Smell – Nagabe

Couverture de Smell de Nagabe, éditions Komikku

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372878517
Komikku, 2025
ISBN: ‎9784041145548 (JP)
Kadokawa, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je sais que c’est malsain de faire ça. Mais je ne peux pas résister à l’envie de le renifler!! »

Nagabe sensei narre une romance lycéenne avec deux hommes-bêtes qui se découvrent un fétichisme pour les odeurs. D’ailleurs, il reprend les spécificités animales pour construire le caractère de ses personnages, avec un Saint Hubert, race spécialisée dans le pistage et un Border collie foufou. Il joue également sur leurs caractères opposés pour créer une dynamique. La narration se base principalement du point de vue de Joseph. Le Border collie s’interroge sur son attirance, son excitation par certaines odeurs et n’hésite pas à remettre en question son comportement parfois pressant. Le taciturne Noi, quant à lui, conserve une certaine innocence. Un jeu érotique s’installe entre eux, les incitant à mieux communiquer. Ainsi, l’auteur aborde la différence entre odeur et phéromone, l’acceptation de l’autre, la question de la normalité. Il questionne également sur le consentement.

Le mangaka a un trait épuré et anguleux. Il reprend les caractéristiques principales des races des chiens mais certaines sont parfois méconnaissables. Il simplifie son trait et exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action et s’estompent néanmoins pour ne pas surcharger les pages. Les trames d’ambiance appuient les émotions fortes tandis que les autres trames sont en aplat, utilisées avec parcimonie. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Dans les scènes érotiques, Nagabe sensei ne montre pas les parties intimes grâce au cadrage et à des phylactères bien placés. Toutefois, dans certaines vignettes, il ne les dessine tout simplement pas.

En résumé

L’enjoué Joseph (Border collie) surprend son camarade de classe Noi (Saint Hubert) en train de renifler son t-shirt. Mais loin d’être choqué, il s’amuse même par la suite à tester l’odorat de son nouvel ami. Toutefois, lorsqu’il lui fait sentir son caleçon, la réaction de Noinoi lui procure un plaisir inattendu.

En conclusion

Nagabe sensei arrive à mêler les premiers émois d’une romance lycéenne avec la découverte d’un fétichisme, tout en conservant une certaine candeur de ses personnages. En se basant sur les spécificités des races des chiens, il crée une dynamique intéressante entre les personnages, rendant crédible leurs recherches d’odeurs. Toutefois, le sujet pourra déplaire à certains lecteurs. Le graphisme est très expressif. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Noi et Joseph. Un bon moment de lecture!

I cannot reach you 4 – Mika

Couverture de I cannot reach you 4 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 982505123439
Kana, 2024
ISBN: 9784046802804 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai tellement envie de le toucher, là, tout de suite, que j’ai du mal à me retenir. »

Mika sensei s’attaque au classique schéma narratif de l’amnésie très courant dans les romances shôjo et BL. Comme dans le tome précédent, elle analyse les réactions et les sentiments de ses personnages, pointant ainsi la différence d’interprétation des gestes perçus précédemment comme simplement amicaux. Elle interroge également sur l’acceptation des sentiments de l’autre. En effet, un malaise s’installe entre Kakeru qui surréagit et Yamato qui semble impassible. Leur difficulté à communiquer franchement et leur hésitation provoquent encore plus de quiproquos pour le bonheur des lecteurs. Ainsi, la narration alterne entre les deux lycéens. Oohara Mikoto, Fujino et Hosoka Yui apportent soutien et conseil. L’autrice aborde la question du consentement, la difficulté à déterminer exactement de nouvelles émotions, la facilité à se méfier et fuir. Dans sa note en début de tome, elle annonce l’adaptation de sa série en roman et drama CD. Elle détend l’atmosphère dans les chapitres bonus.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle fait parler le chat des Oohara qui apporte ainsi des commentaires amusants. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance participent à la narration, survenant même en fond des phylactères. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique. En fin de chapitre, Mika sensei propose des anecdotes amusantes au format yonkoma. Elle fait poser les personnages sans aucun décors dans les illustrations en début de chapitre. La couverture se classe neuvième au Chill chill BL award 2022.

