Le carnet d’expériences d’Endô-kun 2 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 2 hayakawa nojiko
HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776063
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031543 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si les résolutions commençaient par une coupe de cheveux?

Hayakawa Nojico sensei conclut son histoire avec des coupes de cheveux. Ce second volume débute sur un chapitre rétrospectif après la coupe courte d’Endô avant de reprendre la suite directe du tome précédent. Même si la narration est faite du point de vue de Tsuda, le développement de l’histoire se concentre sur l’émancipation d’Endô. L’auteure détaille la relation difficile entre Masaru et son frère Akira, qui a pour ainsi dire façonné le comportement de son cadet. Les deux héros se montrent possessif l’un envers l’autre mais ont des difficultés à l’exprimer. Même si le couple se questionne et trouve des réponses, Hayakawa sensei privilégie les non-dits. Elle laisse les lecteurs deviner le déroulement du récit en dispersant quelques indices. Le côté un peu mièvre de la relation contraste avec l’intensité des baisers. De même les deux lycéens contiennent leurs pulsions, rendant cette relation pudique et douce. Le caractère extrême de certains personnages gâche un peu le ton réaliste général. Le dernier chapitre, du point de vue d’Endô, offre une conclusion rebouclant sur le début de cette romance, avec une légère touche humoristique.

Malgré des traits simplifiés, les visages des personnages sont assez expressifs. La mangaka exagère parfois leurs traitements afin de faire passer au mieux les émotions par des rougissements, des déformations. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les ellipses et les nombreux silences incitent à lire par l’image. Au lieu des sentiments, l’auteure semble plutôt dépeindre avec poésie le temps qui passe. Les contrastes noirs et blancs se font discrets. Les yonkoma dévoilent des anecdotes amusantes sur les protagonistes. Sous la jaquette, deux planches décrivent avec délicatesse un moment intime entre Endô et Tsuda attendant le train à la gare en se tenant discrètement par la main. Le découpage cinématographique de la scène renforce la douceur de leur relation.

En résumé

Suite à la déclaration de Chiba qu’il a éconduit, Tsuda Masaru prend soudain conscience du temps qui défile, des changements d’Endô et de ce que son frère Akira peut apporter pour l’avenir de son ami. Malgré tout, il ne peut se résoudre à le perdre. Tout en se confiant à Endô, il finit par laisser exploser ses sentiments en l’enlaçant. Comme le lycéen répond à son étreinte et fait également part de sa possessivité envers Tsuda, les deux garçons finissent par s’embrasser passionnément. De son côté, Chihiro console du mieux qu’elle peut Chiba.

En conclusion

Ce dernier tome est beaucoup mieux rythmé que le précédant. Même s’il n’y a pas d’aboutissement charnel à cette relation, la conclusion de cette romance colle parfaitement au style de la mangaka. Pourtant, j’ai l’impression que le thème de la coupe de cheveux a pris le dessus sur le reste… C’est assez amusant!

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 1 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 1 hayakawa nojiko
HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776056
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031536 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

J’aime être avec lui, lui parler et aussi monopoliser son regard. Mais quel est ce sentiment?

Hayakawa Nojico sensei propose une suite au « Carnet de notes d’Endô-kun ». Elle développe l’année de terminale du petit groupe sur deux tomes. Dans ce premier volume, elle introduit de nouveaux personnages qui, par leur conseil ou leur rivalité, permettront à ses deux héros d’approfondir leurs réflexions. Alors que Tsuda cumule les petits boulots et préfère foncer droit après avoir pris une décision, Endô hésite. Comme le couple communique peu, le doute s’installe. De plus, les deux lycéens n’arrivent toujours pas à définir clairement leur sentiment réciproque. Il n’y a plus de narrateur unique: les personnages partagent tous leurs pensées. L’auteure se focalise principalement sur des détails, aborde les questionnements par des suggestions et des non-dits, laissant au lecteur le soin d’appréhender les situations. De ce fait, ces tranches de vie quotidienne semblent traîner un peu en longueur.

La mangaka utilise encore plus d’ellipses. De plus, l’absence de trames d’ambiance et la rareté des décors renforcent l’effet de blancheur des pages. Les cadrages morcelés donnent un ton poétique au récit mais ce dernier semble parfois confus. La finesse du trait est agréable cependant le style épuré oblige l’auteure à caricaturer certaines expressions. Elle continue à donner quelques anecdotes en fin de chapitre. Sous la jaquette, deux yonkoma présentent un moment ordinaire des deux lycéens où Endô attend Tsuda à la gare. Il n’y a aucune scène dans ce tome; ce gakuenmono délaisse la romance au profit de la contemplation des moments quotidiens des personnages.

