I cannot reach you 8 – Mika

Couverture de I cannot reach you 8 de Mikan éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505133315
Kana, 2025
ISBN: 9784046829290 (JP)
Kadokawa, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Pourquoi, à cause de moi, les gens que j’aime font tous une tête pareille? »

Mika sensei s’intéresse au coming out, à la démonstration d’affection en public et aux réactions différentes face à une relation hétérosexuelle ou homosexuelle. Elle analyse les états d’âme de Fujino qui culpabilise et réalise que son comportement ou ses paroles pouvaient blesser ou mettre mal à l’aise. Comme dans le tome précédent, les amis se montrent plutôt ouverts, bienveillants et offrent leur soutien. Hosoka, quant à lui, continue de taquiner Yamato. Ainsi, Oohara essaie de mieux gérer sa frustration et son sentiment de jalousie tandis qu’Ashiya prend quelques initiatives malgré sa timidité. Une tension sexuelle semble s’installer entre eux, les deux adolescents s’interrogeant sur leurs limites et leurs désirs. D’ailleurs, ils communiquent de mieux en mieux. Ainsi, l’autrice aborde la question de la distance d’interaction entre amoureux et amis et la confiance dans le couple. Dans la postface, elle annonce une adaptation de sa série en drama TV.

La mangaka a un trait épuré et doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Des hachures envahissantes marquent les rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance, graphiques, accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges, apportant une note réaliste. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo manga. Mika sensei s’amuse à dessiner parfois son avatar en arrière-plan.

En résumé

Perturbé par un rêve, Ashiya Kakeru n’arrive plus à regarder en face son petit ami Oohara Yamato. Néanmoins, il essaie de se rattraper en l’invitant à l’aquarium grâce à des tickets offerts par Fujino Kôsuke. D’ailleurs, touché par le soutien de ce dernier, il hésite à faire son coming out. Alors que Yamato a du mal à retenir ses démonstrations d’affection envers Kakeru, il remarque toutefois sa gêne mais surtout les réactions des personnes alentours. Il décide alors de ne plus l’enlacer en public après un dernier câlin. Mais ils sont surpris par Fujino, Hosôka Yui et Amemiya Sô qui passaient par-là.

En conclusion

Mika sensei analyse avec finesse les émotions et les réactions des personnages. Elle incite ses lecteurices à réfléchir sur notre vision de l’amour et de l’amitié, montrant constamment le poids du jugement et des préjugés dans la société. Son graphisme doux renforce le côté attendrissant des personnages. Quel bonheur de découvrir de nouvelles facettes de Fujino! Je le trouve tellement craquant. Une lecture essentielle!

Sleeping on the paper ship 2 – Yatsuda Teki

Couverture de Sleeping on the paper ship 2 de Yatsuda Teki, éditions Taifu

YATSUDA Teki 八田てき
ISBN: 9782375065600
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686898 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je ne demande pourtant qu’à mourir avec lui. »

Yatsuda Teki sensei plonge le lecteur dans les révélations, maintenant le suspense jusqu’à la fin. Elle alterne la narration entre les deux amants. Ainsi, elle aborde la souffrance du manque d’inspiration et du blocage créatif, la dépression et comme dans le tome précédent, la manipulation. Kei a du mal à gérer ses souvenirs d’enfance refoulés qui remontent au fur et à mesure qu’il enquête. Il sombre de plus en plus malgré le soutien de Yôichi, qui lui partage sa vision plus positive de la vie. L’autrice interroge sur le double suicide, un classique de la romance japonaise. Ainsi, elle montre l’influence du vécu sur la création. Elle met également en avant le long parcours personnel à réaliser pour sortir d’une vie chaotique et trouver l’apaisement.

La mangaka a un trait léché, à peine épuré. Elle exagère discrètement les expressions dans les passages humoristiques, apportant ainsi une note réaliste. Toutefois, elle arrondit et simplifie son trait dans les passages plus détendus en fin de tome. Le réalisme est également renforcé par des décors soignés et très présents, inspirés de photographies. Les trames très nombreuses rendent les couleurs, les dégradés et les ombres. Les trames d’ambiance appuient également les émotions. La mise en page est très dynamique. Par ailleurs, Yatsuda sensei sème des indices en arrière-plan. Elle offre des pages poétiques jouant sur des effets mélangeant imagination et réalité. Dans les scènes érotiques, elle utilise les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes. Les illustrations en début de chapitre donnent des indices sur le récit. Les personnages posent aussi dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a un extrait du roman Fade out.

