Nomi & Shiba 1 – Tagura Tohru

nomi et shiba 1 tagura tohru
TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782382125106
Akata, 2021
ISBN: 9784088551661 (JP)
Shueisha, 2020 (JP)
Titre original: のびxしば
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Tout le monde sait qu’ils s’aiment sauf les deux principaux intéressés.

Tagura Tohru sensei propose une comédie romantique lycéenne sur un amour pur. Elle suit le cheminement parsemé d’embûches vers une déclaration d’amour entre deux garçons un peu ingénus. Ainsi, elle s’amuse des premiers émois adolescents, influencés par les hormones. L’humour joue beaucoup sur les situations saugrenues, les hésitations et les maladresses. Malgré des sentiments bien présents, nos deux héros prennent du temps à les comprendre et préfèrent taire leur amour de peur de briser leur amitié. Par ailleurs, l’auteure aborde les différents questionnements des adolescents en pleine construction de leur personnalité et leur orientation sexuelle. Elle offre une palette de personnages aux caractères bien trempés, qui assument plus ou moins leurs désirs.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo qui dégage beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ses personnages ont des bouilles mignonnes, qui deviennent complètement craquantes à chaque fois qu’ils rougissent. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique rythme la lecture, soutenant la surprise. Pour l’instant, Tagura sensei développe peu de scènes érotiques, nos personnages se découvrant doucement. En fin de chapitre, elle dessine des croquis humoristiques nous permettant de découvrir la « dure » vie des personnages secondaires.

En résumé

Nomiya Ryûto et Mikoshiba Kanata partagent la même chambre à l’internat. Nomi est tout chamboulé quand Shiba se glisse dans son lit par erreur car il pense nourrir des sentiments pour son ami. Mais il refuse de les dévoiler. En effet, depuis que le frêle Shiba a été élu Miss du lycée pour garçons Kirihama, il attire tous les pervers. Et Nomi, qui le protège constamment, ne souhaite pas les imiter. En fait, il ignore que Mikoshiba est également amoureux de lui. Leurs amis, le fudanshi Morishita et le gay assumé Miyai, ont deviné leurs sentiments et tentent de les secouer un peu pour qu’ils partagent enfin leur amour…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Malgré un ton léger et humoristique, l’auteure lance quelques pics, pointant certains sujets délicats autour du thème de l’homosexualité sans pour autant le développer. Entre deux cases, le lecteur se confronte à certains clichés sur l’homosexualité comme les travestis, le fudanshi qui épie les moindres signes, le harcèlement et l’imposition des relations par certains… Pourtant, elle dénonce aussi les inquiétudes d’une relation homosexuel comme la déception des parents, le regard extérieur, les moqueries. Une lecture douce pour se détendre, se réconforter et sourire!

La forêt aux lapins 2 – Enjo

la foret aux lapins 2 enjo
Enjo 苑生
ISBN: 9782382760802
Hana, 2021
ISBN: 9784813032731 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les tourments de l’amour de deux amis d’enfance.

Enjo sensei décortique la relation qui se transforme entre Tamaki et Shunta. Elle alterne la narration entre les deux adolescents, partageant leurs réflexions. Yuminaga a clairement conscience de céder constamment aux demandes de son ami. D’ailleurs, Shunta en profite sciemment pour le forcer, regrettant à chaque fois d’imposer ses pulsions. Comme son ami a développé une aversion de tout ce qui a trait au sexe, le consentement dans leurs rapports semble constamment en équilibre sur un fil tendu, souvent à la limite du tolérable. Ainsi, l’auteure pose un regard assez large sur la sexualité. Elle installe une frontière entre le sentiment amoureux considéré comme pur et l’acte sexuel ressenti comme négatif. Plus que l’homosexualité, elle interroge sur l’attirance entre hommes. D’ailleurs, les personnages secondaires, comme le sex friend de Shun, Takumi, et les salarymen Yamanobe et Matsuyama apportent un regard différent.

La mangaka a un trait épuré et léché, légèrement anguleux. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle détaille les petits gestes et les regards. Le trait se simplifie dans les passages humoristiques: par exemple, les yeux se résument à deux points mais cela donne une bouille trop mignonne aux personnages. L’utilisation des trames est équilibrée. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec parfois des passages très séquencés. Dans les scènes érotiques, Enjo sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Comme dans le tome précédent, l’illustration couleurs de la couverture utilise une gamme dominante de tons, du plus bel effet.

