Yagi qui fuit les relations alors qu’il a peur d’être seul et Asakasa qui s’attache facilement aux gens me touche énormément. J’adore l’évolution tout en douceur et dans le partage de ce couple.
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la treizième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017.

My pretty policeman 2 – Niyama

my pretty policeman 2 niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782368776872
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965980 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les joies et les difficultés de la vie de couple avec une différence d’âge de 10 ans.

Dans ce second tome, Niyama sensei s’attarde sur la vie de couple avec une différence d’âge: une libido et un rythme de vie différents qui amènent le couple à s’interroger sur leur relation. Ainsi, les deux héros communiquent beaucoup, même durant leurs ébats amoureux. Cependant, un décalage de perception se fait sentir. D’ailleurs, l’humour s’appuie entre autre sur le contraste d’interprétation entre Shin et Seiji. L’auteure partage donc les différents points de vue des personnages. Elle approfondit également leur psychologie en décrivant leurs réactions et leurs réflexions. Parallèlement, elle présente la vie de quartier lors des festivités du nouvel an, les contraintes des policiers pour s’installer hors des foyers et le système des astreintes. L’histoire bonus continue à jouer sur le fantasme de l’uniforme.

Malgré les traits simplifiés dans les moments humoristiques, le style de la mangaka conserve un ton assez réaliste. Les personnages virils ont des traits plutôt carrés, anguleux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les cadrages sont plutôt classiques. Cependant, quelques angles de vue mettent parfaitement en avant la tendresse du couple, se focalisant sur les regards langoureux. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et le langage peut paraître un peu cru. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit de manière amusante avec l’arrivée du printemps. La couverture en couleurs offre une illustration toute romantique, assez rare sur les BL.

En résumé

Au début de l’automne, Nakamoto Shin (30 ans) emménage chez Tajima Seiji (40 ans). Ce dernier lui apporte le double des clés au kôban, ce qui intrigue son ancien collègue Maki. Le couple expérimente la vie à deux mais alors que Shin fond de bonheur, Seiji a l’impression de jouer le rôle d’une mère plus que d’un amoureux. En plus, entre le travail et l’installation, le policier n’a pas trop l’occasion d’être avec le commerçant qui a tendance à se coucher tôt. Difficile alors de créer une ambiance romantique, surtout quand la programmation d’un examen médical exige de s’abstenir quelques temps!

En conclusion

Cette suite vraiment attendrissante se focalise sur la vie quotidienne du couple. De même, les questionnements sont traités avec finesse. J’adore les expressions variées de Shin, surtout quand il est frustré. Et Seiji avec ses poignées d’amour est même chou! Un véritable bonheur à lire et relire sans fin.
Mise à jour: Ce manga a obtenu la dixième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020.

My pretty policeman 1 – Niyama

my pretty policeman 1 niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782368776445
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801960336 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une rencontre dix ans auparavant avec un policier qui changera la vie de Shin, prêt à suivre ses traces.

Niyama sensei narre une romance entre un policier de quartier et un ancien policier devenu commerçant. C’est un spin-off de An innocent Puppy meets a two-faced cat (無邪気なわんこと猫かぶり) avec le couple Akasaka (25 ans) et Yagi (39 ans) qui apparaissent dans ce tome. L’auteure décrit la vie de quartier et donne un aperçu des tâches des policiers de proximité. Grâce aux flash-back, elle dévoile par brides le passé des personnages tout en maintenant le suspense. Seiji s’interroge sur le premier rapport homosexuel et discute facilement de ses appréhensions avec son partenaire qui se montre plutôt patient et à l’écoute. Le couple s’épanouit donc à son rythme. Les deux héros alternent la narration. Par ailleurs, le langage est parfois un peu cru mais colle parfaitement avec le caractère des protagonistes. Le récit de l’épilogue répond aux fantasmes sur les uniformes de policier.

La mangaka possède un trait plutôt réaliste. Elle n’hésite pas à mettre les poils, les rides. De même, elle dessine des carrures viriles. La simplification des traits renforce les scènes humoristiques. L’alternance entre les décors et trames d’ambiance est équilibrée. Bien que les cadrages soient assez classiques, les angles de vue sont parfois recherchés. La censure des scènes érotiques utilise simplement l’absence de traits. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire avec l’arrivée du chat Chiko-chan.

En résumé

Ancien policier, Tajima Seiji (39 ans) s’occupe de la boutique héritée de sa mère. Le policier de quartier, Nakamoto Shin (30 ans), lui amène une fillette qui a rencontré un problème avec le distributeur de boissons. Constatant qu’il ne lui manquait qu’un peu de monnaie, il lui en prête. Admiratif de Seiji qui l’avait sauvé quand il était au bord de la délinquance, il n’ose pas refuser le remboursement du commerçant. Quand la fillette lui rapporte les 10 yens empruntés au kôban, il décide de les ramener à Seiji. Son collègue Maki (35 ans) lui demande également de transmettre son désistement au machikon du quartier. Seiji propose alors au jeune policier de remplacer Maki. Encore célibataire, il se demande s’il ne devrait pas sortir avec un homme. Secrètement amoureux de lui depuis dix ans, Shin l’embrasse alors…

En conclusion

L’humour domine parfois cette romance légère mais agréable à lire. Le couple est attachant, avec Seiji qui se mêle de tout et qui finit par être conquis malgré lui par l’amour de Shin. De plus, le graphisme plutôt viril de Niyama sensei est rafraichissant. Alors, n’hésitez pas à le lire! J’espère que son autre récit aura droit à une traduction française.
Mise à jour: Ce premier tome a obtenu la septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018.