Le pauvre bêta ne connaît pas l’amour 2 – Yashiki Shima

couverture de Le pauvre bêta ne connaît pas l'amour 2 de Yashiki Shima, éditions Hana

YASHIKI Shima 屋敷シマ
ISBN: 9782382767672
Hana, 2025
ISBN: 9784861239540 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je ferai de toi mon destin. »

Yashiki Shima sensei plonge ses deux héros dans une relation encore plus malsaine. Elle continue d’approfondir les questionnements abordés précédemment. Ainsi, elle s’intéresse à la pression sociale et parentale. A cause d’un amour possessif débordant, Ryôsuke a tendance à imposer sa vision de l’amour. Grâce à la cohabitation, Suzuharu découvre de nouvelles facettes de son maître. Il se retrouve constamment écartelé entre son devoir de majordome et ses sentiments amoureux, s’interrogeant sur leur relation. Ses difficulté à se comporter en amoureux et sa méconnaissance apportent une note humoristique. L’autrice dévoile les différentes causes du manque de confiance en soi de Seno. Ainsi, elle aborde la question du destin, le doute qui persiste malgré des démonstrations d’affection, le poids de la position sociale, le manque de communication qui crée des quiproquos. Elle continue de confronter ses deux héros à des obstacles souvent provoqués par la jalousie.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle varie beaucoup les trames, jouant par ailleurs sur les dégradés. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Yashiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Pourtant, comme dans le tome précédent, elle dessine des coupes intérieures.

En résumé

Depuis qu’Isezaki Ryôsuke a couché avec Seno Suzuhara, il le séquestre dans une résidence secondaire. Le majordome n’a plus le droit de travailler et se sent de plus en plus inutile. Ses seules activités consistent à nourrir son maître et à apaiser sa colère sexuellement. A chaque fois qu’il désobéit, leurs rapports deviennent plus intenses et violents. Mais quand Seno fond en larmes, désespéré, Ryôsuke lui propose alors un jeu: le majordome pourra retourner à sa vie d’avant s’il fait semblant d’être son petit ami pendant une semaine…

En conclusion

Yashiki Shima sensei interroge sur l’amour destiné pour un bêta. Elle joue avec les émotions des lecteurices en brisant à chaque instant la moindre lueur d’espoir, maintenant ainsi constamment le suspense. Comme le récit se fait plus violent et sérieux, elle reste constante dans son travail graphique, délaissant les transformations en SD. A noter qu’il y a beaucoup de scènes sans consentement. Pour ma part, je suis fascinée par Ryôsuke qui exprime son amour possessif débordant comme la pire ordure qui soit. J’ai donc hâte de découvrir la suite. Une lecture déconcertante!

Le pauvre bêta ne connaît pas l’amour 1 – Yashiki Shima

couverture de Le pauvre bêta ne connaît pas l'amour 1 de Yashiki Shima, éditions Hana

YASHIKI Shima 屋敷シマ 
ISBN: 9782382767665
Hana, 2025
ISBN: 9784861239700 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« En tant qu’homme bêta, je ne pourrai jamais être choisi… »

Yashiki Shima sensei propose une romance omegaverse interrogeant sur la place des bêtas. Elle s’intéresse particulièrement au lien d’âme sœur. A travers Uezono (alpha) et Isezaki Ritsu (oméga), elle questionne sur la place de l’amour dans les mariages arrangés ou les relations sous influence de phéromones. La narration se base principalement du point de vue de Suzuharu. Le bêta nourrit un énorme complexe sur sa condition, rêvant d’une relation aussi fusionnelle qu’entre alpha et oméga. Il reste donc constamment dans le déni de ses sentiments. Le manipulateur Ryôsuke se montre très possessif, exprimant maladroitement ses émotions. Malgré un amour réciproque, le majordome et son maître vivent un amour contrarié. L’autrice construit une relation toxique avec un alpha abusant de son autorité. Toutefois, elle détend un peu l’atmosphère avec les personnages secondaires, en particulier Arai.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, dessinant par ailleurs de mignons SD. Les nombreuses trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, un fond noir indique les flash-back ou les secrets mis en image. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique guide le regard, s’attardant sur les détails. Dans les scènes érotiques, Yashiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Pourtant, elle offre au moins une scène par chapitre et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Le remarquable majordome Seno Suzuharu (bêta) est souvent sollicité pour ses compétences sans faille. Il prend bien soin de son maître Isezaki Ryôsuke (alpha) qui préfère une vie de débauche avec plusieurs omégas au lieu de chercher à se ranger. D’ailleurs, ce dernier refuse d’hériter des groupes pharmaceutiques Achiya. Ainsi, Seno passe son temps à le recadrer et à repousser ses avances, demandant même à son collègue Asai d’espionner un peu leur patron pour découvrir ses goûts en matière de femmes. Mais un soir, Ryôsuke emmène son majordome à une soirée libertine…

En conclusion

Ce tome se classe premier meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Yashiki Shima sensei offre une romance omegaverse plutôt dérangeante avec une relation toxique dans laquelle l’amour devient blessant. Toutefois, elle aborde des thèmes intéressants, en particulier la place des bêtas. Son beau graphisme devient par ailleurs tout mignon dans les passages humoristiques. Les constantes confrontations entre Suzuharu et Ryôsuke et les révélations diffusées au fil des chapitres portent toute la dynamique du récit. Une lecture prenante!