En résumé

Durant le voyage scolaire, Oohara Yamato a fait sa déclaration puis a embrassé Ashiya Kakeru. Mais à cause de la fièvre, il s’est soudainement effondré. Depuis, Kakeru se torture l’esprit et a peur de regarder son ami en face. Ses amis Kurosawa et Fujino, inquiets de l’absence de Yamato depuis leur retour au lycée, incitent Kakeru à lui rendre visite. Ce dernier découvre alors que son ami a tout oublié de ce qu’il s’est passé entre eux.

En conclusion

Mika sensei décortique une relation amoureuse en proposant à chaque tome de développer en détail une émotion. Après le tourment, l’indécision, l’agitation, elle s’attarde sur l’hésitation mais présente toujours différentes réactions selon le caractère des individus. En plus, l’humour pointe discrètement certains schémas narratifs problématiques sur le consentement devenus classiques dans les romances et met en avant des comportements plus bienveillants. Son graphisme en apparence tout doux participe totalement à la narration, transmettant avec finesse les émotions. C’est un pur bonheur à lire!

Cherry blossoms after winter 2 – Bamwoo

couverture cherry blossoms after winter 2 bamwoo taifu

Bamwoo
ISBN: 9782382882139
Kbooks, 2024
Orange Agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tout le monde parle de vous! Ça ne te fait rien? »

Bamwoo continue de développer en détail la question du harcèlement. Iel met en avant les différentes stratégies de Taesung pour contrer les assauts de Junseung, mettant en avant les conséquences de l’indifférence, de la manipulation, de l’isolement ainsi que l’engrenage facile vers la violence. Par ailleurs, Jia, Yonghee et Inje apportent à la fois soutien et note comique par leur maladresse malgré leur bienveillance. Comme dans le tome précédent, le passé révélé par brides permet de mieux définir la relation entre Seo et Jo mais également avec Madame Ha. Ainsi, Haebom reste prisonnier de sa culpabilité, persuadé d’incommoder son entourage. Taesung, quant à lui, s’interroge de plus en plus sur l’homosexualité. Ainsi, l’auteur.e aborde le coming out, la difficulté à distinguer ses sentiments lorsque l’on est déjà proche, le poids d’un secret, les répercussions des rumeurs. La narration alterne entre Seo et Jo, présentant leur réflexion en détail.

Le trait épuré de la manhwaga dégage beaucoup de douceur, renforcée par des tons pastels. Pourtant, les couleurs restent plutôt réalistes. Dans les passages humoristiques, le trait s’arrondit et se simplifie. Ainsi, les expressions exagérées deviennent toutes mignonnes. Les décors bien que très présents utilisent un dégradé de tons monochrome, mettant en valeur le premier plan. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique respecte le travail numérique de Bamwoo, avec des respirations et des points d’attention dans le récit.

En résumé

Pour protéger Seo Haebom du harcèlement de Kim Junseung, Jo Taesung s’installe à côté de lui en classe. Mais des rumeurs sur leur relation enflent de plus en plus. Alors que deux camarades de classe interrogent Haebom sur sa possible homosexualité, Nam Jia, l’amie de Taesung, vient à son secours. D’ailleurs, les autres amis de Jo, Baek Inje et Jo Yonghee, essaient également d’intégrer petit à petit Seo à leur groupe. Taesung, quant à lui, cherche à se rapprocher de plus en plus de son ami d’enfance.

En conclusion

Bamwoo avance dans son récit pour mieux reculer, à notre grande frustration mais également pour notre plus grand bonheur! En effet, l’analyse détaillée des sentiments et des réflexions des personnages permet de bien comprendre leur évolution. Avec un arrière-goût réaliste, ce récit rappelle constamment que l’Amour ne sauve pas tout et que les efforts ne paient pas forcément immédiatement. Le suspense maintient le lecteur en haleine. Et le graphisme, surtout les bouilles mignonnes dans les passages comiques, renforcent les moments attendrissants. Une lecture réconfortante!