En résumé

Bien que Mikami Yôichi soit prêt à mourir avec Kitahara Kei, il ressent de plus en plus une discordance avec son amant. Il exige alors de lire le scénario de Kei mais réalise qu’il n’apparaît pas dans le récit. Il remarque également que l’écrivain le rejette depuis sa visite avec son éditeur. Lui cacherait-il ses véritables intentions?

En conclusion

Yatsuda Teki sensei démontent au fil des révélations les éléments qui semblaient fantastiques pour basculer sur une enquête entre passé et présent. Les tensions s’intensifient, prenant un ton très dramatique. Toutefois, l’apaisement s’installe petit à petit, suivant l’évolution des personnages. Le graphisme avec des touches réalistes facilite l’immersion dans le récit. Une conclusion qui me satisfait pleinement. Une lecture intense!

Stay popular! 1 – Tak Bon

Couverture de Stay popular 1 de Tak Bon, éditions Kbl

Tak Bon
ISBN: 9782382883051
Kbooks, 2024
Kenaz, 2020 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Pour rester au sommet, il est prêt à tout! »

Tak Bon offre une romance sur fond de rivalité questionnant principalement sur le paraître et le jugement sur l’apparence. Alors que Dawoon semble populaire sans effort, Siwon travaille dur pour atteindre les sommets, prenant soin de son physique et de son comportement. Pourtant, les défauts et les qualités des deux étudiants se révèlent au fil des pages. Ainsi, Hyung a un côté narcissique tandis que Cha a tendance à se surpasser. Les quiproquos s’enchaînent relançant constamment les tensions entre les deux héros, malgré une attirance réciproque. D’ailleurs, une sorte de jeu du chat et de la souris s’installe. L’auteurice s’attarde sur la vie étudiante et la construction des amitiés. D’ailleurs, l’introduction de Da Bawoo apporte un regard extérieur sur le couple. Par ailleurs, Cha Siyung, la sœur de Siwon, ajoute une note d’humour, dont son coup de foudre pour Hwang Yoojung.

Tak Bon a un trait épuré légèrement anguleux. Dans les passages humoristiques, l’exagération des expressions ainsi que certaines physionomies caricaturales renforcent l’expressivité. D’ailleurs, Dawoon se transforme parfois en adorable wanko. Les couleurs réalistes, avec des dégradés, apportent de la douceur. Par ailleurs, les trames d’ambiance colorées ou graphiques (fleurs, halo lumineux…) appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors aux tons estompés situent principalement l’action. En début de tome, il y a un poster sexy à déplier. C’est d’ailleurs le seul moment où on en profite car ce slow burn n’offre pas de scènes érotiques. Sur la quatrième de couverture, Siwon et Dawoon communiquent avec un téléphone à ficelle, donnant un indice sur la suite.

En résumé

A 9 ans, Cha Siwon avait déclaré ses sentiments à une camarade, Yoojin. Mais cette dernière l’a violemment rejeté à cause de son physique. Siwon a par la suite subi les brimades de ses camarades et a alors décidé de changer. Entrant maintenant à l’université, il attire tous les regards. D’ailleurs, il aime justement être le centre de l’attention et fait donc tout pour plaire. Toutefois, à la soirée de bienvenue, Hyung Dawoon (19 ans) lui vole la vedette.

En conclusion

Tak Bon offre une comédie romantique amusante, avec un couple dynamique, interrogeant sur l’apparence. Les deux étudiants dévoilent au fil des pages des personnalités plus complexes qu’elles ne sont au premier abord. Leurs défauts les rendent d’ailleurs très humains. Le graphisme qui passe du fan service beau et mignon à des bouilles caricaturales est donc très expressif. J’adore le groupe d’amis qui se forme ainsi que le caractère de Siwon. Une lecture amusante!

King’s maker 2 – Haga et Kang Jiyoung

Couverture de King's maker 2 de Haga et Kang Jiyoung, éditions Taifu

Haga
Kang Jiyoung
ISBN: 9782375064962
Taifu comics, 2025
Jaedam, 2018 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce qu’un prince sans pouvoir et un petit du roi pourraient bien faire? »

Haga dévoile un peu plus l’ambiance plutôt glauque du château, entre la rivalité entre les princes, la tyrannie du roi qui a de plus des penchants pédophiles et les diverses manipulations. L’introduction du cinquième prince, Dandelion Goldenleonard, apporte à la fois des tensions et une touche mignonne. En effet, l’innocent Delli influencé par la propagande, donne facilement sa confiance. Wolgang accepte d’être manipulé pour arriver à ses fins et fait donc des efforts pour s’intégrer. Shin Soohyuk, quant à lui, a de plus en plus de mal à esquiver les avances pressantes du roi. D’ailleurs, les deux adolescents ressentent une attirance mutuelle grandissante. L’auteurice révèle le passé de la monarchie Goldenleonard ainsi que l’origine des petits du roi. De nouvelles intrigues s’installent, motivant encore plus le quatrième prince dans son désir de vengeance.