En résumé

Même s’ils ont décidé de sortir ensemble pendant un an, Yuminaga Tamaki s’interroge sur sa relation avec Shii Shunta. En effet, il remarque que ses sentiments avec son ex, Hanaoka, ont complètement changé dès qu’elle devenait plus charnelle. Prisonnier de ses promesses depuis l’enfance, il ressent du dégoût pour le sexe en général. Quand Shii vient le chercher à la sortie du travail pour un rencart improvisé, il réalise que le terme le dérange plus que la situation-même, peu différente de leurs habituelles sorties. Son ami l’invite donc à réfléchir au sentiment amoureux et à profiter simplement du délai fixé. Mais quand il lui impose un baiser langoureux au lieu de leur bécot habituel, Yuminaga prend peur. Shunta essaie donc immédiatement de se faire pardonner.

En conclusion

L’auteure a une approche narrative merveilleusement bien maîtrisée. En plus son graphisme est un délice pour les yeux. Je me retrouve à la fois à détester et apprécier Shii, réprouvant son comportement, puis lui pardonnant en constatant ses profonds regrets. Un récit à lire et relire.

The Teijo academy 2 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 2 natsushita fuyu
NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782382760383
Hana, 2021
ISBN: 9784865896114 (JP)
Fusion product, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je voulais devenir un héros comme celui que j’aime. »

Natsushita Fuyu sensei s’intéresse à la relation particulière entre Nachi et Harutaka. Elle dévoile un peu l’enfance des deux garçons, ainsi que l’influence de Natsu, le frère ainé de Nachi. Elle montre également la pression que les deux alphas subissent de leur père. Hasunomiya Hirokuni continue ses manigances et pousse Ichijô à reconsidérer sa relation avec Einan, qui se demande alors si son amour n’est pas de l’admiration. De même, il aime provoquer Nachi mais Natsu n’hésite pas à le remettre à sa place. A travers Mitomi Fuyuto, l’auteure explique comment l’académie gère les périodes de chaleurs des omégas. Ainsi, elle montre également les différentes conditions matérielles entre les alphas et les omégas. Comme dans le tome précédent, elle offre une histoire bonus avec la famille de Masaomi de Le maître de maison est un alpha et la suite des aventures de Tsuji Akihiko avec Tsubaki Yukitaka.

La mangaka a un trait épuré et léché, reconnaissable. Elle travaille beaucoup les regards pour transmettre les émotions des personnages. De même, les décors sont présents, très soignés et réalistes. Les trames variées sont équilibrées. Les flash-back sont repérables avec leur fond noir. La mise en page assez classique possède quelques agencements de cases parfois audacieux. Mais cela correspond bien au formalisme strict de l’académie. Dans les scènes érotiques, Natsushita sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. En début de tome, elle présente les personnages et leurs relations dans une fiche pratique. Elle montre également en fin de chapitre les activités scolaires ainsi que les équipements, en particulier ceux pour les omégas et les quatre légendaires. Sous la jaquette, une carte de l’académie Teijo permet de se repérer dans le manga.

En résumé

Ichijô Harutaka déprime de ne pouvoir soutenir correctement Einan Nachi alors qu’il a intégré l’académie Teijo dans cet unique but. Il perd même confiance en lui. Pour lui changer les idées, Aoki Hirofumi lui propose de participer à un camp d’équitation. Au début, Harutaka rencontre des difficultés avec son cheval Yuki mais la classe que dégage Aoki durant les sauts d’obstacles le motive. Lors d’une excursion à cheval avec son senpai, un orage éclate et le cheval de l’oméga s’emballe. Quand Ichijô reprend conscience, Hirofumi et lui sont nus et ont trouvé refuge dans un petit abri appartenant au club d’équitation. L’alpha éternuant, Harutaka lui propose alors de partager la couverture qui le recouvrait.

En conclusion

L’auteure prend encore son temps pour développer sa romance. Elle met en place différentes manipulations des alphas, transformant l’ambiance générale. Elle renouvelle vraiment le genre de l’omegaverse ainsi que le gakuenmono. Cela pique donc ma curiosité.