Cherry blossoms after winter 1 – Bamwoo

couverture cherry blossoms after winter 1 bamwoo kbl

Bamwoo
ISBN: 9782382882122
Kbooks, 2024
Orange agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Une douce comédie romantique qui s’intensifie au fil des saisons… »

Bamwoo narre une douce comédie romantique entre deux amis d’enfance dont l’un a été adopté par la mère de l’autre. Ainsi, iel aborde la question du lien familiale et de l’intégration dans une famille. La narration se base principalement du point de vue de Haebom. Le lycéen a constamment peur de déranger et se montre donc timide et fuyant. Pourtant, il va petit à petit se rebeller. Taesung, quant à lui, observateur et maladroit, comprend rapidement sa situation mais ses actions portent souvent à confusion et maintiennent le suspense. Ses amis, Baek Inje, Jo Yonghee et Nam Jia apportent également une touche comique. Avec Kim Junseung et Lee Sangwon, l’auteure analyse le harcèlement et l’inversion des influences dans une classe. Le passé des deux héros révélés par brides permet de deviner au fur et à mesure l’origine du malaise entre eux.

Le trait épuré de la manhwaga très légèrement anguleux se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les teintes plutôt réalistes ont une dominante pastel et claire. Seule les ombres fortes sont marquées. Par contre, les décors très présents apportent une touche réaliste. Toutefois, ils apparaissent parfois en bicolore ou monochrome, mettant en avant le premier plan et évitant ainsi de surcharger les vignettes. La mise en page classique, reprend les cadrages de la publication numérique mais cela colle parfaitement au récit plutôt réaliste. Malgré des chapitres plutôt courts, Bamwoo se concentre au moins sur un thème à chaque fois. Un magnifique poster en début de tome nous donne un avant goût de la suite du récit.

En résumé

Seo Haebom (19 ans) a perdu ses parents quand il avait sept ans. Recueilli par la meilleure amie de sa mère, Ha Eunseon, il a été choqué lorsque son meilleur ami et fils légitime de sa bienfaitrice, Jo Taesung, a refusé de devenir son frère. Depuis, Haebom fait tout pour être le plus discret possible et ne pas déranger la petite famille. Alors qu’il entre en terminale, il se retrouve malheureusement dans la même classe que ses harceleurs Kim Junseung et Lee Sangwon qui l’utilisent comme larbin et le dépouillent souvent de son argent de poche. Timide et isolé, il continue donc de céder. Mais cette année, il se retrouve également pour la première fois dans la même classe que Taesung. Comment lui cacher sa situation?

En conclusion

Cette série obtient la huitième place du meilleur webtoon au Chill chill BL award 2024. Bamwoo prend tout son temps pour raconter son histoire mais analyse avec finesse les émotions et les réactions des différents personnages, même secondaires. Le graphisme dégage une certaine douceur renforcée par les tons pastels. C’est le premier BL webtoon que j’ai lu. Je l’adore tellement que je le reprenais à chaque fois qu’il sortait sur une nouvelle plateforme (Delitoon, Verytoon, Ono). Il était donc évident que je le prenne en version papier. Et je suis heureuse de constater un magnifique travail sur la mise en page. Si vous aimez les slow burn, foncez sans hésiter. Vous serez surpris par la richesse des thèmes abordés. Un coup de cœur confirmé depuis longtemps!

I cannot reach you 3 – Mika

i cannot reach you 3 mika

Mika みか
ISBN: 9782505123422
Kana, 2024
ISBN: ‎9784040648620 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Si je continue à me sentier cafardeux, comme ça, est-ce que j’arriverai à rester ton ami, comme avant? »

Mika sensei joue sur les clichés romantiques des BL et des shôjo pour pousser son analyse des réactions et des sentiments amoureux adolescents. Elle utilise le voyage scolaire pour dénoncer la conception soi-disant différente de l’amour entre les filles et les garçons. De même, elle s’intéresse aux différentes façons de déclarer ses sentiments ainsi que les facilités fournies par la commercialisation de l’amour. Ainsi, comparé au tome précédent, Fujino devient lourd en jouant les cupidons. L’introduction de Hosaka Yui apporte à la fois de la tension et un regard nouveau sur les relations humaines. D’ailleurs, les liens entre Yamato et Kakeru intriguent certains de leurs amis. L’auteure montre la pression sociale subie par les adolescents qui s’interrogent sur l’amour. Elle ajoute ainsi quelques intrigues. Elle continue également de dévoiler les sentiments et le caractère de ses deux héros uniquement en transmettant les non-dits avec finesse.