Kang Jiyoung a un trait épuré légèrement anguleux. Iel exagère les expressions dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, les couleurs très variées ont néanmoins des tons dominants: jaune quand il s’agit de Wolfgang et violet pour Shin. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiances colorées. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir ou par des tons estompés. Par ailleurs, la mise en page est plutôt classique. Il y a quelques échanges de baisers et de caresses consentis. Toutefois, les scènes érotiques problématiques sont juste suggérées. En fin de tome, des yonkoma donnent des anecdotes amusantes.

En résumé

Durant les festivités, le quatrième prince Wolfgang Goldenleonard a organisé une course de chevaux. Il monte Aaron et espère rembourser sa dette avec les gains des paris. Encore faut-il gagner…

En conclusion

Haga maîtrise le rythme de son récit entre révélations, tensions, drames et humour. L’univers s’étoffe et les différentes relations se construisent. Ainsi, les personnages évoluent rapidement. Le graphisme de Kang Jiyoung est simplement beau, sublimé par les ambiances colorées. J’aime beaucoup Shin, qui dévoile quelques facettes surprenantes. Une lecture prenante!

Pas touche à mon sub – Zarame Same

Couverture de Pas touche à mon sub de Zarame Same, éditions Hana

ZARAME Same ざらめ鮫
ISBN: 9782382764183
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784832292109 (JP)
Houbunsha, 2022 (JP)
Titre original: 俺のサブを暴くな
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« C’est la première fois qu’on me félicite autant… »

Zarame Same sensei propose un dom/sub avec un couple d’hôtes qui cherche à construire une relation saine et égalitaire malgré un jeu SM soft entre eux. Elle s’intéresse à la discrimination, la peur de perdre le contrôle, la conciliation entre travail et privé. Néanmoins, le consentement peut paraître légèrement flou lorsque Suguri, bien que prévenant, joue sur les mots. La relation d’abord purement charnelle pour satisfaire avant tout leurs besoins évolue petit à petit. Ainsi, Suguri a peur de blesser son partenaire à cause de son fort pouvoir dominant tandis que Yashiro prend quelques initiatives. Le passé des deux héros se dévoile par brides. L’autrice aborde donc la jalousie, l’envie de possession de l’être aimé, la croyance de la personne destinée. Avec Tomoe, le numéro 1 du club Flos, elle interroge sur l’influence sur les clientes. Elle joue également sur les quiproquos pour créer de la tension.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle transforme parfois ses personnages en SD. Des hachures envahissantes marquent les rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Zarame Same sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente les personnages et offre une petite illustration amusante avec les protagonistes en mignons SD. Elle explique les règles générales du dom/sub en début de tome et développe les spécificités au fil du récit.

En résumé

Yashiro Haruki (24 ans), alias Ruki, travaille dans un club d’hôtes. Mais il cache son second genre sub. Toutefois, se sentant mal depuis quelques temps, il utilise une appli de rencontre pour trouver un dom un soir. D’ailleurs, bien que Yashiro résiste au regard intense des dom, le bienveillant et doux dom Kohana Suguri (23 ans) arrive à combler ses désirs. Pourtant une semaine plus tard, Suguri se présente comme nouvel hôte dans le club et lui propose de devenir son partenaire.

En conclusion

Zarame Same sensei offre un dom/sub sexy centré sur le destin. Elle crée une dynamique intéressante avec un couple recherchant une relation équilibrée. Ainsi, elle se concentre uniquement sur quelques thèmes qu’elle développe avec précision. Son graphisme dégage une certaine sensualité. J’aime beaucoup la relation entre Ruki et Suguri, mais également les réactions de Tomoe qui se remet en question. Une lecture entraînante!