La forêt aux lapins 1 – Enjo

la foret aux lapins 1 enjo
Enjo 苑生
ISBN: 9782368777213
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032427 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour que tu m’aimes comme je t’aime? »

Enjo sensei offre une romance entre deux amis d’enfance. Pour l’instant, elle s’attarde sur les sentiments de Shii en présentant principalement son point de vue. Elle détaille avec finesse les changements physiques et les sentiments contradictoires durant la puberté. L’amour de Shunta, à sens unique, semble presque devenir obsessionnel. L’auteure installe d’abord le contexte puis la relation entre les deux amis, du primaire au lycée. Elle développe doucement son récit et dévoile peu à peu les personnalités de ses personnages. Le comportement de Shii qui devient plus pressant contraste avec l’indécision constante de Tamaki. En plus, ce dernier semble vraiment mal vivre ses différences et son appréhension des filles et du sexe.

Malgré un trait épuré, la mangaka a un style plutôt réaliste. Elle maîtrise parfaitement les changements des visages de l’enfance à l’adolescence. Elle n’hésite pas à simplifier les traits pour les passages humoristiques. Les trames d’ambiance apparaissent dans les moments clés. Les décors soignés sont assez présents. L’équilibre des trames de coloration et d’ombres ne surcharge pas les pages. La mise en page dynamique utilise des effets graphiques tels que des ellipses, des face-à-face, des vides, des découpages et des fonds noirs. Un côté fan service sensuel se dégage de certains passages, Enjo sensei transcrivant graphiquement le regard « pervers » de Shii. Elle s’attarde également sur les gestes et les détails. Elle ne censure pas les scènes de masturbation de Shunta mais ce tome ne comporte pas de scènes plus érotiques.

En résumé

Shii Shunta et Yuminaga Tamaki sont amis depuis l’école primaire. Malgré leur un an d’écart et des classes différentes, ils restent inséparables et développent même une certaine rivalité en sprint. Élevé par sa mère célibataire, Tamaki est plutôt tactile et embrasse un jour son ami. Mais Shunta, plutôt gêné par les démonstrations d’affection, l’en informe. Pourtant, ce baiser l’interroge. Quand il trouve Tamaki en larmes devant chez lui, hésitant à rentrer, Shii lui propose de venir à son domicile. Ils prennent alors l’habitude de dormir souvent ensemble. Mais en fin de primaire, Shunta réalise qu’il éprouve du désir envers son ami et que son entrejambe réagit étrangement…

En conclusion

Ce manga a obtenu la quinzième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Ce gakuenmono, différent des classiques, aborde la romance très lentement et se focalise principalement sur les sentiments et les changements du corps à la puberté. Le lecteur a l’impression d’être parfois dans la tête de Shii. Quant à Tamaki, son environnement ne semble pas très sain. Impossible de deviner l’orientation que prendra l’histoire! Vivement la suite.

Love stories 2 – Tagura Tohru

love stories 2 tagura tohru
TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782375061305
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784344842830 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Yamato se socialise de plus en plus, grâce à ses amis qui l’acceptent tel qu’il est. Mais ce n’est pas au goût de tout le monde!

Tagura Tohru sensei décrit principalement l’évolution des sentiments des différents personnages. Elle soigne particulièrement leurs psychologies et leurs rapports. De même, elle décrypte avec finesse les différentes réactions des lycéens. D’ailleurs, son récit a un ton réaliste. Yamato, qui voulait absolument être normal, s’accepte peu à peu grâce à ses discussions avec Yuiji. Le nombre de confidents augmentent: le comportement d’Akiyama et de la sœur de Yoshinaga, Misaki, offre une bouffée d’air positive avec les difficiles évènement qui se produisent. Sakura qui participe également à la narration dépeint avec justesse sa profonde souffrance. Par ailleurs, l’auteure aborde le harcèlement scolaire et l’influence des rumeurs, avec les réactions en chaîne qui en découlent. Elle s’intéresse également aux différents soutiens amicaux mais salvateurs. Même si Yamato et Yuiji mûrissent, ils semblent maladroits en amour, n’arrivant pas à transmettre leurs sentiments.