En résumé

Tsuda et Endô apprécient d’être ensemble. Aimant la musique, ils fréquentent le même disquaire, Sugiura, qui s’avère être un ami du frère aîné de Tsuda. Cela fait maintenant un an que les deux lycéens ont sympathisé; ils se retrouvent à nouveau dans la même classe en terminale. Mais ils doivent commencer à réfléchir à leur avenir. Cependant Tsuda n’a pas vraiment la tête à ça, préférant profiter des moments passés avec Endô…

En conclusion

Hayakawa sensei prend son temps pour peaufiner son récit. En effet, elle aborde avec délicatesse et douceur les choix difficiles auxquels sont confrontés des terminales, d’autant plus quand un fort sentiment les lient. Cependant, les tergiversations d’Aoyama, Endô et Tsuda paraissent parfois un peu trop dramatiques à mon goût. Par contre, j’adore Kanzaki qui fonce droit vers ses choix mais trouve tout de même le temps de jouer les cupidons en constatant l’inertie des deux principaux intéressés.

Le carnet de notes d’Endô-kun – Hayakawa Nojiko

le carnet de notes d Endo kun hayakawa nojiko
HAYAKAWA Nojiko ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368774670
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813053293 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si l’amour commençait d’abord par l’attirance pour des détails, puis une coupe de cheveux!

Pour son premier manga, Hayakawa Nojiko sensei s’attarde sur l’attirance puis les premiers émois amoureux. Elle décrit l’évolution et la compréhension des sentiments. Cependant, elle reste dans la suggestion, le non-dit. Tsuda et Endô sont plutôt solitaires, indifférents à ce qui les entoure mais ont les mêmes goûts. Leur amitié va permettre d’élargir leur cercle d’amis mais également d’ouvrir leur cœur et leur esprit à autrui. Tsuda est le narrateur principal, sauf dans le chapitre 0 consacré à Endô. Justement, l’auteure s’amuse en y introduisant un décompte révélant énormément de choses à propose d’Endô tout en rebouclant avec le début du récit. Elle présente avec subtilité et de manière réaliste les émotions de ses personnages, même si l’intervention d’Aoyama Chihiro et Chiba n’est guère approfondie. Ses personnages évoluent lentement.

Le trait épuré et fin de la mangaka est mis en valeur par le traitement de ses mises en page. En effet, elle joue avec la dynamique des cadrages morcelés, des ellipses, des cases dépouillées. De même, elle privilégie les clairs-obscurs et les pages blanches. Il n’y a donc pas de trames d’ambiances et les décors se font rares. Un certaine poésie graphique émane de son style. En fin de chapitre, des yonkoma donnent des anecdotes sur les personnages. Sous la jaquette, quatre yonkoma mettent en scène les protagonistes pendant le nouvel an. Même s’il n’y a aucune scène érotique, les baisers sont traités avec délicatesse et transmettent leur intensité.

En résumé

Tsuda se retrouve assis derrière le taciturne et réservé Endô. Alors que ce dernier lui passe des polycopiés, le grand lycéen reçoit une page blanche. Est-ce volontaire? Bien qu’Endô l’ignore, Tsuda n’arrête pas de le solliciter, de plus en plus intrigué par des petits détails comme ses grains de beauté, sa touffe de cheveux mal coiffée qui cache la beauté de ses yeux, la finesse de son cou… Une de leur connaissance commune, Kanzaki, rêve de couper les cheveux d’Endô. Remarquant le petit manège entre les deux voisins de table, il se rapproche d’eux. A force de se faire caresser les cheveux par Tsuda, Endô finit par accepter de les couper à une condition: que Tsuda s’en occupe lui-même!

En conclusion

Dans ce premier manga, le style poétique et subtil de Hayakawa Nojiko est déjà bien visible. Cependant, elle approfondit peu son récit. Ce gakuenmono reste donc assez classique.

