Sleeping on the paper ship 2 – Yatsuda Teki

Couverture de Sleeping on the paper ship 2 de Yatsuda Teki, éditions Taifu

YATSUDA Teki 八田てき
ISBN: 9782375065600
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686898 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je ne demande pourtant qu’à mourir avec lui. »

Yatsuda Teki sensei plonge le lecteur dans les révélations, maintenant le suspense jusqu’à la fin. Elle alterne la narration entre les deux amants. Ainsi, elle aborde la souffrance du manque d’inspiration et du blocage créatif, la dépression et comme dans le tome précédent, la manipulation. Kei a du mal à gérer ses souvenirs d’enfance refoulés qui remontent au fur et à mesure qu’il enquête. Il sombre de plus en plus malgré le soutien de Yôichi, qui lui partage sa vision plus positive de la vie. L’autrice interroge sur le double suicide, un classique de la romance japonaise. Ainsi, elle montre l’influence du vécu sur la création. Elle met également en avant le long parcours personnel à réaliser pour sortir d’une vie chaotique et trouver l’apaisement.

La mangaka a un trait léché, à peine épuré. Elle exagère discrètement les expressions dans les passages humoristiques, apportant ainsi une note réaliste. Toutefois, elle arrondit et simplifie son trait dans les passages plus détendus en fin de tome. Le réalisme est également renforcé par des décors soignés et très présents, inspirés de photographies. Les trames très nombreuses rendent les couleurs, les dégradés et les ombres. Les trames d’ambiance appuient également les émotions. La mise en page est très dynamique. Par ailleurs, Yatsuda sensei sème des indices en arrière-plan. Elle offre des pages poétiques jouant sur des effets mélangeant imagination et réalité. Dans les scènes érotiques, elle utilise les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes. Les illustrations en début de chapitre donnent des indices sur le récit. Les personnages posent aussi dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a un extrait du roman Fade out.

En résumé

Bien que Mikami Yôichi soit prêt à mourir avec Kitahara Kei, il ressent de plus en plus une discordance avec son amant. Il exige alors de lire le scénario de Kei mais réalise qu’il n’apparaît pas dans le récit. Il remarque également que l’écrivain le rejette depuis sa visite avec son éditeur. Lui cacherait-il ses véritables intentions?

En conclusion

Yatsuda Teki sensei démontent au fil des révélations les éléments qui semblaient fantastiques pour basculer sur une enquête entre passé et présent. Les tensions s’intensifient, prenant un ton très dramatique. Toutefois, l’apaisement s’installe petit à petit, suivant l’évolution des personnages. Le graphisme avec des touches réalistes facilite l’immersion dans le récit. Une conclusion qui me satisfait pleinement. Une lecture intense!

Sleeping on the paper ship 1 – Yatsuda Teki

Couverture de Sleeping on the paper ship 1 de Yatsuda Teki, éditions Taifu

YATSUDA Teki 八田てき
ISBN: 9782375065198
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686881 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« J’étais définitivement possédé par ce dieu de la mort. »

Yatsuda Teki sensei mêle réalité et fiction, incluant également des évènements historiques à son récit. Elle brouille volontairement la première impression des lecteurs sur les personnages en dévoilant des facettes différentes au fil du récit, oscillant entre imagination ou folie. La narration alterne entre les deux héros, présentant deux visions différentes entre des survivants de catastrophe. En effet, Kei, hanté par son passé, trouve une certaine libération à travers l’écriture. Yôichi quant à lui manque cruellement de confiance en lui et a l’impression d’être une coquille vide. Malgré une attirance réciproque, le destin semble s’acharner sur les deux amants qui n’arrivent pas à avancer. Ainsi, l’autrice aborde la culpabilité du survivant, la difficulté à dépasser un traumatisme, le sentiment d’impuissance et de déconnexion dans un monde qui avance à un autre rythme. Elle interroge sur la manipulation, la malédiction, la différence entre amour et admiration.

La mangaka a un trait à peine épuré, plutôt fin et détaillé, presque réaliste. Elle le renforce par des décors soignés très présents, inspirés de photographies. Ainsi, elle utilise beaucoup de trames pour rendre les détails des ombres et des couleurs. Néanmoins, son style se simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, les trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les émotions. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre dégagent un aspect poétique avec les personnage qui posent. Yatsuda sensei rend parfaitement l’ambiance, le style vestimentaire et les décors des différentes époques. Elle représente de manière métaphorique la mort qui accompagne parfois Kei. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. Sous la jaquette, il y a une histoire à lire à la fin des deux tomes.

En résumé

Après avoir survécu à un accident durant l’enfance, Kitahara Kei écrit frénétiquement, comme possédé par le dieu de la mort. Toutefois, tous ceux dont il s’inspire dans ses scénarios, meurent dans d’étranges circonstances. Persuadé de devenir fou, il refuse depuis d’écrire et noie ses soucis dans l’alcool. Un soir, alors qu’il est frappé par des soldats américains, il est recueilli par Mikami Yôichi, photographe.

En conclusion

Yatsuda Teki sensei ancre d’abord son récit dans la réalité avant de perturber le lecteur en semant différents indices au fil de son récit, interrogeant sur la folie ou non de Kei. Elle crée ainsi tension et suspense. Son graphisme aux traits plutôt réalistes renforce l’immersion dans le récit. Toutefois, certains passages semblent confus ou trop expéditifs mais cela ne dérange en rien la compréhension générale. Hâte de découvrir la suite!