La mangaka simplifie parfois certains traits pour renforcer les expressions des visages. Elle privilégie les trames sombres ou claires pour accompagner les émotions, réduisant les trames d’ambiance à motifs. De même, elle intègre des éléments de décors dès que cela est possible. La mise en page est toujours aussi dynamique, avec des vides et des emboitements. En fin de chapitre, des croquis présentent les différents personnages. Il n’y a toujours pas de scènes érotiques, mais quelques gestes tendres entre les différents couples existants.

En résumé

Sakura Akito demande à Yoshinaga Yamato de l’héberger chez lui pour une nuit. Il découvre une famille harmonieuse. Mais quand son cousin débarque à l’improviste en criant, il le suit pour que le secret de son ami ne soit pas éventé. En effet, Akito a eu le malheur de se confier à lui au collège. Depuis, son cousin, parlant sans réfléchir, ne cesse de le mettre dans des situations blessantes, ayant même révélé son homosexualité à sa mère. Le lendemain, comme Sakura est absent aux cours préparatoires, Yamato et Akiyama décident de lui rendre visite, inquiets. Ils le croisent aux prises avec son cousin dans la rue, ce dernier le harcelant pour coucher avec lui, par simple curiosité. Les deux camarades de classe sont immédiatement prêt à en découdre si besoin. De son côté, Hongô semble enfin avoir trouvé une petite amie.

En conclusion

Alors que le premier tome introduit beaucoup de personnages secondaires, on se rend compte de leur importance dans cette suite haletante. En plus, cela renforce le réalisme du récit, avec une bande d’amis qui évolue au gré des études et des fréquentations. Le temps s’écoule plus vite mais Tagura sensei se focalise plutôt sur la palette de sentiments de ses deux héros. A noter que ce volume est plus épais qu’un manga habituel, mais je l’ai lu d’une traite. Et puis j’adore le chien Azuki. Même lui participe au réconfort des héros!

Love stories 1 – Tagura Tohru

love stories 1 tagura tohru
TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782375060506
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784344834583 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Une amitié sincère entre le beau gosse du lycée qui cache son homosexualité et un lycéen trop franc.

Tagura Tohru sensei propose un gakuenmono sensible. Elle aborde avec délicatesse et finesse le thème de l’homosexualité de manière réfléchie. Ainsi, elle partage beaucoup les réflexions de ses protagonistes. La narration alterne donc entre Hasegawa et Yamato. Ce premier tome installe principalement le contexte et présente la bande d’amis autour des deux héros. Grâce à ces différents personnages, l’auteure donne différentes vision de l’amitié, de l’amour et de la sexualité. Par exemple, Sakura Akito semble assumer son homosexualité, la perspicacité de Seki Kazutaka fait culpabiliser Yamato de garder son secret, Hasegawa ne semble pas sur la même longueur d’ondes que sa petite amie Nemoto Mayu. L’approche lente mais décortiquée du récit permet de s’attacher à tous les personnages à la personnalité complexe.

La mangaka a un trait épuré très shôjo, avec des visages plutôt ronds, des touffes de cheveux, des corps sveltes et fins. Les filles ont de grands yeux expressifs. Les personnages ont tendance à se ressembler pour certains et il est même difficile de les distinguer parfois. Les protagonistes, esthétiques, dégagent une certaine douceur. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est très dynamique avec des ellipses et des vides. Il n’y a pour l’instant aucune scène érotique, le propos étant principalement des questionnements sur la sexualité. La couverture mêle photographie et dessin.

En résumé

Hasegawa Yuiji a remarqué que Yoshinaga Yamato observe souvent son ami Hongô Kyôsuke. Il le soupçonne d’être gay depuis qu’il a entendu une conversation avec Shibata Natsumi. Il préfère donc garder ses distances. Cependant, les examens approchant, Shibata propose de créer un groupe de révision avec Hasegawa pour les maths, Yamato en anglais, en échange de son aide en chimie. Intéressé par la jeune fille, Hongô s’incruste également. A force de discuter avec Yoshinaga, il finit par sympathiser. Curieux, il tente de s’informer sur les relations homosexuelles et réalise les difficultés auxquelles les homosexuels sont confrontés. Ainsi, sa vision qu’il portait sur le lycéen change peu à peu. Quand il surprend un petit geste innocent de Yamato envers Hongô endormi, puis la pâleur de ce dernier ne sachant quoi répondre, il décide de devenir son confident en gardant son secret.