La mangaka a un trait épuré et doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Par contre, elle détaille les décors, permettant ainsi de reconnaître immédiatement les paysages de Kyoto. D’ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance, également graphiques (pois, carré). Ces dernières accompagnent même des émotions en fond des phylactères. Les autres trames sont variées. La mise en page est simplement dynamique. Mika sensei offre des anecdotes dans des yonkoma à la fin de certains chapitres. Par ailleurs, elle dévoile un peu le ton du récit à travers ses illustrations en début de chapitre. La couverture se classe troisième au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Au centre commercial, Oohara Yamato a pris Ashiya Kakeru dans ses bras. Depuis, ce dernier n’arrête pas de s’interroger sur ses intentions. Mais la gêne grandissante entre eux l’empêche d’interroger son ami. D’autant plus, que Yamato se comporte normalement. Pour le voyage scolaire à Kyoto, le groupe constitué de Fujino, Amamiya, Hosaka Yui, Oohara et Ashiya, peine à construire un programme. Remarquant que Yamato s’adapte à tous les désirs des autres membres, Kakeru lui propose alors de visiter Arashiyama seulement tous les deux lors de leur journée libre.

En conclusion

Mika sensei maîtrise parfaitement le déroulement de son récit. Elle offre de magnifiques planches avec les décors à Kyoto. Par ailleurs, elle arrive à transmettre avec habileté les émotions de ses personnages. Après Fujino qui me déçoit un peu dans ce tome, je craque complètement pour Hosaka et Amamiya. Surtout Yui qui semble déjà mûr pour son âge. J’ai hâte de découvrir la suite! Toujours aussi fan!
Je remercie les éditions Kana pour l’envoi de ce tome en service presse.

I cannot reach you 2 – Mika

I cannot reach you 2 Mika

Mika みか
ISBN: 9782505123415
Kana, 2024
ISBN:‎ 9784040642222 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je te pose la question, est-ce que ça risque de briser notre amitié? »

Mika sensei continue de révéler les réflexions de Kakeru et Yamato sur leur relation. Elle alterne la narration entre les deux héros et n’hésite pas à présenter la version de chacun sur un même évènement, quitte à revenir sur certains passages. Les quiproquos et les secrets apportent de la tension. Kakeru passe son temps à se triturer les méninges tout en prenant conscience des risques d’interprétation. De même, Yamato révèle un peu plus ses défauts en se confiant à sa collègue Nitta. Par ailleurs, Fujino se démarque par sa sensibilité. Ainsi, l’auteure approfondit la question du jugement sur l’apparence ainsi que l’influence du manque de confiance en soi, du complexe d’infériorité et de la jalousie. Elle met en avant la peur de briser une forte amitié. De même, elle invite le lecteur à réfléchir sur la tendance à suivre les stéréotypes. Des chapitres bonus apportent quelques anecdotes.

La mangaka a un trait épuré légèrement en rondeur qui, bien que doux, reste expressif malgré une simplicité apparente. En effet, elle travaille principalement les petits détails comme la forme des sourcils et de la bouche. D’ailleurs, elle n’hésite pas à simplifier à l’extrême son trait dans les passages humoristiques ou même à exagérer les expressions. Les trames d’ambiance participent à la narration en appuyant les émotions. Malgré une palette restreinte, les autres trames sont variées. Ainsi, le contraste noir et blanc renforce les moments dramatiques ou joyeux. Par contre, les décors détaillés situent principalement l’action. Comme dans le tome précédent, les personnages posent sans décors dans les illustrations en début de chapitre, sauf pour les chapitres 8 et 9 qui offrent un diptyque. De même, l’illustration au dos de la couverture propose une sorte de réponse à celle du tome 1.

En résumé

C’est la Saint-Valentin. Et comme d’habitude, des filles demandent à Ashiya Kakeru de donner leurs chocolats à Oohara Yamato à leur place, trop nerveuses pour approcher ce dernier. En route, le collégien aperçoit son ami en train de recevoir des chocolats d’une fille plus courageuse. Pourtant lorsqu’ils se retrouvent pour rentrer ensemble, Yamato ment sur les causes de son retard. En plus, il rougit immédiatement en recevant les chocolats de son camarade avant de déchanter en apprenant leur origine. Doutant de plus en plus des sentiments d’Oohara envers lui, Ashiya passe son temps à observer les moindres faits et gestes de son camarade tout en ayant peur de les surinterpréter. D’ailleurs, un malaise s’installe entre eux après que Kakeru, surpris, ait repoussé violemment Yamato.