Hirano et Kagiura 4 – Harusono Shou

Couverture de Hirano et Kagiura 4 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385312695
Akata, 2025
ISBN: 9784046821546 (JP)
Kadokawa, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je veux qu’il puisse compter sur moi. »

Harusono Shou sensei développe la question de la différence entre amour et complicité amicale. Ainsi, elle continue de détourner avec humour certains clichés romantiques des shôjo mangas. Elle s’attarde également sur l’interprétation de simples gestes affectifs, provoquant d’ailleurs involontairement de l’espoir. Kagiura recherche une relation plus équilibrée avec son colocataire. Toutefois, il exprime maladroitement ce qu’il ressent, perturbant ainsi Hirano. Ichinose apporte un regard bienveillant sur le couple tandis que Hanzawa conseille souvent Taiga. L’autrice nous amuse avec les différentes stratégies de Kagi pour séduire indirectement son colocataire. Par ailleurs, elle aborde entre autres la vie en internat, dont l’organisation et les valeurs. Elle crée des tensions et du suspense en jouant sur les quiproquos. Les histoires bonus apportent des anecdotes amusantes, dont l’attirance d’Ichinose pour le référent.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie, parfois à l’extrême, dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Une trame grise recouvre en plus les vignettes. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique varie souvent les angles de vue. Sous la jaquette, Harusono sensei apporte des anecdotes amusantes avec deux planches. Dans sa préface, elle annonce la diffusion d’un court-métrage sur ces deux héros avec celle du film animé Sasaki et Miyano: graduation. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages. Comparé au tome précédent, elle offre un arbre de relations au lieu de l’habituelle échelle de taille des protagonistes en fin de volume.

En résumé

En remerciement pour la Saint Valentin, Hirano Taiga offre des chocolats à Kagiura Akira. Touché, ce dernier lui demande alors de lui tenir la main dix secondes comme négocié la veille. Mais Hirano ne comprend pas la différence de ce simple geste affectif entre des amis et entre des amoureux. Lorsque Kagi se confie auprès de Niibashi, ce dernier lui fait alors remarquer qu’en réalité, Hirano couve son colocataire comme un enfant. Kagiura décide donc de moins se reposer sur son aîné mais…

En conclusion

Harusono Shou sensei décortique les questionnements sur la différence entre amour et amitié. Elle s’attarde sur l’interprétation différente des gestes affectifs, jouant sur les quiproquos pour apporter tension et humour. Son graphisme agréable propose des regards très expressifs. J’apprécie les caractères de Kagiura et Hirano qui n’hésitent pas à se remettre en question et qui font des efforts pour se comprendre mutuellement. Une douce lecture qui met de bonne humeur!

Yotsuya ghost knight – Shiroi Choco

Couverture de Yotsuya ghost knight de Shiroi Choco, éditions Taifu

SHIROI Choco しろゐチョコ
ISBN: 9782375065808
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526485 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Okuru Yotsuya est un puissant exorciste mal à l’aise avec les gens et le sexe. »

Shiroi Choco sensei narre une comédie romantique sexy entre un exorciste solitaire et un acteur porno qui peut voir les fantômes. Elle joue sur leurs caractères opposés. En effet, bien qu’inexpérimenté en amour, Okuru a une très haute opinion de lui-même en exorcisme. Naito, quant à lui, malgré sa peur des esprits, ne résiste jamais à l’appel de l’argent. Ainsi les deux hommes, au prétexte d’initiation, voient leurs sentiments évoluer vers un amour réciproque. D’ailleurs, ils développent une relation consensuelle, l’acteur se montrant prévenant. Les autres exorcistes, Itsuki, Matsu Kenta (23 ans) et Itô, apportent soutien, humour ou tension. L’autrice aborde donc la cohabitation, la solitude, la force de l’amour, la difficulté à concilier travail et privé. Elle s’intéresse aussi au sentiment de culpabilité. Par ailleurs, elle dévoile le passé des deux héros par brides, semant ainsi quelques indices amenant à une révélation finale surprenante.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés avec un contour parfois dédoublé. Elle déforme les physionomies dans les passages humoristiques, ses personnages en SD ayant même des têtes en forme de L. Elle utilise les trames avec parcimonie et privilégie les contrastes noir et blanc. De même, des hachures soulignent les ombres fortes. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques (cœur, pois…) accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Shiroi sensei montre la possession par les esprits par des détails étranges. Dans les scènes érotiques, elle trame les parties intimes en les dessinant sans contour avec un léger flou. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec Itô Umeru (30 ans) et Kinô Sen (22 ans), faisant suite au chapitre 6. L’esprit protecteur Teku apporte une note mignonne.