Dans un coin de ciel nocturne – Hayakawa Nojico

dans un coin de ciel nocturne hayakawa nojico
HAYAKAWA Nojico
ISBN: 9782368774533
Boy’s love IDP, 2015
ISBN : 9784813030270 (JP)
Taiyohtosho, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

Quand des sentiments enfouis au plus profond de soi depuis onze ans refont surface…

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse aux retrouvailles, onze ans plus tard, entre deux amis épris l’un par l’autre lorsqu’ils étaient lycéens. Ses personnages ont des caractères assez extrêmes, renforçant leur sentimentalisme: Hoshino a enfoui ses sensations troubles au point de les oublier. De plus, sa naïveté lui donne un côté peu crédible en tant que professeur des écoles. Le scénario avance lentement au gré des atermoiements et des hésitations des protagonistes, jusqu’à l’acceptation de leur amour. L’auteure joue beaucoup sur les non-dits et les flash-back. Elle n’approfondit pas les diverses problématiques pourtant présentes comme la monoparentalité, les difficultés de l’adoption, le regard de la société, la relation homosexuelle compliquée entre un professeur et un parent d’élève… Même les secrets entourant la mère de Shôta ne sont pas expliqués. Par contre, les enfants apportent une petite touche humoristique bien venue.

La mangaka a un style shôjo très épuré, avec des traits fins simplifiés. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations pour renforcer les expressions ou les effets comiques. Par exemple, Hoshino devient mécanique face au cumul des surprises. De même, elle travaille particulièrement les expressions des visages, en priorité les regards. Les trames d’ambiance sont bien intégrées. L’auteure joue avec les contrastes et les ellipses, grâce à des cadrages déstructurés, des cases vides et des métaphores graphiques s’incrustant en arrière-plan. Le peu de décors renforce cet effet de vide. Les scènes érotiques sont justes suggérées. En fin de chapitre, des yonkoma donnent quelques anecdotes. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire deux ans après. Les illustrations en couleurs sont poétiques avec leur fond étoilé et des couleurs diffuses.

En résumé

Par hasard, Hoshino (28 ans) retrouve Sudô Akihiro, son senpai qu’il admirait au lycée. A sa grande surprise, ce doux rêveur qui souhaitait devenir pilote de ligne s’avère être le père de Shôta, un de ses élèves à problèmes. Alors qu’il était convoqué suite à une bagarre provoquée par son fils, Sudô s’effondre de sommeil dans les bras du professeur…

En conclusion

Ce titre a obtenu la seizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014. Bien que l’histoire effleure plusieurs questions, l’auteure reste dans une approche purement romantique, se focalisant finalement sur les sentiments. Certes, c’est beau et poétique. Mais même si les personnages sont attachants, je reste sur ma faim.

Une lumière dans la pénombre – Hayakawa Nojico

une lumiere dans la penombre hayakawa nojico
HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368775738
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421225 (JP)
Tokyo mangasha, 2013 (JP)
Titre original: くらやみにストロボ
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand l’amitié se transforme en amour.

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse à la transformation d’une amitié en amour. La narration se fait du point de vu d’Arata, qui a été légèrement traumatisé au collège en voyant un senpai gay se faire martyriser. Il est donc constamment écartelé entre ses sentiments et ses appréhensions. De plus, Shôtarô est direct. L’auteure dépeint en détails les questionnements de son héros, les différents sentiments qui l’habitent ainsi que les réactions de leurs amis en découvrant leur relation homosexuelle. Un chapitre spécial permet justement d’approfondir la vision de Tôru Sawamiya qui tolère une relation tendue avec Kôichi Hase, alors que ce dernier tente de la faire évoluer.

La mangaka utilise un trait fin épuré. L’agencement des cases laisse souvent des blancs et les décors se font rares. Ces ellipses confèrent un style dépouillé à ses pages. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations. Les visages sont facilement rougissants. Ses trames servent uniquement à ombrer ou colorer. Elle use des passages sans dialogue, détaillant les petits gestes. Son image est très expressive. Des saynètes en quatre cases terminent les chapitres avec humour. De même, sous la jaquette, Sakaki et Miyamoto sont soumis à un interrogatoire humoristique. L’illustration de la couverture, jouant sur l’aquarelle et l’harmonie des couleurs, donne une touche poétique.

En résumé

De parents photographes et étant membre du club de photographie, Sakaki Arata revend aux filles les photographies des beaux garçons du lycée qu’il s’amuse à prendre. Son voisin et ami d’enfance, Miyamoto Shôtarô, joue au basketball et a la côte auprès des lycéennes. Cependant, il refuse toujours de sortir avec elles. Le photographe amateur qui a pris l’habitude de l’espionner lors des déclaration, est un jour surpris en entendant le sportif répondre qu’il est amoureux de quelqu’un. Qui cela peut-il bien être, alors qu’ils sont toujours ensemble?

En conclusion

Ce gakuenmono pudique allie poésie graphique et réflexions adolescentes sur l’homosexualité. Une très bonne approche, même si le traitement principal est léger et reste dans la relation mignonne.