Happy of the end 3 – Ogeretsu Tanaka

couverture happy of the end 3 ogeretsu tanaka hana

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382764770
Hana, 2024
ISBN: 9784801981843 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Une ordure comme toi ne risque pas d’avoir des amis. »

Ogeretsu Tanaka sensei conclut son récit en confrontant d’abord ses deux héros à une effroyable épreuve. Comme dans le tome précédent, elle s’attarde sur l’évolution des sentiments de ses personnages, en particulier le basculement de Haoren devenu instable suite à un énième traumatisme. Ainsi, elle aborde la difficulté à se reconstruire et à préserver son bonheur, le poids de la culpabilité, la facilité à fuir les responsabilités. Malgré son traumatisme, Chihiro s’efforce de rassurer son partenaire. Haoren, qui a le plus changé, préfère maintenant agir avant tout pour le bonheur de son bien-aimé, quitte à se sacrifier. Malgré les silences, le couple semble se comprendre de mieux en mieux, soutenu par Kaji et Matsuki. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux efforts pour réaliser son rêve, l’influence positive de préparer son avenir. Elle maintient le suspense, surprenant le lecteur jusqu’à la dernière page.

La mangaka a un trait léché. Elle exagère légèrement les expressions, simplifiant un peu son trait dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, donnant ainsi un effet réaliste, surtout pour les ombres et les motifs des tissus. De même, les décors très présents et soignés renforcent le réalisme. Les paysages d’Enoshima sont ainsi reconnaissables. Au lieu des trames d’ambiance, un jeu de lumière avec des décors estompés donne un effet de contre-jour. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle propose une mise en page très dynamique. Par ailleurs, elle renforce la profondeur avec des hachures au premier plan, permettent ainsi de se focaliser sur les points essentiels. Cette technique discrète fluidifie grandement la lecture. Les illustrations en début de chapitre présentent les personnages assis, dans un style plus dépouillé qui tranche avec le reste.

En résumé

Maya oblige Kashiwagi Chihiro à monter dans sa voiture en menaçant sa collègue lycéenne Komori Misato. Mais énervé par une remarque de Chihiro, il finit par le passer à tabac. Toutefois, des passants les surprennent en filmant la scène avant de prévenir les secours. Quand Chihiro se réveille plus tard à l’hôpital, Kaji vient d’abord prendre de ses nouvelles puis cède sa place à Haoren Kô. A la fois rongé par la culpabilité et en état de choc, Haoren se montre doux avec son bien-aimé en larmes, ne sachant comment le réconforter.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Ogeretsu Tanaka sensei offre une fable humaine émouvante qui m’a tiré quelques larmes. Les sentiments des personnages sont palpables. En plus, son graphisme plutôt réaliste et très expressif rend le récit encore plus saisissant. La lecture provoque ainsi une flopée d’émotions. Impossible de rester de marbre face à cette malchance affligeante qui touche ce couple se contentant pourtant de très peu de bonheur!

Happy of the end 2 – Ogeretsu Tanaka

happy of the end 2 ogeretsu tanaka

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382762073
Hana, 2024
ISBN: 9784801976160 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Votre salon ressemble à un love hotel… »

Ogeretsu Tanaka sensei offre une parenthèse de douceur dans son récit, maintenant néanmoins une certaine tension, comme une épée de Damoclès prête à tomber sur ses deux héros. Elle s’attarde sur l’évolution des sentiments de ses personnages, Haoren se confiant de plus en plus à Chihiro et montrant également plus facilement son affection. D’ailleurs, le jeune homme expérimente de nouvelles émotions comme la jalousie, la peur de perdre un être cher. Ainsi, son passé se révèle par brides, laissant l’imaginaire du lecteur compléter les éléments les plus durs. Chihiro qui se montre compréhensif se prend également en main. L’introduction de Maya vient briser ce quotidien rassurant proche de la normalité. L’auteure aborde la difficulté à discuter et partager des souvenirs traumatisants, les dégâts causés par la drogue, la fuite presque impossible de son passé. Elle marque le passage du temps à travers divers évènements. L’histoire bonus apporte une note humoristique.

La mangaka a un trait léché. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. D’ailleurs, elle varie beaucoup les physionomies, rendant ses personnages facilement reconnaissables. Les trames très variées transcrivent les couleurs, les motifs, les ombres et même les dégradés. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors soignés ajoutent une note réaliste, apparaissant dans les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique varie souvent les plans et s’attarde sur les détails. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages devant un décor reprenant le thème principal du récit. Comme dans le tome précédent, elle présente deux autres personnages sous la jaquette.

En résumé

Kaji Ryôhei constate que Keito, alias Haoren, et Kashiwagi Chihiro transforment petit à petit leur intérieur en nid d’amour, vivant ensemble comme un couple. D’ailleurs lors d’une sortie au restaurant, Haoren officialise ses sentiments envers son partenaire. Il accepte même plus facilement de se déshabiller et d’exhiber son corps couvert de cicatrices durant leurs ébats…

En conclusion

Ce tome se classe huitième meilleure série au Chill chill BL award 2023. Ogeretsu Tanaka sensei maîtrise parfaitement le rythme de son récit, maintenant une tension constante et proposant quelques respirations romantiques ou amusantes aux lecteurs. Elle fait côtoyer avec finesse désespoir et petits bonheurs du quotidien. Son graphisme presque réaliste facilite l’immersion dans le récit. Une lecture pleine d’émotions qui nous invite à réfléchir sur le bonheur!

