Barbarities 1 – Suzuki Tsuta

barbarities 1 suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782375062951
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784799725726 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je suis un homme qui vit pour l’amour. »

Suzuki Tsuta sensei crée son univers en s’inspirant de l’histoire occidentale. Elle introduit d’abord les personnages avant d’installer peu à peu les différentes intrigues. Ainsi, conflits politiques, religieux et royaux s’entremêlent à la luxure et l’hédonisme des nobles. Adam, extravagant et conscient de sa beauté, s’attache à la seule personne qui se refuse à lui. Un jeu de séduction va donc naître entre lui et Joël qui s’avère peu intéressé par l’amour. L’auteure joue au yo-yo avec les émotions du lecteur par des rapports peu ou non consentis, les empêchant tout simplement d’aboutir. Elle met en avant certains personnages secondaires. Elle dévoile d’autres facettes de Joël et Adam dans une histoire bonus. D’ailleurs, les mœurs différentes entre les pays influent sur les relations.

La mangaka a un trait un peu anguleux, fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant parfois les expressions. Elle soigne particulièrement les décors et les costumes. Par exemple, sous la jaquette, on peut admirer les détails de la fontaine qui se trouve derrière les deux héros. Quelques trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page dynamique met en valeur la beauté d’Adam. Suzuki sensei ne détaille pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle évite de tout simplement les montrer si le consentement laisse à désirer.

En résumé

Le vicomte Adam Canning est assigné à la garde du seigneur Montagu, ministre de la justice de la couronne, menacé depuis sa dernière intervention. Mais le libertin qui ne vit que pour le plaisir de l’amour, s’ennuie avec son austère patron. A une soirée de la marquise Mac Todd, il croise Joël, le neveu de Montagu, et tombe immédiatement sous le charme du bel intellectuel coincé qui l’éconduit. Mais en pleine nuit, après avoir participé à une orgie avec la marquise et ses amies, le capitaine surprend le jeune Joël en train de s’approcher de leur lit. Il le tire alors à lui pour l’embrasser mais l’intrus se débat. Ayant réveillé la marquise, les deux hommes fuient. En fait, Joël cherchait une clé d’un coffre qui contiendrait des preuves irréfutables contre le marquis, en prison. Adam lui propose alors d’organiser un plan à trois avec la marquise…

En conclusion

Ce premier tome nous plonge rapidement dans l’ambiance. Comme à son habitude, Suzuki sensei alterne avec brio tension et humour. En plus, le travail de traduction d’Isabelle Eloy est d’excellente qualité, rendant les expressions et les tournures anciennes. J’ai par ailleurs un énorme coup de cœur pour cette série. Un titre idéal pour découvrir le BL avec une note classique!

Yes, my destiny 1 – Sachimo

yes my destiny 1 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368775660
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891867 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Lutter contre le destin ou l’utiliser?

Sachimo sensei présente un omegaverse assez « classique » mettant en avant la discrimination que les alphas imposent aux bêtas et aux omégas. Elle s’intéresse particulièrement aux âmes-sœurs et à l’attirance incontrôlable qu’ils ressentent. Ses deux héros, oméga et alpha, vont d’abord lutter contre leur instinct, refusant de se soumettre à leurs phéromones. Malgré la hiérarchie établie, le père Saionji Tarô se montre très ouvert et semble vouloir faire bouger la génération suivante, aidé par les majordomes. La narration alterne entre Miyauchi, Aoi et Jirô. L’auteure travaille la psychologie de ses personnages et aborde principalement leur évolution. Elle dépeint avec finesse le tiraillement que ressent l’oméga, entre son désir de maîtrise du destin et les réactions de son corps. De même, elle crée un alpha complexé, gérant mal la pression mais qui s’adoucit en observant la lutte d’Aoi. Tous deux s’investissent d’abord dans leur travail et leurs études.

La mangaka a un trait épuré parfois dédoublé sur les contours. Légèrement anguleux, elle le simplifie et arrondit même les visages dans les passages humoristiques. Elle varie les trames, plutôt équilibrées. En plus, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors sont parfois simplifiés mais très présents. La mise en page est dynamique. Sachimo sensei représente graphiquement les phéromones et exprime les chaleurs en exagérant les expressions des visages. Elle ne censure pas du tout les scènes érotiques.