En conclusion

Comme l’auteure prend tout son temps, elle développe avec soin son scénario et ses personnages. Elle a déjà prévu de réaliser son récit en trois tomes. J’apprécie sa capacité à aborder plusieurs questionnements à la fois, sans perdre le lecteur. Ne vous arrêtez pas à ce premier tome qui installe les liens entre les différents personnages, le meilleur est à suivre!

The Teijo academy 1 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 1 natsushita fuyu
NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782368776933
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895568 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

En suivant son ex dans l’académie Teijo, Harutaka ne pensait pas tomber dans un environnement aussi élitiste.

Natsushita Fuyu sensei installe d’abord le contexte et les personnages de son gakuenmono. Bien que ce soit un omegaverse, elle ne précise pas forcément l’appartenance de ses héros. Malgré l’égalité prônée par l’académie, des préjugés persistent. L’omega Harutaka va venir bousculer les traditions, réclamant plus d’intégrité. En effet, derrière l’excellence, l’école semble cacher une partie sombre, en particulier dans la manière de nouer un réseau ou d’accéder à un certain statut. La promotion canapé n’est donc plus l’apanage des omega. En fin de chapitre, l’auteure donne des fiches explicatives sur le fonctionnement de l’école. Ce tome se concentre sur l’effervescence du bal et l’influence hiérarchique remontant jusqu’au anciens membres. En fin de volume, l’histoire de Tsuji est narrée ainsi que la suite des aventures de Le maître de maison est un alpha, avec la grand-mère Isaka qui souhaite inscrire son petit-fils à l’académie.

Le graphisme de la mangaka est plutôt réaliste. Les étudiants ont des carrures variées. Par contre, Natsushita sensei n’hésite pas à exagérer les expressions de Harutaka. De même, elle met en image l’imagination de l’omega et représente sa conscience par trois personnalités intérieures qui débattent entre elles. Les décors sont précis et les trames d’ambiances discrètes. La mise en page semble assez classique pourtant les angles de vue sont très variés. Sous la jaquette, un plan présente l’académie. Les scènes érotiques sont courtes et censurées par de fines bandelettes blanches qui ne cachent pas grand chose.

En résumé

Bien que l’académie Teijo accueille la future élite du Japon, elle est ouverte à tous: alpha, beta et omega. Les dirigeants des quatre clubs scolaires, surnommés les quatre légendaires ou 4L, y règnent en maître. Alors que le représentant de l’éthique Hasunomiya ne cherche qu’à assouvir sa libido, Aoki, responsable du savoir, refuse ses privilèges. Souhaitant suivre les traces de son père politicien, l’alpha Einan Nachi quitte son petit ami omega afin d’intégrer cette école. Cependant, Ichijô Harutaka décide de le suivre pour le soutenir. Le jour de la rentrée, il surprend Tsubaki et Kakuya, respectivement les responsables du club de sport et d’art, exclure un élève alpha qui aurait discriminé les omega sur les réseaux sociaux. Alors que son colocataire, Tsuji Akihiko, ne rêve que de devenir un favori, n’hésitant pas à coucher pour y arriver, Harutaka préfère vivre pleinement sa vie étudiante avec son ami omega Mitomi.

En conclusion

Les mimiques de Harutaka sont hilarantes. Alors que la couverture laisse espérer un triangle amoureux (ou même un threesome), le manga nous oriente dans une toute autre direction. Mais c’est très intéressant de découvrir tous l’univers construit par l’auteure. Et le suspense nous invite à nous jeter sur la suite.

The world revolves around you – Ogawa Chise

the world revolves around you ogawa chise
OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771556
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404365 (JP)
Kaiohsha, 2013
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Aime-moi et laisse-moi t’aimer. »

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei regroupe ses premiers récits réalisés à l’origine en dôjinshi. Elle va à l’essentiel dans ces formats parfois très courts. Ce gakuenmono confronte des seme entreprenants à des uke hésitants; le consentement n’est donc pas forcément clair. La première histoire donne son titre au manga et met en scène un amour manipulateur entre deux protagonistes complexés qui cherchent à exister à travers l’amour de l’autre. « Le manga du faux coiffeur » est le premier BL de l’auteure. Alors que Yûshi se montre possessif, Tadachika n’est pas honnête avec ses propres sentiments. Le récit suivant met en valeur Harumi qui se sent en fait hideux de l’intérieur bien qu’il a pleinement conscience de son charme. La quatrième histoire aborde vaguement les ravages des rumeurs mais s’attarde surtout sur le petit jeu qui s’installe dans le couple. Enfin, « Excellent dessert » est une comédie romantique entre deux beaux gosses dont l’un est très gourmand.