Happy of the end – Ogeretsu Tanaka

happy of the end ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382761038
Hana, 2022
ISBN: 9784801973404 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Félicitations, t’es toujours en vie! »

Ogeretsu Tanaka sensei narre une romance dramatique entre deux hommes désespérés. Elle révèle leur passé douloureux par de courts flash-back, conservant à chaque fois un peu de suspense. Ainsi, elle aborde différents thèmes comme l’homophobie, le rejet familial, le manque d’affection et la pédophilie. Suite à plusieurs rejets affectifs, Chihiro vivote en se vengeant du monde, cherchant désespérément un peu d’amour. Keito, quant à lui, se contente du peu de bonheur qu’on lui offre, même factice. Les deux hommes vont développer leurs sentiments durant leur cohabitation, reprenant petit à petit goût à la vie. Ainsi, l’auteure s’attarde principalement sur la psychologie de ses personnages et décortique leurs émotions. Elle dépeint un amour désespéré, bancal mais qui s’équilibre petit à petit. Elle s’intéresse également à l’influence des mots et des comportements humains.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle détaille les petits gestes, regards mais également les signes de négligence comme la barbe naissante, les tenues débraillées. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Il y a beaucoup de trames, renforçant le réalisme. De même, les décors sont plutôt présents et détaillés. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. Et les fonds noirs indiquent les flash-back. Le découpage et la mise en page sont très dynamiques. Ogeretsu sensei suggère les scènes violentes en ne les détaillant pas. Par contre, elle ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente ses personnages.

En résumé

Rejeté par sa famille, Kashiwagi Chihiro (23 ans) a perdu son logement quand son petit ami, Maeda Shun’ichi, s’est marié. Affamé et fauché, il ose même voler le sandwich d’un enfant dans un parc. Il se rend alors dans un bar en pensant escroquer un homme riche et sympathise rapidement avec le beau Keito. Mais à l’hôtel, sa cible l’agresse subitement puis le jette aux ordures. Toutefois, son agresseur le récupère plus tard car il recherche une carte noire que Chihiro aurait dérobée à une de ses victimes. Avec l’aide du chauffeur Kaji, il le ramène chez lui. Kashiwagi ayant jeté la carte, il le renvoie chez lui mais ce dernier lui avoue ne plus avoir de domicile.

En conclusion

Ogeretsu sensei nous plonge dans la noirceur humaine et la recherche du bonheur. Elle arrive à transmettre le désespoir des différents personnages et invite le lecteur à réfléchir sur la dureté de la vie, la déchéance qu’elle entraîne parfois ainsi que le droit à un peu de bonheur. Ce one-shot procure énormément d’émotions à la lecture et ne laisse donc pas indifférent. Mise à jour: Ce tome obtient la première place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022.

Notre paradis – Uehara Ari

notre paradis uehara ari
UEHARA Ari 上原あり
ISBN: 9782375062920
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801959408 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Deux hommes dépendants à la recherche d’un nouveau paradis.

Uehara Ari sensei nous présente une étrange cohabitation entre deux jeunes hommes qui dépendent des autres et se laissent vivre. Elle aborde avec une certaine pudeur la peur de la solitude, le corps comme objet de consommation ainsi que la prostitution. Nos deux héros ont une vision différente du bonheur amoureux: l’otaku développe une dépendance affective tandis que le gigolo évite de s’attacher pour profiter surtout de la tendresse qu’il reçoit. L’auteure maintient le suspense en ne montrant pas le visage de Nahoko. En tardant à nommer ses deux héros, elle montre en parallèle l’évolution de leur relation. De même, elle révèle au compte-gouttes des brides de leur passé, plutôt sombre. La narration alterne entre les deux hommes et revêt un style particulier, en partageant leur dialogue intérieur avec leur hôtesse. En plus, le destin offre des connexions surprenantes, renforçant l’effet de limite à leur petit paradis.

La mangaka a un trait fin et épuré. Même si son style un peu shôjo ne se démarque pas, il dégage beaucoup de douceur. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions. Le reste des trames est équilibré. Par contre, les décors sont détaillés et très présents, ajoutant une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Uehara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même en détail les coupes intérieures. Pourtant, la sensualité domine. Sous la jaquette, un dessin mignon est en lien avec le chapitre bonus final.

En résumé

Dans un cybercafé, un otaku (25 ans) est dérangé par les gémissements d’un couple en pleins ébats dans le box voisin. Excité par leurs voix, il finit même par se masturber. Mais le gigolo (22 ans) qui a fini son affaire l’interrompt. Il entame alors la conversation en remarquant un tatouage de papillon au bas du dos du solitaire, puis lui montre fièrement son tatouage d’un quetzal dans le dos. Depuis, les deux hommes logent chez la généreuse Nahoko qui les entretient en échange de quelques câlins. Ils se chamaillent souvent à cause de leur caractère opposé. Pourtant, un jour, alors que le gigolo taquinait l’otaku qui avait reçu les faveurs de leur hôtesse, ce dernier réagit à ses caresses…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Dur de parler du titre sans nommer les personnages! Mais j’ai voulu respecter le choix de l’auteure, car cela a de l’importance dans le déroulé de l’histoire. Un petit coup de cœur pour ce titre mais beaucoup d’attachement. Je suis subjuguée par le style narratif qu’a adopté Uehara sensei pour approfondir la personnalité des personnages, chapitre par chapitre, en révélant beaucoup avec peu. Toutefois, cela pourra désorienter certains lecteurs. En plus, l’effet se perd lors des relectures. De même, vu le contexte du récit, le consentement n’est pas forcément au rendez-vous mais cela correspond (malheureusement) au caractère des protagonistes.