En résumé

A la mort de son père, Tôjô Aoi quitte le domicile familial, ne s’entendant pas avec sa belle-mère. Bien qu’issu d’une famille noble, l’oméga a l’intention de prendre son destin en main. Accompagné de son majordome Miyauchi (bêta), il est alors engagé par la riche famille Saionji. Mais le fils héritier, Jirô (alpha), déteste les omégas. Son majordome, Kudô (alpha), n’est également pas d’accord, le personnel étant en effet majoritairement des alphas. Cependant, le jeune homme s’accroche et arrive même à se faire accepter parmi le personnel à force de persévérance. Toutefois, sa motivation cache en réalité son attirance secrète pour Jirô, qu’il considère comme son âme-sœur. Mais un jour, ses chaleurs se déclenchent…

En conclusion

L’auteure arrive à jongler entre drame et romantisme. Aoi et Jirô réfléchissent beaucoup à leur position, à leurs sentiments, à leur avenir. Les premiers rapports sont tendus mais le désir provoqué par les phéromones se transforme presque en consentement entre les âmes-sœurs. J’aime beaucoup ce récit même si la conclusion me paraît en demie-teinte, laissant entendre l’impossibilité d’aller contre son destin. Une lecture agréable avec des personnages intéressants.

Blue morning 8 – Hidaka Shoko

blue morning 8 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368777657
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784199607714 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Kuze et Katsuragi vont enfin décider de leur avenir: entre amour et projets, le choix sera difficile.

Hidaka Shoko sensei conclut sa saga historique en offrant un dernier tome rempli de surprises et de révélations. Comme dans le tome précédent, Katsuragi continue encore à évoluer. Toutefois, tandis que Kuze réforme sa famille, l’ancien majordome a encore du mal à vraiment décider par lui-même, prisonnier de son passé. Mais l’entourage de Tomoyuki le guide doucement vers l’émancipation totale. Le mouvement révolutionnaire en marche se ressent déjà avec les jeunes générations. L’auteure continue à dénoncer les méthodes de la noblesse pour préserver coûte que coûte son rang sans pour autant mélanger son sang. De même, elle met en avant les industries montantes de l’époque: la construction navale, ferroviaire, le textile, avec la modernisation des techniques apprises à l’étranger. Le couple est partagé entre leurs projets et leurs sentiments enfin partagés, redoutant la séparation.

La mangaka a toujours un trait épuré aussi beau. Elle soigne les expressions des visages mais n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. De même, les décors sont soignés, en particulier les paysages qui s’étalent sur de grandes vignettes ou en pleine page. Les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique avec des angles de vue variés jouant beaucoup sur les plongées et contre-plongées, des ellipses ou des emboîtements de cases. Les scènes érotiques montrent peu les parties intimes, jouant sur les cadrages. D’ailleurs, Hidaka sensei préfère se concentrer sur le partage des sentiments, s’attardant sur les gestes tendres et les regards langoureux. Preuve de son talent, l’histoire bonus en fin de tome n’a pas besoin de dialogue pour être émouvante. Le titre en argenté donne une petite touche somptueuse à la couverture.

En résumé

Kuze Akihito a rendez-vous avec les dix candidats sélectionnés par Amamiya Rinzaburô pour devenir étudiants au pair de la famille Kuze. Contrairement à ses instructions, il s’agit de descendants des anciens vassaux de la famille. En effet, le niveau d’excellence exigé par le vicomte n’a pas laissé trop de choix. Mais en entendant leur conversation à travers la porte et l’aversion pour certains de l’ancien système, il décide tout de même de leur exposer son plan. Même si l’ancien intendant trouve encore insensé de former tous ces jeunes en Angleterre pendant deux ans, il ne contredit plus Akihito. Ainsi, Katsuragi profite du calme de Kamakura pour réfléchir à son avenir avec son amant.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2019. Kuze Akihito est classé deuxième meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki premier meilleur uke. Plus épais, il mérite grandement sa place au classement. La fin positive et romantique me comble de bonheur. Mon cœur palpitait à chaque page. Un manga à lire absolument!