En résumé

L’exorciste Yotsuya Okuru (29 ans) purifie les esprits à la demande des clients. Pour plus d’efficacité, il a besoin de fluide corporel. Mais travaillant seul, il se contente de récolter les larmes qu’il verse quand il jouit. Toutefois, un jour, sa méthode se montre totalement inefficace contre un puissant esprit. Il est alors sauvé par Fukase Naito, un célèbre acteur porno surnommé le Chevalier du squirt. Okuru décide donc de lui demander conseil…

En conclusion

Shiroi Choco sensei crée une dynamique intéressante entre les deux personnages, la note fantastique apportant une touche d’originalité. Elle alterne avec aisance entre humour, scènes sexy et tension. De même, son graphisme qui possède un style bien personnel, oscille entre sensualité et comique. D’ailleurs, j’adore ses personnages en SD. Je les trouve tellement expressifs et rafraîchissants. J’apprécie également la dynamique des différents couples et j’aimerais bien lire un jour un spin-off avec Itô et avec Matsu. J’ai également découvert le squirt. Une lecture envoûtante!

Cherry blossoms after winter 4 – Bamwoo

Couverture de Cherry blossoms after winter 4 de Bamwoo, éditions Kbl

Bamwoo
ISBN: 9782382884201
Kbooks, 2025
Orange agency (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je devrais me soucier de lui autant que de Madame Ha. »

Bamwoo montre l’influence des rumeurs et présente quelques méthodes pour les contrer, mettant ainsi en avant Jia. Bien que confrontés à la jalousie, Haebom et Taesung essaient de se contrôler et dissipent, par la discussion, les moindres malentendus. D’ailleurs, une certaine tension sexuelle s’installe entre eux. Jo Yonghee et Im Hyeju apportent une note comique et bienveillante. L’auteurice analyse également la relation mère et fils à travers Madame Ha, Taesung et Haebom, portant attention aux quiproquos passés et cumulés qui polluent leur perception actuelle. Ainsi, iel aborde la question du coming out, le sentiment d’exclusion, la famille élargie et le jugement sur l’apparence. En effet, Madame Ha considère que son fils a un caractère dominant et qu’il impose donc ses désirs à Haebom. Mais Taesung montre en fait une certaine fragilité, renforcée par les doutes. Ainsi, les personnages dévoilent de nouvelles facettes.

Le trait épuré de Bamwoo s’arrondit et se simplifie dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, les couleurs bien que réalistes, ont une dominante de tons pastels et sont en aplat. De même, les trames d’ambiance colorées ou graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors minimalistes situent principalement l’action. La mise en page classique rythme la lecture. Sur la couverture, un vernis sélectif met en relief le titre.

En résumé

Seo Haebom vise une bourse d’étude et se plonge donc dans les révisions. Il a d’ailleurs un saignement de nez à force de se surmener. Inquiet, Jo Taesung lui propose alors son aide. Par ailleurs, Haebom remarque que son petit ami évite depuis quelque temps sa mère, Madame Ha, et s’interroge de plus en plus sur leur relation. Alors qu’il déjeunait seul à la cafétéria, il entend Hong Yuri et Kang Seongsu colporter des rumeurs sur l’infidélité de Taesung. Toutefois, il n’a pas le temps d’intervenir, Jia les interrompant d’abord.

En conclusion

Bamwoo redynamise son récit en dévoilant de nouvelles facettes de ses personnages. Le scénario alterne constamment entre tensions, moments tendres et comiques. Par ailleurs, le graphisme très expressif transcrit parfaitement les émotions des personnages. J’aime beaucoup la séance mode avec Jia et le dévouement de Yonghee, toujours présent quand cela est nécessaire. Une lecture palpitante!

Cherry blossoms after winter 3 – Bamwoo

Couverture de Cherry blossoms after winter 3 de Bamwoo, éditions Kbl

Bamwoo
ISBN: 9782382882146
Kbooks, 2025
Orange Agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Parviendront-ils à surmonter ces obstacles ensemble? »

Bamwoo montre la vie étudiante de Haebom et Taesung, développant au passage de nouvelles rencontres. La manipulatrice Hong Yuri crée des tensions en semant des rumeurs, accompagnée de l’opportuniste Kang Seungsu. Comme dans le tome précédent, la mise en avant d’autres formes de harcèlement permet de dénoncer certains comportements problématiques, en particulier avec le malaisant Park Jaegyun. Haebom se montre plus sociable tandis que Taesung se contente de fréquenter ses amis du lycée. D’ailleurs, Jo Yonghee et Jia apportent soutien et conseil au couple. L’auteurice montre les efforts des deux amoureux pour trouver un certain équilibre entre vie privée et études. Iel s’intéresse à la vie étudiante en général, la pression dans les relations entre aînés et nouveaux étudiants, au jugement sur l’apparence. Le travail de groupe permet également de montrer comment les personnalités ressortent rapidement et influencent l’ambiance et l’avancée de l’exercice.