En conclusion

Mika sensei maîtrise son scénario et son graphisme. Elle permet de tromper l’impatience des lecteurs avec quelques histoires bonus tout en s’amusant des clichés romantiques. Par ailleurs, elle termine ce tome sur un suspense insatiable qui donne envie de lire la suite immédiatement. Cette série me touche énormément et j’ai dévoré ce tome! Une lecture toujours accessible à tous, tendre et mignonne, qui aborde en plus des questionnements de l’adolescence sur l’amour, l’amitié et les relations humaines.
Je remercie encore chaleureusement les éditions Kana qui m’ont envoyé ce tome en service presse. Une lecture bonheur!

I cannot reach you 1 – Mika

i cannot reach you 1 mika

Mika みか
ISBN: 9782505123408
Kana, 2024
ISBN: 9784040657769 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« C’est parce que je tiens à toi que je ne te le dis pas… »

Mika sensei narre une classique romance d’amis d’enfance dont l’un nourrit secrètement un amour à sens unique pour l’autre. Toutefois, elle décrypte minutieusement les questionnements et les différentes émotions d’Ashiya qui se torture l’esprit pour comprendre son ami. D’ailleurs, elle joue sur les ambiguïtés et les quiproquos pour dynamiser leur relation. Kakeru qui semble un peu lent à la détente apporte une note humoristique tandis que les tentatives maladroites d’approche de Yamato sont attendrissantes. Malgré leur profonde amitié, ils ont du mal à aborder des sujets plus intimes. Leurs amis les incitent par ailleurs à s’interroger sur la différence entre amour et amitié. Ainsi l’auteure s’amuse de situations romantiques pour mettre en avant la porosité entre relation amicale et amoureuse, hétérosexuelle ou homosexuelle. Elle interroge les lecteurs sur le jugement extérieur. Par ailleurs, elle prend son temps pour développer son récit, offrant une tranche de vie quotidienne des lycéens.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur qui renforce la douceur générale. Elle le simplifie et le déforme dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle ajoute des notes comiques en arrière-plan en apportant des précisions en tant que narratrice extérieure ou, par exemple, avec le chat de Yamato qui fait des remarques comme un humain. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique et efficace use surtout des superpositions. Dans les illustrations en début de chapitre, Mika sensei montre les personnages dans leur quotidien sans représenter les décors, sollicitant ainsi l’imagination du lecteur. En fin de chapitre, elle propose des histoires comiques sous un format proche du yonkoma en toutefois plusieurs cases. L’éditeur nous propose une couverture alternative grâce à une jaquette réversible.

En résumé

Ashiya Kakeru a encore obtenu une mauvaise note en mathématiques et doit donc rester en rattrapage après les cours. Il informe alors son ami d’enfance Oohara Yamato, alors que ce dernier recevait une déclaration d’amour d’une élève. Ses amis partagent alors leur surprise, ayant du mal à comprendre leur profonde amitié malgré leurs différences. En effet, en plus d’être beau gosse, le timide Yamato est le meilleur élève de la classe tandis que l’insouciant mais sociable Kakeru est plutôt banal et cancre. Durant les rattrapages, alors que le professeur laisse seul Ashiya qui traîne sur ses exercices, Oohara vient à son aide. Mais quand son ami lui demande s’il aime quelqu’un, il bredouille le nom de ce dernier avant de s’éclipser rapidement. Kakeru s’interroge alors sur la signification de sa réponse…

En conclusion

Mika sensei propose une histoire toute mignonne qui plaira à un large public. Malgré un développement lent qui se ressent à peine, elle analyse avec précision les réflexions et le cheminement de pensée d’Ashiya. En plus d’un graphisme doux et expressif, elle mène rondement son scénario, apportant une touche réaliste avec les différentes interactions entre amis, collègues et famille. Pour les plus impatients, la série a été adaptée en drama (preuve de son succès) et est disponible sur Viki. Je craque complètement pour Kakeru avec ses bouilles adorables mais surtout ses efforts pour comprendre son ami. Une amitié touchante qui se transforme petit à petit. Un énorme coup de cœur!
Je remercie les éditions Kana qui m’ont fait découvrir ce titre en service presse. Je vais continuer la série avec beaucoup de plaisir et d’impatience.