Blue morning 7 – Hidaka Shoko

blue morning 7 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368775547
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606977 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Tomoyuki est enfin libre de réaliser ce qu’il désire, sans rien devoir à la famille Kuze.

Hidaka Shoko sensei consacre ce tome principalement à Katsuragi. Elle maintient le suspense en ne dévoilant que quelques brides des nombreuses révélations. D’ailleurs, elle développe surtout la psychologie de ses personnages. La relation entre le maître et son ancien domestique évolue, n’étant plus influencée par une quelconque hiérarchie. Pouvant parler d’égal à égal, Tomoyuki, d’abord perdu, s’émancipe et va ensuite s’ouvrir un peu plus aux autres. Ainsi, il découvre un nouvel intérêt personnel dans l’usine de textile. Son changement entraîne également ceux qui l’entourent à évoluer, en particulier ses frères. Parallèlement, en introduisant le courtier Nakajima, l’auteure présente les stratégies boursières de l’époque, mêlant l’influence des grèves et des médias. Par ailleurs, elle donne un aperçu du développement des chemins de fer.

La mangaka n’hésite pas à simplifier ses traits pour renforcer les expressions, ajoutant une touche d’humour à ce récit plutôt sérieux et réaliste. Afin d’équilibrer les pages contenant beaucoup de dialogues, elle joue sur les respirations grâce aux vides. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors sont bien intégrés. Par ailleurs, les angles de vue variés appuient la mise en page dynamique. Hidaka sensei censure les scènes érotiques en ne dessinant pas les détails des organes sexuels.

En résumé

Katsuragi a changé et commence à se plaindre ou partager ses inquiétudes. Après une nuit torride avec Akihito pour oublier son départ en Angleterre, il retrouve Amamiya dans la calèche qui le mène chez Ishizaki. L’intendant l’avertit alors de l’ire de Sôemon. Comme il a ignoré ses ordres de restructuration, le premier secrétaire croit deviner que sa gestion de l’usine de textile l’a contrarié. Il refuse également de connaître les projets de son amant, sachant pertinemment qu’il cherchera à l’arrêter. De son côté, Kuze désire tout recommencer à zéro. Il rend donc une visite impromptue à Katsuragi Takamasa. Pour cela, il s’adresse directement au cadet, Hiroyuki, conscient que son action risque encore de créer des tensions.

En conclusion

Comparé au volume précédent, ce tome permet à la série de monter à la seconde place au Chill Chill BL award 2017. Kuze Akihito est toujours classé troisième meilleur seme, Katsuragi Tomoyuki remonte à la seconde place du meilleur uke. A noter que l’auteure est une habituée du Chill Chill BL award, ses différentes séries étant souvent classées dans le top 20. En effet, elle arrive à casser puis reconstruire les convictions des lecteurs grâce à une bonne maîtrise du scénario. Toujours aussi passionnant, j’ai hâte de lire le dernier tome!

Blue morning 6 – Hidaka Shoko

blue morning 6 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368775219
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606472 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Tomoyuki se résigne à suivre Akihito, n’étant plus sûr de rien à part ses sentiments amoureux pour lui.

Hidaka Shoko sensei continue à semer des indices au fil des chapitres, renouvelant son récit. Elle met en avant la vision moderne d’Akihito et son influence sur Tomoyuki. Indirectement, elle dénonce le rôle de la femme à l’époque, complètement soumise et considérée comme un simple ventre à produire un héritier mâle. Pourtant, Kuze et Katsuragi porte un regard tout autre, appréciant les femmes s’affirmant et les traitant d’égal à égal. En parallèle, l’auteure montre le développement du prêt-à-porter, l’influence américaine dans la conception et la production et quelques différents types de management. Justement, le premier secrétaire apporte également une vision moderne de la gestion. Tandis que la relation entre Akihito et son ancien intendant évolue, leur amour se renforce. La fin de ce tome plonge le lecteur dans un suspense insoutenable.

