My beautiful boy 4 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

Couverture de My beautiful boy 4 de NagiraYuu et Kitano Megumi, éditions Hana

NAGIRA Yuu 凪良 ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382765319
Hana, 2025
ISBN: 9784199609930 (JP)
Tokuma shoten, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Hira me rend à la fois heureux et triste… ça ne tourne pas rond chez moi. »

Nagira Yuu sensei continue d’analyser les étranges liens qui se construisent entre Kiyoi, Koyama Kazuki et Hira, mettant en avant la persévérance dans une relation sans avenir. Contrairement au tome précédent, elle base principalement la narration du point de vue du jeune acteur. Elle révèle alors son passé ainsi que ses sentiments contradictoires. En effet, Sô aime être admiré mais éprouve du dégoût pour son propre égocentrisme. Même s’il semble conscient de son homosexualité, il s’exprime maladroitement. Les quiproquos s’enchaînent, renforçant les incompréhensions. L’autrice aborde l’acceptation de l’autre, même de ses travers et des inconvénients, la différence entre admiration et amour, les risques d’un amour trop exclusif et possessif. Elle montre des logiques et des visions différentes d’une relation amoureuse, déséquilibrée et problématique.

Kitano Megumi sensei a un trait léché légèrement épuré. Elle s’attarde sur les détails, les petits gestes et les expressions. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apportent un touche réaliste. La mise en page est dynamique avec des angles de vue variés. Par ailleurs, la mangaka donne l’ambiance ou met en avant un point important dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Invité à une soirée par Sô Kiyoi, après une représentation, Hira Kazunari s’inquiète en voyant celui qu’il admire depuis le lycée, être très proche de l’acteur Iruma. Mais en rentrant, Kiyoi le rassure en démentant les rumeurs. Tout en parlant de banalités, il explique alors chercher un endroit où répéter. Hira lui propose donc d’utiliser la maison de sa tante, désirant se rapprocher à nouveau. Toutefois, comme Kiyoi se montre parfois gentil, froid ou boudeur, Hira n’arrive toujours pas à le comprendre…

En conclusion

Nagira Yuu sensei révèle enfin la complexité du caractère de Kiyoi, développant un portrait plutôt différent de ce que les lecteurs pouvaient imaginer au début. Elle continue d’analyser des relations perdues d’avance et l’ambiguïté de certains comportements. Kitano Megumi sensei transcrit avec finesse les ambiances changeantes entre les personnages. L’histoire prend un tournant intéressant, éveillant ma curiosité. Hâte de découvrir la suite!

My beautiful boy 3 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

couverture de My beautiful boy 3 de Nagira Yuu et Kitano Megumi, éditions Hana

NAGIRA Yuu 凪良 ゆう
KITANO Megumi 北野 仁
ISBN: 9782382764848
Hana, 2024
ISBN: 9784199609626 (JP)
Tokuma shoten, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je l’aime et je souffre à en mourir. Je suis incapable de renoncer à l’amour que j’ai pour Kiyoi. »

Nagira Yuu sensei s’attarde principalement sur l’évolution de Hira qui découvre enfin des comportements plus bienveillants avec le club de photographie universitaire. En introduisant les frères Koyama, en particulier Kazuki, elle analyse les différentes émotions auxquelles sont confrontées les personnes bègues, en particulier un complexe d’infériorité. De même, elle apporte un regard extérieur sur la relation toxique entre Hira et Kiyoi. Ainsi, comme dans le tome précédent, la narration se base principalement du point de vue de Kazu. L’étudiant s’interroge enfin sur ses relations, son attirance ainsi que son sentiment de culpabilité face à sa nouvelle amitié. L’installation d’un triangle amoureux permet d’aborder d’autres sujets tels que l’homosexualité, la peur de perdre une amitié à cause de l’amour. Les comportements négatifs se confrontent sans cesse à ceux plus prévenants. L’autrice analyse des amours obsessionnels qui ne provoquent que souffrance, jouant avec les limites des convenances.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré. Elle dessine des corps longilignes aux visages bien ovales. Bien qu’elle utilise de nombreuses trames, les tons clairs dominent. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. La mangaka préfère suggérer les scènes érotiques à travers quelques détails. Elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre, souvent au format de trois cases silencieuses.

En résumé

Sô Kiyoi et Hira Kazu ont pris l’habitude de se retrouver secrètement dans la salle de musique. Ils se parlent plus franchement et Hira en profite pour photographier son modèle. Mais en terminale, les deux lycéens se retrouvent dans des classes différentes. Leurs rencontres deviennent sporadiques. Après les vacances d’été, lorsque Hira apprend que Kiyoi est recruté par une agence de talents artistiques, il ne peut alors que constater leur éloignement au fur et à mesure que la popularité de son ami augmente. Pourtant lors de la remise des diplômes, Kiyoi lui vole un baiser marquant leurs adieux.

En conclusion

Nagira Yuu sensei continue de décrypter des relations obsessionnelles, à la limite malsaines. Elle dépeint parfaitement la souffrance que procurent ces amours, analysant avec finesse les émotions. Par ailleurs, le graphisme de Kitano Megumi sensei sublime les expressions des personnages. J’aime beaucoup Koyama Kazuki qui apporte un nouveau souffle dans le récit. Une lecture troublante qu’on n’arrive pas à lâcher!

