Our love language 2 – Rinteku

Couverture de Our love language 2 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385692353
Akata, 2025
ISBN: 9784757592612 (JP)
Square enix, 2024 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Grâce à son soutien, j’ai à nouveau envie de monter sur scène! »

Rinteku sensei continue de développer la question de la surdité et des différentes manières de communiquer. Elle interroge sur les quiproquos et les difficultés à exprimer ses sentiments. Elle montre également l’influence d’un rôle sur la personnalité des acteurs au théâtre. Ainsi, Fujinaga se perd parfois dans ses pensées, trop conscient de la scène et du public. Son talent et son jeu trop voyant peuvent alors occulter ceux de ses partenaires. Au contraire, malgré une jeu oppressant, Lem tire ses partenaires vers le haut. En découvrant de nouvelles facettes de son petit ami qui prend de la distance pour son travail, Keito ressent de la jalousie et une possessivité grandissante. L’autrice s’intéresse donc à la gestion de l’inquiétude et à l’acceptation de son handicap. Elle aborde également la différence marquée par les dispositifs d’inclusion et le jugement extérieur. Dans l’histoire bonus, elle narre le quotidien de Keito.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré et rond. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions fortes. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Toutefois, Rinteku sensei pense toujours à bien représenter les mains lorsque les personnages utilisent la langue des signes. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes et présente quelques personnages. La relation avance à son rythme et pour l’instant, le couple n’échange que des baisers passionnés.

En résumé

Fujinaga Aoi, en visite chez Maejima Keito, l’embrasse pensant que c’est ce qu’attendait son petit ami. Suite à ce quiproquos, il réalise que les choses qu’il perçoit instinctivement ne sont pas forcément évidentes pour Keito. Aoi l’invite tout de même à venir le voir dans une pièce de théâtre. En effet, il participe à une audition qui adapte un manga qu’apprécie Maejima.

En conclusion

Ce tome se classe troisième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2025. Rinteku sensei approfondit ses sujets sur la surdité et la communication. Elle analyse également l’univers du théâtre, s’intéressant à l’interprétation d’un rôle. En parallèle, elle développe tranquillement la romance entre Aoi et Keito. Son graphisme très expressif et magnifique porte attention à la gestuelle en générale. Ce tome bien qu’épais se laisse dévorer. J’aime beaucoup Lem et j’espère qu’il continuera à interagir avec notre adorable couple. Énorme coup de cœur confirmé!

Our love language 1 – Rinteku

Couverture de Our love language 1 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385690359
Akata, 2025
ISBN: 9784757587519 (JP)
Square enix, 2023 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je connais très bien la frustration de ne pas réussir à communiquer ce que je veux… »

Rinteku sensei narre une romance entre deux étudiants, avec pour thème principal la question de la surdité. Elle base principalement la narration du point de vue de Fujinaga mais dévoile la version de Keito dans le chapitre bonus. De même, à travers les conversations du « Monde de Keito », elle attire l’attention sur le ressenti et les différentes manières de percevoir les sons. D’ailleurs, la communication est au cœur du récit, avec les quiproquos, la franchise de la langue des signes, l’iconicité et l’expression corporelle du théâtre qui diffère de celle de l’audiovisuel. Grâce à Maejima, Aoi n’hésite pas à remettre en question ses projets d’avenir. Il prend d’ailleurs conscience au fur et à mesure des difficultés rencontrées par son ami dans son quotidien. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’intégration des personnes handicapées dans la société. Elle montre également comment des communications ardues provoquent une perte de confiance en soi.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage une certaine souplesse. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les superpositions. Néanmoins, les décors soignés s’estompent parfois pour ne pas surcharger la page. D’ailleurs, Rinteku sensei décompose les mouvements de la langue des signes, superposant parfois les différentes formes des mains dans une mème case. De même, le lettreur Tom « spAde » Bertrand effectue un gros travail pour transmettre la compréhension difficile de Keito. A la fin de certains chapitres, il y a aussi des conversations entre Aoi et Maejima expliquant le monde ressenti par l’étudiant sourd. Sous la jaquette se trouve la présentation des personnages.

En résumé

Étudiant en lettres modernes, Aoi Fujinaga rêve de devenir acteur mais il échoue à la majorité de ses auditions car il surjoue trop. Un jour, il rencontre Maejima Keito, en sciences de l’éducation, un étudiant sourd, oraliste et signant. Les deux jeunes hommes sympathisent rapidement, cherchant à se comprendre. D’ailleurs, Fujinaga s’intéresse rapidement à la langue des signes. Keito, quant à lui, trouve que son nouvel ami a du talent pour exprimer ses émotions…

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Rinteku sensei fait découvrir aux lecteurices les spécificités de la surdité, ainsi que les différents dispositifs pour aider les malentendants. Grâce à Fujinaga, elle fait le lien entre la langue des signes et le langage corporel, mettant en avant les efforts nécessaires pour communiquer. Son graphisme est magnifique et très expressif. Malgré un tome très épais, j’ai dévoré d’une traite ce récit émouvant. J’adore les deux protagonistes mais également les personnages secondaires, même si ces derniers sont peu développés. Une lecture que je vous recommande grandement! Énorme coup de cœur!

Because I dislike math – Rinteku

Couverture de Because I dislike math de Rinteku, éditions Boys'love IDP

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782368774755
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813030799 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Mathématique versus histoire.

Dans ce one-shot, Rinteku sensei offre une romance simple et mignonne entre deux caractères opposés qui s’attirent. En jouant sur la confrontation d’un esprit scientifique à un esprit littéraire et sur deux méthodes pédagogiques différentes, elle nous plonge dans le milieu scolaire du côté du professorat. De même, elle s’intéresse aux relations entre enseignants et élèves. Cependant, l’humour confère un ton léger au récit. L’auteure reste dans l’observation et n’approfondit pas les questionnements. Ainsi, bien que Shinoda soit le narrateur, il se contente de constater l’évolution de ses sentiments. La traductrice a ajouté quelques annotations bien pensées qui permettent de mieux comprendre certaines subtilités.

Le dessin de la mangaka est agréable: son trait fin épuré convient parfaitement à ses personnages longilignes. De plus, elle accentue les simplification des visages ovales pour renforcer leurs expressions. De même, elle n’hésite pas à les transformer en super-deformed. D’ailleurs, les deux héros apparaissant en SD à chaque fin de chapitre narrent une petite histoire humoristique. Rin sensei privilégie les contrastes noirs et blancs. Les trames servent principalement pour la colorisation ou l’ambiance. Les angles de vue sont recherchés et parfois originaux. Les illustrations de début de chapitre donnent le ton général du récit. Les scènes érotiques ne montrent que l’essentiel, jouant sur les cadrages et le choix des plans.

En résumé

Shinoda Chitose (24 ans) débute comme professeur d’histoire-géographie dans l’école préparatoire Tôsei. Il a toutefois tendance à sympathiser et à être trop familier avec ses élèves. Le professeur de mathématiques Nakatsu, tout en se montrant sévère, le met en garde des risques qu’il prend. Mais Chitose, confiant dans sa méthode d’apprentissage, persiste. Finalement, la jeune Yoshida lui demande un jour son numéro de téléphone portable. Nakatsu vient alors à la rescousse…

En conclusion

Cette petite tranche de vie scolaire avait un fort potentiel mais elle reste trop légère pour faire battre mon cœur. Cependant, le graphisme de la mangaka dégage un certain charme. Une auteure à surveiller à mon humble avis.