La mangaka soigne particulièrement les expressions et les postures de ses personnages. Elle simplifie les traits pour certaines scènes humoristiques. Par exemple, les petites têtes ou les moues des personnages sont toutes mignonnes. Hidaka sensei utilise un peu plus de trames d’ambiance. Elle rend avec précision le faste des résidences ou le calme de la campagne, dessinant les décors sur toute la longueur des vignettes. De même, elle différencie le style occidental et le style japonais jusque dans les petits objets du quotidien et les plantes des jardins. La mise en page est toujours aussi dynamique. Les scènes érotiques, assez détaillées, dégagent de la sensualité et jouent sur les cadrages pour éviter la censure.

En résumé

La soirée des Moriyama se conclut sur de grands chamboulements: Kuze Naotsugu ayant refusé de prendre la succession, Akihito se fait alors passer pour souffrant, aidé par les médias. Ne comprenant plus la stratégie de son maître, Tomoyuki se résigne à le laisser faire. Ishizaki Sôemon lui confie alors la direction d’une usine textile endettée avec pour consigne d’augmenter les profits. Il lui donne également un permis de circulation des chemins de fer pour Kuze qui lui permettra de désenclaver ses terres. Mais le premier secrétaire devine les réels desseins de l’entrepreneur qui cherche à s’accaparer de la famille Kuze. Caché dans un hôtel à Tsukiji, Akihito aime découvrir la vie simple du peuple en se promenant incognito, portant des vêtements négligés. En parallèle, il prépare son nouveau plan aidé d’Amemiya, de Katsuragi Takayuki devenu responsable des finances de la famille Kuze et Moriyama Kayoko, divorcée et installée en France.

En conclusion

Ce sixième tome a obtenu la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Kuze Akihito monte à la troisième place du meilleur seme mais Katsuragi Tomoyuki descend à la sixième place du meilleur uke. Il est amusant de voir les deux amants s’aimer enfin sans contrainte mais fuir le moindre conflit entre eux. La résignation de Katsuragi est presque inquiétante. De plus, l’auteure relance les questionnements sur les origines de Tomoyuki avec les Kuze. J’ai tellement envie de le soutenir!

Blue morning 5 – Hidaka Shoko

blue morning 5 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774601
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199605772 (JP)
Tokuma shoten, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Tomoyuki et Akihito ont chacun un plan pour sauver la famille Kuze.

Hidaka Shoko sensei offre un tome intense en rebondissements, révélant au fur et à mesure les projets de Tomoyuki et Akihito. En parallèle, elle présente les mondanités de l’époque avec les réceptions pour se faire voir, la présence des journalistes et les petits jeux des scandales. Elle donne également un aperçu des tensions entre samurai et nobles dûes au système d’abolition des castes. En effet, l’anoblissement de certains au gré des réseaux ou pots de vin ont surtout créé des inégalités. Certains personnages secondaires, se ralliant à la défense du couple, prennent de l’importance, influant encore sur le jeune Akihito. Par exemple, l’auteure met en avant la marquise Moriyama Kayoko, fille de commerçant, à l’esprit moderne qui ne se laisse pas enfermer par son mariage clairement économique. Par ailleurs, elle dévoile tout le travail effectué en amont par Katsuragi depuis des années par de nombreux flash-back.

La mangaka s’attarde particulièrement sur les détails, les petits gestes et les regards. Ce tome étant très dense en dialogues et réflexions intérieures des protagonistes, elle facilite la lecture en aérant ses pages et en jouant sur les gros plans et les vides. D’ailleurs, la mise en page reste très dynamique grâce à la variété des angles de vue et les ellipses. De même, l’équilibre entre les décors et les trames participe à l’ambiance. La plupart des illustrations de début de chapitre met en scène le couple en train de flirter et compense la quasi absence de scènes érotiques.

En résumé

Katsuragi Tomoyuki réfléchit de plus en plus à ses erreurs et ses sentiments envers Kuze Akihito. Comme il couchait facilement pour obtenir ce qu’il voulait, il croyait fermement à une passade de son maître. Mais face à ses déclarations passionnantes, il a fini par lui avouer ses sentiments. N’ayant aucune preuve de son lien filial avec Kuze Naoya, il pense donc confier la direction de la famille Kuze et le potentiel titre de comte au demi-frère d’Akinao, Naotsugu. Ce dernier ayant la santé fragile, il permettrait ainsi à Akihito de revenir plus tard. Mais Katsuragi doit rattraper également les erreurs du jeune héritier. En effet, ce dernier s’est compromis en faisant chanter le marquis Moriyama sur ses anoblissements illégaux. Dans la calèche les menant au bal du marquis, l’ancien domestique hésite encore à appliquer son plan secret, redoutant de perdre l’affection d’Akihito. Pourtant, ce dernier lui accorde toute sa confiance.

