New York New York 2 – Ragawa Marimo

Couverture de New York New York 2 de Ragawa Marimo, éditions Panini

RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9791039134132
Panini, 2025
ISBN: 9784592884293 (JP)
Hakusensha, 2003 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Kain, je suis… au comble du bonheur. »

Ragawa Marimo sensei nous plonge dans une enquête policière sur les traces d’un tueur en série, Joey Kline. Elle met en avant les procédures policières, les tensions entre sections mais également, à travers Luna Pittsburg, les remarques souvent misogynes. Par ailleurs, elle montre la pression des médias ainsi que des rumeurs. Ainsi, Kain devient de plus en plus réactif aux remarques homophobes. Il évolue et affronte les difficultés également grâce au soutien de sa mère, Aida Walker. Le caractère instable de Joey se dévoile au fil des chapitres. D’ailleurs, le développement des victimes permet de ressentir encore plus l’impuissance face au déferlement de violence du tueur. L’autrice aborde aussi l’homoparentalité avec l’adoption d’Erica. Alors que la narration se basait sur Kain, elle donne le point de vue de la fillette dans le dernier chapitre. Par ailleurs, elle reboucle sur le premier tome avec le journaliste Matthew Ryan.

La mangaka a un trait légèrement épuré au contour parfois dédoublé. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des morphologies plutôt carrées, caractéristique de son style graphique. Les trames équilibrées sont tout de même très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors soignés situent principalement l’action. Par ailleurs, la mise en page dynamique reprend les codes du shôjo manga. Dans les scènes érotiques, Ragawa sensei joue sur les angles de vue et les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes. Elle offre des fiches personnages succinctes en début de tome. Un vernis sélectif apporte de la douceur et du relief à la couverture.

En résumé

Mel Frederics et Kain Walker décident de se marier même si cela reste officieux. A leur surprise, Brian Berg, le chef de Kain, assiste à la cérémonie tandis que JB et les collègues de Mel célèbrent l’évènement chez les jeunes mariés. D’ailleurs, le lendemain, les deux amoureux continuent de rester sur leur petit nuage de bonheur. Toutefois, en rentrant le soir, Kain découvre que Mel a disparu…

En conclusion

Ragawa Marimo sensei propose une approche plutôt réaliste. Elle alterne action, enquête, tension, jouant constamment avec les émotions des lecteurices, entre espoir et désespoir. Elle continue en parallèle à dénoncer l’homophobie de l’époque à travers d’autres thèmes. Son graphisme reconnaissable s’adapte parfaitement aux ambiances. Bien que je connaisse déjà l’histoire dans son intégralité, je stressais quand même durant l’enquête et mes larmes ont naturellement coulé à la fin. Les commentaires des intervenants apportent en plus un autre regard intéressant sur le récit. Ne passez pas à côté de ce chef d’œuvre! Une lecture à lire absolument.

New York New York 1 – Ragawa Marimo

Couverture de New York New York 1 de Ragawa Marimo, éditions Panini

RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9791039134125
Panini, 2025
ISBN: 9784592884286 (JP)
Hakusensha, 2003
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Jesus… Je me suis dit que c’était le destin. »

Ragawa Marimo sensei propose de découvrir la vie des homosexuels aux États-Unis durant les années 90, à travers la romance de Walker et Frederics. Ainsi, elle aborde l’homophobie, la discrimination, la difficulté à faire son coming out, le mariage, le sida et la vie sexuelle des homosexuels. Elle offre une large palette de réactions entre acceptation et rejet. Le passé traumatisant de Mel se dévoile au fil des chapitres. D’ailleurs, le serveur a développé un amour exclusif et dépendant. Kain, au contraire, se comporte d’abord de manière méprisable avec un côté dominant et jaloux, distinguant amour et sexe. Le couple évolue alors avec des hauts et des bas. La narration se base principalement du point de vue du policier. L’autrice développe également les personnages secondaires homosexuels, présentant une petite tranche de leur vie, centrée sur leur manière de vivre autrement leur sexualité. Elle dénonce la pression sociale et familiale subie.

La mangaka a un trait légèrement épuré, jouant sur les pleins et déliés, avec des contours parfois dédoublés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, en plus des trames équilibrées, elle dessine certains motifs à la main comme par exemple les carreaux des chemises, les jeans. Des hachures soulignent également les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. La mise en page reprend les codes du shôjo manga, avec des sorties de cadre, des fleurs décoratives, des superpositions et des ellipses. Dans les scènes érotiques, Ragawa sensei joue sur les cadrages pour ne jamais montrer les parties intimes. L’éditeur propose une perfect edition en coffret, regroupant les quatre tomes initiaux en deux, en plus grand format. Un vernis sélectif sur la couverture donne un bel effet. Il y a également une illustration et deux marque-pages.