Nomi & Shiba 4 – Tagura Tohru

nomi et shiba 4 tagura tohru

TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782385315696
Akata, 2024
ISBN: 9784088552088 (JP)
Shueisha, 2023 (JP)
Titre original: のみ×しば 4
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« On est en plein dans la zone grise! »

Tagura Tohru sensei aborde avec humour la question de la première fois, s’attardant sur la préparation. Comme dans le tome précédent, elle s’amuse sur les questions purement matérielles que des adolescents peuvent se poser. Par ailleurs, elle montre l’organisation de Nomi et Shiba, la vie en dortoir faisant obstacle à leur épanouissement sexuel. La majorité du tome présente par la suite le passé de Miyai Yûdai, en particulier sa rencontre avec l’étudiant Fujima Hikaru. Au bord de la rupture scolaire, l’universitaire propose au collégien une autre méthode d’apprentissage, le remotivant. Ainsi, l’auteure interroge sur la rigidité de l’enseignement japonais qui gâche le potentiel de certains élèves, les difficultés que rencontrent les familles monoparentales. Elle s’intéresse également à la relation amoureuse entre enseignant et élève, analysant l’influence des rapports qui peuvent porter à confusion. En introduisant de nouveaux personnages, elle relance son récit avec de nouvelles aventures à venir.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De même, elle varie les physionomies, rendant les personnages facilement reconnaissables. Les trames sont à la fois équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Tagura sensei censure les parties intimes avec un cache blanc et en estompant leurs contours. A la fin des chapitres, elle dévoile la vie des personnages secondaires. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre l’ambiance du récit. En début de tome, il y a des fiches personnages.

En résumé

Nomiya Ryûto et Mikoshiba Kanata adorent s’embrasser mais ils ont de plus en plus de mal à résister à leur libido. Pour l’instant, ils testent d’autres méthodes pour se donner du plaisir mutuellement. Mais ils décident de se tenir prêt au cas où une occasion plus propice en dehors du dortoir se présenterait. En effet, ils se préoccupent de respecter au mieux le règlement. Les deux amoureux souhaitent donc acheter préservatifs et lotions et demandent alors conseil auprès de Nakaôji et Miyai Yûdai. Mais ce n’est pas aussi facile qu’ils ne le pensaient…

En conclusion

Avec ce tome, Tagura Tohru sensei délaisse un peu le couple principal pour développer d’autres questionnements sur les premiers émois amoureux de l’adolescence. Elle aborde avec délicatesse la relation entre étudiant et enseignant, montrant les différentes réactions de l’entourage et les scrupules de chacun. Son graphisme toujours aussi mignon est un régal pour les yeux. Une lecture toujours aussi « choupi »!

Dites au chat noir de ne pas sortir cette nuit 1 – Taino Nikke

dites au chat noir de ne pas sortir cette nuit 1 taino nikke

TAINO Nikke 鯛野ニッケ
ISBN: 9782382762134
Hana, 2024
ISBN: 9784199608742 (JP)
Tokuma shoten, 2021 (JP)
Titre original: 寄宿舎の黒猫は夜をしらない 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Peut-on réellement contrôler ses pulsions? »

Taino Nikke sensei mêle romance, enquête et fantastique dans cette tranche de vie lycéenne. Elle revisite le mythe du vampire, appelé ici hématophage, avec différents pouvoirs mêlés aux morsures et une réaction proche des phéromones avec les écailles d’étoile. Pour l’instant, elle prend son temps pour installer le contexte ainsi que les mystères au sein du lycée. Les personnages, même secondaires, se démarquent par des caractères bien trempés. Ainsi, le solitaire Yuki s’ouvre petit à petit à Jean puis à ses nouveaux amis. D’ailleurs, le malicieux président du conseil des élèves essaie de respecter les limites imposées par ce dernier tout en le séduisant. Dégoûté par le pouvoir de ses crocs, il se montre plus fragile qu’il ne paraît. L’auteure aborde donc la différence entre amitié et amour, la confiance fragilisée par le doute, la douleur de la trahison. Elle dépeint également le calvaire de certains hématophages face à l’amour.

La mangaka a un trait épuré et anguleux de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et arrondit alors les visages les rendant adorables. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les autres trames sont équilibrées. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Par ailleurs, Taino sensei recouvre de trames sombres les scènes violentes, dont celles érotiques non consenties à cause des phéromones. Par contre, elle détend un peu l’atmosphère avec deux yonkoma en fin de tome. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes qu’elle n’a pas pu inclure dans le récit. Les illustrations en début de chapitre montre un instant du quotidien.