En conclusion

Malgré deux années écoulées après le volume précédent, ce tome a réussi à obtenir la septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. Kuze Akihito occupe maintenant la cinquième place du meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki, la quatrième place du meilleur uke. Les aventures de ce couple attendrissant qui se bat contre les conventions et les hiérarchies de classe sont tellement prenantes. Il est amusant de les observer opérer dans l’ombre et se trahir mutuellement alors qu’ils agissent en fin de compte pour le même objectif. Et puis voir une femme de caractère à cette époque comme Kayoko est rafraîchissant.

Blue morning 4 – Hidaka Shoko

blue morning 4 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774595
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199605192 (JP)
Tokuma shoten, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’origine révélée de Tomoyuki redistribue les cartes et relance à nouveau le jeu des intrigues.

Après un tome plus sentimental, Hidaka Shoko sensei plonge à nouveau les lecteurs dans les intrigues politiques et familiales. Elle dévoile au fur et à mesure les projets de Tomoyuki et d’Akihito, maintenant une tension constante durant le récit. Ishizaki Sôichirô prend un peu plus d’importance, jouant le défenseur de cet amour compromettant. Les autres personnages semblent tous devenir les pions d’un gigantesque échiquier dans les mains des deux héros. Parallèlement, l’auteure présente les différentes méthodes utilisées par les nobles et les bourgeois pour obtenir des renseignements essentiels à leur expansion, entre espions, analyses des rumeurs, manipulations, spéculations. De même, elle aborde le développement des zaibatsu à travers les modèles de la banque Katsuragi, bloquée par une servitude envers leur ancien seigneur et le commerce Ishizaki qui élargit ses investissements. Elle décrit avec finesse et toujours sur un ton réaliste, les difficultés à trancher entre famille et sentiments.

La mangaka soigne particulièrement les petits gestes, les postures et les détails. Par exemple, elle exprime la supériorité en jouant sur le regard en contre-plongée. De même, elle est précise dans les décors, présentant le quotidien et les différents objets et métiers de l’époque. Quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions des personnages. La mise en page est dynamique jouant sur les ellipses, les emboîtements, les sorties de cadre. Les scènes érotiques sont sensuelles, un peu plus détaillées, avec un découpage presque cinématographique. Elles mettent parfaitement en scène les sentiments contradictoires à la raison.

En résumé

Kuze Akihito s’est installé dans la chambre que loue Ishizaki Sôichirô pour rencontrer habituellement Kofusa. Curieux, il apprécie de découvrir la vie simple du peuple, en faisant les courses, en apprenant à préparer le bain, la cuisine. Comme il ne va plus à l’école, son ami, inquiet, lui rend visite pour tenter de le raisonner. Mais l’héritier Kuze a d’autres projets, souhaitant même renoncer à son titre de noblesse. En effet, il veut seulement rendre Tomoyuki heureux. Ce dernier travaille maintenant pour Ishizaki Sôemon, ayant quitté la résidence de son maître sans prévenir. Mais en réalité, le domestique continue à soutenir Akihito de l’extérieur. De leur côté, les frères Katsuragi ont découvert que le benjamin est en fait l’enfant illégitime de Kuze Naoya avec une geisha. Afin de préparer son nouveau plan, Kuze convoque alors Amamiya.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. De même, Kuze Akihito s’empare de la première place de meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki de meilleur uke. Katsuragi porte si bien le fundoshi, même sous ses vêtements occidentaux! Plus qu’un BL, cette série offre une tranche de vie historique sur les riches familles durant Meiji. Suite aux révélations, la relation du couple prend une tournure incestueuse mais d’autres secrets semblent pouvoir encore changer la donne.