En résumé

Kain Walker, policier (24 ans), cache son homosexualité et cumule les aventures d’un soir. Mais un jour, il rencontre Mel Frederics, serveur (22 ans), dans un bar gay. Bien que le jeune homme ne cherche qu’à discuter, Kain sympathise vite et n’arrive pas à l’oublier. Finalement, les deux hommes finissent par sortir ensemble. Toutefois, Walker gère mal sa jalousie grandissante vis à vis des hommes que Mel a pu rencontrer avant lui. Pourtant, ils emménagement ensemble.

En conclusion

Ragawa Marimo sensei offre une tranche de vie empreinte de réalisme, abordant de manière générale l’homosexualité dans les années 90 aux États-Unis. Ainsi, elle dépeint avec finesse les émotions de ses personnages et décrypte également les différentes réactions. Elle mêle avec dextérité romance, drame et petits moments comiques. Son graphisme rafraîchissant a un style immédiatement reconnaissable, avec des morphologies plutôt carrées. Fan de la mangaka, c’est avec un énorme plaisir que je redécouvre cette magnifique histoire. Une lecture émouvante!

Only love – Aida Saki et Yamada Yugi

only love aida saki yamada yuki
AIDA Saki 英田サキ
YAMADA Yugi 山田ユギ
ISBN: 9782351804414
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784813051879 (JP)
Taiyohtosho, 2009 (JP)
Titre original: たかが恋だろ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des sentiments non-dits, des relations ambiguës.

Aida Saki sensei arrive à sublimer le thème classique de l’ami d’enfance amoureux en secret depuis longtemps en y incorporant son univers. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure le passé des trois protagonistes et installe un triangle amoureux aux teintes légèrement dramatiques. Les deux enfants apportent une touche innocente et leur amour se confronte aux relations complexes entre les adultes. En effet, Takatsudo et Kyôsuke préfèrent garder leurs sentiments pour eux. En plus, comme Shin agit au lieu de communiquer, il entraîne son bien-aimé dans une relation peu consentie. L’auteure aborde la trahison, le mensonge, l’amour secret et la peur d’assumer son homosexualité. Par ailleurs, elle maintient le suspense jusqu’au bout. Elle développe aussi la psychologie de ses personnages. Depuis 12 ans, Takatsudo cherche encore son orientation sexuelle. Kyôsuke est attachant, tiraillé entre son métier et son envie de protéger ceux qu’il aime.

Yamada Yugi sensei a un style reconnaissable avec des visages presque carrés. Elle a un trait épuré, légèrement anguleux qui joue sur les pleins et les déliés. Toutefois, elle simplifie beaucoup les expressions dans les passages humoristiques, les résumant à quelques traits. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières peuvent être très graphiques, avec des fleurs, des cœurs, des fraises ou des pois. Par ailleurs, la mise en page très dynamique, accompagne le regard. La mangaka censure les scènes érotiques en évitant de dessiner les détails mais en jouant surtout sur les angles de vue. Elle offre de magnifiques illustrations, simples mais fortes en émotions, en début de chapitre, mettant en avant les héros.

En résumé

Kurata Izumi, veuf, travaille dans un café et élève son fils, Makoto, avec le soutien moral de son beau-frère yakuza, Sawaragi Kyôsuke. Un jour, il rencontre un ami d’enfance, Takatsudo Shin, qui avait coupé les ponts avec lui sans explication à la fin du collège. Ce dernier accompagne à la maternelle son neveu Ai. Malgré des retrouvailles plutôt froides entre les anciens amis, les deux enfants s’avèrent être très complices. Ils sont donc amenés à se croiser souvent. A la surprise d’Izumi, Shin semble avoir oublié sa remarque au collège et cherche à renouer avec lui. Pourtant, en s’incrustant au prétexte d’un rendez-vous entre les enfants, il finit par se disputer avec le père célibataire en ressassant le passé…

En conclusion

Deux grands noms du BL qui s’associent pour nous offrir un one-shot simple mais palpitant. Les évènements s’enchaînent avec fluidité. On reconnaît immédiatement le style d’Aida Saki sensei, connue pour sa série phare de romans Deadlock. Les personnages ont des personnalités complexes. D’ailleurs, Yamada Yugi sensei arrive, à travers son dessin, à retranscrire l’ambivalence des protagonistes. De même, elle efface son style narratif au profit de celui d’Aida Saki sensei. Ainsi, le récit se nimbe d’une touche mélancolique. Un drama CD est sorti la même année. J’adore l’impertinence de Makoto qui détend l’atmosphère générale et incite les adultes à bouger. Même si le comportement de Takatsudo m’énerve un peu, je trouve qu’il va bien avec Izumi. J’aurais même préféré qu’il galère un peu plus. En plus, j’aime beaucoup le style graphique de la mangaka. Je suis donc conquise!