My beautiful boy 2 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

my beautiful boy 2 nagira yuu kitano megumi

NAGIRA Yuu 凪良ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382762349
Hana, 2024
ISBN: 9784199609343 (JP)
Tokuma shoten, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Même si j’étais ton dernier soldat, je te protégerai jusqu’au bout. »

Nagira Yuu sensei décrypte l’évolution de la relation ambiguë entre Hira et Kiyoi, oscillant constamment entre admiration, amour, dégoût et tolérance. Elle ne ménage pas les lecteurs, dépeignant avec finesse les moments malaisants entre le comportement de stalker pleinement assumé, les remarques blessantes et le harcèlement de plus en plus violent. Comme dans le tome précédent, elle base la narration du point de vue de Kazu, partageant ses pensées les plus sombres. Ainsi, le larbin se rebelle petit à petit jusqu’à s’affirmer. Sans se montrer pour autant gentil, Kiyoi impose des limites dans le harcèlement et supporte avec indifférence l’isolement dans la classe. Avec la bande de Shirota, l’auteure montre comment la hiérarchie s’inverse dans une classe, insidieusement, selon divers incidents. Elle aborde entre autres les relations intéressées entre étudiants, les profils différents des harceleurs, la construction d’un lien particulier entre le harceleur et sa victime.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré, jouant avec les pleins et déliés, qui dégage un effet un peu réaliste. Ainsi, elle le simplifie discrètement dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages plutôt sveltes. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions mais se font rares. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mangaka a une mise en page très dynamique. D’ailleurs, elle porte particulièrement attention aux détails, décomposant parfois certains mouvements. De même, elle joue sur les plongées et contre-plongées pour renforcer le sentiment de hiérarchie. Les pensées de Hira sont transcrites directement en images dans le récit.

En résumé

Hira Kazu ayant découvert que Sô Kiyoi s’entraîne à danser, ce dernier l’emmène au restaurant pour discuter. Il soupçonne d’ailleurs son camarade de le suivre en cachette et lui exprime clairement son dégoût face aux déclarations admiratives de Hira. Il lui demande toutefois de garder le secret. Mais au concours des beaux gosses, Kiyoi termine dernier. Bien qu’il fasse bonne figure devant Shirota et les autres, il s’éclipse suivi par Hira qui avoue enfin son amour. Mais la hiérarchie semble s’inverser petit à petit au lycée…

En conclusion

L’ambiance de ce manga pourra en dérouter plus d’un. Sans glorifier le harcèlement, Nagira Yuu sensei analyse avec finesse les différentes émotions qui apparaissent dans une relation entre harceleur et victime. Elle interroge sur le basculement facile vers une violence grandissante. Le graphisme de Kitano Megumi sensei transmet parfaitement les expressions des regards, froids, durs, passionnés, admiratifs, amoureux, envieux. Un titre que je prend plaisir à redécouvrir sous ce nouveau format, après le roman et le drama. Si les romances un peu descriptives ne vous dérangent pas, foncez!

My beautiful boy 1 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

my beautiful boy 1 nagira yuu kitano megumi

NAGIRA Yuu 凪良ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382762332
Hana, 2023
ISBN: 9784199609107 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Sa silhouette ressemblait à celle d’un roi. »

Nagira Yuu sensei adapte son roman sorti en 2014. Elle narre une romance entre le plus beau garçon du lycée avec celui considéré comme le plus misérable, construisant une relation ambiguë. Elle base la narration du point de vue de Hira, partageant ainsi ses pensées sombres et son admiration presque obsessionnelle pour Kiyoi. En effet, le lycéen accepte son statut d’esclave par amour, comprenant rapidement ses sentiments. Sô semble difficile à cerner à cause de son indifférence. Pourtant, il agit toujours discrètement pour limiter le harcèlement des plus faibles, sans pour autant s’y opposer. Ainsi l’auteure aborde le harcèlement, la hiérarchie qui s’installe dans les milieux scolaires selon des critères subjectifs, l’importance donnée à la réputation influençant des relations superficielles et intéressées. Pour l’instant, elle installe les personnages et le contexte. Elle pose le lecteur comme observateur, accompagnant Hira.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, bien que cela soit discret. Elle dessine des visages ovales et des corps longilignes. Les décors sont très présents. Par ailleurs, les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique s’attarde sur les petits détails et reprend principalement les techniques des shôjo. Par contre, la mangaka censure les parties intimes en ne les dessinant pas. Elle donne le ton du récit à travers les premières pages couleurs.

En résumé

A cause de son bégaiement dû à sa grande sensibilité, Hira Kazunari a toujours rencontré des problèmes d’intégration durant sa scolarité et a pris l’habitude de rester solitaire. Fatigué des moqueries, il nourrit parfois des pensées suicidaires. Mais lors de la rentrée en deuxième année de lycée, il est ébloui par le beau Kiyoi Sô, aussi solitaire que lui, mais détaché de ce qui l’entoure. Ratant sa présentation en classe, il devient rapidement le larbin du groupe de Shirota qui a pris l’habitude de le surnommer Hii. Mais Hira supporte facilement sa position, pouvant ainsi côtoyer Kiyoi. Alors quand ce dernier lui donne son numéro de téléphone pour qu’il fasse la queue à leurs places au karaoke, il s’exécute avec joie…

En conclusion

Ce tome obtient la seizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Le roman à succès a également bénéficié d’une adaptation en drama, disponible sur Viki. Nagira Yuu sensei construit des ambiances très particulières avec une certaine sensibilité, arrivant à nous passionner avec une relation presque maître / esclave. Cette sensation se retrouve à la lecture du manga, sublimé par la beauté du dessin de Kitano Megumi sensei, qui arrive à ajouter sa touche personnelle tout en respectant le style de l’illustratrice du roman, Kasai Rikako sensei. Je suis heureuse de redécouvrir ce titre sous un nouveau format.