Blue morning 3 – Hidaka Shoko

blue morning 3 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774588
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199604782 (JP)
Tokuma shoten, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Les révélations sur les familles Katsuragi et Kuze vont chambouler la relation entre le maître et son domestique.

Dans ce troisième tome, Hidaka Shoko sensei dévoile la majorité des secrets sur la famille Katsuragi et la famille Kuze. Parallèlement, elle met en avant le système d’adaptation du gouvernement militaire mis en place par le gouvernement Meiji pour les anciens samurai, ainsi que les inégalités et les difficultés qui en découlent. Par exemple, la reconnaissance des enfants illégitimes pour protéger la lignée se faisait grâce à une déclaration de favorites, c’est-à-dire des maîtresse, rappelant le système des concubines. De même, malgré les mêmes responsabilités, les seigneurs régionaux étaient traités différemment des nobles et des nouveaux riches. En plus, l’obligation de protection des anciens vassaux, malgré l’abolition du gouvernement militaire, persistait. Akihito se montre moderne et cherche à bousculer les règles de sa maisonnée. L’auteure décrit avec justesse les chamboulements intervenant dans la relation entre le maître et son domestique, au fil des révélations.

Les traits épurés de la mangaka conservent tout de même une touche réaliste. Quelques trames appuient l’ambiance des vignettes. De même, comme il y a beaucoup de flash-back, le fond noir permet de les repérer rapidement. Les décors situent principalement les actions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre forment des diptyques mettant en scène Kuze puis Katsuragi dans le même environnement. Les scènes érotiques sont plus précises mais l’absence de détails ainsi que le cadrage censurent les parties trop intimes.

En résumé

Kuze Akihiko commence à prendre les rênes de la gestion court-circuitant Katsuragi. Désormais, il consulte personnellement les courriers financiers et les livres de compte. Parallèlement, il fréquente depuis trois mois Sajô Chikako, fille de duc, en vue d’un mariage. Cependant, la mère et la gouvernante affichent clairement leur désaccord face à cette union avec une personne de rang trop inférieur à leur goût. Il demande aussi au chef de la famille Ishizaki d’être son témoin à la place de la marquise Moriyama. De son côté, Amamiya Rinzaburô rend visite chaque jour à Kiku pour essayer de découvrir les motivations du changement de l’ancien maître. Se retrouvant désœuvré, Tomoyuki continue pourtant à subir les assauts du jeune héritier. Alors qu’il avait prévu de dépouiller celui qui lui avait indirectement tout volé en naissant, il réalise de plus en plus que ses sentiments ont changé.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2011. Et Hidaka sensei est également classé première pour les mangaka. Comparé au tome précédent où les intrigues priment, elle maintient le suspense et se concentre un peu plus sur la relation entre ses deux héros. La scène finale plonge le lecteur dans une appréhension insoutenable. Je recommande surtout cette série à ceux qui aiment les sagas familiales et historiques.

Blue morning 2 – Hidaka Shoko

blue morning 2 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774571
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784199604430 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Malgré sa promesse faite à Katsuragi, Akihito n’arrive pas à contenir ses sentiments intenses.

Hidaka Shoko sensei présente un peu plus Katsuragi. Elle continue à mettre en scène les différences de point de vue entre les anciennes et les nouvelles générations, à travers les regards et les commentaires des nobles, des bourgeois. De même, elle confronte la modernité aux traditions, aussi bien pour les véhicules, les conventions que les traditions. D’autant plus que le système social du gouvernement militaire persiste et impose une certaine hiérarchie entre les familles. En introduisant Amamiya Rinzaburô, un étudiant au pair chargé de l’éducation de Katsuragi, l’auteure ajoute une touche excentrique à son univers plutôt réaliste mais guindé. Elle révèle indirectement les différents secrets par des flash-back et des discussions. Elle présente également les différentes méthodes de spéculation financière, alliant réseaux, connaissances et mariages. Ainsi, les personnages secondaires jouent un rôle assez important. Akihito évolue peu à peu, s’affirmant.

La mangaka utilise des traits épurés assez réalistes. Elle travaille particulièrement l’expressivité des regards, permettant de se passer des dialogues. Elle soigne les trames et les décors, donnant un certain équilibre à ses pages. La mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à l’absence de détails.