Le style de la mangaka se remarque déjà: des visages anguleux, des corps graciles. Les yeux paraissent un peu vide avec parfois de minuscules pupilles. Les uke sont toujours plus petits et semblent plus fragiles ou efféminés. L’humour est renforcé par la simplification des traits. Il y a peu de décors et de trames. Les cadrages sont assez dynamiques et abusent un peu des ellipses. Les scènes érotiques évitent la censure par le choix de cadrages ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Le monde tourne autour de toi / Le monde est dans tes bras: Complexé par la banalité de son visage, Maki Sôichi ne comprend pas pourquoi le beau Fukamachi le trouve mignon. De plus, ce dernier dit l’aimer et le poursuit de ses assiduités.
Le manga du faux coiffeur: Takada Yûshi souhaite prendre la suite du salon de coiffure de ses parents. Pour s’entraîner, il joue le coiffeur temporaire en salle de chimie et en profite pour se faire un peu d’argent. Son client préféré, Tadachika, le trouve beau mais est de plus en plus troublé par ses petits attouchements, jusqu’au jour où il l’embrasse.
Bête et beau: Harumi est beau mais bête avec, en plus, un mauvais caractère. Il emprunte souvent les notes de son ami Ryôhei qu’il remercie à chaque fois en l’embrassant. Alors que Ryôhei attire les gens par sa gentillesse, Harumi fait tout pour le garder auprès de lui, quitte à saborder les déclarations d’amour des filles que son ami reçoit.
Âme bon marché / Un avenir rayonnant: Quand son kôhai Mori Yôsuke lui annonce vouloir essayer de coucher avec un homme, Satomi accepte contre la somme dérisoire de 100 yens. Malgré les rumeurs tendancieuses qui circulent sur lui dû à son homosexualité, il est en réalité plutôt inexpérimenté. Un jeu s’engage alors entre les deux garçons.
Excellent dessert: Natsume a la côte auprès des filles et en profite pour avoir des friandises. Mais son rival Kaji lui vole la vedette. Pourquoi accepte-t-il alors de partager ses gâteaux?

En conclusion

Les formats trop courts ne permettent pas d’approfondir le scénario. Même si le graphisme de la mangaka est déjà reconnaissable, certains personnages se ressemblent, brouillant un peu la compréhension. Et ces seme qui privilégient la contrainte psychologique ou physique sont assez dérangeants. J’ai bien aimé « Âme bon marché » avec sa conclusion se déroulant quelques années plus tard.

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 2 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 2 hayakawa nojiko
HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776063
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031543 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si les résolutions commençaient par une coupe de cheveux?

Hayakawa Nojico sensei conclut son histoire avec des coupes de cheveux. Ce second volume débute sur un chapitre rétrospectif après la coupe courte d’Endô avant de reprendre la suite directe du tome précédent. Même si la narration est faite du point de vue de Tsuda, le développement de l’histoire se concentre sur l’émancipation d’Endô. L’auteure détaille la relation difficile entre Masaru et son frère Akira, qui a pour ainsi dire façonné le comportement de son cadet. Les deux héros se montrent possessif l’un envers l’autre mais ont des difficultés à l’exprimer. Même si le couple se questionne et trouve des réponses, Hayakawa sensei privilégie les non-dits. Elle laisse les lecteurs deviner le déroulement du récit en dispersant quelques indices. Le côté un peu mièvre de la relation contraste avec l’intensité des baisers. De même les deux lycéens contiennent leurs pulsions, rendant cette relation pudique et douce. Le caractère extrême de certains personnages gâche un peu le ton réaliste général. Le dernier chapitre, du point de vue d’Endô, offre une conclusion rebouclant sur le début de cette romance, avec une légère touche humoristique.

