Lost virgin – Nagi Wataru

lost virgin nagi wataru
NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777619
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965553 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un homosexuel refoulé trouve le grand amour avec un travesti.

Nagi Wataru sensei propose de suivre un couple original avec un acteur homosexuel inavoué, Emoto Takeru, et un travesti, Kirishima Chôji, alias Chôko. La narration donne le point de vue d’Emoto, qui a développé une violente homophobie. Les deux artistes, légèrement perdu dans leur sexualité, vont évoluer ensemble. Ainsi, Chôji est très ouvert comparé à son partenaire qui s’interroge beaucoup sur ses sentiments. L’auteure s’intéresse donc aux problèmes d’identité sexuelle, aux réactions violentes que peut engendrer un rejet, à la difficulté de distinguer réalité et fiction. Elle développe le passé d’Emoto pour mieux comprendre ses réactions. De même, elle oppose le comportement de Kirishima avec celui de Matsuzaka Keishi, jouant sur le contraste de leur carrure. Chôji et Takeru préfèrent partager le plaisir dans leurs rapports charnels. Un chapitre met en avant les héros de Passions réfrénées, permettant de découvrir ce qu’ils sont devenus six mois plus tard.

La mangaka a un trait épuré et plutôt fin. Elle utilise beaucoup de trames variées ainsi que quelques trames d’ambiance plus graphiques. Cependant, elle essaie de rester réaliste. Certaines cases offrent des angles de vue originaux. Pourtant, la mise en page est déjà très dynamique. Nagi sensei ne censure pas du tout les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des angles de vue mettant parfois en valeur les attributs masculins. Elle inclut également quelques coupes intérieures. A la fin de certains chapitres, une planche humoristique avec Chôko en héroïne nous apprend un peu de vocabulaire et dévoile les goûts du travesti.

En résumé

Emoto Takeru, acteur en vogue, affiche clairement son homophobie devant son nouveau manager Nishizawa ou avec le travesti vedette Chôko, alias Kirishima Chôji. En réalité, il refoule désespérément son homosexualité. Depuis qu’il a agressé Wakamiya Kurama à l’université, il cherche à s’excuser auprès de lui. Comme le jeune homme est devenu un styliste réputé, il n’ose pas l’aborder, passant pour un stalker. Mais quand Chôko l’oblige à s’expliquer en partageant un verre dans un bar, il finit par révéler qu’en tant qu’homosexuel inavoué, il a du mal avec les personnes assumant leur sexualité différente. Ivre, il se laisse alors cajoler par le travesti et finit même par coucher avec lui…

En conclusion

Ce spin-off a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. Même si les sentiments des personnages se développent vite, il est agréable de voir un homophobe se remettre en question et mettre des mots sur son mal-être au fur et à mesure qu’il s’épanouit dans une relation amoureuse partagée et rapidement consentie. De même, j’apprécie Chôji à la virilité débordante mais qui se contient pour ne pas brusquer son amant. Leur amour et leurs ébats sont aussi torrides que leurs sentiments longuement refoulés. L’auteure arrive réellement à traiter des thèmes sérieux tout en intégrant un grand nombre de scènes érotiques. Personnellement, j’adore, tout simplement!

Passions réfrénées – Nagi Wataru

passions refrenees nagi wataru
NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777404
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801960268 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 恋愛不行き届き
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La peur d’une sexualité différente dépassant les sentiments.

Nagi Wataru sensei met en scène deux étudiants hésitants sur leur sexualité mais attirés mutuellement. Elle aborde différents sujets comme la difficulté à accepter son homosexualité, la peur des réactions des autres, la pression familiale, en particulier quand le père est une personne publique. En revanche, elle choisit des personnages plutôt clichés: Wakamiya cache son homosexualité, Kirishima oscille entre bisexuel et hétérosexuel, Chôko représente les travestis et Enomoto, l’homosexuel refoulé psychopathe. Tandis que Kurama redoute de briser l’avenir d’un fils héritier, Kento nourrit un amour obsessionnel incontrôlable. Ainsi, la narration alterne entre les deux étudiants. L’auteure joue sur le contraste entre leurs pensées intérieures et ce qu’ils disent en public. En se montrant un peu exhaustive, elle précipite certains passages qui auraient pu être poignants comme le coming out. Par ailleurs, le comportement de Kirishima entraîne une relation non consentie violente, avec un traumatisme suggéré mais malheureusement peu développé.

La mangaka a un trait dédoublé légèrement anguleux. Elle marque bien les muscles et dessine des corps masculins assez réalistes; son style est plaisant. Les trames d’ambiance discrètes chevauchent parfois les décors. En plus, la profusion des dialogues surcharge certaines pages. Néanmoins, Nagi sensei offre quelques vignettes esthétiques, en particulier les passages à la mer. Elle varie beaucoup les angles de vue, dynamisant la mise en page. De même, elle superpose les fantasmes à la réalité, brouillant la compréhension mais illustrant le ressenti des héros. Les scènes érotiques non censurées transcrivent en détails la violence de certains rapports. Il y a également des coupes intérieures. En fin de certains chapitres, une planche donne une anecdote amusante, détendant l’atmosphère.

En résumé

Wakamiya Kurama confectionne les costumes du club de théâtre et participe donc à leur stage dans un hôtel en bord de plage. En réalité, la couture lui permet de s’évader. En effet, il cache son homosexualité et actuellement, il fantasme sur Kirishima Kento, le fils d’un gérant de magasin de tissus, également propriétaire de l’hôtel qui les accueille. Le club de théâtre ayant pour tradition d’organiser une partouse, Kurama préfère fuir. Mais excité par ce qu’il a vu, il plonge dans la mer pour se rafraîchir les idées. Croyant qu’il tente de se suicider, Kirishima vole à son secours. Mais comme il ne sait pas nager, il finit par boire la tasse. Finalement, le couturier le sauve et ils se parlent enfin pour la première fois. Il réalise alors qu’il désire que Kento devienne son premier homme.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme. Cependant, elle s’intéresse à un sujet sérieux, cherchant à dramatiser les sentiments des personnages et à décrire la difficulté à atteindre le bonheur pour les homosexuels (hommes ou femmes). D’ailleurs, ses maladresses (de débutante?) se ressentent dans ce scénario un peu ambitieux. Le thème du viol aboutissant à une romance peut choquer certains lecteurs. Néanmoins j’apprécie beaucoup l’approche de la mangaka qui pense à représenter l’avis des différents genres et sexualités.