En résumé

Kuze Akinao était très exigeant sur l’éducation de Katsuragi Tomoyuki mais pourtant, dès la naissance de son fils légitime, il a délaissé l’enfant qu’il avait prévu d’adopter. Cependant, les relations avec la famille Katsuragi restent complexes. En effet, le vicomte utilisait leur ancien lien de vassalité pour soumettre encore cette famille de banquiers. Sa relation ayant évolué avec son maître, Katsuragi se remémore son passé. Bien qu’Akihito regrette d’avoir pris de force son domestique, il est décidé à respecter leur marché consistant à obtenir un titre de noblesse supérieur. Pourtant, consumé par son amour intense, il délaisse l’école. Croyant son ami malade, Ishizaki achète des fruits et croise alors Katsuragi Takayuki, qui dirige les affaires et entame la discussion.

En conclusion

Après un premier tome consacré à Kuze, Hidaka sensei s’intéresse à Katsuragi. Elle arrive à toujours mettre en place son récit tout en développant quelques intrigues. Elle fait passer l’homo-romance au second plan tout en tenant en haleine les lecteurs. La relation entre le maître et son domestiques évolue doucement. Entre devoirs et obligations, les sentiments n’ont pas vraiment leurs places et pourtant, j’ai tellement envie de voir ce couple s’épanouir. Petite précision: l’auteure a été classée meilleure artiste au Chill Chill BL award 2010.

Blue morning 1 – Hidaka Shoko

blue morning 1 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774564
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784199604027 (JP)
Tokuma shoten, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

La relation complexe entre le jeune vicomte Kuze et son intendant secret Katsuragi.

Hidaka Shoko sensei narre les aventures du jeune vicomte Kuze et de son intendant Katsuragi qui gère les biens de la famille. Elle dépeint les intrigues politiques de la noblesse, les conflits générationnels entre tradition et modernité dans l’ère Meiji (1868-1912), la persistance de la vassalité des familles malgré l’abolition du système guerrier. En jouant sur les non-dits, elle diffuse au fur et à mesure des indices sur les desseins de Katsuragi ou son passé. Kuze est un noble peu commun qui n’apprécie pas les manigances de la noblesse et sympathise facilement avec le fils de commerçant Ishizaki. Pourtant, sous l’influence de son domestique, il se transforme peu à peu, pouvant devenir autoritaire. L’auteure décrit parfaitement les émotions et les sentiments de ses personnages. Elle installe pour l’instant le contexte de sa série, se focalisant sur Kuze. Ainsi, le temps s’écoule rapidement.

Les traits fins, minutieux et épurés de la mangaka ont une touche réaliste. Les décors et les vêtements sont soignés, respectant les références historiques. Les angles de vue recherchés s’attardent sur les regards. Aussi, la mise en page dynamique joue sur des emboitements et des ellipses discrètes. Les trames de fond accompagnent un peu l’ambiance de certaines vignettes, mais le rendu reste réaliste. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre mettent en valeur l’esthétique des personnages, révélant leur allure distinguée. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas les parties intimes. Elle transcrit cependant la violence du premier rapport du couple.

En résumé

Après le décès de sa mère puis de son père, Kuze Akihito prend la succession de vicomte à 10 ans à peine. Son tuteur désigné par le testament du vicomte Akinao, Katsuragi Tomoyuki, assure l’intendance jusqu’à sa majorité. Mais le domestique se montre froid avec son maître. En effet, élevé par sa mère malade à Kamakura dans leur résidence secondaire, l’enfant ne connaît rien à l’étiquette et a quelques lacunes scolaires. Katsuragi s’occupe alors avec sévérité de l’éducation du successeur. En grandissant, Akihito essaie constamment de comprendre son intendant, jalousant les faveurs que ce dernier accorde à Saionji Shigeyuki, fils de marquis, et la marquise Moriyama Kayoko. De même, il s’interroge sur le regard parfois haineux que son domestique lui porte.

En conclusion

Ce tome a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. L’auteure plonge ses lecteurs dans une sorte de saga familiale, où les secrets, les liens vassaliques persistants et les changements sociétales prennent plus d’importance que la relation sentimentale. Un réel bonheur à suivre!