Le trait épuré légèrement anguleux de Bamwoo s’arrondit et se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, les personnages se transforment parfois en SD. Les couleurs ont des tons réalistes, avec toutefois une dominante pastel. De même, les trames d’ambiance utilisent surtout des dégradés de couleurs, incluant parfois des éléments graphiques tels que des étoiles, des lignes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors minimalistes situent principalement l’action. La mise en page, bien que classique, aide à une lecture fluide. Comme la relation du couple avance doucement, il n’y a pas encore de scènes érotiques, les deux jeunes hommes n’échangeant pour l’instant que des baisers.

En résumé

Seo Haebom entre bientôt à l’université. Comme la fac est loin de son domicile actuel, il hésite à s’inscrire au dortoir. Mais Jo Taesung refuse de vivre leur histoire d’amour à distance. Il appelle alors son père pour demander de l’aide. Ayant obtenu un appartement près de l’université, il propose alors à son petit ami de vivre ensemble…

En conclusion

Bamwoo donne un ton plus mature à son récit avec l’entrée à l’université. L’introduction de nouveaux personnages permet de développer de nouveaux sujets ainsi que d’approfondir des thèmes déjà évoqués. Le graphisme très expressif passe avec dextérité de beaux visages à des bouilles hilarantes ou mignonnes. J’aime beaucoup les caractères de Yonghee et Im Hyeju. Une lecture entraînante!

Love is an illusion 5 – Fargo

Couverture de Love is an illusion 5 de Fargo, éditions Kbl

Fargo
ISBN: 9782382883440
Kbooks, 2025
Lezhin, (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Entre doutes, révélations et nouveaux départs, chacun apprend qu’aimer, ce n’est pas seulement choisir l’autre… »

Fargo s’intéresse à l’impact des rumeurs sur une célébrité. Elle aborde également la question de l’infertilité, du désir de grossesse et le regret maternel. A travers Byul, elle montre les difficultés d’un couple pour préserver un peu d’intimité ainsi que la différence des liens qui se construisent entre l’enfant et chacun de ses parents. Avec la reprise d’études, Hyesung ressent fortement le poids d’une vie familiale. Par ailleurs l’introduction de nouveaux personnages permet de développer d’autres sujets. Yoon Heesoo (bêta) apporte une note comique en jouant les nounous. D’ailleurs, sa relation avec Dojoon (alpha) interroge sur la gestion du rut et la surprotection. L’autrice développe également la romance pour l’instant instable d’un autre couple: le fils de bonne famille Lee Chowon (oméga), qui souffle le chaud et le froid, avec le prévenant serveur et étudiant Kyungsoo (bêta). Ainsi, elle questionne sur l’amour obsessionnel, le divorce, la rejet de la famille.

Fargo a un trait épuré qui se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Comme dans le tome précédent, le volume est majoritairement en noir et blanc. Il y a toute de même quelques pages couleurs aux tons sobres. Par ailleurs, les décors, qui apportent une touche réaliste, apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Des explications succinctes sur l’omegaverse se trouvent en début de tome.

En résumé

Kim Hyesung (oméga) supporte mal la tempête médiatique autour de la rumeur d’infidélité de Park Dojin (alpha), répandue par Jaewoo. Alors que Dojin boudait, persuadé que son mari lui était indifférent, il le trouve en larmes à la maison devant leur fils Byul…

En conclusion

Fargo propose différents points de vue sur un même sujet en les développant à travers différents couples: alpha*oméga, alpha*bêta, bêta*oméga. Ainsi, elle pousse jusqu’aux limites les clichés de l’omegaverse en s’intéressant principalement aux réactions mais surtout à l’évolution des sentiments. Son graphisme très expressif permet de se passer de longs dialogues. En effet, en un regard, les lecteurices devinent immédiatement à quoi pensent les protagonistes. J’aime beaucoup le couple de Dojoon et Heesoo. Et j’espère que Kyungsoo trouvera le bonheur. Une lecture touchante!