Takatora et les omégas 1 – Asada Nemui

Couverture de Takatora et les omégas 1 d'Asada Nemui, édité par Taifu

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782375065532
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784829686997 (JP)
France Shoin, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Et bienvenue dans le monde du bétail. Celui des omégas! »

Asada Nemui sensei offre un omegaverse tout en y transposant les problématiques féminines. Ainsi, elle aborde le refus de la maternité, la discrimination, les mariages arrangés, l’engagement dans la lutte pour le bien-être. Bien qu’oméga, Takatora continue d’être arrogant tout en apportant un regard toujours critique sur les contraintes et la vie des omégas. En effet, il refuse d’être passif fasse à son destin et de se soumettre au système établi. Pourtant, il conserve encore un esprit conservateur et des préjugés. Autour de lui gravitent divers omégas qui apportent chacun des thèmes souvent abordés dans l’omegaverse. Arisaka qui subit l’influence des phéromones cumule les relations charnelles tandis que le délégué de classe militant Kameyama nourrit des sentiments ambigus envers Takatora. Avec l’introduction de Ryûgasaki Tatsumi, représentant en médicaments pour omégas, l’autrice apporte un peu de bienveillance avec un alpha plutôt innocent.

La mangaka a un trait anguleux marqué et épais. D’ailleurs, elle a un style graphique particulier et reconnaissable. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames en aplat sont équilibrées mais dans la même palette de tons, privilégiant les contrastes noir et blanc. Les décors très présents s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger les vignettes. La mise en page classique colle parfaitement au style graphique. Asada Nemui sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle explique les règles de l’omegaverse en cours de tome, intégrant également les particularités de son univers telles que la carrure différente entre oméga, alpha et bêta.

En résumé

Kumajishi Takatora profite de l’influence de sa famille pour s’imposer au lycée d’alphas qu’il fréquente. Il prend plaisir à sermonner les alphas qui cèdent facilement à leurs pulsions mais méprise également les omégas qu’il considère comme du bétail. Toutefois, un jour, il découvre qu’il est en réalité un oméga. Alors qu’il allait être agressé par l’alpha Wanibuchi et sa bande, l’oméga Arisaka Uzuki lui vient en aide. Mais Takatora refuse d’être considéré comme du bétail!

En conclusion

Asada Nemui sensei propose un omegaverse particulier avec un oméga au caractère plutôt désagréable et ambivalent, entre alpha dominant et conservateur et oméga rebelle. Elle introduit des thèmes plutôt féministes qui pourront déranger certains fans du genre. Son graphisme particulier est très expressif. J’apprécie particulièrement la vision de différents omégas qui défendent chacun leurs convictions tout en respectant celles des autres. Un coup de cœur!

My little inferno 2 – Asada Nemui

my little inferno 2 asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782368777114
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784690 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Une personne droite et pure peut-elle tomber amoureuse d’un criminel?

Asada Nemui sensei continue à nous surprendre avec l’étrange cohabitation entre Makun et Hitoshi. Tout en nous sensibilisant sur les risques du stockage des données personnelles, elle présente quelques techniques de piratage informatique. Alors que Mayumi prend le piratage comme un jeu, Nakamoto Tatsumi le monopolise. Ainsi, leur relation toxique voit leurs ambitions diverger peu à peu. En effet, Makun prend peu à peu conscience des effets néfastes de ses actions. Admirant l’innocence de Hitoshi et confronté à ses principes, le hacker a finalement trouvé un divertissement plus jouissif, cherchant à abattre ses murs de protection un à un. Leur relation évolue, sans romantisme, mais avec respect des remarques et négociations. Cela donne un ton humoristique bien venu après toute la tension du volume précédent. Dans sa postface en fin de tome, l’auteure offre une surprise dans les profils personnages sur Arai Mai.

La carrure de Mayumi, bien musclé, contraste avec la frêle stature de Hitoshi. La mangaka travaille particulièrement le regard de l’étudiant, généralement fuyant, mais qui s’agrandit lorsqu’il est déterminé et devient alors si expressif. Elle privilégie les aplats, même pour les trames. La mise en page est plutôt classique avec quelques pages dynamiques mais cela colle parfaitement au style graphique d’Asada sensei. Les couvertures jouent sur la nuance de deux couleurs dominantes complémentaires, comme peinte au pinceau. Les illustration de début de chapitre introduisent le ton du récit à venir. Les scènes érotiques donnent peu à voir, respectant le côté pudique de Hitoshi. Cela permet d’imaginer la frustration dans laquelle se trouve le seme qui devra se surpasser pour faire tomber les murs de protection de son amant peu à peu.

En résumé

Hitoshi a reçu un appel de l’hôpital: sa mère a fait un malaise. Accompagné de Makun, il se rend immédiatement à son chevet mais la retrouve chez elle. Fatiguée, elle confie alors à son fils qu’elle reçoit depuis une semaine des appels et des lettres à propos de remboursements. Son fils la rassure en concluant qu’il s’agit d’une attaque. Mais Mayumi, suspicieux, découvre que les données de Mai Arai ont été volées et ont servi à contracter une dette de 30 millions de yens. Sur le chemin du retour, Hitoshi s’effondre en apprenant la somme colossale et les difficultés à prouver l’innocence de sa mère. Son colocataire, ayant déjà une idée de qui pourrait être derrière cette action, décide de prendre les choses en mains…

En conclusion

J’ai du mal à croire en la rédemption du hacker mais il est tellement amusant de le voir céder aux demandes de Hitoshi. Je suis finalement conquise par la fin et l’évolution de ce couple original et touchant. Ne vous arrêtez pas aux premières scènes du tome 1, l’auteure a su exploiter et approfondir ses personnages et donne un ton particulier à cette romance.