En résumé

Dans le prestigieux lycée Blanc qui accueille des élèves d’élite, une rumeur circule: Aura Agrell aurait été mordu par un vampire. Son voisin de dortoir, l’énergique Marius Strohmann, l’a trouvé affaibli et emmené à l’infirmerie. Fan de mystère, il se confie à ses amis pendant le petit déjeuner, malheureusement avec une voix beaucoup trop forte pour rester discret. Le charismatique président du conseil des élèves, Jean Michel, calme alors l’effervescence du réfectoire, attirant tous les regards. Mais en murmurant quelque chose au solitaire Hasegawa Yuki, il déclenche de nouvelles rumeurs. En fait, il lui demande souvent de l’aide pour ses tâches au conseil, appréciant d’ailleurs son indifférence à son charme et son franc parler.

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Taino Nikke sensei crée un univers rafraîchissant, dépoussiérant le récit de vampire. Elle gère bien la tension, avec quelques passages humoristiques pour se détendre. En plus son graphisme agréable dégage beaucoup de douceur. Les mystères et l’enquête priment pour l’instant sur la romance. J’ai passé un agréable moment de lecture, même si on devine facilement qui sont les hématophages.

Monotone blue – Nagabe

monotone blue nagabe

Nagabe ながべ
ISBN: 9782383164777
Noeve grafx, 2023
ISBN: 9784799752951 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Entre bleus à l’âme et sentiments naissants, la palette des émotions s’enrichit de nouvelles nuances. »

Nagabe sensei propose une romance se développant dans un lycée de thérianthropes. Il explique succinctement les bases de son univers via les dialogues des personnages. Il reprend les caractéristiques des animaux pour construire leurs caractères. Ainsi, le cancre Hachi parle franchement, conserve son indépendance par rapport aux autres et aime souvent dormir. Aoi, quant à lui, est un excellent élève pourtant fuyant et complexé. Malgré leurs différences, les deux lycéens vont se lier rapidement d’amitié. L’auteur dévoile le passé traumatisant du lézard au fur et à mesure. Il aborde donc le harcèlement scolaire, l’acceptation de soi, la peur de faire confiance après un traumatisme, la curiosité et le rejet des différences. Le félin s’interroge sur son attirance et sa possessivité et assume ses regrets et ses mauvaises actions. La narration alterne entre les deux lycéens. Le sournois renard Gon et les trois chiens trop curieux apportent une touche d’humour.

Le mangaka a un trait épuré qu’il simplifie dans les passages humoristiques. Il rend bien les expressions et les mouvements des animaux. De même, il trace les décors à la main et utilise les hachures pour ajouter du relief. D’ailleurs, ces décors se résument parfois à l’essentiel, avec simplement une trame découpée. Les trames utilisées avec parcimonie mettent en valeur les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Nagabe sensei décompose les mouvements. Il met en avant certains détails avec de grandes vignettes ou des gros plans. Il ne montre pas explicitement les scènes érotiques mais reste dans la suggestion, instaurant le doute. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Le chat Hachi trouve sa vie monotone, ne percevant qu’un monde monochrome. En effet, il ne voit que le bleu, le jaune, le noir et le blanc. Alors il distingue ses camarades grâce à la longueur de leur museau et de leur pelage ainsi que les motifs de leur fourrure. Même l’arrivée du nouvel élève Aoi, un lézard, l’indiffère comparé aux autres élèves, curieux de cette « rareté ». Mais un jour, il remarque les écailles bleues de la queue du saurien que ce dernier, complexé, cache habituellement sous ses vêtements. Fasciné, le félin lui propose alors de garder son secret à condition de le laisser regarder sa queue tous les jours.

En conclusion

Nagabe sensei maîtrise le format one-shot et s’arrête aux premiers émois amoureux naissants de ces deux lycéens. Il arrive en plus à transcrire des émotions humaines sur des visages d’animaux, en respectant pourtant leurs particularités. Son graphisme dégage à la fois de la force et de la douceur. Ce gakuenmono rend par ailleurs bien l’ambiance scolaire, les questionnements et les réactions des adolescents. Je craque complètement pour cet adorable couple en formation. Un récit certes classique mais mignon, qui traite avec douceur des sujets actuels comme l’acceptation des différences et le harcèlement.