Malgré des traits simplifiés, les visages des personnages sont assez expressifs. La mangaka exagère parfois leurs traitements afin de faire passer au mieux les émotions par des rougissements, des déformations. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les ellipses et les nombreux silences incitent à lire par l’image. Au lieu des sentiments, l’auteure semble plutôt dépeindre avec poésie le temps qui passe. Les contrastes noirs et blancs se font discrets. Les yonkoma dévoilent des anecdotes amusantes sur les protagonistes. Sous la jaquette, deux planches décrivent avec délicatesse un moment intime entre Endô et Tsuda attendant le train à la gare en se tenant discrètement par la main. Le découpage cinématographique de la scène renforce la douceur de leur relation.

En résumé

Suite à la déclaration de Chiba qu’il a éconduit, Tsuda Masaru prend soudain conscience du temps qui défile, des changements d’Endô et de ce que son frère Akira peut apporter pour l’avenir de son ami. Malgré tout, il ne peut se résoudre à le perdre. Tout en se confiant à Endô, il finit par laisser exploser ses sentiments en l’enlaçant. Comme le lycéen répond à son étreinte et fait également part de sa possessivité envers Tsuda, les deux garçons finissent par s’embrasser passionnément. De son côté, Chihiro console du mieux qu’elle peut Chiba.

En conclusion

Ce dernier tome est beaucoup mieux rythmé que le précédant. Même s’il n’y a pas d’aboutissement charnel à cette relation, la conclusion de cette romance colle parfaitement au style de la mangaka. Pourtant, j’ai l’impression que le thème de la coupe de cheveux a pris le dessus sur le reste… C’est assez amusant!

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 1 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 1 hayakawa nojiko
HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776056
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031536 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

J’aime être avec lui, lui parler et aussi monopoliser son regard. Mais quel est ce sentiment?

Hayakawa Nojico sensei propose une suite au « Carnet de notes d’Endô-kun ». Elle développe l’année de terminale du petit groupe sur deux tomes. Dans ce premier volume, elle introduit de nouveaux personnages qui, par leur conseil ou leur rivalité, permettront à ses deux héros d’approfondir leurs réflexions. Alors que Tsuda cumule les petits boulots et préfère foncer droit après avoir pris une décision, Endô hésite. Comme le couple communique peu, le doute s’installe. De plus, les deux lycéens n’arrivent toujours pas à définir clairement leur sentiment réciproque. Il n’y a plus de narrateur unique: les personnages partagent tous leurs pensées. L’auteure se focalise principalement sur des détails, aborde les questionnements par des suggestions et des non-dits, laissant au lecteur le soin d’appréhender les situations. De ce fait, ces tranches de vie quotidienne semblent traîner un peu en longueur.

La mangaka utilise encore plus d’ellipses. De plus, l’absence de trames d’ambiance et la rareté des décors renforcent l’effet de blancheur des pages. Les cadrages morcelés donnent un ton poétique au récit mais ce dernier semble parfois confus. La finesse du trait est agréable cependant le style épuré oblige l’auteure à caricaturer certaines expressions. Elle continue à donner quelques anecdotes en fin de chapitre. Sous la jaquette, deux yonkoma présentent un moment ordinaire des deux lycéens où Endô attend Tsuda à la gare. Il n’y a aucune scène dans ce tome; ce gakuenmono délaisse la romance au profit de la contemplation des moments quotidiens des personnages.

En résumé

Tsuda et Endô apprécient d’être ensemble. Aimant la musique, ils fréquentent le même disquaire, Sugiura, qui s’avère être un ami du frère aîné de Tsuda. Cela fait maintenant un an que les deux lycéens ont sympathisé; ils se retrouvent à nouveau dans la même classe en terminale. Mais ils doivent commencer à réfléchir à leur avenir. Cependant Tsuda n’a pas vraiment la tête à ça, préférant profiter des moments passés avec Endô…

En conclusion

Hayakawa sensei prend son temps pour peaufiner son récit. En effet, elle aborde avec délicatesse et douceur les choix difficiles auxquels sont confrontés des terminales, d’autant plus quand un fort sentiment les lient. Cependant, les tergiversations d’Aoyama, Endô et Tsuda paraissent parfois un peu trop dramatiques à mon goût. Par contre, j’adore Kanzaki qui fonce droit vers ses choix mais trouve tout de même le temps de jouer les cupidons en constatant l’inertie des deux principaux intéressés.