My little inferno 1 – Asada Nemui

my little inferno asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782368777107
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784683 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le sombre destin de Hitoshi, pris en otage par un squatteur louche.

Asada Nemui sensei propose de suivre l’étrange cohabitation entre un homme menaçant sans morale et un étudiant peureux mais droit. Ses deux héros sont amenés tous deux à évoluer peu à peu. Elle s’amuse donc à confronter leurs caractères opposés. Bien que Hitoshi ait un air ahuri, il manque seulement de confiance en lui. Même s’il semble malchanceux, il s’accroche et s’accommode peu à peu de Makun. Justement, le squatteur a toujours obtenu ce qu’il veut comme il veut. Surdoué intéressé par les défis, il s’est laissé mené au jeu par son ancien complice Nakamoto qui voyait en lui un moyen facile de s’enrichir. Le comportement du malfrat est paradoxal: il prend soin de sa victime tout en la harcelant sexuellement, sans toutefois la forcer. On le voit particulièrement dans l’histoire bonus, où Makun semble vraiment sous le charme de l’étudiant. L’auteure nous offre principalement une romance ambigüe.

La mangaka utilise des traits épais et anguleux qui donnent un certain cachet à son style. Ses personnages ont diverses corpulences et s’ancrent plutôt dans la réalité. Cependant, elle simplifie les traits dans les passages humoristiques. Cela sied surtout au regard blasé de Hitoshi. Asada sensei joue beaucoup sur les clairs-obscurs et les contrastes noir et blanc. Ses décors plutôt détaillés sont bien présents. La mise en page semble assez classique. Par contre, le découpage est parfois cinématographique. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails en jouant sur les angles de vue. Par ailleurs, l’agression sexuelle est bien représentée tel un acte cruel; même s’il n’y a pas de pénétration, l’auteure insiste sur le malaise de la victime.

En résumé

Arai Hitoshi (19 ans) n’a pas vraiment d’ami et a tendance à rester isolé. Harcelé au lycée, il a raté les examens des universités de Tokyo qu’il visait et a fini dans une faculté près de chez lui. Pour soutenir sa mère qui travaille dans un ryokan et est souvent absente, il a également un petit boulot dans un restaurant. Un soir, il entend un bruit dans le coffre d’une voiture garée dans la rue. Alors qu’il cherche de l’aide, un imposant homme en sort. Après lui avoir soutiré portefeuille et téléphone portable, Magami Mayumi (28 ans) s’installe chez l’étudiant. Bien que ce dernier tente de résister, Makun le menace et finit par l’agresser sexuellement. Commence alors une étrange cohabitation entre le pervers squatteur et sa victime terrorisée…

En conclusion

Depuis Loved circus, le trait de la mangaka a bien évolué. J’aime beaucoup son style graphique dans cette série. En donnant sa version du syndrome de Stockholm, elle invite les lecteurs à suivre les déboires de Hitoshi. Les personnages, même antipathiques, sont intéressants. J’ai donc hâte de voir comment va évoluer cette relation.
Mise à jour: La série a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Loved circus – Asada Nemui

loved circus asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782375061220
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784829685686 (JP)
Printemps shuppan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Trouver des amis et l’amour dans une maison close…

Dans ce one-shot, Asada Nemui sensei interroge sur la prostitution, le sentiment familial et le bonheur. Elle aborde légèrement les problèmes d’impuissance, les demandes louches et les risques sanitaires. Ses héros ont un passé difficile, qui se retrouvent à se prostituer pour survivre ou rembourser leurs dettes. Ils semblent cependant s’accommoder très vite de la situation. Les protagonistes ont pourtant l’air de conserver les pieds sur terre malgré leur condition précaire. Il y a également quelques intrigues mettant en avant la manipulation, et un secret sur Shiro et le Cirque. L’auteur offre une vision plutôt idéalisée, avec une fin optimiste. Les deux chapitres finaux présentent ce que les personnages sont devenus plus tard et comment Jô et Rin ont été recrutés. Sous la couverture, il y a la postface avec des anecdotes sur les protagonistes. Le déroulement de l’histoire est rondement mené même si certains passages sont un peu maladroit. Il est cependant difficile de ressentir de l’empathie car les personnages sont nombreux et leur psychologie peu développée.

Le graphisme de la mangaka est épuré et impersonnel. Les visages sont ovales avec de longs yeux fins à petites pupilles. Les trames servent à colorier ou à ombrer. Mais les aplats noirs ou tramés sont privilégiés contrastant avec les blancs. Les cadrages et les angles sont classiques. Cela facilite la lecture. Malgré le thème, il y a peu de scènes érotiques: les détails sont totalement absents. Le cadrage occulte complètement les parties érotiques.

En résumé

Satô Keima, simple salaryman, est tombé fou amoureux de Momo, une prostituée de l’établissement Quire. Se retrouvant criblé de dettes pour la soutenir, il tente de se suicider. Mais il est sauvé par les hommes du Cirque qui l’oblige à travailler pour rembourser ses dettes. Dans cette maison close pour hommes, pourtant, il trouvera le bonheur…

En conclusion

Difficile de s’attacher aux différents personnages qui semblent pourtant posséder des profils psychologiques intéressants.