Mon amour secret 2 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 2 de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065297
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979833 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je vais faire en sorte qu’il devienne un adversaire digne de vous. »

Soutome Emu sensei développe un peu plus la romance entre le renard et le dragon. Comme dans le tome précédent, elle présente le folklore japonais. De même, elle détaille un peu la vie au sein d’un ryokan. D’ailleurs, les yôkai semblent rencontrer les mêmes soucis que les humains dans leur quotidien, entre travail, rites, santé. Le passé de Kokufû se révèle au fil des chapitres. De même, un chapitre entier narre le passé des ogres Benimaru et Yûgen. Ces derniers jouent les intrigants et créent énormément de tension. Leur relation pourtant malsaine, entre soumission, sacrifice, dévouement et provocation, surprend au fur et à mesure que les explications se dévoilent. Par ailleurs, l’autrice apporte une légère réflexion écologique à travers les loutres et les dégâts sur la cascade. Elle aborde également la question de la destinée, la confiance et la communication au sein d’un couple.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les loutres ajoutent un côté mignon au récit. Les trames variées ont une dominante de tons clairs tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent grâce à un cadre dédoublé. Ainsi, le fond noir indique plutôt les moments tendus ou dramatiques. Par ailleurs, les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page très dynamique reprend les codes des mangas shôjo. Dans les scènes érotiques, Soutome sensei recouvre intégralement les parties intimes par des hachures noires. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages. Les couvertures des deux tomes mise côte à côte forment une belle illustration.

En résumé

Dans la forêt, le dragon Kokufû sauve le renard Ryôya d’un ours. Le renard avoue alors connaître son secret à propos de son statut divin et lui déclare clairement ses sentiments. Touché, le dragon le rassure également. Tandis que les deux amoureux filent le parfait amour, les ogres trament quelque chose…

En conclusion

Emu Soutome sensei mêle avec succès fantastique, romance et folklore japonais. Elle maintient le suspense tout au long du récit. Par ailleurs, elle dépeint avec finesse les émotions. Son graphisme magnifique passe du mignon avec les loutres à un trait très dynamique durant les scènes d’action. Avertissement: la relation entre les deux ogres pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, je trouve que les explications données confortent le côté malsain et toxique, mais cela dépend de la sensibilité de chacun. Un coup de cœur confirmé!

Mon amour secret 1 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 1 de Soutome Emu, éditions Taifu

Soutome Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065068
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979826 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 上
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Quand j’aperçois une lune si belle dans le ciel étoilé, je suis pris d’une irrésistible envie de hurler au vent. »

Soutome Emu sensei mêle enquête et folklore japonais, partageant le quotidien de Kokufû et Ryôga. Elle dévoile au fur et à mesure les pouvoirs des yôkai ainsi que leurs spécificités. Ainsi, elle alterne entre courtes intrigues résolues en quelques chapitres avec une romance qui se développe sur le long terme. Kokufû aime prendre soin des autres et nourrit un amour à sens unique pour le renard. Ryôga, quant à lui, s’interroge sur son attirance aussi bien pour le peintre que pour son garde du corps, hésitant entre admiration et amour. Les belliqueux ogres Yûgen et Benimaru apportent suspense et action. Par ailleurs, l’autrice aborde le manque de communication, les sentiments tus, le deuil.

La mangaka a un trait légèrement épuré mis en valeur par les pleins et déliés. Elle joue sur les expressions à travers les détails des différentes métamorphoses des yôkai. Les trames sont à la fois nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, un fond noir renforce les moments dramatiques. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur l’architecture japonaise traditionnelle. De même, les plis des kimonos sont travaillés. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, tels que les fleurs, les sorties de cadre. Soutome sensei met en avant la plastique des personnages finement musclés. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes, sans contour, par des hachures.

En résumé

Kokufû travaille en tant que cuisinier du célèbre ryokan Mikeneko, fréquenté aussi bien par des humains que des yôkai. Parmi les habitués, il s’entend à merveille avec le renard gourmand mais fauteur de trouble Ryôga. Ce dernier est d’ailleurs à la recherche d’un tableau qu’un peintre humain amateur aurait créé en le prenant pour modèle. L’ogre Benimaru semble le posséder mais ne se montre pas conciliant en affaire. Acceptant de devenir le garde du corps de Ryôga, Kokufû l’accompagne à une nouvelle négociation. Toutefois, Benimaru exige que le renard lui offre son corps…

En conclusion

Soutome Emu sensei offre surtout une aventure fantastique, prenant le temps de développer la romance entre les deux héros. Elle maintient le lecteur en haleine en dévoilant par brides certains éléments. Son magnifique graphisme semble ancrer dans la réalité les yôkai. Avertissement: la relation particulière entre les frères ogres pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Quête, romance et yôkai: tout ce que j’aime! J’ai donc un coup de cœur pour ce récit et attends la suite avec impatience.